REFLEXION

Potentiels économiques, refondation de leur instrument

« La connaissance s'acquiert par l’experience, tout le reste n'est que de l'information. » disait Einstein

Le débat nouveau tourne autour de la recherche de l’alternative appropriée de financement de l’économie nationale dans ses différents vecteurs. Est-il une conscience face à l’état économique des lieux et au risque de sa décroissance à court terme ? La croissance soutenue quasiment par l’exportation des produits pétroliers est de moins en moins performante.



Faut-il rappeler que le budget national 2016 énoncé dans la loi des finances  de la même année  se distingue par son caractère évanescent faisant plus dans la hausse des taxes et redevances que dans les mesures à faire prendre à l’outil de production véritable générateur de la croissance ? Cet outil aux métiers multiples mais moteurs de la croissance (valeur ajoutée) et donc de la richesse permet  de perpétuer la croissance quand il accepte la diversification générationnelle et la confrontation entrepreneuriale.
La loi des finances est votée et à exécuter.  Il est vrai que les restrictions annonçant le recul des importations (avec recours aux licences d’importations puisé dans l’expérience des années 1970-1980) du véhicule,  du rond à béton, du ciment, du médicament et de quelques autres produits paraissent comme actes de gestion réactifs  mais se justifient par un destin managérial dans l’expectative. Dans la réflexion, le médicament qui contribue à la santé des 40 000 000 de velléitaires est placé dans la même perspective que le véhicule qui, à l’exception de l’utilitaire nécessaire parce que outil de production, contribue à l’évolution sociale.   Mais trop réduire les importations peut aussi mener à l’inaperçu que connaitraient le mode de consommation dominé par la croissance  d’un nombre de besoins nouveaux et contribuerait au risque financier systémique.  Le dollar dictera la déambulation à suivre. La tendance baissière des couts des hydrocarbures, prévue et programmée par les maitres de l’économie mondiale mais non intégrée en son temps dans la démarche économique nationale, pousse la gouvernance économique à « zyeuter » vers le retour à l’endettement. Et pourtant l’acte financier fondamental du 1er magistrat du Pays a été, lors de son premier mandat, de faire  désendetter l’Algérie  quelque fut l’hostilité des tenants de la richesse  nationale et surtout de la finance mondiale. C’était une vision stratégique. Elle projetait clairement  de réhabiliter l’indépendance financière de l’Algérie. Tous les économistes enseignent que l’endettement  accompagné d’une léthargie économique est le berceau d’une déstructuration financière retardée. Ne s’endetter que si l’on est en mesure de rembourser.  De 37 milliards de dollars en 1998 la dette algérienne est passée à moins de quatre milliards de dollars en 2015. Un endettement à la mesure des capacités d’engagements de l’économie nationale. Qu’il soit externe  ou interne sous forme d’un emprunt obligataire à 05 %,  une telle initiative pleine d’aléas mériterait une maturation qui intégrerait que plus de 80 % des actifs bancaires sont encore à caractère public.  Sur notre marché près de 6 000 milliards de dinars circulent hors circuit conventionnel soit l’équivalent de la moitié des dépôts à vue. Le ratio de la circulation fiduciaire et les origines de son accroissement sont bien connus par les banquiers alors que ce taux dans une économie à comportement opérationnel assumé ne dépasserait pas les 05 %. C’est, faut-il le  rappeler, s’interroger sur le résultat de la campagne de bancarisation de ces  6 000 milliards de dinars accompagnée d’une discrétion mesurée et d’’une faveur fiscale d’une taxe bonifiée à 07 %.  N’est-ce pas là un gisement financier qui autoriserait le financier national  à promouvoir le débat d’initiés  sur son injection dans la dynamique économique nationale et ce préalablement à la détermination en faveur de l’endettement ? Ce gisement de monnaie hors circuit est en partie source de dépréciation du Dinar Algérien ; En 2016 l’économie nationale est sur le parcours de plus de cinquante années d’investissements multisectoriels. Parler d’endettement ou de levée d’emprunt obligataire est en soi une invitation à la question sur la praticabilité de l’instrument économique national.   Certes, la chute appréciable du revenu national a bousculé la quiétude managériale  des affaires économiques et surtout financières.
Mais une économie aux atouts comparables à ceux de l’Algérie, mais se heurtant au ralentissement structurel, ne peut prétendre à l’émergence en différant la refondation de l’instrument économique quand le constat le recommande. Celle-ci devrait passer nécessairement par le recensement de la monnaie nationale circulante. Et un des moyens  à cet effet est d’initier la reconfiguration ou le changement du support de la monnaie nationale. C’est aussi une opportunité d’évaluer le déploiement de la richesse économique d’une part mais surtout si la richesse a subi la mutation changeante de ses détenteurs d’autre part. La tendance baissière du revenu national a vu son déclenchement progressif et sournois en 2014. L’année 2014 est l’année où précisément se programmait à l’initiative des « stratèges » de la finance mondiale, la tendance baissière des couts des hydrocarbures qui s’installait dans la continuité. La réussite de cette programmation s’appuyait sur la contribution du « leader » de l’OPEP d’aujourd’hui. Le début de la trajectoire déclinante du cout du baril allait projeter l‘économie algérienne vers  une inquiétude marquée par  l’assurance passive de ses acteurs. La recette pétrolière représente les 47 % du PIB.  A  fin 2015 le revenu national a chuté de 60 % de ce qu’il était courant 2014. Pourquoi ? La chute du revenu national n’a malheureusement pas été compensée par une substitution productive autre que le baril de pétrole ni même par la relance cohérente  de la synergie industrielle  productive. C’est une velléité vieille et ancienne qui date depuis les années 1970. L’investissement productif en 2016 se présente inversement proportionnel à la chute des revenus. Le balbutiement décisionnel  a réconforté les observateurs hors champs et encouragé la difficulté que « découvrait » la situation économique nationale. A tel degré que le travail est mal aimé au sein d’une société façonnée au gré du revenu pétro gazier  et des mesures d’accompagnement au nom du social (ANSEJ et autres) d’une jeunesse au terme de sa formation. A croire qu’il n’est de réussite que d’être « Patron » par la seule formation préparatoire ou le port d’un diplôme.. Mais ce n’est pas pour autant que la diversification de la dynastie des entrepreneurs s’est opérée. La densification d’une  richesse produite permit à son créateur le monopole verbal ; «Il est urgent pour notre pays d’engager de profondes réformes ; « Il est vital de libérer le formidable potentiel de création d’entreprises» ; « la perspective de la diversification économique à l’horizon 2030 a été présentée » ; « ils ont énuméré une série de recommandations en termes de stabilisation du cadre macro-économique de transformations structurelles, de politiques sectorielles et transversales » ...etc. Etre macro- économiste est aujourd’hui la spécialité de tous causeurs. Mais à qui est réservée la préoccupation microéconomique? C’est en 2016 que les auteurs, véritables acteurs de l’état des lieux, se sentent concernés par l’ambition économique nationale malmenée. Que leur reconnaissance se manifeste à l’appel d’emprunt non pas obligataire mais obligatoire (devrait-il l’être).
  Mais c’est quoi l’énoncé ? L’énoncé n’est pas politique. Il est à caractère économique. Une population qui a dépassé les 40 000 000 de citoyens ; une population de  près  de 2 000 000 de personnes en formation ; une population en âge de travailler de l’ordre de 16 000 000 de personnes. Une population active de l’ordre de 13 000 000 de personnes ; l’état des lieux nous apprend une répartition du travail telle que  l’industrie et son Administration (y compris celle des hydrocarbures) occupe 13 % de l’emploi ; l’agriculture et son Administration, seulement 9 % ; les travaux publics et leur Administration, 16 % ; 56 % pour les services (où le mode de fonctionnement échappe à l’Administration et où la dominance est marquée par les commerces de bouche). En 2016 les plus grands pourvoyeurs d’emplois restent encore l’Administration et  ses démembrements. Dans une structuration harmonieuse de la vie active  d’une  société, le taux  porté par l’Administration ne devrait pas dépasser les 08% de l’emploi. La plus grande valeur ajoutée devrait provenir du service, de l’industrie et de l’agriculture ; des recettes d’hydrocarbures ne suffiront plus au mode de consommation acquis indûment  les vingt dernières années par les 40 000 000 de velléitaires ;  le mono produit à l’exportation (les 97 % des exportations ) est en voie d’extinction ; une dépréciation de la monnaie nationale qui nécessairement passera par une dépréciation du pouvoir d’achat ;  une croissance nationale de moins de 4 % ;  le cout du baril de pétrole peine à se maintenir au dessus de 30 dollars ; les recettes d’hydrocarbures seraient de 30 milliards de dollars ; le cout du baril  sera autour de 28 dollars 0 début 2017 ; des recettes budgétaires prévues  à 4 747 milliards de  DA au lieu de 4 951 milliards de DA en 2015 ; des dépenses  budgétaires à 7 984 milliards de DA   au lieu de 8702 milliards de  DA en 2015 ;  un fond de régulation qui perd de son rôle (prise en charge du déficit) et qui s’amenuise sans se ressourcer ;  une règle prudentielle en décembre 2015 de proposer l’indexation à 37 dollars le baril de pétrole,  pour établir le budget 2016 ; la fin de l’année 2016 se terminerait avec un double déficit, l’un opérationnel mais l’autre serait d’ordre stratégique. Cela rappelle le combat de l’Algérie alors leadership des années 1970 quand elle imposait l’indexation du cout du gaz sur celui du pétrole. Ce n’était pas un coup de poker. C’était une stratégie de conviction. Sauf que l’économie mondiale en plein essor était preneuse L’Algérie avait gagné.. Mais le temps de presque deux générations est passé. Les alliances politiques ont translaté. L’économie mondiale est en régression, le baril de pétrole va connaitre son asymptote basse de 28 dollars en 2017. L’énoncé est que les ambitions économiques et financières  de l’Algérie sont prévenues et risquent de connaitre une remise en cause fâcheuse ; La révision de l’instrument devient impérative. Un  instrument qui devrait s’imposer pour sortir l’économie nationale de ces ornières académiques. Un plan directeur économique mobilisateur s’impose. Au préalable à tout plan directeur économique réactif, il ya lieu de s’interroger sur l’efficience du mécanisme en vigueur essoufflé devenu incertain par la force des alliances qui le pérennisent. C’est la préoccupation de toute gouvernance économique concernée par l’indépendance financière nationale et par le choix de développement face aux défis qui s’invitent.  La croissance devrait passer par la mise en œuvre d’un mécanisme de gouvernance économique en adéquation avec les données réelles des capacités et des vecteurs porteurs de l’économie nationale. Un tel mécanisme consacrera que l’adhésion à l’OMC ne résoudra pas grand-chose si ce n’est d’ouvrir le marché à sens unique à d’autres opérateurs commerciaux. Un différé de cette adhésion se justifie par une mise à niveau économique préalablement indispensable. Du côté de l’OPEP d’aujourd’hui son leader ne favorisera jamais la relance économique nationale. Ce mécanisme ne serait pas exclusivement comptable. La variabilité des taxes et redevances au titre de la collecte fiscale   a son sens quand il y a création de richesses en amont de leurs applications. Un nouveau mécanisme devrait fonder sa démarche sur la réhabilitation de l’outil de production, sur l’investissement productif et sur la diversification des détenteurs de l’outil de production. Oui pour la relation mais pas au dépens de l’aptitude, du métier et du travail. Ce mécanisme devrait assainir les circuits opérationnels des échanges commerciaux en consacrant la transparence itinérante de la monétaire. D’où nécessité de mettre tout détenteur de Dinars Algériens devant un changement de billets de monnaie. Ce mécanisme salutaire  devrait en revisitant le registre des activités et procédures économiques règlementées s’abstenir de faire de l’Etat le plus grand investisseur, le plus grand employeur, le plus grand donneur d’ordre et le plus grand client. Ce mécanisme consacrerait effectivement l’exclusivité à caractère économique à l’Etat sur le contrôle, l’organisation des lois, et l’arbitrage sur les litiges Gouvernance économique - Opérateurs économiques. Un mécanisme qui garantirait la propriété industrielle algérienne, la propriété intellectuelle et la réussite fondée. Un mécanisme qui afficherait la conviction d’épargner, à ces 20 000 000 de jeunes, l’état d’assistés au gré des conjonctures sociales et de la bienveillance de l’Administrateur. Un mécanisme qui permettrait la réhabilitation du travail  au service de l’épanouissement social par le mérite et la prise en charge de son sort. La société civile c’est de croire au travail. Sans faire dans la controverse  économique ou politiste ce mécanisme fonderait un système de croissance  non pas sur le cout du baril de pétrole ou la variabilité des contributions fiscales mais sur les facteurs de production, sur l’investissement, sur la création de l’emploi rentable, sur le travail, et sur la productivité globale.   Ces principes directeurs d’un nouvel instrument appelleraient certes à plus d’ingénierie mais constitueraient l’annonce d’une refondation de l’instrument économique nationale. Une refondation de l’instrument économique qui limiterait toutes institutions Politiques, Administratives, Financières, Economiques, Opérateurs économiques, Syndicats, Sociétés Civiles…à leurs seules et uniques attributions et prérogatives légales.

 

Mohamed MELAH
Dimanche 10 Avril 2016 - 19:19
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ACTUALITÉ
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