REFLEXION

Quelle transition démocratique pour l’Algérie : Dépasser le syndrome hollandais

En Algérie, les forces conservatrices viennent de vider le contenue des réformes proposées par le président de la république, et il fallait s’y attendre car déplaçant leurs segments de pouvoir. Cette présente contribution est une synthèse qui a été versée au forum international de Malte qui a vu la présence d’importantes personnalités des deux rives de la Méditerranées consacrée à la transition démocratique dans les pays arabes les 24/26 novembre 2011.



Pour le cas spécifique de l’Algérie, c’est le  syndrome hollandais  qui caractérise actuellement la société algérienne  qui désigne, en référence  au  cas des pays Bas des années 1960,  un phénomène   qui relie une augmentation  des exportations  des ressources naturelles  sans véritables efforts et le déclin  de la production locale  avec une extension de la corruption.
 
A-.Cadre général d’analyse
 Avec  la crise mondiale actuelle, la  transition ne concerne pas seulement certains pays  du Sud dont le Maghreb,   mais également les pays développés  qui doivent s’adapter aux nouveaux défis futurs du monde.  Cette situation   interpelle  à plus   d’un titre  le Maghreb inséré fortement   dans l’économie mondiale  tant à travers ses exportations/importations et pour certains pays comme l’Algérie   pour le placement de ses  réserves de change à l’étranger  en bons de trésor US  et en obligations européennes  pour plus de 150 milliards de dollars.  Comme la situation actuelle  se caractérise  par l’émergence de nouvelles forces sociales dans le monde arabe pour plus d’espace de libertés.  Je  tiens à souligner fermement  que j’ai  un  grand espoir après le printemps arabe  notamment en Tunisie, Egypte  et Libye que l’avancée de la démocratisation,  tenant compte des anthropologies socioculturelles, sera un facteur catalyseur de l’intégration économique du Maghreb et de l’Afrique du Nord. Il ne faut pas avoir une vision de sinistrose et rappeler  qua la mise en place de la démocratisation  ne se fait pas par une baguette magique, demandant du temps comme cela a été le cas en Occident, certains pays d’Asie et d’Amérique latine, fonction des rapports de force tant  au niveau internes (conservateurs/réformateurs)  qu’international. Le  Maghreb  est le  pont entre  l’Europe  et   l’Afrique –continent   qui a importantes potentialités  en ressourcées naturelles et humaines- nécessitant une meilleure gouvernance -  pour horizon 2020 selon le rapport de la BM il faudra créer 100 millions d’ emplois  dans le monde arabe , et pour l Afrique entre 1970/2008 , nous avons  assisté à 850 milliards de dollars  de fuites de capitaux  selon une enquête récente du FMI,  plus trois fois la dette africaine.  Ce continent  abritera horizon 2020/2025 plus de 1,5 milliard d’âmes – un marché équivalent à celui de la Chine. La mise en place de nouvelles institutions  démocratiques,  occasionnent à court terme un ralentissement économique, impliquant  comme contrechocs  de nouveaux mécanismes de régulation sociale  ciblées, donnent et l’impression d’une anarchie, propagande des tenants  des acteurs de l’ancien système, oubliant l’impasse  systémique de leur politique ayant favorisé une société anomique. Il existe un lien dialectique entre les dictatures dans certains pays arabes  et l’islamisme radical, je ne dis pas Islam religion de tolérance, cette composante étant une donnée politique  au niveau du Maghreb  se fondant sur des valeurs  de moralité face à des régimes souvent corrompus,  à travers des réseaux de solidarité suppléant  à l’Etat providence  expliquant son succès, mais  avec un  programme socio-économique souvent flou qu’il s’agit de ne pas ignorer mais de canaliser vers les valeurs universelles. Le terrorisme  qui est certes une menace planétaire,  se nourrit de la misère et le manque de morale des dirigeants d’où l’importance pour les économistes et les politiques de saisir les liens entre éthique et développement.  Il semble bien que les  bouleversements actuels dans le monde arabe est bien le fait que les dictatures et les autoritarismes sont devenus, dans un monde complexe, de très graves menaces à la souveraineté et à l’indépendance de ces pays et d’une manière générale à la sécurité mondiale sous le couvert paradoxal du slogan de ces dictatures,  nous sommes les remparts de la lutte contre le terrorisme et demandons à l’Occident de nous aider à garder le pouvoir.  Par contre, à moyen et long terme les nouvelles institutions réalisant la symbiose citoyens et Etat dans le cadre d’ une société plus participative dont la régionalisation tenant compte de l’économie mondialisée  est un des axes, sont porteurs d’un véritable développement durable par plus  d’efficacité économique et de justice sociale, les économistes parleront d’équité. Il s’ensuit  qu’il y a lieu d’entrevoir une nouvelle conception des relations internationales, éloignée des relations personnalises  entre chefs d  Etat tenant compte des aspirations des sociétés. Cela implique la refonte progressive de l’actuel système économique  et politique international largement dépassé, nous orientant vers un  monde multipolaire  et ce  par une nouvelle régulation mondiale, sous tendant des gouvernances régionales par grands espaces.  Il s’agit de concrétiser le respect des libertés économiques et politiques, des droits de l’homme et de la promotion de la condition féminine.
 Concernant le cas spécifique  de l’Algérie, le  Forum euro-méditerranéen des instituts des sciences économiques (Femise) vient de publier un nouveau rapport sur le bilan du partenariat euro-méditerranéen en novembre 2011, où il considère  que le gouvernement algérien a été incapable de trouver une stratégie à long terme pour l’emploi des jeunes». Malgré la création des dispositifs Ansej,  Angem et ANEM, les emplois créés «sont éphémères et sous-payés. Le chômage touche particulièrement les jeunes. Selon les estimations du BIT, 24,3% des jeunes sont sans emploi. Si l’Algérie n’a pas été touchée par de violentes révoltes populaires, comme ce fut le cas chez ses voisins, elle n’est pas pour autant immunisée contre un risque d’instabilité sociale persistant. L’imposition du crédit documentaire comme seul moyen de paiement dans les transactions du commerce extérieur a contribué à la dévaluation du dinar, en plus d’avoir augmenté le ratio d’endettement extérieur à court terme. Le rapport précise également que si la politique monétaire de l’Algérie est relativement prudente, des risques pèsent sur la stabilité du dinar. Il évoque ainsi les poussées inflationnistes et l’instabilité sociale qui pourraient «signifier aux détenteurs de devises de voir l’euro comme une valeur sûre apparaissant préférable au dinar». Le Forum reprend également les observations du Fonds monétaire international selon lesquelles «les politiques monétaires et le taux de change devraient plutôt être orientés vers l’absorption de l’excès de liquidités généré par les recettes des hydrocarbures et parer l’inflation émanant des augmentations de salaires». Selon le Femise, malgré l’optimisme des pouvoirs publics alimenté par des indicateurs au vert, l’Algérie n’a pas encore trouvé de modèle de croissance susceptible de réduire les inégalités, le chômage et la pauvreté. Ainsi, à  la lumière de ce qui se passe dans le monde arabe, l’Algérie a deux choix : faire des efforts pour réformer ses institutions et l’économie vers plus de démocratie et de transparence, ou régresser vers une attitude protectionniste dans un effort pour maintenir le statu quo politique. Aussi, tenant compte des bouleversements géostratégiques, le pouvoir algérien doit éviter  la démarche   bureaucratique autoritaire  sans concertation, du fait qu’aux dernières élections législatives (parlement)  que selon les chiffres officiels du Ministère de l’intérieur les trois partis de la coalition ( FLN-RND-MSP) formant l’actuel gouvernement, ont totalisé  moins de 13% de voix par rapport aux inscrits. Ce n’est pas une question  de pondre des  lois que contredisent depuis l’indépendance les pratiques politiques, sociales, et économiques. Tout le monde en convient  étrangers et algériens, par exemple lors d’élections que le système judicaire et  le système administratif  chargé du contrôle  ne sont pas  indépendants. La faiblesse des partis d’opposition et la faiblesse, de l’émergence des personnalités nationales du fait du verrouillage politique depuis 49 ans leur fermant  les médias lourds, ne peuvent leur permettre  de faire contrepoids. Aller aux élections aux échéances fixées  dans ces conditions  ne fera que reproduire le système lui même avec la domination des partis FLN/RND/ MSP avec le risque d’une démobilisation populaire  sans précédent.   Comment vouloir faire  passer  des lois qui engagent l’avenir  du pays  par une assemblée non représentative ?  Il faut donc  éviter encore fois, de vendre des illusions  démocratiques dans un monde qui est devenu une maison de verre.   L’objectif stratégique est  de réaliser une mutation systémique, le blocage actuel étant systémique. Le système actuel est  dans l’incapacité de résoudre les problèmes fondamentaux de l’Algérie. Il faut éviter la vison d’assimiler la population algérienne à un tube digestif grâce à une redistribution passive de la rente des hydrocarbures pour une paix sociale éphémère. Avec la grogne sociale croissante, la population algérienne a soif de démocratie et de justice sociale mais également d’efficacité économique avec un sacrifice partagé car les réformes à venir seront douloureuses. 
  
B- Les six actions  de la réforme globale  de l’Algérie
1- Revoir la constitution au sein d’une grande conférence nationale, associant l’ensemble des forces politiques, sociales, économiques et des experts en limitant le nombre de mandats présidentiels et préciser  clairement  le régime parlementaire ou présidentiel. Toute révision fondamentale de la constitution devra passer par un référendum et non plus par les deux chambres non crédibles.
  
2- La dissolution des deux chambres du fait que ces députés et sénateurs et bien d’autres organisations satellites vivant du transfert de la rente des hydrocarbures incapables de mobiliser la société. Il s’agit d’agréer de nouveaux partis et associations en évitant d’en faire des structures du pouvoir instrumentalisées lors des élections. Dans ce cadre, il s ‘agit de revoir les subventions aux Partis et associations qui doivent compter sur leurs adhérents, ainsi que la rémunération des députés/sénateurs disproportionnée par rapport à leur rendement. 
Le Parti du FLN ne doit plus instrumentaliser le sigle FLN, propriété du peuple algérien de la glorieuse guerre de libération nationale, le restituer à l’Histoire, et trouver une autre dénomination pour une concurrence loyale par rapport aux autres partis. En démocratie, le pouvoir est le pouvoir et l’opposition est l’opposition productive nécessaire au pouvoir lui-même pour corriger ses erreurs et éventuellement préparer l’alternance.
 
 3- Un changement presque intégral du gouvernement par un regroupement de Ministères privilégiant l’efficacité au lieu de la distribution de postes qui se télescopent, composé de techniciens et de la composante de la jeunesse qui prépareront cette transition démocratique pacifique jusqu’à l’échéance présidentielle pour des élections libres, transparentes et démocratiques.
 
4- Favoriser le fonctionnement des institutions prévues dans la loi, tout en procédant à leur amélioration fonction des réformes, non en termes de promesses mais en actes, comme le conseil national de l’Energie, la Cour des comptes, le conseil de la concurrence, car source du développement global parallèlement aux contrepouvoirs économiques, sociaux et politiques en évitant comme par le passé leur gel et  le choix dictatorial personnel. Dans ce cadre,  impliquer  la société civile par la promotion de la femme signe la vitalité de toute société, une réelle décentralisation, une justice véritablement indépendante afin de lutter contre la corruption qui gangrène le corps social et démobilise la population privilégiant la connaissance et le mérite dans la promotion et non les rentes.
 
 5- Autoriser des chaînes de télévision indépendantes et les manifestations pacifiques, car vouloir étouffer comme une cocotte minute la société qui a besoin de respirer, l’explosion violente à terme pourrait être inévitable.
  
6.-Redéfinir la politique socio-économique actuelle  qui mise que sur les  infrastructures (70% des dépenses)  par une nouvelle vision stratégique afin de mette en place une économie hors hydrocarbures compétitive dans le cadre des valeurs internationales si l’on veut créer des emplois durables et atténuer les tensions sociales inévitables. Pour cela un débat national sans exclusive sur le bilan de tous les programmes économiques 2000/2011( 480 milliards de dollars 2004/2013)  s’impose lié à un large débat sur les  réserves d’hydrocarbures et l’utilisation des réserves de change ( 155 milliards de dollars  placées  à l’étranger) loin de toute opacité, renvoyant  à la démocratisation de la décision économique pour éviter la malheureuse expérience libyenne du gel de ses  avoirs. Cela permettra  de déterminer la trajectoire future 2011/2020 de l’Algérie et poser la problématique de la démocratisation de la gestion des hydrocarbures et de l’utilisation des réserves de change. Le gouvernement algérien dépense deux fois plus pour avoir deux fois moins de résultats que certains pays similaires, montrant la mauvaise gestion et une corruption socialisée.
  
Ces six  mesures sont urgentes afin de donner une image positive de l’Algérie en ces moments de bouleversements géostratégiques et non d’un État répressif.  L’Algérie, qui a d’importantes potentialités pour devenir être un acteur actif au sein de la mondialisation, a besoin de plus d’espaces de libertés, un Etat de droit, une gouvernance renouvelée, supposant une mutation systémique et une transition démocratique pacifique. La situation en Algérie est instable   et il ya lieu   impérativement de dépasser le syndrome hollandais  qui menace la sécurité du pays et de la région .
Pour le cas spécifique de l’Algérie, c’est le  syndrome hollandais  qui caractérise actuellement la société algérienne  qui désigne, en référence  au  cas des pays Bas des années 1960,  un phénomène   qui relie une augmentation  des exportations  des ressources naturelles  sans véritables efforts et le déclin  de la production locale  avec une extension de la corruption.
  
A-.Cadre général d’analyse
 Avec  la crise mondiale actuelle, la  transition ne concerne pas seulement certains pays  du Sud dont le Maghreb,   mais également les pays développés  qui doivent s’adapter aux nouveaux défis futurs du monde.  Cette situation   interpelle  à plus   d’un titre  le Maghreb inséré fortement   dans l’économie mondiale  tant à travers ses exportations/importations et pour certains pays comme l’Algérie   pour le placement de ses  réserves de change à l’étranger  en bons de trésor US  et en obligations européennes  pour plus de 150 milliards de dollars.  Comme la situation actuelle  se caractérise  par l’émergence de nouvelles forces sociales dans le monde arabe pour plus d’espace de libertés.  Je  tiens à souligner fermement  que j’ai  un  grand espoir après le printemps arabe  notamment en Tunisie, Egypte  et Libye que l’avancée de la démocratisation,  tenant compte des anthropologies socioculturelles, sera un facteur catalyseur de l’intégration économique du Maghreb et de l’Afrique du Nord. Il ne faut pas avoir une vision de sinistrose et rappeler  qua la mise en place de la démocratisation  ne se fait pas par une baguette magique, demandant du temps comme cela a été le cas en Occident, certains pays d’Asie et d’Amérique latine, fonction des rapports de force tant  au niveau internes (conservateurs/réformateurs)  qu’international. Le  Maghreb  est le  pont entre  l’Europe  et   l’Afrique –continent   qui a importantes potentialités  en ressourcées naturelles et humaines- nécessitant une meilleure gouvernance -  pour horizon 2020 selon le rapport de la BM il faudra créer 100 millions d’ emplois  dans le monde arabe , et pour l Afrique entre 1970/2008 , nous avons  assisté à 850 milliards de dollars  de fuites de capitaux  selon une enquête récente du FMI,  plus trois fois la dette africaine.  Ce continent  abritera horizon 2020/2025 plus de 1,5 milliard d’âmes – un marché équivalent à celui de la Chine. La mise en place de nouvelles institutions  démocratiques,  occasionnent à court terme un ralentissement économique, impliquant  comme contrechocs  de nouveaux mécanismes de régulation sociale  ciblées, donnent et l’impression d’une anarchie, propagande des tenants  des acteurs de l’ancien système, oubliant l’impasse  systémique de leur politique ayant favorisé une société anomique. Il existe un lien dialectique entre les dictatures dans certains pays arabes  et l’islamisme radical, je ne dis pas Islam religion de tolérance, cette composante étant une donnée politique  au niveau du Maghreb  se fondant sur des valeurs  de moralité face à des régimes souvent corrompus,  à travers des réseaux de solidarité suppléant  à l’Etat providence  expliquant son succès, mais  avec un  programme socio-économique souvent flou qu’il s’agit de ne pas ignorer mais de canaliser vers les valeurs universelles. Le terrorisme  qui est certes une menace planétaire,  se nourrit de la misère et le manque de morale des dirigeants d’où l’importance pour les économistes et les politiques de saisir les liens entre éthique et développement.  Il semble bien que les  bouleversements actuels dans le monde arabe est bien le fait que les dictatures et les autoritarismes sont devenus, dans un monde complexe, de très graves menaces à la souveraineté et à l’indépendance de ces pays et d’une manière générale à la sécurité mondiale sous le couvert paradoxal du slogan de ces dictatures,  nous sommes les remparts de la lutte contre le terrorisme et demandons à l’Occident de nous aider à garder le pouvoir.  Par contre, à moyen et long terme les nouvelles institutions réalisant la symbiose citoyens et Etat dans le cadre d’ une société plus participative dont la régionalisation tenant compte de l’économie mondialisée  est un des axes, sont porteurs d’un véritable développement durable par plus  d’efficacité économique et de justice sociale, les économistes parleront d’équité. Il s’ensuit  qu’il y a lieu d’entrevoir une nouvelle conception des relations internationales, éloignée des relations personnalises  entre chefs d  Etat tenant compte des aspirations des sociétés. Cela implique la refonte progressive de l’actuel système économique  et politique international largement dépassé, nous orientant vers un  monde multipolaire  et ce  par une nouvelle régulation mondiale, sous tendant des gouvernances régionales par grands espaces.  Il s’agit de concrétiser le respect des libertés économiques et politiques, des droits de l’homme et de la promotion de la condition féminine.
 Concernant le cas spécifique  de l’Algérie, le  Forum euro-méditerranéen des instituts des sciences économiques (Femise) vient de publier un nouveau rapport sur le bilan du partenariat euro-méditerranéen en novembre 2011, où il considère  que le gouvernement algérien a été incapable de trouver une stratégie à long terme pour l’emploi des jeunes». Malgré la création des dispositifs Ansej,  Angem et ANEM, les emplois créés «sont éphémères et sous-payés. Le chômage touche particulièrement les jeunes. Selon les estimations du BIT, 24,3% des jeunes sont sans emploi. Si l’Algérie n’a pas été touchée par de violentes révoltes populaires, comme ce fut le cas chez ses voisins, elle n’est pas pour autant immunisée contre un risque d’instabilité sociale persistant. L’imposition du crédit documentaire comme seul moyen de paiement dans les transactions du commerce extérieur a contribué à la dévaluation du dinar, en plus d’avoir augmenté le ratio d’endettement extérieur à court terme. Le rapport précise également que si la politique monétaire de l’Algérie est relativement prudente, des risques pèsent sur la stabilité du dinar. Il évoque ainsi les poussées inflationnistes et l’instabilité sociale qui pourraient «signifier aux détenteurs de devises de voir l’euro comme une valeur sûre apparaissant préférable au dinar». Le Forum reprend également les observations du Fonds monétaire international selon lesquelles «les politiques monétaires et le taux de change devraient plutôt être orientés vers l’absorption de l’excès de liquidités généré par les recettes des hydrocarbures et parer l’inflation émanant des augmentations de salaires». Selon le Femise, malgré l’optimisme des pouvoirs publics alimenté par des indicateurs au vert, l’Algérie n’a pas encore trouvé de modèle de croissance susceptible de réduire les inégalités, le chômage et la pauvreté. Ainsi, à  la lumière de ce qui se passe dans le monde arabe, l’Algérie a deux choix : faire des efforts pour réformer ses institutions et l’économie vers plus de démocratie et de transparence, ou régresser vers une attitude protectionniste dans un effort pour maintenir le statu quo politique. Aussi, tenant compte des bouleversements géostratégiques, le pouvoir algérien doit éviter  la démarche   bureaucratique autoritaire  sans concertation, du fait qu’aux dernières élections législatives (parlement)  que selon les chiffres officiels du Ministère de l’intérieur les trois partis de la coalition ( FLN-RND-MSP) formant l’actuel gouvernement, ont totalisé  moins de 13% de voix par rapport aux inscrits. Ce n’est pas une question  de pondre des  lois que contredisent depuis l’indépendance les pratiques politiques, sociales, et économiques. Tout le monde en convient  étrangers et algériens, par exemple lors d’élections que le système judicaire et  le système administratif  chargé du contrôle  ne sont pas  indépendants. La faiblesse des partis d’opposition et la faiblesse, de l’émergence des personnalités nationales du fait du verrouillage politique depuis 49 ans leur fermant  les médias lourds, ne peuvent leur permettre  de faire contrepoids. Aller aux élections aux échéances fixées  dans ces conditions  ne fera que reproduire le système lui même avec la domination des partis FLN/RND/ MSP avec le risque d’une démobilisation populaire  sans précédent.   Comment vouloir faire  passer  des lois qui engagent l’avenir  du pays  par une assemblée non représentative ?  Il faut donc  éviter encore fois, de vendre des illusions  démocratiques dans un monde qui est devenu une maison de verre.   L’objectif stratégique est  de réaliser une mutation systémique, le blocage actuel étant systémique. Le système actuel est  dans l’incapacité de résoudre les problèmes fondamentaux de l’Algérie. Il faut éviter la vison d’assimiler la population algérienne à un tube digestif grâce à une redistribution passive de la rente des hydrocarbures pour une paix sociale éphémère. Avec la grogne sociale croissante, la population algérienne a soif de démocratie et de justice sociale mais également d’efficacité économique avec un sacrifice partagé car les réformes à venir seront douloureuses. 
 
B- Les six actions  de la réforme globale  de l’Algérie
1- Revoir la constitution au sein d’une grande conférence nationale, associant l’ensemble des forces politiques, sociales, économiques et des experts en limitant le nombre de mandats présidentiels et préciser  clairement  le régime parlementaire ou présidentiel. Toute révision fondamentale de la constitution devra passer par un référendum et non plus par les deux chambres non crédibles.
  
2- La dissolution des deux chambres du fait que ces députés et sénateurs et bien d’autres organisations satellites vivant du transfert de la rente des hydrocarbures incapables de mobiliser la société. Il s’agit d’agréer de nouveaux partis et associations en évitant d’en faire des structures du pouvoir instrumentalisées lors des élections. Dans ce cadre, il s ‘agit de revoir les subventions aux Partis et associations qui doivent compter sur leurs adhérents, ainsi que la rémunération des députés/sénateurs disproportionnée par rapport à leur rendement. 
Le Parti du FLN ne doit plus instrumentaliser le sigle FLN, propriété du peuple algérien de la glorieuse guerre de libération nationale, le restituer à l’Histoire, et trouver une autre dénomination pour une concurrence loyale par rapport aux autres partis. En démocratie, le pouvoir est le pouvoir et l’opposition est l’opposition productive nécessaire au pouvoir lui-même pour corriger ses erreurs et éventuellement préparer l’alternance.
 
 3- Un changement presque intégral du gouvernement par un regroupement de Ministères privilégiant l’efficacité au lieu de la distribution de postes qui se télescopent, composé de techniciens et de la composante de la jeunesse qui prépareront cette transition démocratique pacifique jusqu’à l’échéance présidentielle pour des élections libres, transparentes et démocratiques.
 
4- Favoriser le fonctionnement des institutions prévues dans la loi, tout en procédant à leur amélioration fonction des réformes, non en termes de promesses mais en actes, comme le conseil national de l’Energie, la Cour des comptes, le conseil de la concurrence, car source du développement global parallèlement aux contrepouvoirs économiques, sociaux et politiques en évitant comme par le passé leur gel et  le choix dictatorial personnel. Dans ce cadre,  impliquer  la société civile par la promotion de la femme signe la vitalité de toute société, une réelle décentralisation, une justice véritablement indépendante afin de lutter contre la corruption qui gangrène le corps social et démobilise la population privilégiant la connaissance et le mérite dans la promotion et non les rentes.
 
 5- Autoriser des chaînes de télévision indépendantes et les manifestations pacifiques, car vouloir étouffer comme une cocotte minute la société qui a besoin de respirer, l’explosion violente à terme pourrait être inévitable.
  
6.-Redéfinir la politique socio-économique actuelle  qui mise que sur les  infrastructures (70% des dépenses)  par une nouvelle vision stratégique afin de mette en place une économie hors hydrocarbures compétitive dans le cadre des valeurs internationales si l’on veut créer des emplois durables et atténuer les tensions sociales inévitables. Pour cela un débat national sans exclusive sur le bilan de tous les programmes économiques 2000/2011( 480 milliards de dollars 2004/2013)  s’impose lié à un large débat sur les  réserves d’hydrocarbures et l’utilisation des réserves de change ( 155 milliards de dollars  placées  à l’étranger) loin de toute opacité, renvoyant  à la démocratisation de la décision économique pour éviter la malheureuse expérience libyenne du gel de ses  avoirs. Cela permettra  de déterminer la trajectoire future 2011/2020 de l’Algérie et poser la problématique de la démocratisation de la gestion des hydrocarbures et de l’utilisation des réserves de change. Le gouvernement algérien dépense deux fois plus pour avoir deux fois moins de résultats que certains pays similaires, montrant la mauvaise gestion et une corruption socialisée.
  
Ces six  mesures sont urgentes afin de donner une image positive de l’Algérie en ces moments de bouleversements géostratégiques et non d’un État répressif.  L’Algérie, qui a d’importantes potentialités pour devenir être un acteur actif au sein de la mondialisation, a besoin de plus d’espaces de libertés, un Etat de droit, une gouvernance renouvelée, supposant une mutation systémique et une transition démocratique pacifique. La situation en Algérie est instable   et il ya lieu   impérativement de dépasser le syndrome hollandais  qui menace la sécurité du pays et de la région .

Dr Abderrahmane Mebtoul
Mardi 29 Novembre 2011 - 11:09
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ACTUALITÉ
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