REFLEXION

Pour le dialogue des cultures entre l'Orient et l'Occident

Hommage aux journalistes et aux intellectuels morts pour leurs idées. "Quoi qu'en dise certains politiques, déconnectés des réalités, ce sont les idées, des intellectuels qui influent sur les décisions du monde "



Douze personnes ont trouvé la mort, parmi elles deux policiers lors de l’attentat qui avisé l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. Quelque soit leurs opinions c’est un crime abject, odieux et je tiens à m’incliner à la mémoire de la victime et présente mes sincères condoléances à leur  famille. Avant d’aborder les questions liées au terrorisme qui constitue une menace planétaire, je tiens d’abord  à rendre   un hommage aux intellectuels  dont les journalistes qui sont morts pour leurs idées.
1.-L'intellectuel n'est pas nécessairement un philosophe ou un écrivain, encore moins un professeur d'université. Et c'est cela qui fait que les journalistes peuvent parfois jouer le rôle des intellectuels autrefois réservés aux scientifiques surtout dans une société hypermédiatisée. En fait, il s'agit de toute personne, femme ou homme, qui, du fait de sa position sociale, dispose d'une forme d'autorité et la met à profit pour persuader, proposer, débattre, permettre à l'esprit critique de s'émanciper des représentations sociales. Aussi, l'intellectuel ne saurait s'assimiler aux diplômes n'ayant pas forcément de lien avec le niveau scolaire, mais avec son niveau cultuel. Rappelons qu'Einstein, postulant une théorie non-conformiste qui a, par la suite, révolutionné le monde, a, au début, été rejeté par ses pairs de l'université parce qu'ils se limitaient à une évaluation bureaucratique, administrative. L'intellectuel doute constamment car se remettant toujours en question. Selon la devise que le plus grand ignorant est celui qui prétend tout savoir, l'histoire du cycle des civilisations, prospérité ou déclin, est intimement liée à la considération du savoir au sens large du terme et qu'une société sans intellectuels est comme un corps sans âme. Le déclin de l'Espagne après l'épuisement de l'or venant d'Amérique et certainement le déclin des sociétés actuelles qui reposent essentiellement sur la rente des hydrocarbures, vivant d'illusion à partir d'une richesse monétaire fictive ne provenant pas de l'intelligence et du travail. Aussi, attention pour l'Algérie du fait de la dévalorisation du savoir richesse bien plus importante que toutes les réserves d'hydrocarbures. Le rôle de l'intellectuel n'est pas de produire des louanges par la soumission contreproductive pour le pouvoir lui-même en contrepartie d'une distribution de la rente, mais d'émettre des idées constructives, selon sa propre vision du monde, par un discours de vérité. L'intellectuel se pose entre la réalité et le devenir de l'humain devant tenir compte de la complexité de la société toujours en mouvement, d'où l'importance de la multi-pluridisciplinarité et donc du mouvement de l'histoire. L'intellectuel produit ainsi de la culture qui n'est pas figée, mais évolutive et fortement marquée par l'ouverture de la société sur l'environnement. Cela  doit englober l'ensemble des valeurs, des mythes, des rites et des signes partagés par la majorité du corps social et est un constituant essentiel de la culture d'une manière générale, de la culture d'entreprise, du transfert technologique d'une manière particulière et tenant compte du rôle d' Internet et des nouvelles technologies, le monde étant devenu une maison de verre, en vue de l'adaptation de la diffusion des connaissances. La culture participative est un élément essentiel pour expliquer les choix stratégiques en renforçant les valeurs communes. Car il s'agit de ne pas plaquer des schémas importés sur certaines structures sociales figées. Dans ce cas,  il y a risque d'avoir un rejet, comme une greffe sur un corps humain. D'ailleurs, le choix de tout projet (regardons ce qui se passe à In Salah pour le gaz de schiste) est favorisé lorsqu'existe une meilleure compréhension des valeurs convergentes et divergentes qui s'établissent entre deux ou plusieurs  groupes. Lorsqu'on veut imposer ses propres valeurs ou idées, c'est établir une relation de domination qui limite le transfert et aboutit souvent à des conflits que l’on aurait pu éviter s’il y avait dialogue. Qu’en est-il du terrorisme objet de cette seconde partie ?
2.-La plupart des dirigeants tant de l’Orient que de l’Occident  s’accordent dorénavant sur la nécessité de coopérer davantage face à la menace de l’insécurité et du crime organisé, insistant sur une coopération étroite. Il s’agit  de mettre en application une stratégie interrégionale qui associe l’ensemble des pays  en plus des partenaires européens –américains   la  région euro-méditerranéenne et euro-africaine notamment  du fait que  ces espaces régionaux  sont devenus   des  espaces ouverts pour divers mouvements terroristes et autres groupes qui prospèrent via le trafic d'armes ou la drogue, menaçant la sécurité régionale et mondiale.   La criminalité transnationale  nécessite  une amélioration des bases de données afin de lutter efficacement contre le crime transfrontalier et le terrorisme.  Il s’agit donc de lever les contraintes du fait que la corruptibilité générale des institutions, pèsent lourdement sur les systèmes chargés de l'application des lois et la justice pénale en général qui ont des difficultés à s’adapter aux nouveaux défis posés par la sophistication des réseaux du crime organisé, la  collaboration inter-juridictionnelle étant  ralentie par l’hétérogénéité des systèmes juridiques.  Les tensions géostratégiques  et la porosité des frontières notamment  au Moyen Orient et dans la  région sahélo-saharienne nécessite  la coordination entre un grand nombre d’agences chargées  de la sécurité. À terme, la stratégie doit  viser à impliquer les populations grâce à une culture morale de tolérance, le dialogue des cultures, donc de revoir les modalités d’enseignement et grâce à un développement multidimensionnel. Comme il s’agira    d’attirer graduellement les utilisateurs du système informel vers le réseau formel et ainsi isoler les éléments criminels pour mieux les cibler tout en diminuant les dommages collatéraux pour les utilisateurs légitimes.  Dans ce contexte, bon nombre d’amis  tant américains qu’européens partageant ce point de vue, il y a lieu  impérativement d’éviter  des amalgames et de verser dans la xénophobie qui alimente le discours des extrêmes. L’Islam autant que toutes les grandes régions monothéistes  le judaïsme, le christianisme sont des religions qui prêchent la paix et la tolérance. Ce qui se passe actuellement ne saurait en aucune manière refléter les idéaux de l’Islam. Par ailleurs, la résolution de ce mal implique de s’attaquer à l’essence (un co-développement) et non aux apparences comme le montre une étude du Forum économique mondial – WEF- du 14 novembre 2013 qui révèle que fortement secoués  par des crises politiques à répétition, bon nombre de pays  sont à l'aube d'une crise majeure et sont une source d'inquiétude. Ces pays traversent  une crise morale du fait du manque de valeurs au niveau du leadership. Ainsi, les dirigeants en sont principalement  responsables par une corruption généralisée accroissant la misère du plus grand nombre, les poussant au désespoir. Le fossé entre les riches et les pauvres devient dès lors de plus en plus grand,  ainsi que  l’écart de revenus qui renforce les inégalités en matière de richesse,  l’éducation, la santé et la mobilité sociale étant toutes menacées. L’ampleur de la récession mondiale également   laisse des cicatrices profondes, spécialement parmi la jeunesse qui n’a plus de repères.  Aussi je mets en garde   contre les politiques populistes de court terme, freinant les véritables réformes structurelles  avec à terme les conséquences pernicieuses du chômage : une génération qui commence sa carrière dans un désespoir complet pouvant facilement être endoctrinée  et commettre des actes terroristes, ignorant souvent les principes fondamentaux  de la religion, fondée sur la tolérance.
 

Par Abderrahmane MEBTOUL
Dimanche 11 Janvier 2015 - 19:53
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ACTUALITÉ
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