REFLEXION

QUEL AVENIR POUR LES DIPLOMES DE L’UNIVERSITE ? : Licenciée en biologie, elle garde des enfants dans une crèche



QUEL AVENIR POUR LES DIPLOMES DE L’UNIVERSITE ? : Licenciée en biologie, elle garde des enfants dans une crèche
«Faute d’argent pour le transport, je restais sur place. Très souvent à réviser et aussi à tourner à l’intérieur de l’université avec la faim au ventre, car je trouvais la nourriture servie par le resto infecte et les serveuses d’une saleté repoussante. Je préférais rester sans manger plutôt que de risquer de m’empoisonner.» La jeune Karima, dont les parents et les grands parents sont natifs d’Oran, déclare avoir adressé des dizaines de demandes d’emploi partout où elle savait l’existence d’un poste pouvant répondre à ses aptitudes, comme elle a participé à plusieurs concours de recrutement, sans résultat. « On dit que les offres d’emplois et les avis de concours de recrutements ne seraient publiés que pour faire croire que la réglementation est respectée, affirment certains. » « Ce serait un peu comme les appels d’offres lancés à l’attention des entrepreneurs tandis que les marchés seraient déjà attribués aux copains. Tout est déjà joué à l’avance, et les candidats aux postes et/ou aux différents concours c’est uniquement pour faire vrai. » S’insurge la jeune microbiologiste, qui affirme que beaucoup de postes dans les laboratoires publics ou privés sont occupés par de simples techniciennes, dans le meilleurs des cas. Dans certains cas, c’est une nièce ou une cousine qui fait office de laborantine car elle a eu « la chance d’avoir raté ses études » comme dirait mon père. Après quelques leçons pratiques rudimentaires, on lui apprend à faire des prélèvements aux fins d’analyses…Et comme personne ne contrôle personne, les diplômés estiment avoir eu tort d’aller jusqu’au bout de leurs études... » Notre interlocutrice ajoute : Ce qui pourrait me consoler, si j’ose dire, est le fait de savoir que je ne suis pas la seule dans cette situation. Je rencontre souvent d’anciens camarades, garçons et filles, qui n’avoir pas commencé à travailler des années après avoir quitté l’université. Certains se sont reconvertis dans des métiers dont ils ne connaissaient même l’existence. Une ancienne camarade qui s’est inscrite au concours de master, a changé d’avis pour apprendre la coiffure. Bien lui en prit, puisqu’elle a son propre salon maintenant. » « En ce qui me concerne, après très longtemps tourné en rond, j’ai pu trouver un emploi de garde dans une crèche créée dans un appartement par une jeune femme qui n’a aucun diplôme. C’est l’épouse d’un élu local qui a pu se faire délivrer une autorisation. Je travaille 8 heures par jour, 6 jours par semaine, pour 6.000 DA par mois, sans couverture sociale, sans congés payés…» Comme elle l’a précisé notre interlocutrice, elle n’est pas la seule à se trouver dans cette situation. Ils sont très nombreux à se demander s’ils ont bien fait en poursuivant des études supérieures, en pensant avec une certaine amertume à l’adage, qui se vérifie chaque jour, et selon lequel « les premiers à l’école ne sont pas toujours les premiers dans la vie. » Ce qui n’est pas faux, étant donné qu’on constater chaque jour que de nombreux diplômés de l’université se trouvent au service de patrons analphabètes dans toutes les langues. Karima, au nom sans doute prédestiné, n’a qu’à prendre son mal en patience, sans se résigner sur son sort, et attendre que le soleil se lève un matin et l’éclaire à son tour.

A. Salim
Lundi 18 Octobre 2010 - 00:01
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