REFLEXION

PROCES DE DOMINIQUE COTTREZ? (PHOTO COTTREZ) : L'histoire de la tueuse de ses huit nourrissons nés vivants

Dominique Cottrez, jugée aux assises du Nord en France pour avoir étouffé huit nourrissons, elle a longtemps expliqué son geste par sa crainte que les enfants soient le fruit de relations incestueuses avec son père. Jusqu'à cette étonnante journée d'audience.



Comment expliquer l'assassinat de huit nourrissons nés vivants et à terme? Dominique Cottrez avait raconté le jour où, dans la grange de la ferme familiale de Villers-au-Tertre (Nord), son père s'était assis à côté d'elle, alors qu'elle avait 8 ans, l'avait poussée un petit peu, avant de commencer à mettre ses mains sur son corps. Le buste, les jambes, le sexe. À 12 ans, il s'est couché sur elle, disait-elle avant de préciser entre deux sanglots: "Je ne sais pas vraiment s'il y a eu pénétration mais j'ai senti quelque chose."   Quatre mois après la naissance de sa première fille, Emeline, en 1987, Dominique la "chouchoute" s'était rapprochée de son père. "C'est là que j'ai... eu des relations sexuelles" avec lui, confiait-elle jusqu'à lundi midi.
 
Aveux terribles
L'après-midi du troisième jour de son procès, la genèse détaillée de sa relation incestueuse avec son père, Oscar Lempereur agriculteur et "brave homme aux yeux des autres", a été réduite à néant.  
Lors d'un échange musclé avec la présidente de la Cour d'assises du Nord, où elle comparaît pour huit infanticides, Dominique Cottrez a reconnu avoir menti.  
- Il ne vous a pas touchée?
- Non, jamais.
- Ni enfant, ni adulte?
- Non je n'ai jamais eu de relations avec lui.
Et voilà l'accusée libérée du poids du mensonge. Non, son père n'a jamais abusé sexuellement d'elle. Ses soeurs, sur fond de querelle d'héritage, avaient déjà mis en doute la véracité de son témoignage. Dominique Cottrez avait tenu bon. Jusqu'à ce que son avocat, Me Franck Berton, lui demande de "jurer sur la tête de ses filles", Emeline et Virginie, présentes dans la salle d'audience. C'est dans les bras de ces dernières, et dans une flaque de pleurs, que la mère trouve refuge après ses aveux terribles. Virginie et Pierre-Marie Cottrez, la fille et le mari de Dominique Cottrez, au procès de leur mère le 25 juin 2015 à Douaï.  L'inceste de son père était invoqué comme la clé pour expliquer ses crimes. Avec le coup de théâtre de lundi, un pan de sa défense vient de s'effondrer. Quels arguments lui restent-ils à faire valoir pour échapper à la réclusion criminelle à perpétuité, la peine encourue?  

Son obésité et sa crainte du corps médical
Les défenseurs de Dominique Cottrez ont déjà longuement évoqué le complexe de l'obésité de leur cliente. 160 kilos de souffrance sur la balance. Très tôt, elle essuie les moqueries de ses camarades de classe. Son surpoids est évoqué par tous les témoins entendus à Douai qui décrivent une "personnalité renfermée, discrète, voire secrète". Le traumatisme de son premier accouchement, aussi, a été examiné par la Cour d'assises du Nord. En 1987, alors qu'elle donne naissance à sa fille Emeline, la sage-femme lui reproche de "devoir écarter les graisses pour sortir le bébé". Pierrette Valot lui conseille même, sur la table de travail, de "perdre 35 kilos". Sinon, la prochaine fois, ça se passera mal. La grossesse suivante, Dominique Cottrez la cache à ses proches, jusqu'à l'accouchement, ou presque. Par terreur de la blouse blanche, dit l'accusée, elle refuse toute consultation et contraception. La suite est désormais connue: huit enfants nés et tués dans le plus grand secret.  

Le désengagement de son mari
La solitude de la mère de famille et le manque d'implication de son époux s'imposent comme l'autre circonstance déterminante à l'octuple infanticide, à défaut d'en être une des causes. Les déplacements professionnels de Pierre-Marie, menuisier de métier, sa passion pour la pêche et les verres entre amis l'ont éloigné du domicile conjugal. "On se voyait très peu, le soir, confie l'intéressé. C'était une femme qui faisait tout." Dans le désordre: repas, ménage, enfants, gestion des comptes.  Occupé, l'époux n'a "jamais rien vu". Ni les sacs poubelle entreposés dans la garde-robe et le grenier, ni la drôle d'odeur qui en émanait, ni les huit grossesses de sa femme. "Il m'aimait oui, c'est sûr qu'il m'aimait, mais sa façon de m'aimer... Je ne sais pas", commente Dominique Cottrez, taiseuse, comme lui. Ces éléments, face aux viols et incestes inventés, suffiront-ils à expliquer comment une mère a pu, de 1989 au début des années 2000, étrangler et stocker à l'insu de son entourage huit nourrissons? Le verdict est attendu pour jeudi soir.  

 

Riad
Mardi 30 Juin 2015 - 18:45
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ACTUALITÉ
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