REFLEXION

Quel avenir pour les enfants nés “SNP” ?

DES FEMMES MARTYRISEES, DES ENFANTS BANNIS…

Certains sont nés d’une relation incestueuse, d’autres sont le fruit d’une relation « haram » ou tout simplement d’un viol. Ils sont d’abord victime du comportement irresponsable d’un ou des deux parents, qui n’arrivent pas à assumer leur relation illégale, ils sont pris à partie par la société, qui ne leur pardonne pas d’être nés et d’avoir grandis alors qu’ils n’ont commis aucun tord.



Quel avenir pour  les enfants nés “SNP” ?
Ce sont des victimes mais à  voir et entendre les méchancetés qu’ils subissent,  on dirait qu’ils sont responsables de leur situation. Hayet a passé sa vie à se poser des questions comme « d’où je viens ? », « qui sont mes parents ? »…etc, malgré  le fait qu’elle ait été élevée par une famille qui lui a donné, une bonne éducation, un toit, qui  lui a évité bien des désagréments, elle entend souvent ses camarades de classe et certains membres de sa famille adoptive dirent des choses dures sur elle. Batards, oueld hram…sont les mots qu’ils entendent trop souvent mais ne comprennent pas. Pourquoi on les appelle  de la sorte. Ahmed dit : « moi je suis persuadé que je n’ai rien fais de mal, je ne suis pas un « b » car j’ai des parents mais ils n’ont jamais pu assumer leur faute et au lieu de craindre Dieu, ils ont craints les êtres humains, ils ont eu honte d’affronter la société alors c’est à moi de le faire et je suis sure d’une chose, je suis plus éduqué que ceux qui osent m’insulter.  Je rêve de rencontrer mon père ou ma mère même si c’est seulement pour un  jour.  je veux savoir qui ils sont et pourquoi ils m’ont abandonné ». D’après les statistiques officielles, ils sont entre 2000 et 2500 par an alors qu’officieusement, il parait que ce nombre dépasse les 5000 bébés. Recueillis dans la rue sur des trottoirs, des halls d’immeubles,  des buissons, des forets et même  dans des décharges. Si certains sont encore vivants d’autres par contre sont déjà morts de froid ou de faim et ceux-là ont peut être plus de chance, ils ne seront pas harcelés et Fatiha fait partie de ceux qui ont été découverts par des passants dans une petite boite en carton par un matin d’été 87. Elle a eu la chance d’être accueillie par une famille  aisée, elle passe une enfance heureuse jusqu’au jour où son père meurt et lui lègue une partie de la fortune. Ses frères et sa mère n’acceptent pas ce partage et lui font subir les pires atrocités, elle est battu car elle a osé leur dire qu’elle a droit à la fortune,  sa mère lui annonce la nouvelle qui bouleversera sa vie à tout jamais. Elle apprend qu’elle n’est pas leur vraie fille,  qu’elle est née d’une relation illégitime, et qu’elle a été retrouvée en plein rue dans une boite en carton. Cette terrible nouvelle tombe tel un couperet et un tonnerre qui s’abat sur sa tête. Elle quitte son domicile et décide de ne plus y retourner, elle se trouve un emploi dans une pizzéria et commence à avoir de mauvaises fréquentations, elle se lance dans certaines aventures avec des hommes louches mais un jour un homme lui propose le mariage et la sauve de sombrer dans la débauche. Depuis, elle a fondé une famille et promet de donner tout son amour à ses enfants, ca sera une façon de se venger sur le destin qui l’a trahi en quelque sorte.
 
Le chiffre oscille entre 100 et 120 par an à Mostaganem
Mostaganem est elle aussi touché par ce phénomène, chaque année », plus de 100 bébés voient le jour dans les différentes cliniques ou dans des maisons. ces enfants finissent pour la plupart à la DAS. Ils sont pris en charge par un centre spécialisé, depuis cette année, et ne manquent de rien grâce au concours de l’état mais aussi des bienfaiteurs. Pour cette année 2011, ce chiffre n’a guère dépassé les 48 bébés, ils sont déposés au niveau de ce même centre, cette situation intrigue certains responsables qui désirent garder l’anonymat, ces enfants finissent dans des réseaux de mendicité car si auparavant un enfant était une charge, il est aujourd’hui un fond de commerce. Ils sont loués à raison de 1000 dinars /jours, ce qui représente une bonne affaire pour certaines mamans indignent exploitées par certains réseaux mafieux difficile à démanteler et qui profitent de la crédulité des citoyens, qui souvent tombent dans le panneau. Ces réseaux s’enrichissent sur le dos de ces enfants, qui finissent souvent dans la rue parce qu’ils y ont grandi et n’ont connu aucune affection. Il faut aussi savoir que certains ont la chance d’être adoptés dans le cadre de la « kafala ». Cette année 4 bébés l’ont été déjà à Mostaganem, deux filles et deux garçons. Il y a même des algériens résidants à l’étranger qui viennent souvent adopter ces enfants, ce qui démontre qu’il y a toujours des gens, qui sont prêt à reprendre ces enfants rejetés par leur vrais parents.

Lamia a tout perdu pour garder son enfant…
Issue d’une grande famille à Mostaganem, Lamia a été marié à un âge précoce (15 ans). Après cinq années de vie commune, elle a mis au monde deux bébés mais les choses  tournent mal pour elle. Elle divorce à 21 ans. Elle retourne vivre dans sa famille, et fait la connaissance d’un jeune chauffeur de taxi, qui demande sa main mais son père trop  fière, ne voulait pas d’un modeste  « taxieur » pour sa fille divorcée ! Le temps passe, Lamia, qui fréquentait régulièrement ce jeune homme, tombe enceinte. Quand ses  parents découvrent sa grossesse, elle est chassée du domicile familial, et se retrouve dans la rue. Elle découvre un monde sans pitié pour les gens sans protection, elle est obligée de tout accepter pour survivre. Elle se prostitue malgré elle pour nourrir son enfant et trouver un toit ou s’abriter. Il lui est arrivé de passer la nuit dehors sous un abri bus, un parking, une cage d’escalier et même dans des caves. Quand elle a plus de chance, c’est dans un appartement ou une belle chambre d’hôtel mais ce n’est pas pour ses beaux yeux et  ce n’est pas difficile de deviner…Son seul tord est d’avoir voulu garder son bébé, malgré qu’il soit né d’une relation illégitime car son père en a voulu ainsi, chaque jour elle se débrouille comme elle peut, pour lui trouver son lait et ses couches mais c’est un calvaire et un lourd fardeau insupportable pour une jeune maman, qui ne s’attendait guère à vivre un tel calvaire. Souvent, elle tombe dans la dépression et pense au suicide, le manque d’associations sur le terrain et la peur de se trahir, prive  souvent ces femmes de trouver un endroit ou se « confesser »…   
Le nombre d’enfants nés sous X en Algérie, serait de 2959 pour le seul premier semestre de l’année 2006, ce chiffre secoue les responsables concernés qui décident une proposition de loi pour soutenir les mères célibataires et prendre en charge leurs bébés, malgré l’opposition des députés intégristes. Beaucoup de représentants de partis politiques à voient cela comme une incitation et un encouragement à la prostitution. Cette situation a été incluse dans le cadre de solidarité nationale, les représentants de l’état, n’ont pas voulu laisser tomber cette frange de la société. Beaucoup de femmes se retrouvent en effet dans la rue et sont agressées chaque soir. Abusées sexuellement, elles mettent au monde d’autres enfants sous X. Ces enfants qui naissent et grandissent dans la rue, sont abusées eux aussi sexuellement et ainsi on pérennise un système, qui avec le temps devient une menace pour la société.
Djamel Oueld Abbes, ministre de la solidarité nationale, avait estimé que c’est le rôle de l’état de prendre en charge ses « enfants illégitimes » car estiment-ils, il ne faudrait pas faire de ces enfants innocents des terroristes de demain ». Il se pourrait que l’on ait recours au test de paternité à travers les tests ADN. Une opération qui est utilisée dans plusieurs pays développés et cela pour confirmer si tel ou tel personne est le père de tel ou tel bébé. Les pères présumés sont contraints de subir ces tests en cas de doute mais ne seront en aucun cas obligés de prendre ses femmes comme épouses. La mère sera pour sa part protégée dans le cadre de la « kafala ». C’est ainsi qu’il est mentionné dans le registre des traditions de solidarité algériennes.
En plus de la formation et des facilités, elle sera prise en charge par  l’Etat pendant la période de l’allaitement.  Le département de la justice prendra en charge les suites qui découlent de toute affaire. Afin d’impliquer un peu plus les familles dont les filles sont dans cette situation, l’état garantira une aide mensuelle au cas où elles acceptent de laisser leur filles revenir au foyer.  Le cauchemar des enfants nées sous x, ne s’arrêtent pas là  puisque d’autres complications interviennent par la suite et ce fut le cas de Djamel, qui le jour où il a demandé la main de sa dulcinée, il a essuyé un niet de la part de la famille de sa future femme car  ils ne voulaient pas que leurs petits-enfants naissent sans savoir l’identité de leur grand-père paternel».
En 2008, à  Oran par exemple, au moins une trentaine de  nouveau-nés abandonnés ont été sauvés et placés à l’abri alors qu’une vingtaine ont été découverts morts ou assassinés, ils sont souvent jetés aux bords des trottoirs ou dissimulés dans des poubelles.  Mohamed Cherif Zerguine, est un célèbre écrivain et cinéaste, qui a produit un court métrage, intitulé Mon nom hantait mes nuits. Il est lui aussi né d’une mère célibataire, auteur du livre « Pupille de l’Etat ». Il a fait l’amère expérience et a été victime de cette ségrégation, il reconnait que c’est douloureux de vivre dans une société qui condamne iniquement un être  pour un acte qu’il n’a pas commis, et pour une situation que personne ne souhaite mais qui lui a été imposée. Mohamed- Cherif, décrit sa souffrance, et décrit sa mélancolie et sa tristesse, nourries par les regards des autres, il estime que c’est injuste de subir quotidiennement une expérience cauchemardesque. L’auteur dira dans son roman qu’il était un «enfant installé sur les braises de la souffrance».

Maltraitance des bébés nés sous X
La loi est vraiment  sévère à ce sujet. Les sanctions peuvent aller de cinq ans à la perpétuité lorsqu’il y a dommages irréversibles.D’après certains témoins qui ont décidé de garder l’anonymat, ces enfants sont martyrisés dans certains hôpitaux dès qu’ils apprennent à marcher. En effet, il parait qu’ils sont attachés par les pieds afin de leur éviter de quitter leurs chambres. Cette situation met l’enfant dans de mauvaises conditions dès son jeune âge et cette maltraitance peut se traduire par un comportement violent par la suite. Naitre sous X n’augure d’aucun avenir, répugnés par leurs propres parents, les enfants de la honte sont marginalisés par la société. Qui voudrait offrir un peu de  chaleur  à ces enfants ? Rare ceux qui veulent vraiment en prendre soin et les entourer d’un peu d’amour. Ils n’ont pas le luxe de dormir dans des berceaux bien à eux, on les mets souvent à deux par berceau, tête-bêche,  dans certains hôpitaux car il n’y a pas de statistiques exactes et depuis quelques années, le chiffre a explosé et beaucoup de structures se trouvent dépassées par le nombre d’enfants nés sous X, certains décèdent de déshydratation ou d’une mauvaise prise en charge médicale. Il arrive qu’un de ces nouveau-nés, décède d’une grippe ou d’une simple diarrhée, il y aurait eu des morts accidentelles, Douze enfants sont morts à l’hôpital de Djelfa depuis janvier 2010, dont neuf à la suite d’une déshydratation. C’est ce qui ressort d’un reportage paru sur un  journal francophone. D’après un autre témoin, un nouveau né de quelques mois et qui pouvait se déplacer à quatre pattes, se serait étranglé avec la corde qui le retenait à son lit. Il n’a jamais pu franchir le pas de la porte et il est mort sans jamais connaitre à quoi ressemble un espace vert…  Il  parait même qu’ils ne sont pas pris en compte dans les sondages alors qu’ils sont bien algériens.  

Aucun statut
Protégés par l’état jusqu’à l’âge de 18 ans, commence pour eux une dure vie une fois qu’ils doivent quitter leur structure d’accueil. Vu qu’ils n’ont aucun statut, ils sont obligés de subir certaines maltraitances et cela malgré l’existence de lois pénalisant les maltraitances sur enfants nés sous X malgré tout elles restent insuffisantes.   Ne trouvant pas souvent des familles qui peuvent les accueillir, à l’âge de 18 ans, ils sont carrément recrutés à bras ouvert dans le milieu et finissent dans la délinquance et la prostitution. En l’absence de solutions provisoires et d’alternatives, ils sont dans l’obligation d’affronter la rue du jour au lendemain. Aucune mesure n’est prévue pour les accompagner ou les intégrer dans la société. Ce n’est pas facile de vivre dans une société conservatrice alors que l’on ne possède ni nom ni famille. Ce qui est frustrant pour eux c’est de ne  jamais connaitre l’identité de la mère biologique. L’utilisation des tests ADN encouragera à coup sure les mères célibataires à garder leurs enfants. C’est une grande avancée pour les mères célibataires. Ce projet peut aider aujourd’hui à donner le nom du père à l’enfant, cela préservera la vie future de l’enfant. Malheureusement le père pourra toujours rejeter cette  paternité.

Mihoub
Jeudi 22 Décembre 2011 - 10:12
Lu 1547 fois
A LA UNE
               Partager Partager

A LA UNE | ACTUALITÉ | MOSTAGANEM | RÉGION | CULTURE | SPORTS | CHRONIQUE | DOSSIERS | ISLAMIYATE | Edito | RAMADANIATE | NON-DITS | DÉBAT DU JOUR | TRIBUNE LIBRE | PUB | Spécial 1er Novembre 54 | Aidons-les ! | MOSTA-HIER | بالعربي






Edition du 08-12-2016.pdf
2.77 Mo - 07/12/2016





Flux RSS


Retrouvez-nous sur Google+