REFLEXION

Partout, Daech est sur la défensive

Cernés depuis l'offensive lancée le 6 novembre par l'alliance arabo-kurde et la coalition internationale, les dirigeants de Daech établis à Raqqa en Syrie commencent à quitter la ville, selon le Pentagone.



L'alliance arabo-kurde et la coalition internationale reprennent du terrain à l'Etat islamique, en Syrie. Le Pentagone avait annoncé que les dirigeants de Daech avaient commencé à quitter la ville de Raqqa, dont ils avaient fait leur capitale de facto. Depuis le 6 novembre dernier, une offensive avait été lancée par les Forces démocratiques syriennes, avec pour but d'isoler la ville, en coupant ses axes de communication vers l'extérieur. Après la perte de la partie Est de Mossoul, en Irak, pendant le mois de janvier, il s'agirait d'une nouvelle perte stratégique pour le groupe Etat Islamique.   "Nous voyons que beaucoup de hauts dirigeants de l'EI, beaucoup de leurs cadres, commencent à quitter Raqqa", a indiqué le capitaine de vaisseau Jeff Davis, porte-parole du Pentagone."Ils ont de toute évidence pris en compte le fait que leur fin est proche à Raqqa", a-t-il ajouté, évoquant un retrait "très organisé, très ordonné".  

Quel rôle pour les Kurdes ?
Selon l'armée américaine, les troupes djihadistes sont acculées, les routes vers le nord ou l'ouest étant bloquées par les Forces démocratiques syriennes et, vers le sud, par la destruction des ponts sur l'Euphrate. Ils ne disposeraient plus que d'une seule voie, au sud-est de la ville, située le long de la rive nord de l'Euphrate, et reliant Raqqa à Deir Ezzor.  Aucun plan de reprise de la cité n'a cependant été dévoilé par la coalition. Une fois la ville de retour aux mains des Forces démocratiques syriennes, le rôle que jouera sa composante kurde est encore incertain, en raison de ses mauvaises relations avec la Turquie, où les milices YPG sont considérées comme un groupe terroriste. Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait d'ailleurs proposé à la coalition d'impliquer à leur place des forces turques. 4 février dernier, les Forces démocratique syriennes (FDS), en majorité kurdes, ont annoncé le lancement d'une nouvelle phase dans la reconquête de Raqqa, capitale régionale de l'Etat islamique en Syrie. Il s'agit désormais de couper les communications entre Deir ez-Zor et Raqqa, tout en continuant à progresser depuis le Nord et surtout l'Ouest, puisque le barrage Thaoura demeure toujours entre les mains de l'Etat Islamique. La déclaration des FDS est en phase avec la volonté du nouveau président américain d'accélérer la guerre contre l'Etat Islamique et en particulier de s'emparer rapidement de Raqqa. Donald Trump a laissé le mois de février au Pentagone pour lui présenter un plan d'action contre l'Etat Islamique, dont les FDS semblent être la force motrice en Syrie au grand dam de la Turquie.

La nouvelle offensive va complètement isoler Raqqa
La nouvelle offensive ne fera pas que couper les relations entre Raqqa et Deir ez-Zor, mais elle devrait également isoler complètement Raqqa du reste du territoire de l'Etat Islamique, car Raqqa se trouve sur la rive nord de l'Euphrate. En septembre 2016, une série de raids aériens de la coalition internationale ont détruit tous les ponts sur l'Euphrate, depuis la frontière irakienne jusqu'à l'est de Raqqa. Les deux ponts qui relient Raqqa à la rive sud de l'Euphrate furent détruits le 3 février dernier, la veille du déclenchement de la nouvelle offensive des FDS. Lorsque ces derniers auront atteint la rive nord de l'Euphrate à l'Est de Raqqa, cette dernière sera cernée. Certes, les combattants de l'Etat Islamique peuvent traverser le fleuve avec des barques, mais ils deviennent ainsi des cibles faciles pour l'aviation américaine et ne peuvent pas transporter du matériel lourd. En revanche, les FDS disposent de barges pour véhicules blindés et les Etats Unis mettent à leur disposition des hélicoptères de transport qui leur permettent de lancer des opérations sur la rive sud. C'est sans doute par ce moyen que les FDS pourront s'emparer du barrage de Thaoura (Révolution), dont la partie sud est toujours entre les mains de l'Etat Islamique et du second barrage (Kadiran), 10 km en aval, qui sert de régulateur au débit de l'Euphrate. Le contrôle de ces deux barrages sur l'Euphrate est un préalable à un assaut sur Raqqa. Sans quoi, Raqqa libérée serait sous la menace de leur destruction par l'Etat Islamique. Sur un plan plus pratique, le barrage Thaoura fournit l'eau d'irrigation et l'électricité pour toute la province de Raqqa et même au-delà. Or, une fois Raqqa libérée, les nouvelles autorités auront besoin d'assurer le fonctionnement normal de la vie civile, si elles ne veulent pas que le chaos économique ne retourne la population contre elles. Enfin, sur un plan strictement militaire, le barrage Thaoura est désormais le dernier pont demeure sur l'Euphrate à proximité de Raqqa.

Les FDS ont des atouts militaires
Pour cette nouvelle offensive, les FDS bénéficient de plusieurs atouts stratégiques. Tout d'abord le fait que les troupes de l'Etat Islamique sont mobilisées sur plusieurs fronts de Mossoul à al-Bab en passant par Palmyre et Deir ez-Zor. Tous les acteurs du conflit en Syrie et en Irak semblent désormais unis contre lui. La Russie, la Turquie, l'Iran, les Etats-Unis et leurs alliés locaux n'ont pas créé une chambre d'opération commune pour coordonner leurs actions contre l'Etat Islamique, mais il semble que chacun ait trouvé son terrain d'action et gelé ses disputes: Manbij pour la Turquie et les FDS, les territoires disputés en Irak entre Baghdad et Erbil.

 

Ismain
Dimanche 19 Mars 2017 - 19:20
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ACTUALITÉ
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