REFLEXION

Quand les «Fellahas » sévissent à Oran

Pour s’aventurer à prendre un bus au niveau des entrailles d’un marché populaire constitue un véritable cauchemar puisque le risque de se faire voler est grand. Force est de constater que le phénomène des vols, dans toutes ses formes, est en ascension alarmante.



Que ce soit en ville ou encore dans les communes rurales, voler est devenu un acte tout aussi banal. Les bilans, donnés tout récemment, par le groupement d’Oran de la gendarmerie nationale, sont plus que révélateurs. Ce sont plusieurs dizaines de cas qui ont été enregistrés en 2011 tandis que les magistrats, eux aussi, ne chôment pas en jugeant quotidiennement plusieurs dizaines de voleurs pour association de groupes de malfaiteurs, vols par effraction, vol avec armes blanches, vol à la tire, vol qualifié et tant d’autres cas. Attention aux pickpockets dans les marchés ... «Nous ne pouvons plus nous aventurer dans les entrailles du marché de la Bastille de peur de laisser nos porte-monnaie et portables ou d’assister impuissants aux gens à se faire subtiliser leurs objets. Ces petits voleurs nous interdisent tout accès dans les marchés». De tels aveux, faits par un homme d’un âge avancé, renseignent que les vols à la tire sont phénoménalement de retour. Ce dernier  a ajouté que «le mieux à faire, en fourrant les pieds dans nos marchés, est de masquer toute trace de l’argent et des objets de valeurs, dans le cas contraire se faire voler est inévitable». En effet, les pickpockets, cet autre mode de vol bien connu, revient et sévi en force dans les marchés populaires comme celui de la Bastille, El Hamri, Gambetta, Maraval et l’Usto. Le marché de la rue des Aurès ex-la Bastille, constitue une citadelle difficile à franchir  notamment  durant les heures de forte concentration de chalands, l’encombrement est souvent, à son pic tandis que le petit relâchement est calculé vu que ce dernier (le marché) est envahi de voleurs de tous bords.  Ces derniers, repèrent leur proie, la guettant tout en suivant de près ses mouvements en vue de situer d’abord le lieu dissimulant la petite bourse devant servir pour couvrir les petits achats. Et de là, tout un scénario est mis en action to de go. Le premier voleur s’approche de la victime pour la bousculer légèrement à l’épaule ou encore en lui écrasant le pied. Le film commence lorsque ce premier voleur, tout en s’excusant gentiment,  en abordant un vif sujet de discussion sur l’encombrement qui prévaut  au marché tandis que son acolyte, le deuxième voleur, passe, furtivement à l’action, en s’accaparant en douceur du contenu de la poche de la victime sans que celle-ci ne se rende compte qu’un malheur lui est arrivé.  En un laps de temps très court, les deux voleurs accomplissent leur mission «chirurgicale» avant de s’évaporer silencieusement dans la nature pour ne revenir après que pour subtiliser une autre victime. L’acte en question est souvent perpétré dans des lieux connus pour les grands encombrements comme les petits rassemblements des hommes et femmes qui se forment devant les petites boulangeries appelées localement «boulangeries syriennes. Ce fait, qui est sévèrement châtié par la loi, est commis chaque jour dans le marché de la Bastille. «Plusieurs dizaines de cas de vols sont enregistrés chaque jour», a déploré un commerçant ajoutant que «les victimes ne se rendent compte que tardivement». Le phénomène des pickpockets dans les moyens de transport collectif, à l’exemple des lignes B, 2, 11, 4G et 18, prend des proportions alarmantes à tel point que de nombreux transporteurs viennent de mettre des affiches à l’intérieur des bus pour avertir les usagers. Outre la mise en garde des usagers, les transporteurs déclinent toute responsabilité en cas de vols. A  c et effet,  " il faudrait que chaque usager doit rester  vigilant puisque ces voleurs activent en groupe de deux à trois personnes. Ils sont  armés et menacent souvent les transporteurs et les receveurs de représailles», lance ce jeune homme. Les usagers sont quotidiennement victimes des «fellahas», terme utilisé à Oran pour désigner les pickpockets. «Ils sont appelés fellahas parce qu’ils font la cueillette des usagers», explique ce jeune. Les «fellahas» activent  sur certaines lignes en particulier et aux alentours des gares routières (les Castors, Yaghmoracen et El-Hamri).

Medjadji H
Mardi 14 Février 2012 - 11:20
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Oran
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