REFLEXION

Quand la "Chkara" devient le profil du futur député

LEGISLATIVES DU 10 MAI : ON PREND LES MEMES ET ON RECOMMENCE ???

Le contexte politique, à l’approche des législatives, est caractérisé par l’incursion des arrivistes et des opportunistes, ainsi que par les alliances et mésalliances subjectives et l’achat des voix, pour une représentativité dans les différentes instances électives de l’assemblée populaire nationale.



Quand la "Chkara" devient le profil du futur député
Comme par le passé, il n’y a aucune définition de l’éthique dans cette prochaine campagne électorale dont l’enjeu est le contrôle de l’APN, aussi il est naïf de croire qu’il est possible de la faire prévaloir dans un domaine où toute la politique est biaisée par les prétendants à la députation, de par le son de cloche que l’on a l’habitude d’entendre à chaque coin de rue et qui n’a pas changé d’un iota, tout comme Moussa El Hadj, El Hadj Moussa..  

Des partis dispersés, des têtes de listes à la criée et au plus offrant
 Pour illustrer de tels propos, il faut faire référence aux violences régulières et aux luttes intestines a l’occasion des préparatifs pour les législatives et pour les renouvellements d’instances de certains partis, comme le FLN, le RND le MSP lors de la confection des listes électorales,  pour souligner le caractère calculateur de chacun. De ces trois partis qui ont constitué l’alliance gouvernementale, après l’échec plusieurs personnalités les ont déserté, pour créer d’autres partis politiques, dont celui de Menasra, de Djaballah, de Fatah Rebai, de Bouchareb un dissident, d’E-Nahda, partant de ce fait en rangs dispersés, comme le FLN qui a été divise suite à la levée de bouclier des redresseurs menés par Salah Goudjil. Quant au RND, plusieurs de ses militants ont démissionné, pour aller voir ailleurs, non sans oublier de citer le PT, qui lui aussi compte en ses rangs de nombreux dissidents. Le RCD quant à lui, il a toujours joué le trouble fête et ce à la dernière minute en boycottant les législatives. Dans ce même sillage, et pour une fois que le FFS décide de s’engager dans la bataille législative voilà, que ses militants lui font faux bond et qu’une grande partie de sa base militante démissionne en bloc. Pour ce qui est du  FNA de Moussa Touati, celui-ci est dans la tourmente et a perdu toute crédibilité au vu des décisions prises se mettant dans une fâcheuse position, en monnayant la place de tête de liste. Quant aux autres micros partis et satellites, ils servent beaucoup plus d’attrape nigaud pour les rejetés de la politique rentière et qui s’accrochent. L’opportunité a été trop belle, pour les anciens partis, comme pour les nouveaux, et a été l’occasion de se vendre au plus offrant, du fait que les têtes de listes se sont faites à la criée, voire une vente aux enchères, à savoir que pour celui qui a la chkara et qui peut mettre le plus d’argent pour décrocher  le ticket. À en croire certains, on était  plus dans l’élection mais dans le tirage du loto, plus précisément. À ce sujet, il n’a pas été fait de distinction significative entre les partis, car le mot parti est utilisé comme si tous les politiciens appartenaient à un seul et même parti, mais celui du machiavélisme, serait-on tenté de dire. Dans ce contexte il faut avec pertinence rappeler que la politique en Algérie est devenue l’art de dissimuler le vrai pour vendre le faux, avec de tels partis qui se font la guerre .alors que d’autres achètent leur candidature à coups de millions.  en résumé, on peut constater que la politique s’est réduite à un marchandage et à un art consommé de travestir la vérité afin de réaliser des objectifs pour lesquels tout politicien véreux serait  prêt à marcher sur tous les principes moraux et vendre son âme au diable.

Des candidats qui fondent leurs discours et leurs actions  sur le mensonge
L’éthique commanderait, dans d’autres pays dignes de la chose politique, que le représentant du peuple agisse en conformité avec les intérêts collectifs et qu’il rende compte de l’exercice de cette charge de représentation à ses mandants ou à la collectivité, mais cela  reste une utopie chez nous parce que des hommes politiques ont détourné leur charge de représentation à des fins personnelles et veulent la rééditer.  Les intérêts en cause sont vitaux, et les enjeux sont si importants qu’on pourrait parler de reflexe grégaire qui fait très mauvais ménage avec l’éthique et les valeurs, sous peine de programmer leur disparition prématurée et de répondre de leurs actes politiques délictueux devant le peuple. L’exemple est de mise de par les réactions de la base militante du FLN qui n’apprécie guère la tournure que vient de prendre sa direction qui a fait fit même des statuts et du règlement intérieur du parti, cela n’étant plus un handicap pour Belkhadem qui a joué sa partition politique en solo et un Goudjil qui cherche à lui damer le pion, tandis que les querelles politiques ont tendance à se propager au sein du RND et la colère gronde. Dans ce méli mélo, l’on pourrait se demander si la seule codification juridique des règles de comportements suffit à garantir l’éthique politique, sans référence aux droits élémentaires de la personne humaine, pour admettre dans le jeu politique des candidats qui fondent leurs discours et leurs actions sur l’inégalité, le mensonge et l’hypocrisie et le citoyen en est conscient vu qu’il les a déjà vu à l’œuvre . C’est également là, que l’éthique politique doit être perçue comme une dynamique qui s’adapte perpétuellement aux avancées démocratiques qu’elle doit accompagner et même renforcer, mais pas pour nos chers candidats, parmi lesquels certains sont impliquées dans des scandales, à savoir de corruption, de malversation, de mœurs , de détournement de biens publics et financiers, et autres qui ont brigué et gagné des postes de maires lors des dernières élections, sans  que cela ne soit pris en compte pour se retrouver encore une fois sur les  listes électorales, aussi s’agit-il que d’un marche de dupes. Il n’y a rien d’étonnant, que nous retrouvions des candidats dont le passé criminel est éloquent sur des listes, tels que certains repentis de l’ex fis dissous. Aujourd’hui, il s’agit pour eux de survie, car que deviendraient-ils une fois qu’ils seraient sanctionnés par le vote, aussi pour  se préserver et se prémunir, l’alternative a été toute trouvée en mettant en avant leurs larbins de service et pour ceux qui sont loin de toute connexion avec eux, cela leur paraitra naturel, voire de nouveaux visages, alors qu’ils agiront dans l’ombre afin de tirer les ficelles. quant à l’électeur qui vend sa voix, sait qu’il n’aura pas plus que ce qu’il a reçu en échange que le mépris et il n’hésite souvent pas à la vendre à plusieurs candidats et au plus offrant, et pour le politicien qui investit pour obtenir des voix celui ci estime qu’il est quitte de tout compte à rendre une fois qu’il a payé pour être élu, avec l’assurance d’avoir réalisé une bonne opération et il n’y a pas de service après-vente comme on dit pour l’électeur. Par ce jeu de dupes ; nos candidats ont  stigmatisé sévèrement le citoyen et les mœurs politiques, voire l’acte civique qui est celui de voter, car l’argent est devenu le maitre-mot dans une campagne électorale, il sert à l’achat collectif des voix et organise les transhumances politiques au point où il ne serait pas exagéré de parler de nomadisme politique en Algérie, car chez nous l’on change de parti comme de veste et tel est le cas du MSP, de certaines personnalités qui se présentent sous une autre couleur politique ou sur une liste indépendante..

Le dégout des algériens face à la politique, ce qui se traduirait surement  par les faibles taux de participation aux prochaines consultations électorales
Des partis politiques, comme le FLN, RND, MSP, FNA, EL ISLAH, FJD, FCA ENAHDA et autres nouveaux petits partis qui viennent d’être agréés en dehors de toute considération programmatique ou idéologique, auraient beaucoup contribué à la déliquescence des mœurs politiques au point même d’installer la confusion par contagion dans les autres états majors. Cet état de fait, expliquerait le rejet, voire le dégout des algériens face à la politique, ce qui se traduirait surement  par les faibles taux de participation aux prochaines consultations électorales, qui pourraient bénéficier aux islamistes, dans le cas d’une abstention importante. Menasra, Soltani, Djaballah, avec l’aide des militants de l’ex FIS, comme d’ailleurs l’a fait Menasra qui les a inclus dans les listes, met en lumière le double langage de toute la mouvance islamiste, qui n’attend que d’être au pouvoir pour verser dans l’obscurantisme. A tout cela s’ajoute, le manque de culture démocratique pour certains leaders politiques qui font peu cas de l’opinion de leurs militants et du citoyen, dont ils braderaient sans hésiter les aspirations pour des considérations personnelles, tel que le parachutage de personnes sur les listes et dans certaines circonscriptions, alors que le choix des candidats devrait revenir aux militants de base, ce qui a conduit d’ailleurs à la démission de certains. Ce manque de démocratie interne, serait a l’origine des violences « inter-tendances », de scission du FLN, de rébellion de militants du RND, et dans d’autres partis, tels que le MSP ou ENAHDA,  qui   s’appliquent à maintenir cet héritage qui repose essentiellement sur des pratiques féodales ourdies dans les cercles politiques de la mouvance islamiste, le tout encourager par les bouleversements survenues dans les pays voisins et où les islamistes ont pris le pouvoir. D’aucuns n’évoqueront, la nécessité de favoriser l’émergence d’une conscience politique forte qui apporterait sa propre lecture  à cette fin, et cette perspective  n’est pas pour plaire à certains vieux routiers de la politique rentière, dont les intérêts sont en jeu. A ce stade de l’ambition, il est temps de réinventer des formes nouvelles de démocratie tout en réhabilitant la politique dans ce qu’elle a de plus noble, à savoir la prise en  charge altruiste des aspirations des populations qui pourront ainsi la sortir des cénacles et la dépouiller de ses oripeaux rhétoriciens, pour lui donner une expression plus concrète, de plus cela permettrait l’émergence d’une masse critique appréciable capable d’influer sur la vie politique, que l’on cherche à verrouiller à la barbe de ceux qui veulent le changement. Il reste toujours une minorité heureusement de précurseurs, qui ont eu le courage de secouer les consciences chloroformées par l’idéologie féodale et obscurantiste, pour dénoncer ce monopole exercé par des hommes qui ne veulent concéder cette autorité acquise a personne d’autre et croient qu’elle  leur appartient,  reste à savoir si à l’épreuve de ce nouveau round électoral, ceux qui se revendiquent de la démocratie et de la liberté voire pour le changement ne développeront pas les mêmes déviances, dans le cas où ils sortiront vainqueurs des  législatives, car comme dirait l’autre, le pouvoir rend fou.

Benyahia Aek
Lundi 2 Avril 2012 - 13:03
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1.Posté par hichem le 08/04/2012 19:05
si l'ex-fis va continuer à appeler au boycott,les algériens vont voter en masse tellement que cet ex-parti est honni et s'il y aura un fort pourcentage d'abstention que Abassi Madani et son acolyte Ali Benhadj sachent que leur appel n'était pas la cause .Ces deux malfrats doivent cesser de penser que les Algériens les ont dans leur coeur.Si j'ai décidé de ne pas aller voter ce n'est pas pour les beaux yeux de ces deux lascars ,je le fais parce que la compétence,l'engagement,l'intégrité, le sens du sacrifice,l'amour de la patrie n'ont plus de raison d’être et ont été remplacé par la médiocrité,l'affairisme,la corruption,le népotisme,le clanisme,l'injustice,la bureaucratie,le mépris envers le peuple, l'impunité des puissants,la famille révolutionnaire,les enfants de moudjahines etc...

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