REFLEXION

Quand les médias français analysent les articles du journal Réflexion

PERPIGNAN – MOSTAGANEM, LE DIVORCE .!?

Parmi les dizaines de sites qui reprennent nos écrits, nous avons choisi certains qui ont attiré notre attention pour avoir traité du honteux jumelage de Mostaganem avec Perpignan. Le blog Ouillade qui, selon toute vraisemblance suit avec attention nos publications, vient de reprendre, le 10 de ce mois, le dernier article du quotidien algérien concernant le jumelage de Mostaganem avec Perpignan intitulé « Le bourbier de nos élus se précise ». Notre réaction ne se faisant jamais attendre, nous publions pour nos lecteurs, l’article écrit par l’administrateur du blog- domicilié à Perpignan - et qui se veut un prélude au divorce des deux villes de la Mare Nostrum. Et, bien sûr, nous avons notre mot à dire et nous irons plus loin qu’Ouillade. Nous irons même chez les indépendantistes Catalans, au sommet des Pyrénées et pourquoi pas « darrere dels Pirineus », comme dirait mon ami Rossello.



Quand les médias français analysent les articles du journal Réflexion
ARTICLE DU SITE FRANÇAIS « OUILLADE »
PERPIGNAN – MOSTAGANEM : Le divorce ?… La presse algérienne réclame la fin du jumelage entre les deux villes
La presse algérienne n’est pas tendre avec Jean-Marc Pujol (UMP), maire de Perpignan, depuis que celui-ci a décidé de créer le Centre de documentation des Français d’Algérie, et l’a inauguré en grandes pompes, le dimanche 29 janvier dernier, en présence de très nombreuses personnalités, dont le ministre de la Défense, Gérard Longuet. Ce week-end là, à Perpignan, se tenait également de congrès national du Cercle algérianiste, présidé par Thierry Rolando, et qui a rassemblé quelque 1 800 personnes… Réflexion, le grand quotidien national algérien, n’a pas hésité à titrer : « Le bourbier de nos élus se précise », insistant sur le fait que « Perpignan, ville jumelée avec Mostaganem, est élevée au rang de capitale « Pied-noir », des pieds-noirs qui réclament la reconnaissance de leurs « souffrances » et la responsabilité de l’Algérie (…) ». Dans un long article, faisant suite à de nombreux autres papiers, la rédaction du journal Réflexion n’y va pas avec le dos de la cuillère : « Jean-Marc Pujol, le maire de Perpignan est désormais déboussolé chez lui avant d’être interdit de séjour sur le territoire algérien. Les Mostaganémois s’organisent pour ce fait (…). A Mostaganem, ceux qui se frottaient les mains, habitués à faire feu de tout bois, n’auront rien à se mettre sous la dent, car l’heure n’est plus au rapprochement pour organiser des voyages et pèlerinages vers les caves et coteaux, fermes et les orangeraies de Perrégaux sur le dos de ceux qui périrent dans les cuves de la mort. L’Azur est noir (…). Des opportunistes, soient les initiateurs du jumelage entre Mostaganem et Perpignan, se voient désormais sur les bancs des accusés. Ils ne savent plus sur quel pied danser. La jeunesse s’organise pour mettre un terme à un jumelage non souhaité aussi bien par les Chouhada que par le dernier nouveau-né ». Pour le quotidien Réflexion, la présence, le jour de l’inauguration du Centre de documentation des Français d’Algérie, de Marine Le Pen (FN), en meeting en soirée à Perpignan, ne peut pas être interprétée comme une pure coïncidence : « L’UMP et le Front national mènent un même combat, il n’y a que la dénomination qui change. Concernant la présence de Marine Le Pen, cheffe du Front national à Perpignan, au moment de la tenue du congrès des nostalgiques de l’Algérie française n’est que pure coïncidence. Elle l’a affirmé mais qui la croira ? Il s’agit bel et bien, au pays de Jeanne d’Arc, de l’étoile de Jésus guidant les rois mages (…) ». Fin

Qui est Ouillade ?
Une petite recherche nous a permis de découvrir  que ce blog est un « blog citoyen » et son responsable éditorial, n’est autre que l’écrivain Luc Malepeyre qui est aussi  un journaliste chevronné, objectif et vertueux.  « Ouillade.eu », lit-on,  veut porter un œil critique et averti sur l’actualité locale dans les Pyrénées-Orientales en général. Il  est domicilié à Perpignan en particulier et s’est juré de dire la vérité quoi qu’il en coûte, aborder tous les sujets, même les plus brûlants et sans concession. Il écrit d’une autre façon pour permettre à chacune et à chacun, non seulement de se tenir au courant, mais aussi de connaître le dessous des cartes. »

LE VIOL DE LA DIGNITE DU FIER ALGERIEN PERPETRE PAR DES ELUS
L’intérêt porté par ce blog citoyen, qui est surement le reflet d’un grand pan de la  société française,  au remue-ménage outre-Méditerranée alors que l’Algérie commémore timidement le cinquantième anniversaire de son indépendance, ne peut que nous réjouir si les « cours d’eau devaient revenir à leurs courants », comme dirait un bédouin. Le viol de la dignité du fier Algérien perpétré par des élus, qui se rabattent maintenant sur le ministère des affaires étrangères et le ministère de l’intérieur et des  collectivités locales, n’est qu’une fuite en avant. L’idée a été murie à Perpignan et Mostaganem. Par des pieds-noirs nostalgiques et des Algériens qui, surement étaient de l’autre bord quand « casser du fellous » et « la corvée de bois » étaient monnaies courantes. Reprenons ensemble et en  chœur : « En revanche, je m'honore de défendre toutes les minorités accablées par l'histoire et mon action en faveur des harkis, des rapatriés et de tous ceux qui ont quitté l'Algérie depuis 50 ans est reconnue. » Dixit Jean-Marc Pujol, maire de Perpignan, dans une lettre adressée à Réflexion, datée du 18 octobre 2011. Que Mostaganem affiche en majuscules, en gros caractères, en gras et bien haut sur la tour blanche de la mairie, notre Big Ben, qu’a foulé un jour de 1958 De Gaulle : « Bienvenue aux frères Pieds-noirs et Harkis » du moment que nous constatons la dérobade et l’abdication pure et simple de tous nos élus.

L’ALGERIE N’A PAS BESOIN D’UN AUSSARESSES, BIS
 Selon nos informations, jeunes et vieux s’organisent pour réaliser concrètement sur le terrain un barrage à toute tentative de replâtrage d’un pseudo-rapprochement entre les bourreaux et les victimes. L’Histoire de ce pays s’écrivant avec un grand H, l’Algérie  n’a pas besoin d’un Adenauer ou d’un De Gaulle, deux nains face à l’émir Abdelkader, Amirouche, Boumaza, El Mokrani, Benbadis  et Cheikh Bouamama pour s’agenouiller devant Le Pen, Pujol et leurs semblables. Les orphelins, les veuves, les estropiés, les condamnés à mort, les traumatisés, les mutilés, les torturés, les vexés à vie, les persécutés disent non et diront non à ceux qui « rêvent à l’envers » et je vous cite Jean-Marc Pujol, au risque toujours de me répéter : « En prenant la parole devant vous, j’ai le sentiment du devoir accompli. Devoir accompli non pas par rapport à moi mais par rapport à nos parents et grands-parents et à tous ceux qui ont construit l’Algérie pendant 132 ans et qui ont été effacés par l’histoire de l’Algérie française des 8 dernières années et l’exil définitif. »  C’était il y a une quinzaine de jours. La France a construit ! Même sous la Grande Poste d’Alger et la rade de Mostaganem les ossements sont d’indigènes. Si construire un pays se limitait à des ports et aéroports, notre FLN, notre glorieuse ALN,  le Frelimo, le FNL vietnamien, Front Polisario et chez vous, messieurs de France les maquisards FFI n’auraient pas droit de cité. Et aussi à ceux qui veulent faire de Pujol  un Ould Bled, un vrai Mostaganémois, dont des pseudo-religieux décriés dans les zaouias et au ministère des affaires religieuses, il lance : « Parfaitement intégré dans un pays qui est le mien, la France, je reste un mostaganémois car mes racines sont en Algérie et pas ailleurs. Nul ressentiment dans mon action, bien au contraire. » Le discours est récent. Il date du 29 janvier 2012. Les racines là-bas et le cœur chez  le conquérant !. Pujol cite Albert Camus : « Je veux combattre pour la justice, non pour la pénitence des uns et la vengeance des autres ». Nous aussi, en Algérie et en Algériens, prônons cela. Mais la douleur est encore vive sur cette rive de la Méditerranée et les cœurs de pierre nostalgiques de l’Algérie française, tel Pujol,  ont même laissé entendre  une repentance des deux côtés. Je le cite et me répète : «  Perpignan est désormais jumelée avec Mostaganem et des échanges sportifs et culturels sont déjà prévus. La mémoire partagée ne peut se faire que dans la vérité historique. La repentance peut être partagée. » Et là, chose inouïe, les Catalans de Perpignan comprennent la même chose que les Algériens et le parti nationaliste catalan  l’écrit noir sur blanc le 28 janvier dernier : « Car il est clair que la France ne devrait pas se repentir de leurs crimes contre le peuple catalan. » Pujol voulant dire colline en catalan, le maire de Perpignan ne voudrait-il pas mettre de l’ombre sur tout ce qui est authentique, évident et vérité vraie ? Je reviendrai sur les Catalans.

UNE PETITION EN COURS POUR METTRE FIN A LA MASCARADE
Sur le terrain à Mostaganem, des voix s’élèvent et des larmes coulent sur la joue d’un Moudjahid qui a connu les affres de la torture et qui « ne sait pas ce qui arrive à l’Algérie et aux Algériens, affirme-t-il. » Des voix s’élèvent et sur les réseaux sociaux tombeurs des dictateurs où  jeunes et vieux,  mostaganémois et de toutes parts se sont regroupés sous Anti-jumelage Mostaganem sur  le réseau Facebook avant de lancer une pétition qui sera adressée au président de la république, au Sénat, à l’Assemblée Nationale, au ministre des affaires étrangères et au ministre de l’intérieur pour mettre fin à la mascarade. Pujol déclarait le 29 janvier dernier, devant le ministre de la défense dépêché par Nicolas Sarkozy, à propos des historiens, lors de l’inauguration du Centre de documentation des Français d’Algérie : « Ils rappelleront la vie simple de ces gens pauvres mais fiers venant de toute l’Europe pour construire ensemble à la fois une nouvelle vie et un nouveau pays. Ils rappelleront comment la langue française et les instituteurs étaient porteurs d’émancipation, les médecins porteurs de vie, les ouvriers porteurs d’espoir et les colons porteurs de mise en valeur. » La marche-arrière est franche chez le maire de Perpignan. Le discours cher aux objecteurs de conscience qui jadis couraient les douars prenant les « indigènes » pour des dupes est de retour. Merci, MM. les instituteurs de jour, OAS la nuit. Merci aux civilisateurs affameurs et violeurs. Merci à ceux qui interdisaient la langue arabe et les medersas. Merci à ceux qui ne permirent qu’à 12 élèves sur les 37 arabes au milieu de  centaines d’enfants colons d’accéder au bac en 1960 en même temps que Jean-Marc Pujol. C’était au lycée René Basset, aujourd’hui Zerrouki, Dieu merci.

MOSTAGANEM DE BOUKHARI ET CONSORTS VOUS REMERCIE AU NOM DES CHOUHADAS
 Mostaganem de Boukhari et consorts vous remercie au nom d’Ould Aïssa Belkacem, Benayed Bendehiba, Benyahia Belkacem, Houcine Hamadou, Zerrouki Cheikh Ibn Eddine, Sahraoui Abdelkader, Kadi Bezzaouche, Abdellaoui Abed, Ghali Benzohra, Ayachi Abdelkrim, Berraïs Abderrahmane, Bordji Amar, Bensaïd Mohamed,  Embarek Abdelkader, Mohamed Benzahaf, Bensaâdoune Habib, Moulay Cherif, Cheikh Nacer, Benabdelmalek Ramdane et les huit millions d’autres qui ont laissé leurs vies pour cette terre bénie.Qui comprendrait notre langage mieux que ceux qui souffrent l’occupation, les privations culturelles, l’envahissement et la perte d’identité ? Et à ce titre, je citerai ces Catalans   du PNAC, le  parti nationaliste catalan, qui se sont faits les porte-paroles de ces anti-jumelage de Mostaganem et de Perpignan et qui ont eu  l’insigne honneur de soupeser  nos écrits et de sortir sur pnac-catalunya-nord.blogspot, le 28 janvier dernier, avec : « Nous ne comprenons pas l’intrusion de la ville de Perpignan dans une affaire délicate et d’une telle ampleur. Qu’est donc allé faire le maire Pujol dans cette galère ? Ses administrés sont en droit d’exiger des explications sur un dossier peu clair. Quant à nous, notre position est claire. […]Trop de jeunes de chez nous sont allés jadis se faire massacrer en Afrique du Nord pour défendre une terre étrangère.  Qu’avons-nous récolté ? Une population qui ne fait aucun effort pour s’assimiler à la communauté catalane. Une population qui démontre une fois de plus qu'elle est inassimilable à la communauté catalane, contrairement à d'autres venues des quatre coins de l'Europe. Pire encore elle agit comme si tout lui était dû avec un rapport dominant/dominé. Nous ne saurions trop conseiller au maire Pujol de prendre mieux en compte les intérêts de la population perpignanaise et de sa culture authentique et de ne plus s’impliquer dans les dossiers complexes et sensibles de la diplomatie. » Et c’était sous le  titre édifiant de « Dans quel guêpier nous conduit la ville de Perpignan et son maire ? » Des idées, un ton et un langage que nous partageons. Les Catalans sont chez eux ceux qu’étaient les Algériens en Algérie dans leur pays durant 132 ans d’occupation. Et Dieu sait ce que l’estime est grande dans ce pays du soleil au peuple Catalan. D’ailleurs « un référendum sur l'indépendance de la Catalogne déboucherait sur 53,6 % de suffrages favorables des Catalans, selon un sondage commandé par le quotidien El Periodico au cabinet barcelonais Gesop. » Et les Catalans savent bien ce que susurre le peuple algérien sans occupant ! Une liberté enviée  jusqu’à la manipulation et la création de conflits internes aux anciennes colonies par l’archaïque puissance dominatrice. Mais quand même, c’est de la liberté. Cinquante années après l’indépendance et l’on nous suit encore ! Quant à nous, si nous talonnons l’ancien occupant c’est pour une dette. Le passé colonial de la France la rattrape et  il lui sera difficile de s’en défaire.  Et la leçon n’a pas été assimilée.Avant de terminer, je rappellerai que la fin du vingtième a été aussi la fin des idéologies. A ceux qui pêchent en eux troubles, je dirais que l’histoire ne se réécrit pas par ceux qui l’ont occultée.  « La recherche de la vérité historique débarrassée des idéologies » chère à Pujol prête à sourire. Quelles idéologies ? Les grottes de Nekmaria qui renferment encore les restes des victimes algériennes  des enfumades du général Pélissier, non loin du lieu du dernier séjour du maire de Perpignan à Mostaganem,  ont reçu la visite  de l’éminent historien Gilbert Meynier qui, contrairement aux autres n’a pas été par quatre chemins.  Tout jeune, il a milité pour l’indépendance de l’Algérie et cette même Algérie l’accueille en fanfare. A ce propos je citerai André Mandouze,  Francis Jeanson, René Vautier, Maillot, Frantz Fanon, Maurice Audin, Henri Alleg, Timsit, Yveton et d’autres encore. Et les Pieds-noirs, om étaient-ils ? Encagoulés à massacrer de l’arabe. Comme Jean-Marc Pujol aime citer, je le fais également pour mon plaisir. Et je citerai Maître Vergès : « Souvent je dis à des amis français, qui ne comprennent pas cela, quand les Allemands occupaient la France, qu'est-ce que vous auriez dit s'ils apprenaient l'allemand à vos enfants, si les Allemands changeaient les noms de vos villes ; si à l'école on apprenait à vos enfants l'histoire de l'Allemagne et plus l'histoire de la France, ce serait un cauchemar ! Eh bien, c'est ce que vous avez fait en Algérie et ailleurs. Alors si cela ne s'appelle pas un génocide culturel, je ne vois pas du tout ce que c'est qu'un génocide culturel.  Ce qu'il y a de plus grave, c'est que ce génocide est aussi grave que celui qui consiste à massacrer, parce que quand vous avez massacré, vous avez massacré, mais le génocide culturel, lui, a la durée. » Moi aussi, je dis qu’ils ne comprennent pas cela.

Et c’est ainsi que je voudrais que si réponse de Pujol et consorts il y aura, qu’elle soit dans ma langue maternelle qui est la langue arabe et je crois bien aussi celle du président de l’Assemblée populaire de la wilaya de Mostaganem, M. Belghali Soltani, du sénateur  Lazreg et des députés Abdelhamid Si Afif, Hadj Bechikh, Bouteldja et autres inter-frondeurs.
 
Je n’omettrai pas de poser une question. Qu’est-ce qu’un jumelage ? Ben, c’est un plat catalan qui était très prisé par les pieds-noirs de Mostaganem de Perpigan et son retour ferait des  heureux parmi les partisans de « Mostaganem aux Pieds-noirs » et ses ingrédients ne sont autres que deux oreilles de cochon, un vieil os de jambon, 500 gr d’échine de porc, trois boudins blancs, un morceau de boudin noir, etc.  Adieu  zaouias  et Sidi Saïd, Bordj El Mehal et Sidi Abdellah,  Sour Kelmitou et le Dahra, m’auriez-vous dit ! Enfin, faut-il faire  un dessin pour que l’on comprenne qu’avec le jumelage de Mostaganem et Perpignan, il  y a un honteux dessous des cartes ?

Riad
Dimanche 12 Février 2012 - 21:04
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