REFLEXION

PROSTITUTION ET MISERE : La face cachée du tourisme à Mostaganem

Ces femmes, dont la plupart viennent d’autres wilayas de l’ouest, guettent les automobilistes à qui elles proposent leurs «services» contre une somme d’argent. Une fois le marché conclu, la prostituée et son client se dirigent vers certains hôtels aux « Sablettes » ou au centre ville.



PROSTITUTION ET MISERE : La face cachée du tourisme à Mostaganem
Désormais, aujourd’hui,ces malheureuses font partie de la mosaïque des gens de la rue et sont devenues la face cachée du tourisme. Dans des hôtels, des boîtes de nuit et sur les routes, des femmes à l’air d’autostoppeuses, parfois mineures, sont à la chasse de clients nantis, notamment des gens biens nantis, des entrepreneurs, des fellahs et personnes âgées à la recherche de plaisirs à Mostaganem.  «L’été, la demande monte en flèche, alors on s’entraide entre réseaux. Ils nous passent des filles en cas de besoin et vice-versa», explique Fatiha propriétaire d’une maison close clandestine à « Salamandre » cité côtière au nord de Mostaganem.  Là, dans des «boites de nuits « des filles exclusivement étrangères de la wilaya, venues notamment de Relizane , Tiaret, Oran et Chlef, s’adonnent à la «danse» et souvent à la prostitution. «Pour moi, c’est un travail comme les autres», lâche Fatiha.  Mais comme ses relations sexuelles sont mal vues et où un jeune couple s’embrassant dans la rue risque d’être tancé par un policier, l’essor de ces pratiques en choque plus d’un.   «J’ai des copains qui ne ratent pas la prière du vendredi, mais sortent avec une prostituée deux fois par semaine, parce que c’est à la mode. C’est de la frustration, mais surtout de la frime», affirme « Kader », un entrepreneur. Dans certains hôtels, pour 3000 DA, un réceptionniste envoie les photos au client qui «choisit une blonde, une brune ou une rousse «, explique Karima, qui emploie des jeunes filles , «très demandées par les clients de cet Hôtel «. «Ce métier rapporte des millions de centimes «, affirme un responsable d’une boite de nuit, pour qui «la prostitution prospère en raison du chômage «.    «J’ai été attirée par l’argent facile. Quand j’ai regretté, c’était trop tard», confie au journal Halima 24 ans, ancienne femme de ménage, dans un bar. «Mes clients me dégoûtent, mais je touche 1000 DA par heure», se justifie Nadia, 26 ans. Les cas les plus difficiles à détecter sont ceux où la prostitution est une «affaire de famille», comme c’est le cas pour Zohra, dont le père est le souteneur. «Il m’apportait les clients à la maison, le premier m’a violée. J’ai essayé de m’enfuir, en vain», affirme cette femme de 20 ans. Nadia, 21 ans, talons aiguilles et décolleté plongeant, s’est prostituée à 17 ans. «J’obéis à mon patron car il me bat», dit-elle, avant d’éclater en sanglots. Cette prostitution qui sévit massivement à Mostaganem et dans toutes les villes d’Algérie et même dans les petits villages - qui ont du mal à la dissimuler - est l’un des résultats de la catastrophe sociale, bref, la mondialisation et ses effets sur l’accroissement des inégalités sociales. Ce phénomène prend de l’ampleur d’une façon dramatique, marquée par le flux des populations déshéritées fuyant la pauvreté. Désormais, aujourd’hui, ces malheureuses font partie de la mosaïque des gens de la rue. Et sont devenus la face cachée du tourisme.

Riad
Dimanche 14 Mars 2010 - 10:03
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MOSTAGANEM
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