REFLEXION

Quelles perspectives pour le 3ème sommet du Forum des pays exportateurs de gaz à Téhéran

Le 3ème sommet du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) du 23 Novembre 2015 à Téhéran consacré à l’évaluation de la situation actuelle du marché gazier international apportera-t-il des solutions, objet de cette présente contribution à



1.-Il ne faut pas se faire d’illusion sur une OPEP/GAZ.  A la différence du pétrole, les canalisations représentent plus de 70% de la production commercialisée mondiale, ne pouvant donc pas répondre à la loi de l’offre et de la demande et être coté sur le marché boursier. Pour cela il faudrait que les GNLs avec l’extension  du  transport par méthaniers soit prépondérants. Le marché spot bien  qu’en progression est encore faible. L’Algérie  a toujours milité pour un prix juste  déterminé par les pays producteurs et consommateurs du fait que c’est un investissement hautement capitalistique , couteux et à rentabilité à moyen terme. Le dernier  conseil des ministres a donné les réserves de gaz de l’Algérie moins de 2700 milliards de mètres cubes gazeux  et non pas 4500 comme cela a été souvent rapporté par certains soi-disant  experts données de BP de 1999 soit moins de 2% des réserves mondiales. La marge de manœuvre de l’Algérie est donc étroite face aux nouveaux concurrents. Ce qui se répercute sur les recettes de Sonatrach dont le gaz naturel (GNL et GN) représentent environ 40% de ses recettes. Aussi, je  pense que  sera une  rencontre parmi tant d’autres  et aucune décision opérationnelle influant sur le marché ne sera prise  du fait que le prix de cession du gaz suit la tendance du cours  du pétrole. En plus la croissance  de l’économie mondiale surtout de la Chine est fragile existant un divorce entre l’offre et la demande   et chaque producteur ne veut  pas  perdre des parts de marché. Dans la pratique des affaires n’existent pas  de sentiments. Le prix du gaz sera pour longtemps bas  du fait que selon tant le FMI que l’AIE, il ne faut pas  s’attendre à une hausse substantielle des cours  pendant encore longtemps, bien au-delà de 2020.
2.- A terme, tout dépendra des mutations énergétiques mondiales, de l’attitude de la Russie, de l’Iran et du Qatar qui représentent plus de 50% des réserves mondiales. N’oublions pas également  la découverte  de plus  les importantes découvertes  en méditerranée orientale  expliquant en partie les  tensions au niveau de la région et l’entrée du Mozambique qui sera le troisième réservoir africain  à compter de fin 2016,sans compter le pétrole/gaz de schiste  américain dont  les  coûts de production ont été abaissé  de plus de 40%.Vous devez savoir qu’existe une mutation énergétique mondiale, une économie d’énergie programmé de 30% grâce à l’efficacité énergétique  et l’introduction des énergies renouvelables dont l’investissement a été selon l’AIE de 230 milliards de dollars en 2014 et sera de 400 horizon 2030. Le monde s’oriente vers un  MIX énergétique. Aussi se pose l’avenir  de la rentabilité  pour les gazoducs algériens avec de nouvelles découvertes de par le monde  et  l’arrivée du gaz de schiste et GNL qui enregistrent des avancés sur le marché traditionnel de l’Algérie. En effet, il suffit d’analyser la balance commerciale entre l’Algérie et les USA dont le montant est passé de plus de 10 milliards de dollars entre 2009/2010 à 5 milliards de dollars en 2014 les USA  ayant réduit substantiellement  leur importation de pétrole et de gaz d’Algérie. Le congrès américain  vient d’autoriser les  USA à exporter  vers l’Europe à compter de 2017. Avec les russes dont le géant Gazprom , l’Iran qui va rentrer en force dès janvier 2016, et le  Qatar qui représentent plus de 50% des réserves mondiales avec des coûts bas , la concurrence pour l’Algérie est vivace. Car pour exporter vers l’Asie il  faudrait que les méthaniers   contournent  toute la corniche de l’Afrique avec des coûts exorbitants rendant le prix de cession non concurrentiel, d’autant plus que la Russie et le Qatar ont investi dans des unités de GNL de très grandes capacités ce qui réduit les couts. L’Algérie avec la baisse des cours n’a plus les moyens d’investissement  du passé. Aussi le marché naturel de l’Algérie est l’Europe  mais tenant compte  de la concurrence surtout de Gazprom dont la part  de marché malgré la crise ukrainienne  approche 30%. Ils ont décidé de s’aligner sur le marché spot pour une partie de leurs exportations. Cela explique les  pressions européennes demandant à l’Algérie de baisser ses prix, surtout avec l’expiration prochaine des contrats à moyen et long terme. Pour l’Algérie, la part  de marché  en Europe est en régression étant passé de 12/13% entre 2009/2010  à 8% en 2014.
 3.-Pour l’Algérie, les réserves de pétrole et de gaz traditionnels  tenant compte de la forte consommation intérieure  et de l’extrapolation des exportations  s’épuiseront en termes de rentabilité, ses découvertes exceptionnelles,  horizon 2030. Il s ‘agit d’utiliser les réserves actuelles d’environ 150 milliards de dollars avec précaution car déterminant l’investissement futur qui devra être axé sur les secteurs productifs, supposant de libérer toutes les  initiatives créatrices,  la confiance internationale et la  valeur du dinar qui en cas d’épuisement se coterait à plus de 200 dinars un dollar au cours officiel.  C’est que selon les dernières données officielles parues en ce mois de fin novembre 2015, la tendance est inquiétante. La balance commerciale selon les statistiques douanières  sur les neuf premiers mois de l’année 2015,a enregistré un déficit de 10,33 milliards de dollars, contre un excédent de près de 4,09 milliards de dollars à la même période 2014.c'est seulement la balance commerciale devant inclure également les services  et les transferts légaux de capitaux, donc le déficit est beaucoup plus important devant clôturer fin 2015 à un montant supérieur à 20 milliards de dollars rendant problématique le montant de 151 milliards de dollars de réserves de change avancé par le ministre des finances, à moins de bloquer toute une grande fraction des importations. Or, je rappelle que le taux d'intégration des entreprises publiques et privées ne dépasse pas 15%, 85% des matières premières et équipements étant importés.   De janvier à septembre derniers, les exportations se sont établies à 28,86 milliards de dollars contre 48,29 milliards de dollars à la même période de 2014, soit une chute de 40,24%où  les hydrocarbures ont été  de  27,29 milliards de dollars  contre 46,58 milliards de dollars. Quant aux exportations hors hydrocarbures, elles  se chiffrent à 1,57 milliard de dollars (-8,29%) étant  constitués notamment du groupe semi-produits avec près de 1,28 milliard’ dérivées d’hydrocarbures et de déchets ferreux et semi ferreux soit 81,5%, montrant que le secteur public et privé inséré dans la  concurrence internationale  est marginal. Aussi  le grand défi de l’Algérie est de ne  plus se focaliser sur les hydrocarbures, qui resteront encore longtemps une source de financement, et une garantie de la  cohésion sociale,  ne soyons pas utopique, mais  de préparer la transition  vers une économie hors  hydrocarbures dans le cadre des valeurs internationales.

 

Dr Abderrahmane Mebtoul
Mardi 24 Novembre 2015 - 17:43
Lu 316 fois
A LA UNE
               Partager Partager

A LA UNE | ACTUALITÉ | MOSTAGANEM | RÉGION | CULTURE | SPORTS | CHRONIQUE | DOSSIERS | ISLAMIYATE | Edito | RAMADANIATE | NON-DITS | DÉBAT DU JOUR | TRIBUNE LIBRE | PUB | Spécial 1er Novembre 54 | Aidons-les ! | MOSTA-HIER | بالعربي






Edition du 08-12-2016.pdf
2.77 Mo - 07/12/2016





Flux RSS


Retrouvez-nous sur Google+