REFLEXION

QUELLE PRISE EN CHARGE POUR LEUR INSERTION SOCIALE ? : Cris de détresse des enfants nés sous ‘’X’’ à Mostaganem

Le premier ‘’drame’’ humain d’un enfant né sous ‘’X’’ est certainement l’ignorance de sa mère et de son père du fait de l’accouchement anonyme dans les structures hospitalières publiques ou privées. Dans notre pays, et plus particulièrement à Mostaganem, cette frange de la société souvent invisible et passée sous silence tient à exprimer toutes les souffrances endurées et les marginalisations de facto à travers les colonnes du quotidien « Réflexion ».



L’entretien que nous avons eu avec l’un de ces enfants nés sous ‘’X’’ au siège de notre Rédaction et que nous appellerons Samir a été un véritable déclic et une prise de conscience des dangers qu’encourent cette partie de la société de par leur vulnérabilité mais aussi leur fragilité psychologique conséquence d’un passé douloureux qui pourraient s’avérer devenir « une bombe à retardement » comme nous le confirme ce jeune Samir de 26 ans qui a vécu des situations lamentables issues d’une vie cabossée faite d’errance d’un foyer de la DAS à un autre, ou parfois des nuits passées chez des connaissances. Le premier besoin est d'ordre psychologique : lorsqu'on se sent "enfant de personne", à un moment de la vie, la nécessité de savoir qui on est et pourquoi on a été abandonné, s'impose. Pour se construire, on a besoin de connaître ses racines, ses origines, et son identité.  En Algérie, le nombre de ces enfants nés sous X est de 3 000 par an, selon le chiffre officiel. Les associations annoncent 42 000 par an. Le droit de la famille prohibe l'adoption (article 46 du Code de la famille). Pour parer à cette prohibition, le législateur algérien a mis en place la kafala comme moyen de protection de l'enfant abandonné (avec ou sans filiation). Mais il s'est avéré que cet enfant est devenu une proie facile. En réalité, il ne bénéficie d'aucun avantage. Concernant l'héritage par exemple, il est nécessaire de développer une autre filiation sociale affective qui prime sur la filiation biologique. L’Observatoire des droits de l’enfant (ODE), qui observe une constante dans le nombre d’enfants abandonnés appelle à parler et à remédier à ce drame algérien dont on ne parle pas. Tabou dans la société algérienne mais aussi aux yeux de la loi : le droit algérien de la famille ne donne aucun qualificatif pour désigner l’enfant né hors mariage, ces enfants doivent alors vivre sans attache et sans reconnaissance officielle. Le message de ce jeune bachelier que nous avons attentivement écouté est simple, le message qu’il veut adresser à l'État, à la société civile, aux enfants abandonnés, aux adultes livrés à eux-mêmes, en quête de leur origine est que l’État en sa qualité de tuteur doit assurer la prise en charge de cette catégorie d’enfants. ‘’La société civile, à mon avis, doit multiplier des actions de sensibilisation et doit impérativement imposer un autre regard à l’endroit de ces enfants, citoyens à part entière de demain!’’, a-t-il souhaité. Son message à ses semblables abandonnés : «Relevez la tête ! Vous n’êtes pas responsables de votre naissance et vous êtes loin d’être des ‘’tares’’, seuls vos comportements et vos actes vous accorderont le respect !». Il lance un ultime appel à toutes les consciences vives, qu’on sache qu’il est impératif, voire urgent, que toute la société se mobilise et investisse davantage ses efforts pour mettre en place des mécanismes qui favoriseraient l'accueil rapide de ces enfants et cela dès leur naissance. Qu'ils aient une famille ! Peu importe qu’elle soit biologique ou adoptive, le plus important est que la transparence et l’amour y règnent.

A.S. Mohsen
Vendredi 17 Octobre 2014 - 16:48
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