REFLEXION

Que valent vraiment les diplômes universitaires sur le marché du travail ?

Le débat autour du Dispositif d’aide à l’insertion Professionnelle et les mauvais résultats de permanisation des insérés même en Contrat de Travail Aidé situation due principalement du fait que le secteur administratif a primé le secteur économique – qui représente tous les objectifs de ce dispositif- en matière de placement, commence à relancer l’inquiétude des jeunes quant à leur investissement dans l’éducation. La réalité socio-économique va-t-elle les orienter désormais vers des diplômes professionnalisant et les détourner des formations choisies par « goût » ?



Que valent vraiment les diplômes universitaires sur le marché du travail ?
Dans le contexte algérien, le diplôme universitaire n’a jamais été considéré comme la reconnaissance de compétences professionnelles. En dehors de domaines bien précis, comme la médecine par exemple,  auxquels correspondent une adaptation des enseignements et une régulation des diplômes forte.L’Université se trouve limitée dans les fonctions de reproduction des  connaissances, de formation des formateurs et de recherche transdisciplinaires. Pourtant, diverses vagues d’adaptation ont tenté de changer ce profil, jusqu’au système LMD. Le monde parfait serait celui de l’adéquation entre les diplômes et le métier pour lequel ils préparent. Les diplômes délivrés s’équilibreraient, entre les diverses spécialités, suivant les nouveaux emplois offerts. Si cette référence de pure adéquation n’existe  pas encore en Algérie ; il est évident qu’entre les délais de formation et la volatilité de l’économie, cette vision  d’ajustement reste suspecte. Toutefois, la théorie dite de l’engorgement valide l’idée de tendances  lourdes. Ces mouvements pour équilibrer, sur le long terme, l’offre à la demande de formation, seraient  diffus et prendraient en compte, à la fois, les inerties du choix des études et celles de la politique  universitaire par la restriction et l’expansion de certaines filières. Suivant le schéma du calcul économique, le jeune s’engagera dans les études seulement s’il  escompte que cette formation lui permettra d’accéder, une fois titulaire du diplôme, à un niveau de  rémunération supérieur à celui auquel il aurait pu prétendre sans ce diplôme. Il pourra ainsi accepter de  compenser le manque à gagner qu’il subit en se retirant volontairement du marché du travail pour  poursuivre ses études. Ce type de comportement répond à la théorie du capital humain. Notons  toutefois que les conditions d’application de cette théorie sont rarement satisfaites : il est difficile pour le  jeune étudiant de mesurer les contraintes, économiques et personnelles, que ce choix impliquent. Ainsi, cette théorie ne laisse aucun espace pour un apprentissage optimiste, à l’origine de nombreuses  orientations initiales dans le paysage de plusieurs universités à travers le monde.Une seconde vision, plus axée sur l’analyse du marché du travail, considère le diplôme comme un signal, ou un filtre. Le diplôme perçu comme un signal permet aux employeurs d’évaluer ex-ante les compétences en situation de travail des jeunes diplômés. Les diplômes seraient ainsi appréciés, sur le marché du travail, comme des signaux de l’efficacité du futur employé. Mais une adaptation de cette vision théorique défend le diplôme en tant que simple filtre. Les « signaux » émis par un diplôme universitaire ne permettraient pas de préjuger de manière assez précise des compétences du diplômé. Le diplôme, serait surtout un critère assez ténu permettant de « filtrer » les individus les uns par rapport aux autres.

L’insertion professionnelle
des diplômés
A ces visions théorisées se conjugue une vision beaucoup plus pragmatique de la valeur du diplôme. Sur le marché du travail, le titulaire d’un diplôme universitaire se voit confronté à deux risques. Le premier  est clair, c’est le risque de chômage. Le second, lié au risque du chômage mais perceptible de manière plus diffuse, est la précarisation qui, en retardant l’obtention d’un emploi stable, fait souvent alterner des périodes de chômage et d’emploi. Cette situation pénalise donc le jeune diplômé en dévalorisant son  investissement éducatif et sur tout risque de déstabiliser sa carrière professionnelle en augmentant, dans la durée, la période charnière de la transition entre l’université et l’emploi. Plus cette période s’étend, plus elle risque de créer une situation de dévalorisation, du diplôme et des compétences professionnelles, qui  compromet durablement l’investissement éducatif. Sur le long terme, en référant aux comparaisons internationales, la possession d’un diplôme élevé a toujours été un facteur impliquant la qualité de l’insertion et le faible taux de chômage. Ceci,  évidemment, dans la mesure où l’insertion professionnelle est relativement plus délicate, comparée aux économies proches. Ainsi cette situation favorable des diplômés sur le  marché du travail s’estompe dans le temps ; comme pour l’essentiel, le diplôme universitaire  ne protège plus guère du chômage, sans que l’on y rencontre un chômage spécifique aux études longues comme ceci existe depuis longtemps dans le monde.En assurant de bonnes études  et le développement des compétences, le système universitaire  doit constituer dorénavant  un facteur essentiel de compétitivité de l’économie et de progrès social en comparaison avec ce que consacre le gouvernement à l’enseignement supérieur , ce qui a représente en chiffre un investissement de beaucoup de  milliards de dinars, mais pourquoi les fruits tardent à venir. Les difficultés économiques auxquelles sont  confrontés plusieurs  pays depuis 2008 doivent renforcer  la nécessité d’utiliser au mieux les outils de l’enseignement supérieurs  au service du maintien dans l’emploi, de la mobilité professionnelle ou du retour vers l’emploi. Plus que jamais, l’efficacité du système  universitaire mais aussi de formation professionnelle revêt un enjeu considérable.

M.T.Hamiani
Lundi 30 Juillet 2012 - 23:30
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ACTUALITÉ
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