REFLEXION

Que doit faire l’Algérie face à la baisse du cours des hydrocarbures ?

Le cours du pétrole est depuis quelques semaines en dessous de 50 dollars. Il est coté le 04 juillet 2017 (légère progression) à 49,67 dollars le Brent et à 47,08 dollars le Wit. Cette présente contribution sans aucune modification, d’une brulante actualité est la conférence intégrale donnée le 12 mai 2015 à l’invitation de la direction générale de la sureté nationale DGSN –Ecole supérieure de police de Châteauneuf en présence de Monsieur le général major Abdelghani HAMEL directeur général de la sureté nationale et des responsables de la DGSN, sur le thème « l’Algérie face à la baisse du cours des hydrocarbures » qui avait été entamée dès juin 2014, où avait été mis en relief les conséquences durables de la baisse du cours des hydrocarbures sur l’économie algérienne. Car dans l’économie mondialisée d’aujourd’hui aucun prix n’a plus d’importance que celui du pétrole brut. Plus de 80 millions de barils sont produits et consommés chaque jour, dont la plus grande partie est vendue sur les marchés internationaux Ce même thème a fait également l’objet d’une conférence le 15 octobre 2016 à l’Ecole supérieure de l’administration militaire d’Oran– E.S.A.M-2ème région militaire devant les officiers supérieurs et élèves -officiers de la 2eme région militaire. Je ne puis oublier le riche débat qui s’en est suivi, un discours de vérité privilégiant uniquement les intérêts supérieurs du pays alors qu’à cette époque certains soi-disant experts et même des ministres induisaient en erreur les autorités du pays.



1.- les nouvelles mutations énergétiques et les dix déterminants du prix du pétrole
Le monde devrait connaitre un profond bouleversement de son modèle de consommation énergétique entre 2016/2030  avec des incidences géostratégiques. Quelles sont donc les déterminants du prix du pétrole Premièrement, l’élément central de la détermination du prix du pétrole entre 2017/2020 est la croissance de l’économie mondiale. Entre 2020/2030, aucun expert ne peut prévoir au delà, du fait des importantes nouvelles mutations.  Selon le rapport Perspectives de l’Économie Mondiale du Fonds monétaire international (FMI) 2015 contrairement aux prévisions euphoriques de certains experts, le cours du pétrole s’établirait  à moins de 51 dollars en moyenne annuelle pour 2016. Mais le plus inquiétant, c’est le prix de cession du  gaz traditionnel représentant un tiers des recettes de Sonatrach  avec une prévision de 50% en 2020. Or, selon le FMI, le gaz a atteint son  cours le plus bas en douze ans en raison, certes, de  la chute des cours du pétrole, mais également  par la vigueur de l’offre russe en gaz naturel et par l’affaiblissement de la demande asiatique. Deuxièmement, du côté de l’offre, nous assistons à une hausse plus rapide que prévu de la production de pétrole (non conventionnel) des USA qui bouleverse toute la carte énergique mondiale. Ils sont passés de 5 millions de barils/jour de pétrole à un niveau fluctuant entre  8,5  et 9,5 millions de barils jour  entre 2014/2015. Les Etats-Unis, toujours grand importateur actuellement, devraient devenir le plus grand producteur de pétrole brut (tenant compte consommation intérieure) devant l’Arabie Saoudite et la Russie. Selon The Telegrap , les Etats-Unis, devraient pénétrer fortement dès  2016 le marché mondial avec des quantités sans précédent de gaz naturel liquéfié (GNL) :30 projets sont en cours de réalisation, grâce au gaz et le pétrole de schiste pesant ainsi sur le marché mondial du GNL où l’Algérie fait partie des principaux exportateurs avec le Qatar , la Russie, le Nigeria, l’Australie et bientôt d’autres pays africains. Troisièmement, les rivalités au niveau de l’OPEP dont certains membres ne respectent pas les quotas, de la rivalité Iran-Arabie Saoudite (plus de 35% de la production OPEP). Cela rentre dans le cadre géostratégique avec l’Occident (dont les USA) pour affaiblir la Russie. L’Arabie Saoudite est le seul pays producteur au monde actuellement qui est en mesure de peser sur l’offre mondiale, et donc sur les prix, tout dépendant d’une entente entre les USA et l’Arabie Saoudite pour déterminer le prix plancher, encore que cette entente pourrait se déplacer dans un proche avenir avec une entente avec l’Iran. Quatrièmement, la stratégie expansionniste russe dont le géant  Gazprom, pour le gaz (45.000 milliards de mètres cubes gazeux de réserve) à travers le North Stream et le South Stream (ce dernier gelé actuellement) d’une capacité prévu de plus de 125 milliards de mètres cubes gazeux pour approvisionner l’Europe, sans compter les nouvelles canalisations vers l’Asie. La Russie a besoin de financement, les tensions en Ukraine n’ayant en rien influé sur ses exportations en Europe où sa part de marché a été de 30% entre 2013/2015. Cinquièmement, du retour sur le marché de la Libye  pouvant aller facilement vers 2 millions de barils/jour, de l’Irak avec 3,7 millions de barils jour (réservoir mondial à un coût de production inférieur à 20% par rapport à ses concurrents) pouvant aller vers plus de 8 millions/jour. Et surtout l’Iran après les accords sur le nucléaire se concrétisent avant le 30 juin 2015 , ayant  des réserves de 160 milliards de barils de pétrole lui permettant facilement d’exporter entre 4/5 millions de barils jour et le deuxième réservoir de gaz traditionnel avec plus de 34.000 milliards de mètres cubes gazeux , sans compter qu’il aura alors accès aux quelques 100 milliards de dollars bloqués dans les banques étrangères, qui pourront augmenter ses exportations et attirer les investissements étrangers. Sixièmement, les nouvelles découvertes dans le monde notamment en offshore notamment en Méditerranée orientale (20.000 milliards de mètres cubes gazeux expliquant en partie les tensions au niveau de cette région) et en Afrique dont le Mozambique qui pourrait être le troisième réservoir d’or noir en Afrique et les nouvelles technologies permettent l’exploitation et la réduction des couts des gisements marginaux de gaz et pétrole de schiste d’environ 30/40%. Septièmement, les USA/Euro qui représentent actuellement plus de 40% du PIB mondial pour une population inférieure à un milliard d’habitants poussent à l’efficacité énergétique avec une prévision de réduction de 30%. Huitièmement, les tendances  sont à une nouvelle division et spécialisation internationale avec la concentration de l’industrie manufacturière forte consommatrice d’énergie en Asie qui absorbera 65% de la consommation mondiale horizon 2030, notamment l’Inde et la Chine. Les relations clients –fournisseurs seront à leurs avantages, pour avoir des avantages comparatifs et pousseront à la baisse des prix. Neuvièmement, l’occupation par les terroristes de champs pétroliers et gaziers les écoulements au marché noir notamment en Irak pour un baril entre 30/40 dollars  Dixièmement, l’évolution des cotations du dollar et l’euro, toute hausse du dollar, bien que n’existant pas de corrélation linéaire, pouvant entraîner une baisse du prix du baril.

2.- Les perspectives futures du cours  du pétrole
Des rapports internationaux 2014/2015  notent   que les  énergies renouvelables représenteront  entre 2016/2020 plus de 30% de la capacité totale de production électrique installée dans le monde et 23% de la production totale d’électricité. Le  financement des EnR est d’environ  286 milliards de dollars en 2015 représentant  154 GW de nouvelles capacités , dépassant de loin l’investissement dans la production conventionnelle (+97 GW) Ainsi ces  rapports mettent en  relief trois facteurs essentiels : premièrement, la définition de règles du marché assurant un système d’énergie durable en accord avec les objectifs du trilemme , y compris les règlementations clairement définies en matière d’émission de CO2; deuxièmement, l’instauration des marchés de capacité pouvant "permettre d’assurer la sécurité en termes d’approvisionnement en complément de marchés basés uniquement sur les énergies qui se révèlent "souvent insuffisants pour garantir un approvisionnement fiable ; troisièmement,  le développement plus poussé des méthodologies en matière de prévisions météorologiques pour garantir une meilleure fiabilité et faire rapidement face à la variabilité du vent et du soleil. Quant aux  perspectives pour le marché pétrolier, elles sont aléatoires.  Selon l’AIE, rapport 2015  le marché pétrolier devra prendre son mal en patience,  la perspective d'un rééquilibrage prochain s'éloignant  sous l'effet d'une demande pénalisée par des incertitudes économiques et d'une offre qui reste abondamment alimentée.  En effet, la stabilisation des prix est difficile car  la  dynamique offre-demande ne change pas significativement, du fait que la production continuera à surpasser la demande.   C’est que la production de l'or noir en Russie s'est chiffrée à plus de 10,5 millions de barils par jour, tandis que celle du royaume saoudien a atteint 10,3 millions de barils ces derniers   sans compter le bouleversement de la carte énergétique  par le pétrole et le gaz de schiste américain  dont les couts ont baissé de 30/40%, la stratégie de l'Arabie saoudite, qui chercherait à « tuer » les producteurs de schiste américain, ayant atteint ses limites n’étant  pas certain que les extractions de pétrole non conventionnel s'effondrent réellement outre-Atlantique - en tout cas pas au rythme attendu, la production varierait  durant les années  2015/2017  entre 8,5 et 10 millions de barils/jour.  Attention de s’en tenir qu’aux facteurs conjoncturels qui  peuvent peser sur la hausse des  prix transitoirement  qui ont fait baisser la production pétrolière du pays notamment   les troubles  au Nigeria, les tensions en Libye ou en Irak.   Aussi,  comme annoncé dans le dernier rapport  du Forum Economique Mondial  le monde est à l’aube d’une nouvelle révolution industrielle qui modifiera les rapports de force au niveau mondial et  une recomposition du pouvoir énergétique mondial. Deux pays la Russie qui ont pourtant les plus importantes réserves, la Russie   qui a investi dans les nanotechnologies ((l’infiniment petit) et l’Arabie Saoudite qui a prévu 2000 milliards de dollars d‘investissement pour préparer l’après pétrole. Car si le monde   est passé de l’ère du charbon à l’ère du pétrole,  cela ne signifiait  pas  qu’il n’existait plus de réserves de charbon (200 ans de réserves contre 40/50 ans pour le pétrole),  mais que des  nouvelles  technologies  ont été mises en place renvoyant toujours au fondement du développement l’économie de la connaissance. Les réserves sont fonction du   vecteur prix international cout, pouvant découvrir des milliers de gisements non rentables au vu des mutations énergétiques mondiales. Aussi, c’est une  erreur stratégique de raisonner sur un modèle de consommation énergétique linéaire, en misant  sur la rigidité de l'offre, qui provoquerait à moyen terme, faute d’investissement,  une montée inexorable des prix vers des sommets, 100, 200, voire 250 dollars le baril. C'est que l’analyse des nouvelles mutations énergétiques va à  contre-pieds de tous ces raisonnements mécaniques qui sont démenties par la dure réalité économique. Par  le passé, les tensions au Moyen Orient provoquaient une  hausse des prix, alors que nous avons assisté à  un effondrement du prix du pétrole, sans véritable changement de la structure de la demande. Et c’est là qu’entre la géostratégie et notamment la stratégie européenne, chinoise et surtout  américaine qui oriente  la R et D vers les énergies nouvelles, vers lesquelles s'engagent dès à présent la moitié des nouveaux investissements  et ce, afin de conserver le  leadership énergétique au niveau mondial.           
3.- L’avenir  de l’OPEP
Les pays de  l’OPEP représentant 33% de la production commercialisée mondiale, 67% se faisant hors OPEP, ne doivent plus vivre de l’illusion de la rente éternelle,  cohabitant avec d’autres acteurs  et ne pouvant jouer un rôle déterminant comme dans les années 1974. Aussi, attention à l’euphorie et aux faux calculs..  Même une augmentation de 5 dollars en moyenne annuelle donne un gain net pour un pays comme l’Algérie de seulement 3 milliards de dollars contre 30 milliards de dollars pour la Russie et l’Arabie Saoudite (dix fois plus de production), montant auquel il faudra retirer la diminution  en valeur de la baisse de production. Comme il ne faut pas exclure, car c’est un jeu de poker du fait des turbulences de l’économie mondiale,  une importante perte  financière.  Imaginons, en cas de crise ou de croissance faible de l’économie mondiale,  que la diminution de la quantité OPEP  n’entraine pas une baisse substantielle des prix et que  les pays hors OPEP accaparent  des parts de marché. D’où la difficile équation à résoudre, d’autant plus que les USA un des plus grand producteur  a joué sur la réduction substantielle de couts de production étant devenu exportateur net. Les observateurs s’accordent à ce que le prix futur dépendra d’une entente entre pays consommateurs et producteurs d’une part et d’autre part, par une entente pays OPEP non OPEP. Aussi, la détermination du prix du pétrole, (le prix du gaz lui étant indexé) dépendra d’une entente entre d’une part  l’Arabie Saoudite et la Russie  et l’Arabie Saoudite et l’Iran qui veut revenir à son quota avant les sanctions de plus de quatre millions de barils jour ayant besoin de financement Qu’en sera-t-il pour la Russie ? Pour ce pays rentre des enjeux géostratégiques, les russes reprochant aux américains de vouloir couler l’économie russe dont les réserves de change au cours inférieur à 50 dollars risquent de s’épuiser horizon 2020. A cela, il faudra ajouter l’accroissement futur de la production  2016/2017 du Nigeria, de la Libye, l’Irak (pour ces deux pays devant atteindre leurs quotas) et du Kazakhstan avec l’entrée en production d’un important gisement en décembre 2016, sans compter les USA qui avec le pétrole et gaz de schiste (réduction de 30/40% des couts) ont bouleversé toute la carte énergétique mondiale(1). Le futur prix d’équilibre sera fondamentalement déterminé par une entente entre les USA et l’Arabie Saoudite, alliés stratégique. Mais comme rappelé précédemment  le déterminant sera la croissance de l’économie mondiale avec des incidences négatives ou positives sur les pays producteurs, du fait de l’interdépendance des économies. En cas d’une faiblesse de la croissance, la stabilisation des cours du pétrole sera difficile à se réaliser, tout au plus le cours devrait fluctuer entre 45/55 dollars. En cas d’une légère reprise, il pourrait fluctuer entre 45/55 dollars entre 2017/2020.En cas d’une reprise forte entre 2017/2020, il pourrait progressivement fluctuer entre 60/70 dollars. En cas d’une crise équivalente à celle de 2008, il descendrait en dessous de 40 dollars. Au-delà -2020/2030, du fait du bouleversement de la carte géostratégique mondiale et de la quatrième révolution industrielle mondiale, aucun expert ne peut prédire avec exactitude les scénarios de l’évolution tant du prix du pétrole que de la nouvelle structure économique mondiale, entre 2020/2030/2040. Des stratégies d’adaptation par couches successives sont nécessaires renvoyant à la géostratégie, loin des  replâtrages conjoncturels qui accroitront les tensions à moyen et long terme.

4.- Impact de la baisse du cours du pétrole   sur l’économie algérienne
Il est fort probable l’épuisement du fonds de régulation des recettes fin 2016.  Que faire  car  tout accroissement des dépenses par rapport aux recettes prévues  accroitra le déficit budgétaire avec un impact inflationniste? Il faudra distinguer la part des dépenses en dinars (solutions internes) de la part en devises et distinguer les actions conjoncturelles, des actions structurelles qui seules sont une réponse appropriée aux défis futurs du pays.  Les calculs qui suivent ont été effectués sous l’hypothèse du respect du quota de l'Algérie au sein de l'OPEP et du volume actuel d’exportation du gaz. En cas où le volume serait inférieur, les recettes devraient être inférieures au montant calculé. Dans le cas contraire de hausse en volume, le montant en valeur devrait augmenter en accélérant l'épuisement des réserves prévues au rythme de la consommation intérieure (à horizon 2030, la population atteindra 50 millions d'habitants).  Pour  60 dollars les recettes prévues seraient d’environ  34 milliards de dollars. L’on doit retirer 20% de charges ce qui nous donne 27 milliards de dollars de profit net en précisant que la baisse d’un dollar en moyenne annuelle occasionnant une perte pour l’Algérie d’environ 600 milliards de dollars. A 50 dollars, le baril donne un profit net de Sonatrach de 21 milliards de dollars  40 dollars, le baril donne un profit net de Sonatrach de 15 milliards de dollars  30 dollars, le baril donne un profit net de Sonatrach de 9 milliards de dollars 20 dollars, le baril donne un profit net de Sonatrach de 3 milliards de dollars et nous serions presque au seuil de rentabilité.  Comment dès lors mobiliser les ressources financières suivant ces différents scénarios (se pose ici aussi la problématique de la rentabilité future des investissements projetés), le ministère de l'Energie vient de déclarer début 2015  que les programmes de Sonatrach seraient de 100 milliards de dollars entre 2015/2020 et de 30 milliards de dollars pour la même période pour Sonelgaz: endettement ou puisement dans les réserves de change, et que restera-t-il aux autres secteurs ? En rappelant que toute décision stratégique relève du Conseil national de l'Energie présidé par le président de la République.

5.-Que doit faire le gouvernement algérien face à la baisse du cours des hydrocarbures?
La  dette extérieure en  2015 est  inférieure à 4 milliards de dollars et les réserves de change se sont établies à 179 milliards de dollars  fin 2014  devant s’orienter à la baisse d’environ 140/145 milliards de dollars fin 2015, il y a lieu de bien les utiliser. C’est de richesse virtuelle qu’il s‘agit de transformer en richesse réelle, le capital argent n’étant qu’un moyen ne créant pas de valeur. Je propose  huit solutions du gouvernement algérien, face  au déficit du trésor  entre   2016/2020. Premièrement, il ya urgence d’aller vers une allocation ciblée  des  ressources financières  et une rationalisation des dépenses (économies de gestion)  tant pour la partie devises que dinars, supposant de lutter contre les surcouts et la corruption.  Mais existent des limites tant  économiques que sociales quitte à étouffer toute l’économie, puisque l’Algérie est  une économie rentière où les recettes en devises avec les dérivées représentent 97%. Les exportations hors hydrocarbures étant marginales, 83% du tissu économique repose sur le petit commerce/services, le secteur productif, excepté l’agriculture, étant embryonnaire et environ  70% des besoins des ménages et des entreprises publiques et privées dépendent  de l’extérieur. Deuxièmement, accroitre la fiscalité ordinaire pour la  sphère réelle pour les  ménages tout   et les entreprises,  l’impôt direct étant le signe d’une plus grande citoyenneté, la facilité pour tout gouvernement étant  l’ accroissement de l’impôt indirect injuste par  définition), tout en   étant conscient que l’impôt peut tuer l’impôt , supposant une réforme fiscale fondement à la fois de l’équité et de l’efficacité ,   tout   en intégrant intelligemment par des mécanismes transparents la sphère informelle loin de toute action administrative bureaucratique. -Troisièmement, continuer le dérapage du dinar pour la partie  dinar, pour ne pas dire dévaluation, mais  avec les risques d’amplification du processus inflationniste afin de juguler le déficit budgétaire. Ce glissement à la baisse du dinar constitue  une épargne forcée,  tant par  rapport au dollar gonflement de la fiscalité pétrolière (vente en dollars)   et que par rapport à l’euro gonflant la fiscalité ordinaire, les taxes à la douane s’appliquant à un dinar dévalué. Quatrièmement, continuer à puiser dans les réserves de  change pour la partie devises qui selon la banque mondiale    ayant  un répit de quatre années au vu des importations de biens et services incompressibles,  une économie productive mettant du temps à l’instant T0 de sa mise en œuvre  (minimum cinq années) , le temps ne se rattrapant jamais en économie. Cinquièmement, aller vers un endettement extérieur ciblé pour la partie devises uniquement  pour les segments concurrentiels productifs. Sixièmement, mettre en place une politique  à  des subventions et transferts sociaux ciblés inter socioprofessionnelle et inter régionale. Mais n’ayant pas une vision de sinistrose, la justice sociale, pas l’égalitarisme,  n’est pas antinomique avec l’efficacité économique impliquant une plus grande moralisation de la société et des dirigeants, supposant un partage équitable  du sacrifice et dont les responsables doivent donner l’exemple et avoir un langage de vérité. A l’avenir  si le cours se maintient  entre 45/60 dollars, cette généralisation  des subventions, injuste par définition,  sera intenable financièrement  impliquant  un ciblage pour les plus démunis  et les secteurs que le gouvernement  veut encourager transitoirement. Septièmement, la solution ultime conjoncturelle serait la planche à billets – car avec moins de  50 dollars le baril, il  n’y a plus de marges de manœuvre. La planche à billets  induit une épargne forcée,  au détriment des couches défavorisées et moyennes,  le processus inflationniste jouant  comme vecteur de redistribution de revenus au profit des revenus variables  qui en Algérie sont en dominance dans la sphère marchande réelle et informelle. Eviter la dérive inflationniste comme au Venezuela  suppose   une régulation forte  conciliant le cadre macro-économique et le cadre macro-social. Huitièmement, pour éviter le scénario dramatique des impacts de la baisse du cours du pétrole des années 1986, la solution la plus durable  est d’avoir une vision stratégique afin d’asseoir une économie diversifiée dans le cadre des valeurs internationales.  Il ne faut plus se faire d’illusions, un cours de pétrole entre 80/100 dollars  est  improbable rendant urgent, pour l’Algérie, si elle  veut éviter sa marginalisation,  l’émergence d’une économie diversifiée dans le cadre de la mondialisation.  Comme l’a instruit   le président de la république, et pour des raisons de sécurité nationale, le langage de la vérité s'impose  devant aller vers   de profondes réformes structurelles  sans lesquelles,  l’on ne pourra pas faire émerger une économie diversifiée. Sans réformes, au-delà de 2020, il sera impossible de maintenir le niveau des réserves  vu  la  situation économique fin 2015.

 6.- Conclusion : un Front social et un comité -crise  pour  approfondir les réformes
Les changements économiques survenus depuis quelques années dans le pays, ainsi que ceux qui sont appelés à se produire dans un proche avenir, doivent nécessairement trouver leur traduction dans des changements d’ordre systémique destinés à les prendre en charge et à organiser leur insertion dans un ordre social qui est lui-même en devenir. La pleine réussite de cette entreprise restera tributaire d’un certain nombre de conditions : la production d’une culture politique participative ; une communication institutionnelle efficiente ; l’élaboration d’un nouveau consensus politique permettant de dégager une majorité significative dans le corps social autour d’un véritable projet de société. Il s’agit là d’une entreprise d’envergure consistant principalement à revoir l’aménagement fonctionnel du pouvoir d’Etat ; restructurer le système partisan ; réorganiser le champ de l’information et de la communication et réorganiser le mouvement syndical et associatif fondement de la bonne gouvernance. L’objectif central est de nous adapter aux mutations mondiales par la démocratisation de la société grâce à une croissance durable basée sur le savoir, seule condition de résorption du chômage, et en organisant les solidarités tant socioprofessionnelles qu’inter- régionales pour assurer la cohésion sociale, base du développement.  Un bon développement allège le poids sur les forces de sécurité ; un frein au développement par une mauvaise gouvernance accroit les tensions sociales et donc l’insécurité. En ces moments de grands bouleversements géostratégiques,  rendant  urgent une cohésion nationale, rassembler au lieu de diviser, où existe un lien dialectique entre sécurité et développement, rendons hommage à nos forces de l’ANP, à toutes nos forces de sécurité, la DGSN, la gendarmerie nationale  pour la stabilisation du pays. J’ai eu le 24 octobre 2014  lors d’un débat à Radio France Internationale RFI Paris  avec  l’économiste en chef au secrétariat d’Etat US, actuellement haut responsable à l’AIE le professeur Antoine Halff où a été mis en relief que le cours du pétrole sera bas pendant longtemps.  Aussi, l’Algérie n’a pas d’autres choix : réussir les réformes qui seront douloureuses à court terme mais porteuses d’espoir à moyen et long terme pour les générations présentes et futures,  possédant  toutes  les potentialités pour réussir supposant une mobilisation générale au sein d’un  large front social et l’urgence d’un comité anti-crise sous la présidence du premier ministre comme je l’ai préconisé au gouvernement lors d’une conférence  le 03 novembre 2014 au Palais des Nations(Alger). Rester   en statu quo en  retardant  les  réformes  structurelles conduira inéluctablement à la cessation de paiement horizon 2020 avec les risques  de tensions sociales et la déstabilisation de la  région méditerranéenne et africaine  avec des interférences étrangères, du fait que l’Algérie est  un enjeu géostratégique, ce qu’aucun  patriote algérien ne souhaite. J’ose imaginer une Algérie où les nouvelles générations vivront confiantes et heureuses dans leur pays et où nous assisterons à un retour volontaire progressif des cadres expatriés. Aussi, l’Algérie qui a d’importantes potentialités sera ce que le peuple algérien et les responsables chargés de gérer  la Cité voudront qu’elle soit.  ademmebtoul@gmail.com

               

Par Dr Abderrahmane MEBTOUL
Mercredi 5 Juillet 2017 - 17:55
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ACTUALITÉ
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