REFLEXION

Quel avenir pour le fer de Gara Djebilet et l’industrie minière en Algérie ?

REPENSER L’ACTUELLE POLITIQUE INDUSTRIELLE : FACE A L’ORGANISATION OLIGOPOLISTIQUE MONDIALE DE CETTE FILIERE

Au moment où j’étais jeune conseiller et directeur d’études au Ministère Industrie/ Energie entre 1974/1980, nous avons étudié le projet de fer de Gara Djebilet. Nous étions dans une conjoncture économique mondiale particulière, loin de l’annonce de l’actuelle quatrième révolution industrielle. Avec les nouvelles technologies le fer est concurrencé par d’autres matières premières dont celles issues des hydrocarbures (par exemple carrosserie de voitures, tuyaux de canalisation ect..) et sont apparues de nouvelles techniques notamment dans la construction qui peuvent économiser entre 20/30% de ciment, de rond à béton et surtout l’énergie, influant sur la demande des produits sidérurgiques traditionnels. Existaient à cette époque deux options : nous pouvions évacuer le minerai par l’Atlantique via la Mauritanie et ce avant le conflit au Sahara occidental, soit construire le complexe sidérurgique de Marsat Hadjaj (Daïra Arzew/Oran), si on réalisait la voie ferrée (Tindouf-Béchar) dont est tributaire tout le développement tout en modernisant l’axe Bechar/Oran. L’objet de cette présente contribution sur le fer de Gara Djebilet, qui sera suivi par une contribution sur la filière internationale engrais/ammoniac, est tant d’éclairer l’opinion publique induite souvent en erreur du fait de la faiblesse de sa culture économique que les décideurs du pays sur un sujet stratégique sensible, devant éviter les erreurs du passé



1.- Élément chimique utilisé depuis la préhistoire, le fer compose 5% de la croûte terrestre, les alliages contenant du fer étant utiles dans l'alimentation, les médicaments mais surtout pour la fonte et tous les produits de la sidérurgie, environ 98% étant destiné à l’acier, dont 70% de matières premières brutes et 30% à partir de la ferraille.  Le minerai de fer est une roche contenant du fer, généralement sous la forme d’oxydes, comme l’hématite. Les minerais de fer ont une teneur en fer variable selon le minéral ferrifère ; sachant également que l’isomorphisme, presque toujours présent dans les minéraux naturels, réduit la teneur théorique. Par rapport à leur teneur en fer, les minerais sont classés en : minerais pauvres : Fe <= 30 %, en minerais moyens : Fe = 30 % ÷ 50 % et en minerais riches : Fe > 50 % .Pour obtenir du fer de haute pureté, on peut soit purifier un sel   de fer et en extraire ensuite le fer métallique par une opération de réduction chimique ou électrolytique, soit purifier directement un échantillon de fer métallique. Dans chaque cas, plusieurs méthodes de purification peuvent être utilisées, mais aucune ne permet à elle seule d'obtenir un fer très pur. Chaque procédé élimine plus spécifiquement certaines impuretés et les meilleurs résultats sont obtenus en combinant judicieusement plusieurs purifications. On peut résumer le processus d’extraction et de traitement des terres rares de la manière suivante : 1ère étape : extraction (le plus souvent à ciel ouvert) ; 2ème étape : broyage du minerai en une fine poudre ; 3ème étape : séparation des métaux rares du reste du minerai ; la méthode la plus courante est la flottation qui utilise beaucoup d’eau et de produits chimiques ainsi qu’une importante quantité d’énergie. La concentration en terres rares à la fin de la seconde étape est faible (entre 1 et 10%) ; elle est grandement améliorée à l’issue de la 3ème étape (entre 30 et 70 %) en laissant d’énormes quantités de résidus : il s’agit d’une mixture composée d’eau, de produits chimiques et de minéraux terreux. Ces déchets sont généralement abandonnés dans des réservoirs naturels ou artificiels entourés de digues, ce qui constitue un risque de pollution à court et long terme. Dans la plupart des cas, ces déchets contiennent des substances radioactives (uranium, thorium et autres déchets), des fluorures, des sulfures, des acides et des métaux lourds. Ce type de stockage peut avoir des conséquences environnementales désastreuses (pollution des sols et de l’eau) à cause de la toxicité des résidus s’il s’écroule ou fuit. Plusieurs causes peuvent conduire à cette extrémité : des pluies torrentielles peuvent le faire déborder ; si le stockage n’est pas étanche et si le stockage s’écroule (pluies torrentielles, construction de piètre qualité, tremblement de terre) des conséquences similaires peuvent découler des mines à ciel ouvert abandonnées et des résidus de minerai laissés sur le terrain. De plus, l’extraction et le traitement engendrent également une pollution de l’air due aux poussières toxiques (substances radioactives, métaux lourds) qui se dégagent si des mesures adéquates ne sont pas prises. Le lessivage des constituants toxiques, tels que l’arsenic, le sélénium et les métaux, peut se produire même si les conditions acides ne sont pas présentes. Des niveaux élevés de composés contrôlés, le drainage d’acide de mine peut se déverser dans les ruisseaux ou les rivières ou encore dans les eaux souterraines. Le drainage d’acide de mine peut provenir de n’importe quelle partie de la mine où les sulfures sont exposés à l’air et à l’eau, y compris des tas de déchets de roches, des résidus, des mines à ciel ouvert, des tunnels souterrains et des coussins de lixiviation. Aussi, la capacité de drainage de l’acide minier est une question-clé. La réponse déterminera si un projet minier proposé est acceptable pour l’environnement .Les effets sur la qualité de l’eau et de la disponibilité des ressources en eau dans la zone du projet constituent peut-être l’impact le plus important d’un projet d’exploitation minière. Les questions clés sont de savoir si les fournitures en eau de surface et en eaux souterraines resteront appropriées à la consommation humaine, et si la qualité des eaux de surface dans la zone du projet restera adéquate pour supporter la vie aquatique et la faune terrestre native. Les besoins énergétiques de l’activité minière sont largement dépendants du type de mine d’où sont extraites les matières premières recherchées. Ils sont plus importants dans le cas de l’activité minière souterraine du fait des opérations de transports des matériaux vers la surface, du pompage des eaux, de la ventilation, de la climatisation des galeries. Une étude a établi un comparatif pour la consommation d’énergie suivant le type de mine  de 5 à 10 kW/t de matière première pour une mine à ciel ouvert  et de 20 à 50 kW/t de matière première une mine souterraine( au-delà de 5000 mètres), soit environ 4 à 5 fois plus d’énergie consommée pour une mine souterraine que pour une mine de surface. Bien entendu, la profondeur à laquelle on extrait les minéraux influe fortement sur la quantité d’énergie et de matières premières à mettre en œuvre pour les ramener à la surface. Quand on parle d’extraction ultra-profonde (au-delà de 5 000m), que ce soit en souterrain ou au fond des mers, on comprend bien que la quantité d’énergie et de matériel à mettre en œuvre va également croître de manière très importante. L’énergie nécessaire à l’extraction et au traitement des minerais est le point le plus important à mettre en avant dans l’empreinte environnementale de l’activité minière. Concernant les sidérurgies, et c’est une moyenne, variable, pour la consommation d’électricité, les fours les plus performants permettant 30 coulées/jour, le maximum étant 7850 coulées /an consommation est de 300/350 kWh/t et la consommation de dioxygène de 30 mètres cubes par tonnes.
2.-La production mondiale de minerai de fer a atteint 3320 millions de tonnes en 2015, soit une légère diminution par rapport à 2014 (3420 millions de tonnes) Chaque seconde, on produit plus de 105.000 kilos de minerai de fer dans le monde en 2015. Autrement dit, la production mondiale de fer s'élève à 3,32 milliards de tonnes avec, de très loin la Chine comme premier producteur suivie par l'Australie et le Brésil. On estime qu'il reste environ 75/80 ans de réserves mondiales de minerai de fer (au rythme d'exploitation actuel). La Chine est le leader du marché du minerai de fer, avec 1,38 milliard de tonnes de minerai extraites, loin derrière, l’Australie (824 Mt, le Brésil, (428 Mt),  l’Inde (129 Mt), et la Russie (112 Mt) (source USGS). Le minerai de fer du Brésil et d'Australie offre des teneurs de 65 à 66 % en fer sans ou après concentration, contre 30% pour le minerai chinois. Quant aux réserves mondiales évaluées selon les organismes internationaux à 85.000 millions de tonnes, l’Australie arrive en tête avec 24.000Mt, suivi de la Russie 14.000Mt, du Brésil 12.000 Mt, de la Chine 7200 Mt, de l’Inde 5200 Mt, dès l’Etats Unis 3500 Mt, du Venezuela 2400 Mt, de l’Ukraine 2300 Mt, du Canada 2300 Mt et de la Suède 2200 Mt, l’Algérie n’étant pas citée dans les statistiques internationales. Les principaux producteurs leaders mondiaux de fer sont Vale (346 millions de tonnes- Brésil), Rio Tinto (263 millions de tonnes (Australie), BPH-Billiton (233 MT -Australie), (164MT – Australie), ArelorMittal (63MT-Luxembourg)- -Anglo-American(54MT- Afrique du Sud)- Mettaloinvest (40MT- Russie),Metinvest (32MT Ukraine), LKAB (32MT –Suède). Les principaux producteurs d’acier brut sont Arcelor Mittal(Luxembourg- 97,1 Mt), Hesteel Group( Chine -50,1 Mt), Nippon Steel§Sumitomo(  Japon -45,8), Posco ( Corée du Sud -43,9 Mt) BaosteelGroup (Chine -39,3 ), TataGroup (Inde -31,2), Wuhan Steel(Chine -25,3), Shandong Steel Group (Chine 22,8) et  Hyundai Steel(Corée du Sud-20,4). En 2015, selon International Trade Center  sur un total de 1467 millions de tonnes, pour les importations, la Chine vient en tête  avec 953 Mt, suivi du Japon 131Mt, la Corée du Sud 73 Mt, Allemagne 41 Mt, les pays Bas 32 Mt  et Taiwan 24Mt. Toujours selon la même source, pour les exportations sur un total de 1502 millions de tonnes ( Mt) l’Australie arrive en tête avec 810 Mt, le Brésil 366 Mt, l’Afrique du Sud 65 Mt, Ukraine 40 Mt , le Canada 37 Mt, les Pays Bas 21 Mt, la Russie 21 Mt, la Suède 20 Mt, le Chili 14 Mt  et la Malaise 13 Mt Selon la revue internationale Wordstreel, pour 2015, la production d’acier brut a été de 1621 millions de tonnes(Mt) dont 166 Mt pour l’Union européenne. La Chine arrive en tête  avec 804 Mt, suivi  du Japon 105 Mt, de l’Inde 90 Mt, des Etats Unis 79 Mt,  de la 23 Mt, Russie  71 Mt, de la Corée du Sud 70 Mt, de l’Allemagne 43 Mt, du Brésil 33 Mt, de la Turquie 32 Mt , de l’Ukraine 23 Mt, de l’Italie  22 Mt  et de Taiwan 21 Mt ,du Mexique 18 Mt, de l’Iran 16 Mt,  de  la France 15 Mt  et de l’Espagne  Selon la COFACE  dans son rapport de 2015, la Chine absorbe 60 % du minerai de fer extrait dans le monde, 50 % du cuivre, 48 % de l’aluminium et 45 % du nickel. Depuis 2000, la Chine a triplé sa production d’acier, qui représente désormais la moitié de la demande mondiale et 20 % du commerce mondial. Rien qu’entre 2008 et 2015, la production d’acier chinois est passée de 660 millions à 1,12 milliard de tonnes. Avec le ralentissement de l’économie mondiale, d’où la situation actuelle,  les surcapacités chinoises d’acier sont évaluées à 350 millions de tonnes, alors que la production européenne n’est que de 170 millions. Toujours selon cet organisme, la Chine n’est pas la seule à chercher à écouler son acier à bas prix. La Corée du Sud, la Russie ou encore l’Ukraine font de même. La chute des coûts du fret maritime facilite le commerce mondial. En 2015, transporter une tonne d’acier de la Chine vers l’Espagne revenait à 18 dollars, contre 30 dollars en 2013. 
3.- Qu’en est-il pour l’Algérie ?  La découverte du gisement de  Gara Djebilet  date depuis les années 1950 avec les études du Bureau de recherche minière en Algérie en  1953, le Bureau d’investissement en Afrique en  1959, le  Service d’études et recherches minières  en  1961  jusqu’aux premières tentatives de développement à titre expérimental du site avec l’entrée en scène de la Sonarem après la nationalisation des mines ,  dont l’effort d’expérimentation a été stoppé net en 1975  suite à la guerre au Sahara occidental. Les avis d’appel internationaux à manifestation d’intérêt lancés par Sonatrach, détenteur depuis 2009 du titre minier (adjudication, exploration) n’ont pas connu le succès escompté.  Resté au stade de la «préfaisabilité», le dernier «projet intégré de Gara Djebilet», mis sur pied en 2005  prévoyait aussi bien l’exploitation proprement dite jusqu’à la production du fer. Ce projet intégrait l’extraction du minerai de fer avec option pour son enrichissement sur place, son transport par voie ferroviaire (projet de chemin de fer reliant Tindouf à Béchar) vers le nord du pays, une usine sidérurgique proche d’un port en cas d’exportation d’une partie du produit et la construction d’une cité minière près du site appelé à accueillir une importante main-d’œuvre. Quant aux réserves, nous avons des données contradictoires, données qui fluctuent entre  un et demi (1,5) et trois (3) milliards  de tonnes, imprécision importante  car étant le double. Rappelons les déclarations de l’ex Ministre de l’Industrie et des Mines le 02 décembre 2013  pour qui la direction de  l’exploitation   est composée  de Sonatrach avec 55%, Ferphos (25%) et Sider avec 20%. Selon cette déclaration,  les  réserves globales  des deux gisements  à Tindouf sont estimées à plus de 3 milliards de tonnes de minerai de fer, que  les réserves exploitables de Gara Djebilet sont de l'ordre de 1,7 milliard de tonnes avec une teneur de 57 % de fer, les réserves de Mechri Abdelaziz  étant  de l'ordre de 700 millions de tonnes de minerai pour une teneur moyenne de 52,45 % de fer  et que le projet coûtera jusqu’à 20 milliards de dollars. Mais avait-il ajouté «  le lancement du projet reste dépendant de l'aval du gouvernement et des études approfondies portant sur la disponibilité de quantités suffisantes d'eau dans la région, les infrastructures ferroviaires et énergétiques. Une fois entré en activité, ce projet devrait assurer une production annuelle de 2,5 millions de tonnes. Autre version, celle de l’actuel Ministre de l’Industrie  cité  par l’APS le  04 octobre 2015, les études menées entre 1960 et 1970, les réserves de ce gisement se situent entre 1,5 et 2 milliards de tonnes. Et ensuite le 04 décembre 2015, lors de sa visite à Washington toujours cité par l’APS, pour le Ministre,  la   valorisation de Gara Djebilet, ayant  été pénalisée, auparavant, par des difficultés techniques notamment celles liées à la teneur élevée du minerai en phosphore et en arsenic qui rendaient son exploitation peu rentable et que  le traitement du minerai en parvenant à réduire le taux du phosphore dans le fer pour le porter de 0,8% à 0,03%, offre  la possibilité à l'Algérie soit d'exporter le fer à l'état brut soit de le transformer localement  et que les réserves avec une teneur  en fer de 63%,  étaient de 2,5 milliards de tonnes.  Auparavant, le   18 octobre 2015 le Ministre  de l’industrie et des Mines avait déclaré selon  l’APS qu’un  cabinet d'experts international sera sélectionné avant fin octobre 2015  pour lancer une étude de faisabilité pour l'exploitation du méga gisement minier de Gara Djebilet (Tindouf. Feraal « fera son choix à partir d'une short list composée de trois cabinets internationaux jouissant d'une renommée mondiale et spécialisés dans les domaines des mines, de la sidérurgie et de la métallurgie ».  Cette étude permettra de mieux connaître le potentiel de Gara Djebilet, les capacités de production de minerai de fer, le coût de l'exploitation comme elle donnera des indications sur le marché de la sidérurgie en Algérie.  Le 02 mai 2016, selon l’agence APS  l'Agence nationale des activités minières (Anam) et la Société nationale du fer et de l'acier (Feraal) ont signé,  un accord pour le financement des études de faisabilité du gisement minier de Gara Djebilet (Tindouf), pour un montant de trois (3) milliards de dinars étude qui  devrait être finalisée fin mai 2017 au plus tard fin décembre 2017  avant d'entamer la phase d'exploitation de ce gisement qui ne renfermerait pas 2 milliards  de tonnes mais selon le Ministre 3 milliards de tonnes. En vertu de cet accord, Anam va octroyer 2 milliards DA à Feraal, chargée d'exploiter ce méga gisement, pour lancer  ces études de faisabilité qui seront réalisées par un cabinet d'experts international. Outre cette enveloppe, Anam va également injecter, par le biais du Fonds des mines, selon le Ministre de l’Industrie et des Mines lors de la cérémonie de signature, un montant d'un (1) milliard DA dans le capital social de Feraal, qui avait été créée en 2014 pour exploiter ce gisement à travers un partenariat entre Sonatrach, et les groupes publics GICA (cimenterie), Manadjim El Djazaïr (Manal) et Sider.
 4.- Qu’en est-il de la rentabilité ? Il est intéressant d’examiner le prix de certaines matières premières. En juin 2016, le prix du fer s'établit à 51 dollars la tonne, en baisse de 6,4% sur un mois et de 17,5% sur un an.  Le prix de l'inox s'établit à 2 027 dollars la tonne, en baisse de 0,2% sur un mois et en baisse de 17,8% sur un an ;   le prix de l'aluminium s'établit à 1 594 dollars la tonne, en hausse de 2,8% sur un mois mais en baisse de 5,6% sur un an ;  le cours du cuivre s'établit à 4 642 dollars la tonne, en baisse de 1,1% sur un mois et de 20,4% sur un an ;  le prix du cuivre au kilo s'établit donc à 4,64 dollars, soit 4,2 euros au cours actuel ;  le prix du plomb s'établit à 1 713 dollars la tonne, en hausse de 0,3% sur un mois mais en baisse de 6,4% sur un an,  le prix du zinc s'établit à 2 026 dollars la tonne, en hausse de 8,4% sur un mois et en baisse de 2,7% sur un an. Le  cours  de l'acier est très fluctuant s'établit à 620 dollars la tonne le 22/07/2016 contre 580 dollars la tonne le 19/07/2016 et 449 dollars les douze derniers mois.  Aussi,  face fluctuations importantes des prix  et à cette importante production mondiale  de fer  et de l’acier, quelle place pour l’Algérie ?  Après une  augmentation de 50% au 1er choc pétrolier de 1974 (influence du coût de l’énergie, charbon surtout), nous assistons à  une  baisse régulière par effet d’échelle, progrès techniques (maîtrise de l’énergie) et de productivité.  et  depuis   la crise économique  de 2008, et qui se fait toujours sentir. Les  prévisions  2016/2020 de la banque mondiale et du FMI  ne sont   guère optimistes surtout avec la relative  récession chinoise  et également  avec les vagues d’attentats terroristes et le retrait de la  Grande Bretagne  de l’Europe. Selon Morgan Stanley « le climat dans la sidérurgie chinoise continue de se détériorer » En cause, une croissance faible de la demande dans le secteur immobilier et les infrastructures, les plus gros acheteurs d'acier.  Les aciéries chinoises absorbent 70 % de la demande mondiale du minerai acheminé par mer. Leur production risque d'être très ralentie pendant les deux années à venir, estime Jefferies. Ce qui va logiquement freiner la demande de minerai et  « la principale question est : jusqu'où les prix peuvent-ils baisser, alors que 300 millions de tonnes supplémentaires vont submerger le marché entre le troisième trimestre 2015 et le premier trimestre 2017  » selon  Morgan Stanley Plusieurs observateurs de marché sont désormais convaincus, la tonne de fer pourrait bientôt valoir moins de 50 dollars  en 2017.  C’est que  l’exploitation du fer  de Gara Djebilet nécessitera de  grands investissements dans les  centrales électriques, des réseaux de transport, une utilisation rationnelle de l’eau qui fait défaut ainsi que l’éloignement des sources d’approvisionnement,  d’éviter la détérioration de l’environnement  et surtout une formation pointue ( a t-on préparé la formation)  et là on revient à la ressource  humaine, pilier de tout processus de développement. Par ailleurs, il faut éviter les déclarations euphoriques. Si  les données s’avèrent vérifiées,  2500 millions de tonnes sur des réserves mondiales de 85.000 millions de tonnes donnent  une part pour l’Algérie  de 2,9% des réserves mondiales. Mais il faut être réaliste  les données comptables ne sont pas elles pompeuses données par certains officiels et là il faut être réaliste. La valeur vénale au cours du marché  de l’ensemble du stock de fer (estimons le à 2,5 milliards de tonnes) au prix constant 2016  de 60 dollars  entre  50/60  dollars la tonne  , 2500 millions de tonnes multiplié par 60 dollars  nous donnera pour une exportation brute  d’environ 150 milliards de dollars restant un profit net  de 75 milliards de dollars restant à l’Algérie pour 51% environ 39 milliards de dollars pour tout le stock   et  moins de 36 milliards de dollars au cours  de 50 dollars. Pour une exportation brute  de  3 millions de tonnes /an donner, nous aurons  un chiffre d’affaire au cours  maximum de 60 dollars la tonne  de 180 millions de dollars auquel il faudra retirer  50% de charges ( le cout d’exploitations est très élevé)  restant 90 millions de dollars à se partager selon la règle des 49/51%, restant à l’Algérie 46 millions de dollars  et moins de 42 millions de dollars au cours de 50 dollars. Et même si on exportait 9 millions de tonnes /an, le profit net pour l'Algérie ne dépasserait pas 150 millions de dollars/an.  Donc seule la transformation en produits nobles peut procurer une valeur ajoutée plus importante à l’exportation. Du fait de la structure oligopolistique de la filière mines, au niveau mondial,   la seule solution est  un partenariat gagnant/ gagnant  avec les  firmes  de renom  qui contrôlent les segments du marché international  qui n’accepteront pas la règle restrictive des 49/51% avec les lourdeurs bureaucratiques, la souplesse et les décisions du temps réel régissant le commerce international. Pour preuve , après d’autres rapports montrant les contraintes au niveau du climat des affaires, après celles de l’Allemagne, la Grande Bretagne,  la France , les USA, la déclaration du 22 juillet 2016 du gouvernement italien souhaitant un assouplissement de la règle des 49/51% notamment pour les PMI/PME, alors que le Ministre de l’Industrie promet paradoxalement son extension dans la future loi de finances 2017, dans son  rapport sur l’investissement dans le monde publié le 22 juillet 2016 , la  Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), le rapport relève pour l’Algérie une baisse des entrées des investissements directes étrangers en 2015 par rapport à l’année 2014. Le stock d’IDE sortants s’est chiffré à 1,8 milliard dollars à fin 2015 contre 1,5 milliard dollars en 2010 représentant principalement des investissements du groupe Sonatrach à l’étranger. Ces  déclarations  de partenaires clefs de l'Algérie  et les derniers rapports internationaux  contredisent  les discours de l’actuel Ministre de l’Industrie.
En résumé, devant avoir un langage de vérité , sans une autre vision de la politique industrielle s’insérant dans le  cadre d’une vision stratégie  globale  se fondant sur  des réformes structurelles nécessaires touchant impérativement tous les secteurs, afin de s’adapter aux nouvelles filières  mondiales en perpétuelles évolutions poussées par l’innovation et sans un observatoire stratégique d’analyse au temps réel  des conjonctures boursières journalières, hebdomadaires, mensuelles et annuelles , il est vain pour les opérateurs algériens  de pénétrer le marché mondial et encore moins la filière sidérurgique contrôlée par  quelques firmes internationales. Les séminaires et rencontres seront inutiles, le temps ne se rattrapant jamais en économie. N’existant pas de situation statique,  toute Nation qui n’avance pas recule forcément. En bref, le Ministère de l’Industrie doit faire le bilan de la règle des 49/51%, indiquer  clairement comment il compte pénétrer le marché international, comment ces différents projets évalués à des dizaines de milliards de dollars sont synchronisés, en fonction des différentes variantes des   choix d’investissement, combien de temps le retour d’investissement, combien ses projets coutent au pays et combien cela  rapporte en termes au pays  de balances technologiques  et en devises nettes et  non pas en données de chiffre  d‘affaires de peu de signification. Sinon tous ces projets disparates accéléreront à terme  l’épuisement des réserves de change, avec des  impacts mitigés. Il y va de la sécurité nationale. Grâce à un renouveau de la gouvernance et surtout un renouveau culturel, l’Algérie, existant des compétences locales connaissant le terrain, l’université de Béchar devrait être associée à l’évaluation de ce projet. j’en suis convaincu, réalisera une économie diversifiée dans le cadre des valeurs internationales.  
(1)-Le professeur Abderrahmane MEBTOUL est docteur d’Etat en sciences économiques (1974) et expert comptable de l’Institut supérieur de gestion de Lille (1973) a été directeur d’études Ministère Industrie/Energie 1974/1979-1990/1995-2000/2007, auteur de nombreuses contributions, ouvrages  et membre de plusieurs institutions  internationales.



 

Dr Abderrahmane MEBTOUL
Dimanche 24 Juillet 2016 - 17:53
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ACTUALITÉ
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