REFLEXION

Pourquoi recourt-on à la violence ?

La question somme toute banale. Mais la réponse demeure complexe. Ce qui s’est passé en début de semaine à Mostaganem, est révélateur à plus d’un titre d’un climat d’incompréhension et d’incohérence.



M. AMARA Mohamed

Les événements qui ont marqué la ville de Mostaganem, démontrent encore une fois toute la difficulté des  représentations Etatiques à proposer des solutions voire à éviter la violence urbaine. Cet état  de fait  risque de remettre en cause la capacité de l’autorité de l’état à défendre les citoyens et à protéger leurs biens. L’augmentation de la violence urbaine que l’on connaît depuis quelques années n’est pas imputable à une catégorie particulière d’individus, mais à la généralisation des comportements agressifs dans les différentes couches  de la population. Ce qui s’est passé à Mostaganem, n’a  rien à voir avec les causes directes classiques à l’image de l’échec scolaire, le chômage, le logement  ou la discrimination, mais tout simplement le résultat d’une décision de mise en application d’un nouveau plan de circulation sans en tenir compte des dommages collatéraux qu’elle allait engendrer. Des jeunes, qui se sont livrés certes, à un  commerce informel, en  squattant des espaces  publics, des trottoirs, voire des rues entières pour écouler leurs produits à la sauvette,  mais, cette situation, ne date pas d’hier, elle perdure depuis des années. D’ailleurs tous les mostaganémois se sont habitués à faire leurs emplettes chez ces commerçants. Rien ne se vendait en catimini, bien au contraire, toutes les transactions se faisaient au grand jour, au su et au vu de tout le monde, même sous l’œil vigilant du service d’ordre. Alors, pourquoi n’a-t-on pas réfléchi à une solution de rechange pour ces jeunes commerçants avant l’application de ce fameux plan de circulation ? Les pouvoirs publics, hélas, ont toujours cette fâcheuse tendance à décider sans consulter et sans tenir compte de l’avis de l’autre. De l’avis de certains spécialistes, ceci est  une  erreur dans la gestion des affaires publiques. L’Etat, par le biais de ses institutions est tenu  d’apporter une réponse aux problèmes s’il veut rester crédible et non pas en être la source du malaise, car n’oublions pas que la violence implique une quête de légitimité qui lui est essentielle et contrairement aux autres types de violences civiles, les  « violences urbaines » ont des effets au-delà de leurs victimes directes.  Ce serait là l’ultime défi que posent les violences urbaines aux pouvoirs publics. En dégradant le cadre de vie de tous, elles transformeraient chacun en producteur de doléances auxquelles, les autorités devront tôt ou tard répondre si elles ne veulent pas perdre la confiance des citoyens ou leur obéissance. Le message est clair.


Amara Mohamed
Jeudi 14 Mai 2009 - 08:28
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CHRONIQUE
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