REFLEXION

Quelle stratégie de développement pour Mostaganem ?

La ville de Mostaganem a connu depuis l’indépendance de profondes transformations, à la suite de la multiplication et la diversification des besoins de ces habitants et les progrès enregistrés sur le plan de leurs niveaux de vie. Cet état de fait a contribué fortement à un éclatement démesuré de son espace urbain.



La ville fait face actuellement à un avenir problématique lié à une croissance urbaine incontrôlée   et déséquilibrée, des infrastructures et des réseaux saturés et insuffisants, des problèmes de pollution et de manques d’espaces de loisirs et de détentes. Cette activité  de construction a eu des  implications économiques, politiques et socioculturelles.
A cet effet, les  grands ensembles urbains, les nouveaux   centres historiques, les logements de masses et l’auto construction doivent faire L’objet d’études ayant pour but  d’enrichir nos  connaissances  au sujet de notre ville  et   permettre  la compréhension de ces  phénomènes urbains.
Mon présent article n’est outre qu’une simple réflexion développée afin  d’initier   une démarche  pour que  Mostaganem soit prospère, respectant les principes de développement durable et enfin, une ville  où il fait bon vivre.
Pourquoi une stratégie de développement ?
Le but d’une stratégie de développement est d’assurer le bien-être de la collectivité, c’est à  dire des résidents permanents, des visiteurs et des acteurs économiques et sociaux du milieu, par l’élaboration d’un document d’orientation stratégique qui doit nous permettre de répondre aux interrogations suivantes :
-quelles sont les valeurs de base qui doivent guider nos interventions ?
-quelle est la mission de la ville ?
-quelles sont les objectifs poursuivis ?
-Quelles sont les actions à réaliser par la ville et le milieu afin de rencontrer les objectifs poursuivis en matière d’environnement ?   du bien-être  de la population ? attractivité économique et de l’investissement ? de la culture ? de la récréation et des loisirs ?
-Quelles sont les responsables de la réalisation des interventions  nécessaires ?
-Quels sont les délais de réalisations des actions requises ?
Ainsi, les réponses à ces questions permettent de déterminer un ensemble d’objectifs et de moyens devant orienter les actions de tous les opérateurs  privés et publics. Il s’agit de donner une visibilité sur l’évolution future de la ville et de fixer les orientations qui s’imposent avec une clarté et une crédibilité suffisante, pour que les opérateurs puissent y conformer leurs propres stratégies.
Le contexte général de Mostaganem
1-Urbanisation de la ville
Apres l’indépendance, l’urbanisation de Mostaganem s’est faite selon un rythme relativement lent. Les principaux projets qui ont marqué son évolution, sont le siège de la Wilaya, l’institut technologique de l’enseignement, quelques écoles primaires et l’achèvement des programmes HLM entamés à la fin de la guerre de libération nationale.
Aux débuts des années 90, une politique de désengagement progressif de l’Etat, initie des procédures d’auto-construction  qui se traduisent par l’édification de lotissements et des coopératives immobilières pour des logements individuels et évolutifs. L’espace bâti de Mostaganem a augmenté de plus de 150 % dans la période allant de 1977 à 2000.
Ce qui est constaté, est que les nouveaux espaces urbains, se juxtaposent aux  anciens sans articulation paysagère, créant ainsi, en premier une  discontinuité spatiale se traduisant par la non intégration aux anciens quartiers de la ville ; la deuxième concerne la disparition des éléments structurants relatifs à des repères mentaux, tels que le centre et les rues. Par ailleurs, l’image de la périphérique renvoie à une forme éclatée et discontinue caractérisée par un bâti éparpillé par des terrains libres compliquant davantage la reconnaissance de lieux  et de lisibilité.
La transformation du paysage urbain de Mostaganem est passée par une forme compacte parfaitement liée à celle de l’Oued Ain Sefra, à une forme éclatée faite de ruptures et de discontinuités morphologiques. Le nouveau paysage est démuni d’éléments qui l’identifient, culturellement, comparativement à l’image des réalisations des époques précédentes qui sont chargées de sens et de symboles sur le plan architectural. Cela a conduit  à une monotonie produite dans l’urbanisation de la ville depuis l’indépendance  et à une multitude de formes architecturales sans lien apparent.
2-Valeurs culturelles et artistiques de la ville  
Mostaganem  est réputée par ses remarquables valeurs culturelles et artistiques. Elle s’est en effet distinguée, au cours de son histoire par un patrimoine pluriel qui a traversé les époques sur plusieurs générations. Les ZAOUIAS et les MARABOUTS par exemple représentaient des lieux culturels de renommés. Le quatrième art, le théâtre occupe une place particulière. Les musiques populaires comme « le Chaâbi », « le Bedoui » et   « les Medahates » représentent particulièrement le milieu artistique propre à Mostaganem. Malgré la richesse culturelle et artistique de la ville, elle n’a fait l’objet que de quelques écrits qui ne reflètent pas, ces valeurs relatives qui la caractérisent.  
3-Situation économique de la ville
Depuis  1984, et à la suite de l’organisation territoriale du pays et la constitution de la Wilaya de Relizane  avec 38 communes, Mostaganem à commencer à perdre son attractivité et sa position économique. Cela est bien constaté actuellement par la disparition de son tissu économique. A titre d’exemple, les unités de la société nationale des industries cellulosique (SONIC), les unités de la société nationale du textile (SONITEX), en plus de toute la filière des unités agroalimentaires (unités conditionnement et extraction des huiles, les Yaourteries, fromageries et la filière de la confiserie et la Limonaderie) n’existent plus. Il est aussi apparent  une  dévitalisation commerciale qui pousse actuellement les professionnels et même les particuliers d’effectuer leurs achats à Oran ou à Relizane.
Ces dernières années, Mostaganem vient de perdre sa place comme un des premiers producteurs de pomme de terre et même sa notoriété comme Wilaya  à vocation agricole.
En ce qui concerne l’activité touristique de Mostaganem, elle reste concentrée          sur 03 mois de l’été et confinée sur le secteur des plages seulement.
Par ailleurs, Mostaganem est caractérisée par un tourisme de masse qui participe seulement à la création d’emplois temporaires  divers en relation avec les services de transport, de location et diverses ventes alimentaires.
A la suite de ce constat, la ville de Mostaganem semble comme « endormie » et n’évolue presque plus. Le processus d’urbanisation n’a pas entrainé les mutations souhaitées en fourniture de services de qualité et il n’a pas permis de créer pour sa population un cadre de vie agréable. Malheureusement, la ville de Mostaganem est devenue une ville « dortoir » qui ferme à 18 heures.
Le regard sur la ville s’est ainsi inversé, et la notoriété de Mostaganem acquise par un passé industriel, agricole, culturel et sportif glorieux, elle vient  malheureusement, de la perdre ces dernières années. Ce changement de représentation de Mostaganem et de son image ternie au fil des ans pénalise          la capacité de la ville à attirer des investisseurs dans tous les secteurs pour développer des opérations de qualité en rapport avec le statut de la ville.
Mostaganem est désormais face à l’urgence du renouvellement de son attractivité,        du fait de la concurrence  directe et indirecte des villes de la région. Elle doit se dotée d’un projet de développement destiné à fixer le cap et à donner un cadre de cohérence aux actions quotidiennes entreprises par tous les intervenants (APC, Directions de wilaya, promoteurs, opérateurs, etc.), pour mettre fin à l’improvisation et aux  actions hasardeuses  au sein de la ville.
Pour commencer, il faut mettre en place un comité chargé d’élaborer un plan de développement stratégique de la ville représentatif de tous les intérêts concernés : représentants politiques et administratifs de la ville, représentants des gens d’affaires, représentants de l’université, représentants des milieux social, culturel, environnemental, de l’aménagement et des loisirs. L’implication de la population et les gens d’affaires au processus d’élaboration du plan stratégique de développement est essentielle afin que tous puissent s’approprier le plan et ainsi adhérer à la vision établie et aux objectifs de développement retenus.
Dans le même contexte, l’expérience du Maire Erdogan   qui voulait faire d’Istanbul une métropole de rang international, une ville au cœur de la mondialisation est un exemple de créativité de méthode de management de la ville. Au départ de ces actions, il constitua deux groupes distincts d’académiciens et chaque groupe n’était pas au courant de l’existence de l’autre. Ces deux groupes d’académiciens devait analyser chaque problème de la ville avec des méthodes les plus modernes et proposer les solutions concrètes avec les plus modernes méthodes aussi.  Ainsi, est devenue Istanbul, l'une des plus grandes mégapoles du monde.

 

OUANDJLI Mustapha Consultant formateur et OUANDJLI Ahmed, Architecte
Mercredi 23 Novembre 2016 - 20:15
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