REFLEXION

PROFESSEUR ABDERRAHMANE MEBTOUL A LA RADIO ALGERIE INTERNATIONALE (RAI) : Quelle stratégie pour les placements algériens à l’étranger face à l’endettement des Etats occidentaux ?



Question 1- Quelle est la situation actuelle de l’endettement des Etats Unis et de l’Europe ?

Professeur Abderrahmane MEBTOUL : Bien que l’indicateur du développement humain IRH prenant en compte l’éducation et la santé soit plus fiable, l’indicateur produit intérieur brut en termes courants défini comme la valeur de tous les biens et services produits, moins la valeur des biens et services utilisés dans leur création, pour un PIB mondial évalué selon les statistiques du FMI en 2010 à61 963, 429 milliards de dollars US , selon la FED américaine la dette publique US dépasse les 14 251 milliards de dollars, soit 97% du PIB évalué à environ 14 624, 184 milliards de dollars et la dette de l’ensemble de la communauté économique européenne des 27, première zone économique mondiale avec 30% du PIB mondial, selon Eurostat la dette publique représente 80%, du PIB évalué à 16 106, 896 milliards de dollars soit 12885 milliards de dollars. Au total USA et Europe la dette publique représente 27136 milliards de dollars, soit 43,83% du PIB mondial. Le cas de la Grèce qui ne représente que 2% du PIB européen évaluée à 152,6% (environ 350 milliards d’euros)est donc un épiphénomène du fait de la faiblesse de son PIB. Pour le cas américain, cette dette est supportée par des créanciers principalement japonais, chinois, européens et arabes notamment les pays du Golfe. Le risque d’insolvabilité, américain combinée avec l’actuelle crise européenne serait catastrophique tant pour l’économie mondiale entrainant une récession généralisée pire que celle d ‘octobre 1929 et celle 2008 du fait des interdépendances des économies et donc sur l’économie algérienne. La reprise économique mondiale en cours, étant encore fragile, on ne peut pas exclure l’hypothèse d’une rechute dans les prochaines années, s’il advenait que la dépense publique se ralentisse et que la croissance ne soit pas reprise par l’entreprise privée, et ce à mesure de l’atténuation de l’impact des mesures de relance budgétaires et monétaires sur la croissance.

Question 2- Et la question d’une éventuelle cessation de paiement tant européenne qu’américaine ?

AM : Selon les informations qui me parviennent de Washington, il semble que l’on s’oriente vers un minima entre les Républicains et les Démocrates. Comme il y aura forcément une entente minimale entre les pays européennes afin d’éviter que la crise grecque fasse boulle de neige à l’ensemble de l’Europe. Il ya lieu de préciser que l’économie américaine reste en tant qu’Etat la première puissance économique mondiale, que le dollar représentant entre 2010/2011, 60% des transactions mondiales contre 27% pour l’euro. La politique de dépréciation du dollar correspondant à une politique volontaire de baisse du dollar afin d’essayer de réduire le déficit commercial et de limiter la valeur réelle des USA de leur endettement mondial libellé en dollars. Une forte remontée du dollar face aux principales monnaies mondiales, supposerait une forte hausse des taux d’intérêts de la Fed et une baisse de la création monétaire, en contradiction avec le programme du nouveau président US dans la mesure où toute appréciation aurait pour conséquence le frein du marché immobilier (crédits inabordables du fait d’une hausse des intérêts sur les ménages endettés à taux variables), la consommation américaine pouvant être freinée avec le risque d’accélération des faillites des entreprises. Au vu des perspectives tant de l’économie mondiale que de l’économie américaine, il est attendu que la Fed relève dans un proche avenir son taux d’escompte mais d’une manière graduelle comme cela a été le cas récent pour la Banque centrale européenne. Cette politique monétaire des USA est intiment lié au fonctionnement actuel du système monétaire international. Avant 1971, date à laquelle ou existait une relations directe entre la parité du dollar et le stock d’or (parité fixe contenu dans les accords de Breeton Woods) cette parité ayant été remplacée par des taux de change flexible par la suite. L’endettement net extérieur a été la résultante des déficits de la balance commerciale américaine accumulés depuis les années 1980. Cependant il ne faut pas avoir une vision de sinistrose vis à vis de l’économie américaine car nous sommes à l’ère de la mondialisation. Sur les 7 000 milliards de dollars de placements américains dans le monde reçoivent plus de dividendes de leurs investissements à l’étranger que le pays ne paie d’intérêts sur leurs dettes, les avoirs américains à l’extérieur étant essentiellement composés d’actions alors que les créances étrangères correspondent à des titres obligatoires sur le Trésor américain. La différence de rendement entre des actions et des obligations explique que les États-Unis restent, en dépit de leurs déficits, des investisseurs bénéficiaires.

Question 3-Peut-on continuer dans cette voie ?

AM : La situation actuelle est insupportable et dangereuse et conduira au chaos si l’on n’entreprend pas de réformes profondes des finances publiques tant en Europe qu’aux Etats Unis d’Amérique. Si l’Europe et les Etats-Unis ne mettent pas de l’ordre dans leur budget et ne font pas davantage d’économies, ils vont au-devant de problèmes douloureux avec pour risque d’accentuer la récession mondiale. Pour l’Europe, des pays comme la Grèce, l’Italie, le Portugal et l’Espagne seront tôt ou tard menacés d’insolvabilité et l’Union européenne redoutera tôt ou tard que ces pays ne sombrent dans un chaos semblable à celui de l’Argentine en 2002 et de l’Islande en 2008. Ces chocs vont bouleverser une nouvelle fois l’économie mondiale. D’où l’urgence d’une refonte du système monétaire international avec de nouvelles institutions de régulation. En effet, l’émergence d’une économie et d’une société mondialisées et la fin de la guerre froide depuis la désintégration de l’empire soviétique, remettent en cause la capacité des États- nations à faire face à ces bouleversements. Les gouvernements à travers les États-Nations – et la crise actuelle en est la démonstration, sont désormais dans l’impossibilité de remplir leurs missions du fait de la complexification des sociétés modernes, de l’apparition de sous-systèmes fragmentés, de l’incertitude liée à l’avenir et de la crise de la représentation politique, d’où l’exigence de s’intégrer davantage dans un ensemble plus vaste pour pouvoir répondre aux nouvelles préoccupations planétaires. Cette régulation mondiale est rendue d’autant plus urgente avec cette financiarisation accrue car il s’échange chaque jour 4.000 milliards de dollars de devises sur les marchés des changes, trois fois plus qu’il y a une décennie, selon l’enquête triennale publiée fin aout 2010 par la Banque des règlements internationaux. Nous assistons à l’entrée du dollar australien, le won coréen, la lire turque, la roupie indienne, ces monnaies qui progressent, au détriment du billet vert et l’introduction du yuan chinois sur ce marché dans un proche avenir devrait entrainer de profonds bouleversements. Cependant il faut éviter toute illusion comme si c’est la Chine actuellement qui sauverait l’économie mondiale. Certes le pays est devenu la deuxième puissance économique mondiale en termes de PIB selon le FMI de 5 745 milliards de dollars mais reste le 1/3 de celui des USA. Et en prenant en compte la totalité de la population qui dépasse le milliard l’écart se creuse, écart accentué en prenant en compte l’indice de développement humain. La Chine accuse actuellement un fort déficit budgétaire selon, le New York Times de juillet 2011 qui dépasse les 70% si l’on prend en compte la dette des collectivités locales avec un retour à l’inflation qui commence à inquiéter sérieusement les dirigeants chinois. Aussi tout dépendra de l’élargissement de la couche moyenne déterminant la demande solvable et la dimension du marché intérieur. D’une manière générale, en l’absence d’institutions internationales réformées tenant compte des nouvelles mutations mondiales et notamment des pays émergents, capables de prendre le relais de la souveraineté étatique défaillante, le risque est que le seul régulateur social demeure les forces du marché à l’origine d’ailleurs la crise mondiale actuelle. Les dernières mesures du G20 ne se sont pas attaquées aux causes la crise avec de fortes ressemblances semblable à celle de 1929, qui est la déconnection entre la sphère réelle en diminution et la sphère financière spéculative en domination, les distorsions entre les profits spéculatifs en hausse et les salaires en baisse avec la détérioration du pouvoir d’achat. L’actuel système économique mondial et profondément injuste, donc à réformer pour éviter cette bipolarisation Nord/Sud préjudiciable à l’avenir de l’humanité , la responsabilité de certains dirigeants du Sud est entière comme l’a montré concrètement le printemps arabe où les dirigeants avec leurs proches et prêtes noms ont transféré des fortunes colossales l’étranger( certains dirigeants du Nord ayant contribué à ce processus) au lieu de consacrer ces montants faramineux au développement de leur peuple.

Question 4- Face à cette situation ne risque –t-il pas d’avoir une dépréciation des bons de trésor ?

AM :Justement, concernant les bons de trésor, face à cette situation, la Fed américaine pourrait envisager d'accroître sa capacité d'échange de bons du Trésor contre des produits obligataires dépréciés et ce afin de trouver les fonds nécessaires pour continuer de nettoyer le bilan des établissements financiers des actifs "toxiques". Néanmoins, le risque est que plus la Fed engrange des positions de moindre qualité, plus l'avantage des T-Bonds - en termes de sécurité - se réduit par rapport aux emprunts émis par des entreprises disposant d'un bon matelas de cash et de revenus récurrents. Ainsi, les investisseurs qui cherchent refuge dans les bons du Trésor US pour se prémunir des risques, ne feront qu'accélérer le transfert du bilan des banques du secteur privé vers celui du prêteur en dernier ressort avec l’accélération du déficit budgétaire. Ce qui se répercutera sur le dollar dans la mesure où la création monétaire ex-nihilo et la baisse de la qualité de la devise se traduit par une baisse simultanée de la rémunération, les placements dans les bons du Trésor US s'apparentant à épargner plus pour gagner moins. Dès lors du fait du manque de confiance, l’on pourrait assister à une chute du dollar américain qui entraînera une vente massive des bons du Trésor US. Quant à la part chinoise, elle représente environ 45 % de la dette totale externe des Etats-Unis, étant concentrés surtout au niveau de la banque centrale de Chine. Courant 2010, sur 2450 milliards de dollars de réserves de change chinois une grande partie est libellée en dollars. A fin août 2010, la Chine détenait un total de 868,4 milliards de dollars de bons du Trésor américains, selon des chiffres officiels américains et 1000 milliards de dollars courant 2011 selon d’autres sources. Ce que Pékin redoute par devant tout : une véritable explosion de la dette américaine, laquelle aurait pour conséquence un affaiblissement accru du dollar entraînant de facto une dévalorisation des bons du Trésor détenus par la Chine. Et la note négative en juillet 2011 du Standard and Poor's semble ainsi alerter la Chine sur l'incapacité des politiques américains à endiguer la situation, contexte de nature à impacter grandement la valeur des investissements chinois en dollars. Pourtant, malgré certaines déclarations contre l’hégémonie du dollar, la Chine continue à être un gros acheteur de bons du Trésor. Ainsi, la crise a rendu de facto l’économie américaine encore plus dépendante de la Chine des Etats Unis et la Chine plus dépendante des USA car toute contraction de la demande affecte les exportations chinoises. Mais est ce que cette situation pourra continuer à l’avenir ? Tout dépendra de l‘attitude de la Chine, premier créancier des Etats-Unis et tout le problème est le suivant : les chinois continueront-ils à acheter des bons du Trésor des Etats Unis ? Qu’en sera t-il si la dépréciation du dollar devait continuer dans le temps et l’achat récent des droits de tirages spéciaux (DTS) émis par le FMI par la Chine mais également par l’Inde, n’inaugure t –elle pas un changement de la politique monétaire et une refonte dus système monétaire international?

Question 5 – Quelles incidences cet endettement sur l’économie algérienne ?

Il convient de préciser que souvent l’on ne différencie pas exactement ente le déficit budgétaire (flux) de la dette publique (stock), le déficit budgétaire étant la situation dans laquelle les recettes du budget de l’État sont inférieures aux dépenses, donnant un solde négatif et pour financer son déficit, l’État est obligé d’emprunter. Ces deux données, bien que différentes, sont liées : le flux du déficit budgétaire vient alimenter l’encours de dette, qui en retour agit sur le niveau de déficit par l’augmentation des intérêts versés, qui sont une charge (dépense) budgétaire, la succession des déficits favorisant l’apparition de nouveaux déficits. En effet, le gonflement de la dette provoque un effet “boule de neige” selon un processus auto-entretenu, la charge d’intérêt qu’elle produit conduisant à augmenter le déficit et donc à accroître encore l’endettement de l’État et la charge des intérêts. Pour le cas Algérie, cette crise a des incidences stratégiques, car toute contraction de l’économie mondiale signifierait moins d’exportations d’hydrocarbures comme en 2008/2009 où les recettes ont chuté de 45%. Pour notre cas , le gouvernement a épongé la dette extérieure, la dette intérieure, pratiqué des assainissements répétées des entreprises dont plus de 80% sont revenues à la case de départ avec des versements de salaires sans contreparties productives pour une paix sociale fictive , fait de la rente des hydrocarbures et non du travail et de l’intelligence sans s’attaquer à l’essence du mal qui ronge le corps social faute de vision et de management stratégique. Ayant eu à diriger une audit sur les salaires pour les pouvoirs publics entre 2007/2008, j’avais mis en garde le gouvernement algérien que n’existe pas de politique salariales mais des distributions de rente pénalisant les créateurs véritables de richesses dans le cadre concurrentiel mondial , pouvant conduire le pays à une dérive dangereuse car antinomie du développement, les salaires représentant moins due 20% du produit intérieur brut contre une moyenne mondiale dépassant les 50%. L’Algérie exporte 98% en hydrocarbures et importe 75% des besoins des entreprises et des ménages étant presque en syndrome hollandais. Rappelons le déficit budgétaire uniquement pour l‘année 2011 dépasse 62 milliards de dollars, soit plus de 33% du PIB et plus de 60% hors hydrocarbures, également les effets de la crise de 1986 avec les ondes de chocs en 1994 (cessation paiement), la chute de près de moitié (45%) des recettes en devises entre 2008/2009. L’économie algérienne est mono exportatrice dont le prix des hydrocarbures est dépendant de l’extérieur, d’où l’importance de prévisions avec une cohérence et visibilité dans la politique socio-économique et d’une bonne gouvernance évitant de naviguer à vue, espérant que l’orage passera car il y va de la sécurité nationale. Ces débats ouverts doivent poser l’opérationnalité et non des discours creux, d’une transition d’une économie de rente à une économie hors hydrocarbures fondée sur l’innovation continue dans un cadre concurrentiel mondial, supposant de briser les liens entre la logique rentière et la logique de la sphère informelle contrôlant 40% de la masse monétaire en circulation et plus de 65% des segments de biens première nécessité, existant des liens dialectiques entre la logique rentière et celle de la sphère informelle dans un cadre de monopole. Cela renvoie à la réhabilitation du savoir et de l’entreprise donc de profonds réaménagements du pouvoir politique.. Par ailleurs, selon le Ministre algérien des finances 80% des 157 milliards de dollars sont déposés à l’étranger , (160 milliards de dollars de réserves de change annoncé le 21 juillet 2011) soit 125,6 milliards de dollars, une fraction dans les banques internationales dites cotées AAA, et en majorité en bons de trésor dont 45% aux USA, 45% en euros, le reste ne yen et livre sterling.Toute dépréciation combinée à l’inflation mondiale donnerait un rendement négatif. Aussi je suis sceptique pour les 80% des réserves de change algérien placées à l’étranger quant aux déclarations du gouverneur de la Banque d'Algérie, lequel affirme que le rendement de ces réserves est de l'ordre de plus de 4%, ramenant presque 5 milliards de dollars d'intérêts par an. Avec le taux d’inflation et le faible taux d’intérêt de la FED mais également de la banque centrale européenne le rendement est bien en deçà.

Question 6- Les réserves de change algérien peuvent-il avoir un meilleur rendement ?

Au préalable je tiens à souligner que la monnaie est un rapport social qui traduit les relations entre l’Etat régalien et le citoyen, la confiance. Avoir un niveau d’endettement extérieur très faible et des réserves de change importants sont avant tout un signe monétaire et non un facteur de développement. Rappelons le cas roumain communiste où la dette était égale à zéro et le pays en ruine. L’endettement bien utilisé peut être facteur de croissance et permettre de rembourser à terme les emprunts. L’expérience montre que ce ne sont pas les pays qui ont des réserves de change les plus importants qui sont les plus développés. L’important est de synchroniser la sphère réelle et la sphère financière, la dynamique économique et la dynamique sociale. Dans ce cadre, il serait intéressant de savoir la ventilation exacte avant et après la crise d’octobre 2008 des réserves de change entre les banque internationales et les placements en bons de trésor car certaines banques dites AAA ont été déclassées après la crise d’octobre 2008 avec des pertes considérables comme cela a été le cas de plusieurs centaines de milliards de dollars des pays du Golfe. Par contre pour les bons de trésor ils sont garantis par les Etats. C’est que l’utilisation des réserves de change pose un véritable stratégique engageant l’avenir du pays. Doit –on, continuer à privilégier la sécurité des placements même si le rendement est faible , voire négatif ce qui équivaudrait que l’Algérie finance le développement d’autres pays et pourquoi alors continuer à épuiser les réserves d’ hydrocarbures reconvertis en bons de trésor ?- Peut –on les placer en fonds souverains par l’achats d’actions et d’obligations afin d’avoir un rendement beaucoup plus élevés supposant la ressource humaine ; et dans ce cas c’est comme dans le casino , avec des risques de gains et de pertes ? Un exemple si l’Algérie avait placé ses réserves de change au miment où l’once d’or était coté à 800 dollars, et comme l’once est actuellement à 1600 dollars on aurait doublé les réserves de change de l’Algérie c’est à dire plus de 300 milliards de dollars en termes de parité de pouvoir d’achat ? Cela aurait pu s’appliquer à d’autres actions en bourse dévalorisées en 2009 dont les cours ont remonté depuis. Autre axe, investir dans un partenariat ciblé dans des segments dans le cadre de la logique des valeurs internationales afin de préparer l’après hydrocarbures. Mais est cela est possible avec le retour à une gestion administrée des années 1970, avec la bureaucratisation extrême de la société algérienne qui freine l’initiative de tout entrepreneur, surtout depuis scandales financiers de bon nombre d’entreprises y compris Sonatrach, peut on dès se mette au diapason des mutations de l’économie mondiale, les opérateurs attendant des ordres d’en haut qui souvent ne viennent pas ou avec des mois en retard ?

Question 7- Quelles perspectives pour le développement de l’Algérie ?

Les ajustements futurs tant économiques que sociaux dans les très prochaines années, comme c’est le cas actuellement en Grèce, seront très douloureux avec des risques de tensions sociales vives, et il est temps de dire la vérité dans le cadre d’un sacrifice partagé supposant une lutte sans faille contre la corruption qui prend une dimension dangereuse. Plus on, retarde les réformes plus les ajustements seront plus douloureux car en économie le temps ne se rattrapant jamais. D‘où l’importance d’un discours de vérité afin d’éviter le divorce Etat Citoyens .Selon les experts avertis et sans démagogie, dans 16 ans pour le pétrole et 25 ans pour le gaz tenant compte du nouveau modèle e con sommation énergétique mondial qui se met en place progressivement, de la forte consommation intérieure et de la rentabilité financière( couts élevés en Algérie) seront épuisés à moins d’un miracle , la population algérienne étant actuellement de 36 millions et sera alors de 50 millions sans hydrocarbures. Mais ce ne sera pas un drame .Pour preuve l’Indonésie était un pays exportateur important les années passées et est devenu un pays émergent bien qu’importateur net. . J’ai une grande confiance en le génie algérien qui évolue favorablement à l’étranger, donc le blocage est d’ordre systémique. Pour peu que des réformes hardies politiques, économiques, sociales et culturelles soient menées dans le cadre d’une large concertation, la transition peut se réaliser. Mais je ne peux concevoir cette transition dans un cadre fermé. Au moment de la consolidation des grands espaces, je ne puis concevoir l’émergence de pôles de savoir et d‘entreprises compétitives sans l’intégration maghrébine au sein de l’espace euro-méditerranéen et africain Pourquoi ne pas dynamiser une université maghrébine, une banque d’investissement maghrébine, une banque centrale maghrébine qui préparerait la monnaie maghrébine. C’est pourquoi j’ai lancé une initiative avec mon ami le docteur Camille Sari de la Sorbonne , expert financier international où nous dirigerons un ouvrage collectif pluridisciplinaires intitulé « le Maghreb face aux enjeux géostratégiques » auquel collaboreront 35 experts ( , intégrant 28 magrébins ( algériens, marocains, tunisiens, ; libyens et mauritaniens) ainsi que 7 importantes personnalités et experts européens .Cet ouvrage d’environ 1000 pages à paraitre courant janvier 2012 sera scindé en deux volumes , l’un traitant du volet politique, social et culturel, l’autre du volet économique et financier dans tous ses aspects. Ce n’est pas le devenir d’une ou de plusieurs personnes qui m’intéresse mais les intérêts supérieurs de l’Algérie. Espérons une transition démocratique pacifique, car imagions une crise politique en Algérie à l’instar d’autres pays arabes. Dans ce cas les 125,6 milliards de dollars, autant que les avoirs des dirigeants à l’étranger et de leurs proches seront gelés immédiatement. Aussi, la rente des hydrocarbures n’étant pas éternelle et de surcroit propriété de tout le peuple algérien d’où l’importance d’un débat démocratique sur sa gestion ainsi que celle de l’utilisation des réserves de change.

A.Mebtoul
Dimanche 24 Juillet 2011 - 10:20
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