REFLEXION

PRES DE 40 NOUVEAU-NES ABANDONNES EN 6 MOIS : Le drame des filles-mères, un tabou à casser ?



PRES DE 40 NOUVEAU-NES ABANDONNES EN 6 MOIS : Le drame des filles-mères, un tabou à casser ?
Près de 40 nouveau-nés, mis au monde par des filles-mères et abandonnés, et une dizaine de bébés morts ont été enregistrés depuis janvier 2010, apprend-on auprès de sources proches de la Direction de l’action sociale (DAS) d’Oran. Plus de la moitié des mères célibataires ont moins de 25 ans, 20% ont dépassé la trentaine et 20% sont âgées entre 15 et 17 ans. Précise-t-on. Donner naissance à un enfant en dehors d’un mariage contracté dans les normes religieuses et légales, est un phénomène qui semble prendre une ampleur inquiétante, en dépit du tabou qui enveloppe cet état de fait. Les jeunes femmes sont, en effet, de plus en plus nombreuses à enfanter sans passer par le cadi, apprend-on de même source. Si bien que les infrastructures d’accueil s’avèrent très insuffisantes pour faire face à cette situation. L’augmentation de ces mises au monde « répréhensibles » s’expliqueraient par le fait que beaucoup de jeunes femmes choisissent la ville d’Oran, pour « se débarrasser de la preuve de leur incartade dans le parfait anonymat », nous explique une sage-femme qui se vante de sas 40 ans d’expérience. Notre interlocutrice nous confie qu’en l’espace de quelques mois, elle a assisté l’accouchement de quatre jeunes filles émigrées, qui s’étaient réfugiées à Oran dès les premiers symptômes de grossesse. « Pour leurs familles restées à l’étranger, leurs filles étaient en vacances chez leurs grands-parents en Algérie. » « L’une d’elle m’avait confié qu’elle était même fiancée et que son mariage devait être célébré avant le ramadan dans sa ville natale… qui n’est pas Oran. » A précisé notre interlocutrice. La même sage-femme, qui déplore « le nombre important d’abandon de la part des jeunes, issues pourtant de familles très à cheval sur les valeurs ancestrales, se félicite, en quelque sorte, en reconnaissant à ces mêmes filles « leur courage d’assumer leur grossesse et la mener à terme, sans recourir à l’avortement et sans penser à se débarrasser de leurs bébés en les abandonnant dans la rue. Donc, pour notre interlocutrice, l’écrasante majorité des jeunes filles-mères, seraient originaires de différentes villes d’Algérie et même issues de l’émigration, mais on ignore la proportion. Généralement les services concernés ne posent pas trop de questions. Leur rôle étant d’assister à la mise au monde d’un être humain dans les meilleures conditions et prodiguer tous les soins nécessaires à sa génitrice. Les nouveau-nés abandonnés par leurs mères sont immédiatement pris en charge par la DAS qui les place à la pouponnière située dans le quartier ex-St Hubert, après leur avoir passé tous les tests permettant de s’assurer qu’ils étaient en parfaite santé. Des puéricultrices, formées pour certaines, sont chargées de l’alimentation et de l’entretien de ces petits êtres. Les nourrissons souffrant de pathologies ou d’infirmités graves sont transférés dans les services spécialisés jusqu’à leur guérison totale. Mais tout ne baigne pas dans l’huile pour certains bébés, se trouvant entre les mains de nounous psychopathes qui n’hésitent pas à déverser leur ressentiment sur les petits être innocents qui, eux, ne sont coupables d’aucune faute et n’ont rien demandé à personne. Si l’on considère qu’ils sont le résultat du péché, on ne peut leur reprocher à eux d’avoir péché. Mais tous ne grandissent pas au sein de la pouponnière. Certains d’entre eux sont repris par leurs mères qui se ravisent par la suite. Soit après avoir bénéficié de l’indulgence de ses propres parents, ou, dans le meilleur des cas, la reconnaissance de l’enfant par le père biologique. D’autres, une bonne cinquante d’entre eux, indique-t-on, ont été recueillis par des familles désireuses d’avoir un enfant. « Le nombre de familles d’accueil est si important que toute la pouponnière pourrait être vidée d’un seul coup, mais certains estiment que ce sont les procédures administratives, trop tracassières qui découragent les couples sans enfant à l’adoption… », A déclaré un agent de la DAS qui ajoute : La procédure d’adoption est jugée longue, c’est possible. Mais il s’agit d’un être humain, un futur citoyen algérien, et la DAS doit s’entourer de toutes les garanties permettant à l’enfant de grandir et de se développer dans le meilleur des cadre et au sein d’une famille sans reproche et disposant de moyens suffisants pour subvenir à tous ses besoins. Et lui donner surtout, ce qui lui manque le plus : la chaleur familiale. » « Nous avons placé de très nombreux enfants chez des familles qui, jusqu’à présent, donnent entière satisfaction. C’est ce que nous constatons au cours de contrôles inopinés que nous effectuons régulièrement. Dans le cas de maltraitance constaté, l’enfant est immédiatement retiré à la famille d’accueil et une plainte pourrait être déposée au parquet, conformément à la loi. Tous ces cas et d’autres, ne sont pas chiffrés en raison de l’absence de statistiques fiables, précise-t-on. Si le problème des enfants abandonnés peut toujours trouver une solution, qui n’est certainement pas le meilleur, le drame des filles-mères reste pratiquement entier et très douloureux. La DAS envisage le lancement de campagne de sensibilisation auprès de la population oranaise sur le calvaire des jeunes mamans célibataires qui se trouvent rejetées par leurs familles, mises au banc par la société et méprisées parfois par le propre père de l’enfant qui l’accuse d’avoir été trop complaisante. Un prétexte pour fuir ses responsabilités. Un enfant conçu hors mariage, le péché est partagé par deux individus. On ne s’explique pas, alors, pourquoi considère-t-on que seule la femme est coupable et ne jette-t-on que sur elle l’anathème ?

A. Salim
Dimanche 25 Juillet 2010 - 11:19
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