REFLEXION

Que sont devenues nos campagnes

UNE NOUVELLE DONNE QUI A BRISE L'EQUILIBRE NATUREL ET L'ENVIRONNEMENT

Il fût un temps, ou l'Algérie sous domination Française, était appelée le grenier de la France, d’où l'exportation, du blé dur, de la farine, de l'orge, de fruits tels que les agrumes et autres légumes, vers l’Europe, malheureusement toute cette richesse, a disparu et laisse chacun de nous perplexe de par la désolation et la désertification des terres et le monde rural, n’est plus ce qu’il était.



Que sont devenues nos campagnes
Aujourd'hui le pays paie le prix fort, de cette négligence et de cette catastrophe initiée par l’irresponsabilité de certains politiques, qui ne s'attendaient pas aux conséquences, investissant dans la ferraille et le béton qui ont été la cause de l'effondrement de l'économie du pays.
Cette déferlante destructrice, n'a rien laissé sur son passage et a mis à nu les terres fertiles, par l'arrachage sauvage du tissu végétal, à savoir: vigne, les arbres et cyprès brise vent qui servaient à contenir l'érosion du sol et protéger les terres. Il est clair, que le mal avait été fait, alors que si l'on avait laissé la terre, à ceux qui se réveillaient au champ du coq, et qui connaissaient, sa valeur rien de tout cela ne serait arrivé. L’on a usurpé le droit de vivre à ces paysans, alors qu’ils n'avaient sollicité personne pour les arracher à leurs racines, sachant pertinemment, qu’ils ne pourraient s'adapter à un autre mode de vie que le leur. On n'aurait pu leur donner les moyens, pour continuer à cultiver la terre de leurs ancêtres au lieu de les déraciner, de cette existence, pour qui ils se sont sacrifiés. Ils avaient donné tout leur savoir faire et leur amour, pour cette terre car c'était pour elle qu’ils avaient lutté afin de l'arracher aux usurpateurs coloniaux. Ces hommes n’avaient rien demandé, et ne s’étaient jamais plain, malgré les difficultés rencontrées ils aimaient travailler et suer, acceptant cette fatigue bienséante et méritante selon certains après une dure journée de labeur et à qui l'on a enlevé ce plaisir. Hadj Mohamed vieux paysan nous dira à ce propos: "Il est vrai que la vie était difficile, mais une chose est certaine, notre vie était rythmée au gré des saisons qui nous apportaient leurs richesses, l’automne était consacré aux labours et semailles, quant à l’hiver il était le bienvenu avec ses pluies, son, tonnerre, ses éclairs et ses nuits noires, qui duraient le temps de la saison. Et de poursuivre, chaque saison donnait ses fruits et avec elle toute sa splendeur pas comme aujourd'hui, je ne sais pas si vous avez remarqué la terre est devenue pauvre et tellement dénudée que cela nous fait mal au cœur. Même le ciel s’est vidé de ses oiseaux qui nous apportaient une certaine gaité , nous dit-il, on ne voit même plus d’hirondelles, de Souid, de chardonneret, de perdrix, de cigogne et autres espèces, c’est comme s’ils avaient déserté la campagne et le pays, ils faisaient la joie des paysans, car ils étaient annonciateurs de jours heureux, malgré les durs labeurs. A une époque continua-t-il, la campagne était belle et c’était tout un spectacle qui s'offrait et ce dés le printemps, celui-ci nous éblouissait par cette éclosion végétale et par la fleur des champs qui envahissait les plaines et qui imprégnait la campagne de couleurs, à savoir : coquelicots, marguerites, œillets, lavandes, bleuets et autres variétés qui ont aujourd’hui complètement disparu. La nature au printemps, nous dira-t-il, nous apportait une sorte d'allégresse, et nous annonçait la bonne récolte". « C’était dure à l'époque et du temps des colons nous dira, Hadj Tahar âgé de prés de 96 ans, mais qui paraissait en bonne santé: " On battait le blé, on aiguisait la faux, on réparait la charrue, et malgré le peu de moyen à notre disposition il faut reconnaître que c’était bien". "Cela valait le déplacement, car l’on se croyait dans un grand musée végétal, nous confiera Si El Habib un ancien propriétaire terrien dont la nostalgie ne faisait aucun doute . ,Vous savez nous dit-il, c'était un lieu ouvert sur la nature au point de se fondre dans les fouillis de chênes, platanes, cyprées, peupliers verts et gris, bercés par la brise saisonnière mais comme vous voyez tout à disparu. Pour vous dire, ajoutera-t-il à l'époque les citadins, malgré le joug colonial, venaient jouir du spectacle et se régalaient du haut d’une colline, à la vue de ces plaines qui s’étendait à perte de vue, en contrebas, et qui s’étiraient à l’infini dans les méandres de ces lots de terrains tracés géométriquement, et bordés par les arbres. Nos campagnes étaient drapées presque toute l’année d’un manteau végétal unique. Nous les pauvres paysans, malgré le joug colonial, on vivait au jour le jour, malgré les difficultés auxquelles on était confronté, mais o, étaient à l’écart des bruits des villes et des villages. Nos campagnes recelaient d’une faune sauvage, vivante et attrayante, pour ajouter au décor de ce paysage paisible qu’interrompait, les gazouillis des oiseaux dans le ciel, ou du haut des cimes des arbres. Et de conclure, avec vos questions nous dit-il, vous avez éveillez en moi de vieux souvenir et je suis déçu par ce qui arrive à nos campagnes jadis vertes et riches, c'est vraiment dommage". Hadj Merzoug très âgé lui aussi nous dira avec un sourire ironique: "Ce qui me manque dans tout cela c'est le bourdonnement des abeilles, qui ont pris la poudre d’escampette, pour aller on ne sait ou surement ont-elles immigrées vers d’autres forêts étrangères, puisque celles-ci ne produisent que très peu de miel ceci étant du à la pauvreté végétale». Il ajoutera d’un air nostalgique, nos campagnes ne sont plus ce qu’elles étaient, adieu les longues siestes sous un figuier, un olivier, un amandier, fini cette quiétude si particulière ou l’on restait des heures à contempler le ciel et cette variété de papillons survolant des fleurs sauvages pour se poser gracieusement, dans une frivolité presque silencieuse. Faire la cueillette des coquelicots, des marguerites, des fleurs des champs, tomber sous le charme d’un monde végétale soigneusement constitué mais qui à tendance à disparaître de nos jours". « La campagne était un lieu vivant qui nous parlait jadis de nos racines de nos ancêtres pour nous les rappeler à chaque instant, c'est pour cela que nous somme resté contrairement à d’autre et ce, malgré la décennie noire du terrorisme et personne ne viendra me déloger de mon chez moi". Voila-t-il que le vieil homme se mit à rêver oubliant jusqu’à notre existence et parlant à voix haute : "Tirer l’eau du puits, entendre le bruit du roulis que fait la corde et le sceau, faire claquer le fouet au ras de l’attelage, nos gestes ressemblaient aux battements d’une horloge qui rythmait l’éternité, regarder les vaches brouter l’herbe humide que la rosée matinale venait de parfumer. C'était notre vie, on se levait au champ du coq pour préparer le café aux hommes, aujourd’hui on ne l’entend plus, nous rappelle une vielle femme El hadja Halima». Hadj Mohamed dont les souvenirs submergeaient, quant à lui monopolisant la parole se mit alors à parler, sans s'arrêter, il dira " Vous savez à cette époque comme viennent de vous le dire mes voisins du Douar, quand arrivait le temps des moissons et le battage du blé, malgré la chaleur et le travaille manuel pour tous ces paysans si modestes qu'ils soient, s’était tout un plaisirs et un rituel, ils maniaient la faux avec habilité, alors qu'on entendait le bruit incessant des moissonneuses batteuses et des tracteurs que possédait le colon et je ne vous parlerais pas des moissons en plein ramadhan et sous un soleil de plomb. Pour transporter les ballots de foins, on avait peu de moyens et l'on se servait de charrettes de mulets et autres aujourd’hui disparus. Depuis on a fait entrer l’Agriculture dans le progrès mettant au point un système de préfiguration d’adduction qui n’a rien d’extraordinaire surtout avec le résultat actuel, pour ces hommes avachies par les années de dure labeur, il ne reste de cette époque prometteuse qu’un passé et voilà pour eux que le monde rural découvrait la technologie moderne dés 1919, et si vous voulez le savoir nous dit-il : les colons se servaient de la Fraise à pédale 15 tours par minute, de la fonderie pour fabrication immédiate des dentiers métalliques et les tenailles rouillés, c’était le commencement d’une nouvelle ère qui venait briser la quiétude d'un monde rurale et celui de la nature qui n’a jamais voulu de cette technologie, bouleversant les traditions et les coutumes de tout un art". Hadj Mohamed était intarissable, intelligent, il parle la langue française très bien: "Que de souvenirs se sont estompés, pour oublier ces coins reculés de nos campagnes, avec ces hommes et ces femmes qui ont toujours vaqué modestement à leurs occupations, avec simplicité faisant corps avec la nature. La femme rurale aussi a aidé l'homme, à savoir: Travaux ménagers, couper le bois et apporter l’eau des oueds à dos ou sur les mulets, tandis que les jeunes filles de leurs côtés faisaient la lessive ou le pain traditionnel dans un four en terre banal d’un supposé hameau, moudre le blé et l’orge sous les meules traditionnelles, à la force des bras, traire les vaches, comme c’est dommage dira-t-il dans un soupir. Malgré la dureté de la vie elle était simple pour y penser aujourd’hui dans un mélange informel entre la nostalgie et les regrets pour retrouver cet itinéraire fléché par la simplicité d'un monde autre que celui, qui nous a assujettis à la convoitise égoïste et matérialiste, selon un paysan." On pouvait aller se rafraîchir au bruit du tonnerre et des nuits pluvieuses d’hiver ou écouter le bruit de la grêle sur le toit en tuiles et au matin contempler inlassablement le paysage, malgré la grisaille, pour s'imprégner de ces odeurs de terre fraiche. C'est à croire que notre interlocuteur était révolté;" Personne n’a voulu du passage de la société traditionnelle à la révolution industrielle, qui aura interrompu une aventure campagnarde saine, s'écria-t-il et interrompu le cycle naturel et celui de la richesse humaine et si hospitalière. Le modernisme et le matérialisme, on bouleversé les traditions et la vie rurale, l'hospitalité et la convivialité, qui ont été l'apanage des hommes, ils auront disparu aujourd'hui à jamais entre l’ironie du sort et la nostalgie régnante palpable à la vue de ces paysans avachis par les années. La campagne avait quelque chose de magique et le visiteur de nos jours est pris d’une sensation étrange car la nature a un côté alchimique et c’est toute la différence lorsque d’un seul coup elle se métamorphose, pour nous surprendre, malheureusement cette ambiance féerique a disparu à tout jamais de nos campagnes si belles autrefois. Malgré cette expérience destructrice de la révolution agraire voila que nous sommes revenus à notre point de départ, pire encore aujourd’hui on brade les terres pour les distribués à ceux qui n’ont aucun lien avec le travail de la terre. Un autre avenir désastreux menace l’agriculture, par l’absence de rationalité, d’où la distribution anarchique des terres qui ne présage d’aucun changement, ah nostalgie quand tu nous tiens soupira-t-il, mais que voulez vous Ellah Ghaleb conclut-il en levant les bras au ciel".

Benyahia Aek
Vendredi 23 Septembre 2011 - 10:53
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