REFLEXION

Politique de l’emploi en Algérie

L’emploi et la transformation des économies sont devenus des préoccupations centrales de la politique des pays en développement. Malgré des taux de croissance jugés élevés, peu d’emplois décents se sont en effet créés. On se rend bien compte que les dépenses sociales ne suffiront ni à créer de l’emploi ni à améliorer durablement les revenus et le bien- être : il va falloir aller plus loin, d’où l’importance d’un engagement du secteur privé national ,étranger ou mixte , et le retour en force de décisions autour de la nécessité d'une politique industrielle au service de la transformation structurelle.



La situation de l'emploi doit être appréhendée à travers l'évolution de ses principaux déterminants que sont la dynamique démographique, l'efficacité du système éducatif et de formation, et l'évolution de la structure de l'économie ainsi qu'à travers celle du potentiel du marché du travail et des opportunités qu'il offre.
A travers une  Politique nationale de l’emploi, l’Etat devient un acteur du changement par des impulsions opérationnelles concrètes. Il s’engage à mieux répondre à la problématique de l’emploi, en mettant en place un environnement institutionnel, juridique, économique propice à la création d’entreprises, aux investissements, à la valorisation du capital humain ainsi qu’à un bon fonctionnement du marché du travail.
Il s’agira par le biais de cette politique d’infléchir la croissance économique dans le sens de la création d’emplois, tout en influençant les sources de croissance, les choix d’investissement et les modes d’investissement. Elle peut aider à se focaliser sur des catégories sociales, à rechercher davantage la productivité des emplois, à susciter des vocations entrepreneuriales et donc être elle-même un facteur d’accélération de la croissance.
L’emploi ne concerne pas un secteur déterminé, mais tout le champ de l’économie et des volets importants de l’action publique comme l’éducation/formation/enseignement supérieur. Il milite en faveur d’une intervention à large spectre.
On considère trop souvent que la politique de l’emploi est très éloignée des politiques transversales qui déterminent la croissance et les équilibres macro économiques et macro financiers. Pourtant bien de politiques transversales ont une influence sur l’emploi, et en particulier : - la politique budgétaire à travers ses choix de dépenses et ses priorités en matière d’investissement public ; - la politique du crédit et ses choix en matière de taux d’intérêt et d’organisation du système de financement ; - la politique fiscale, en particulier à travers son poids sur les entreprises ou l’incitation à l’investissement ; - la politique de change qui a une incidence sur la compétitivité des productions nationales. Toutes ces politiques sont favorables à l’élargissement de l’emploi, dans la mesure où elles favorisent la croissance, sont capables de la stimuler de façon durable, dynamisent les activités productives, assurent une stabilité économique. Ces politiques obéissent à des exigences et à des logiques qui leur sont propres, mais elles ont un lien avec l’emploi : elles ne sont pas neutres vis-à-vis de l’emploi et elles doivent en conséquence prendre en considération la nature des effets sur les emplois qu’elles génèrent. Un des liens importants unissant les politiques transversales et l’emploi concerne l’investissement. Celui-ci est déterminant pour l’élargissement de l’emploi, mais de façon différenciée selon qu’il s’agit d’investissement public ou d’investissement privé.
Concernant l’investissement public, le lien avec la stratégie globale de l’emploi doit être établi à plusieurs niveaux : - des facteurs d’investissement ; - de la structure des investissements ; - de l’orientation géographique des investissements ; - de la sélection des projets ; - des modes de réalisation. Concernant l’investissement privé, qui est un facteur primordial d’élargissement de l’emploi, le lien à établir avec cette stratégie  se situe à trois niveaux : - des mesures incitatives peuvent être prises en termes généraux (cadre réglementaire et administratif, infrastructures, coûts d’entrée sur le marché), ou en termes spécifiques (en particulier, les encouragements fiscaux); - des conditions d’accès aux mesures incitatives et l’intensité des avantages accordés à l’investissement; - des opportunités d’investissement pourraient être dynamisées. Ainsi donc, des contrats d’objectifs visant spécifiquement l’emploi pourraient être conclus avec les investisseurs privés dans le cadre des avantages à accorder à l’investissement.
A l’instar de nombreux pays, l’Algérie doit  s'engager  dans le processus de décentralisation en vue d’optimiser la participation des acteurs locaux au développement économique, social et politique. Les collectivités locales doivent être en mesure d’élaborer et mettre en œuvre leurs politiques de développement, sont plus à même de cerner les préoccupations des populations locales et d’y apporter les réponses les plus appropriées, notamment en matière d’emploi et de formation professionnelle. Cependant, la faiblesse des capacités humaines, techniques et organisationnelles constitue l’une des contraintes majeures dans cette première phase d’une décentralisation intégrale. De ce fait, afin que la gouvernance locale soit favorable à l’emploi et la jeunesse, la stratégie nationale de l’emploi  qui s’inscrit dans la démarche progressive privilégiée par le Gouvernement dans le cadre du processus de décentralisation, n’a pas pour vocation d’imposer des solutions aux acteurs locaux, mais à les accompagner tout en les responsabilisant pour une meilleure prise en compte des préoccupations des populations locales en matière d’emploi, de formation professionnelle et de jeunesse.
La stratégie en question  pose les bases légales pour impulser une synergie intersectorielle en matière de création d’emploi pour lutter contre la pauvreté. Son ambition et son but central vis- à-vis des politiques sectorielles est qu’elles soient plus productives et plus efficaces en termes de création d’emploi et de qualité des emplois. L’incursion dans les politiques sectorielles visera trois objectifs : - encourager, voire susciter, une meilleure prise en compte du critère et des résultats d’emploi dans les politiques, programmes et projets; - formuler des recommandations ou des actions qui peuvent servir l’emploi, mais à titre purement indicatif par rapport aux politiques qui restent maîtresses de leurs choix de développement ; - encourager, sinon promouvoir, un processus de dialogue et de coopération portant sur les points de contact et/ou les domaines d’intérêt commun entre les différentes politiques sectorielles et la politique nationale.
Promouvoir les activités privées créatrices d’emploi.
Parmi les leviers d’action en faveur de l’emploi, le développement des activités privées est essentiel, décisif et prioritaire et il faut l’envisager dans toutes ses dimensions. Les initiatives et les activités du secteur privé constituent une source essentielle de création d’emplois. Ce secteur privé, longtemps mal apprécié, est aujourd’hui reconnu comme le moteur du développement et son domaine d’action doit faire  l’objet de nombreuses réformes. Mais globalement, le secteur privé reste confronté à de fortes contraintes, malgré un cadre macro économique désormais largement satisfaisant. Le contexte des années écoulées a eu pour conséquence : - un rythme de développement insuffisant des activités privées dans l’économie formelle ; - une réticence des investisseurs étrangers à investir dans le pays ; - une orientation vers les activités économiques les moins contraignantes et/ou les moins risquées, au détriment d’activités plus productives et créatrices d’emplois. Les contraintes de l’environnement des entreprises pèsent ou sont ressenties de façon très différenciée suivant les secteurs d’activité, la taille des entreprises et le type d’activité. Aussi, l’action en faveur du développement du secteur privé ne saurait être uniforme. En effet, le secteur des entreprises formelles et structurées a des besoins et des nécessités qui ne correspondent en aucune façon à ceux des autres pays à l’exception du style de management. D’où la nécessité d’étudier à part chaque secteur d’activité et le lieu de l’implantation.. Cette action est de nature diffuse et transversale pour les activités de type moderne, et plutôt de proximité et personnalisée pour les petites entreprises. Ainsi une stratégie d’action spécifique pour chaque groupe s’impose. Aussi, les technologies de l’information et de la communication apparaissent-elles comme un outil capable de contribuer considérablement à la promotion des activités privées créatrices d’emplois.
En effet, le secteur   privé  a un rôle décisif à jouer pour le développement économique du pays. C’est de lui qu’on   attend l’essentiel  de la création  des   richesses par  le  jeu de l’investissement productif. Le Gouvernement se doit donc d’attendre du secteur privé en tant que moteur et vecteur de la production, la création de la valeur ajoutée par la valorisation des ressources nationales, la création de l’emploi, la formation du personnel, le réinvestissement des bénéfices, l’organisation et l’intégration des activités économiques. Conscient de ces enjeux, le Gouvernement s’engage  à travers d’autres réformes pour créer un environnement favorable au développement du secteur privé. Il demeure cependant urgent que d’autres actions toutes aussi importantes soient entreprises dans certains domaines afin d’apporter des solutions définitives, sinon au moins adaptées et concrètes aux problèmes qui constituent un handicap très sérieux au développement  de ce secteur.

 

Taoufik Hamiani
Lundi 20 Avril 2015 - 17:43
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DÉBAT DU JOUR
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