REFLEXION

PROTECTION DU PATRIMOINE NATIONAL A ORAN : Lancement de plusieurs projets de préservation des sites historiques

L'année 2013 sera sans doute marquée à Oran par le lancement de plusieurs opérations de protection et de préservation des sites historiques que recèle cette wilaya et par le classement d’autres leur permettant de bénéficier des dispositions réglementaires concernant leur réhabilitation et leur promotion.



PROTECTION DU PATRIMOINE NATIONAL A ORAN : Lancement de plusieurs projets  de préservation des sites historiques
Parler de la ville d’Oran, c’est évoquer inévitablement son quartier populaire de Sidi Lahouari, véritable musée à ciel ouvert, où se côtoient près de 70 monuments et sites dont 14 classés à l’échelle nationale et remontant aux différentes périodes vécues par cette cité allant de la préhistoire jusqu’à la période de la colonisation française, en passant par l’ère arabo-musulmane, espagnole et turque. Parmi les sites drainant les touristes aussi locaux qu’étrangers figurent la porte de Canastel, la promenade «Benbadis» (Promenade de l’étang), la mosquée du Pacha, le palais du Pacha et l’église Saint Louis. Un patrimoine immatériel fait également la fierté des habitants et la renommée de cette cité comme la waâda annuelle, un évènement riche en couleurs et d’une forte charge symbolique ou encore le plat incontournable de la «Karantika», préparé à base d’eau, de poudre de pois chiche et d’œuf. Ce plat, «inventé» par un cuisinier pour nourrir les soldats espagnols lors du siège d’Oran, est très demandé par les consommateurs même à l’heure actuelle. Au niveau de la direction locale de la Culture, on estime que le classement de Sidi Lahouari constituera une étape importante dans la vie de ce quartier, situé à quelques centaines de mètres à vol d’oiseau du centre-ville d’Oran. Cette démarche permettra l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan de protection et de réhabilitation de ses sites historiques. Sidi Lahouari, mémoire d’Oran. La mise en œuvre de ce plan se fera après la publication, dans le journal
officiel, du décret portant classification du site et la prise en charge de tous les aspects administratifs et réglementaires liés à cette question, a-t-on indiqué, ajoutant qu’une enveloppe «conséquente» a été consacrée à ce volet au titre du plan quinquennal 2010/2014. La classification de ce quartier a été faite sur la base d’un dossier sur les aspects sociétal, culturel, historique et géographique du site élaboré par la direction de la Culture, en collaboration avec les habitants du quartier et d’une équipe pluridisciplinaire composée de sociologues, architectes, historiens, auteurs et représentants d’associations versées dans la préservation du patrimoine. Le classement de ce quartier a été l’une des recommandations du colloque international sur la réhabilitation urbaine d’Oran, tenu en octobre 2008 avec la participation des habitants et des associations impliquées dans la préservation des patrimoines matériel et immatériel de la cité. Tous les participants à cette rencontre avaient émis le vœu de faire de Sidi Lahouari un pôle touristique et culturel attractif à même d’être classé patrimoine mondial comme c’est le cas pour la Casbah d’Alger. D’autre part, la même direction de la Culture a proposé cette année quatre autres sites à classer à l’échelle nationale, dans le but de les restaurer et de les préserver en tant que vestiges et témoins d’une période donnée de l’histoire de la ville. Le site des bains turcs figure parmi les vestiges concernés par ce projet. Ces bains, implantés au cœur du quartier populaire oranais, ont été édifiés en 1708 par le Bey Bouchelaghem. Ils sont composés de nombreuses pièces interdépendantes d’une superficie variant entre 4 et 15 m² chacune et d’un patio. D’autre part, pour marquer la célébration du cinquantenaire de l’indépendance nationale, la direction de la Culture a proposé le classement de trois sites historiques : la statue érigée à la place Emir Abdelkader, au centre-ville, la place «Tahtaha» de Médina Djedida et les geôles du palais du Bey, lieux de détention des algériens utilisés par l’armée coloniale durant la guerre de libération nationale. Des découvertes restent à faire. C’est durant le second semestre de l’année 2012 qu’une opération d’urgence a été lancée pour sauver l’église Saint Louis, érigée au quartier de Sidi Lahouari, menacée de ruine. Les travaux engagés depuis deux mois par l’Office national de gestion et d’exploitation de biens culturels protégés connaissent un taux d’avancement appréciable, a indiqué le responsable concerné, M. Massinissa Ourabah. L’intervention des spécialistes porte sur le renforcement des colonnes, du dôme de l’église et des plafonds ainsi  que la préservation de ce lieu de culte des infiltrations des eaux. Une étude plus approfondie doit être entreprise prochainement pour mieux préserver ce lieu, classé la première fois en 1956, puis après le recouvrement de l’indépendance en 1967. Il est à rappeler que la direction locale de la Culture a retenu l’église Saint Charles parmi les sites à restaurer en priorité. La tutelle avait donné son accord et désigné l’Office national de gestion et d’exploitation de biens culturels protégés comme maître d’ouvrage. D’autre part, l’antique port romain «Portus Magnus», situé dans la commune de Bethioua, à l’Est d’Oran et les grottes préhistoriques «Abri Albin», situées au quartier populaire Haï Mahieddine doivent faire l’objet d’un plan de réhabilitation et de mise en valeur. Les études seront lancées au cours de cette année après l’achèvement de toutes les dispositions légales contenues dans le décret exécutif de 2003 qui définit les modalités d’élaboration des plans de protection et de mise en valeur des sites archéologiques et des réserves qui leur sont rattachées. La direction de la Culture avait présenté, lors d’une session de l’APW, deux dossiers concernant la réhabilitation de ces sites rappelle-t-on. L’année 2012 n’a pas été seulement celle de la réhabilitation des sites et vestiges historiques mais aussi l’année des découvertes venues enrichir le nombre de ces lieux historiques qu’il faille préserver. En avril dernier, deux grottes troglodytes et des fragments de poterie ont été découverts au périmètre du monument archéologique Palais du Bey à Oran. Ces grottes troglodytes, remontant à l’époque médiévale, ont été fortuitement découvertes lors des travaux d’entretien et de désherbage au niveau du Fort Châteauneuf. Selon les premières indications, ces lieux auraient été utilisés par les Espagnols pendant la période de leur occupation de la ville d’Oran, puis par les Ottomans à des fins encore méconnues. Des pièces historiques importantes comme des vases en terre cuite, des jarres, des ustensiles, des restes de fours et des conduites d’eau ont été découverts lors des fouilles menées par une équipe pluridisciplinaire. Ces découvertes vont inciter les spécialistes à intensifier les fouilles à la recherche d’autres «trouvailles», persuadés que la région d’Oran et son sous-sol n’ont pas encore révélé tous les trésors historiques qu’ils recèlent. 
 

Medjadji H
Samedi 5 Janvier 2013 - 00:00
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Oran
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