REFLEXION

POURQUOI CE JEUNE A TENTE DE SE SUICIDER A DEUX REPRISES A MOSTAGANEM : L’enfer de Bouziane..!

Bouziane âgé de 26 ans, ses parents séparés depuis l’âge d’un an. Balloté entre son père, sa tante, et sa mère, il fuit l’enfer et la violence de son beau père et les harcèlements de sa belle mère. SDF à l’âge de 11 ans.



POURQUOI CE JEUNE A TENTE DE SE SUICIDER A DEUX REPRISES  A MOSTAGANEM : L’enfer de Bouziane..!
Ce jeune Bouziane a défié la chronique en devenant pendant deux semaines, sujet de discussion des habitants de Mostaganem. Et pour cause, ses deux tentatives de suicide. La première, le 10 mai dernier où il a grimpé sur un poteau électrique au niveau de l’avenue Reynal et la deuxième, 5 jours après, le 15 mai où il a escaladé un autre poteau électrique en face de la banque « Société Générale », sise à la route d’Oran avec une bouteille pleine d’essence à la main pour tenter de s’immoler. Et ce, suite à un sentiment de désespoir du fait d’une perte de repères dans sa vie, due à une situation sociale dramatique.

“Pour les responsables je ne suis qu’un fou, un malade mental…”
Né le 03 janvier 1985 à Mostaganem, une année après sa naissance, ses parents divorce et sa mère le prend en charge durant trois années, décidant de se remarier, elle le confie à sa tante, chez qui il passe trois autres années. Très jeune, il contracte une bronchite et faute de soins, elle se développe et devient un asthme, une maladie qui devient un handicap pour lui, vu qu’il n’a jamais été pris en charge, et que personne n’a pensé à le soigner. N’ayant pas été déclaré au service de l’état civil, c’est son beau père qui se débrouille pour l’inscrire au primaire mais il le maltraite et le bat chaque jour, il a souffert physiquement et moralement de cette violence. Ne supportant plus cela car malade et n’ayant jamais ressenti la moindre tendresse où affection, il décide de fuguer à l’âge de 11 ans. Il passe ses journées à vagabonder et ses nuits dans des cages d’escaliers où dans de vieilles bâtisses, il lui arrivait de temps en temps d’aller rendre visite à des proches mais personne ne voulait de lui, même chez ses propres parents, il ressentait qu’il était devenu un être indésirable. A 16 ans, il décide de s’inscrire dans un institut de la formation professionnelle (CFPA) à Tlemcen, il poursuit une formation d’électricien bâtiment et décroche son diplôme, il a été classé deuxième de sa promo, il fait plusieurs demandes de travail mais n’arrive jamais à décrocher un boulot, quand il demandait des explications, on l’envoi toujours balader et le traite de fou et de malade mental.

“ je n’ai jamais su ce que c’est la tendresse et l’affection”
Fuyant la violence de son beau père et les mauvais traitements de sa belle mère, C’est dans la rue qu’il trouve refuge, il dort dans des cages d’escaliers, sous des abris bus des ponts, dans des jardins publics, sur le trottoir, il a souffert du froid et de la faim. Il se rappelle qu’il a subît des maltraitances de la part de certains qui avaient pour mission d’assurer sa sécurité et l’assister, ce temps est révolu mais il en garde les séquelles, cette situation le chagrin et jusqu’à maintenant, il n’arrive pas à comprendre pourquoi un tel acharnement sur un garçon qui a été trahi par le destin et qui n’a pas trouvé où se réfugier. En parlant, il éprouve un sentiment de frustration et un grand désespoir mais arrive toujours à se ressaisir pour raconter son calvaire.

“J’ai fais trois fois la prison…”
N’ayant aucune famille, Asthmatique, épileptique, dépressif, souffrant d’une hépatite et n’ayant aucune source de revenu, Bouziane ne pouvait subvenir à ses besoins, il n’avait pas de quoi manger et surtout les moyens de se faire soigner. C’est en 2007 qu’il commet son premier délit, à l’époque il avait volé un panier à pain qu’il a voulu revendre car il voulait juste se nourrir, voici sa déclaration sur ce sujet : « je mourrai de faim et de froid, c’était un mois de janvier 2007, j’ai fais ma peine et je suis ressorti. Faisant des démarches pour travailler je me suis retrouvé toujours dans la même situation et suite à mon désespoir, je me suis mutilé face au tribunal de Mostaganem, j’ai écopé de 2 mois de prison. En 2009, j’ai été accusé à tord pour un vol que je n’ai jamais commis et j’ai fais un an de prison ». Actuellement dit-il je vis dans un château d’eau à proximité du petit Zoo de Mostaganem, je survis grâce à de petits boulots et la bienfaisance des gens du voisinage, mais je n’oserais jamais tendre la main et je suis capable de travailler mais personne ne m’a donné cette opportunité.

“C’est l’indifférence et le désespoir qui m’ont poussé au suicide”
N’ayant jamais ressenti la tendresse de ses parents, et face à l’indifférence des responsables, qui ne l’ont jamais écouté ou essayé de comprendre sa situation, le jeune Bouziane étant avec le temps devenu dépressif, se met à consommer avec le temps, toutes sortes de psychotropes (Tranxene, le diazépam..etc). Il incombe cette situation au système et la de la prise en charge des SDF, pour les responsables, dit-il : « on est tous des fous alors que dans mon cas et de plusieurs autres on avaient juste besoin qu’on nous parle, qu’on nous réconforte, qu’on nous offre de meilleurs conditions de vies et non pas qu’on nous emmène dans des hôpitaux psychiatriques et qu’on nous donne des tranquillisants dont on ne peut plus se séparer avec le temps, on est devenu des drogués et des fous à cause de cette situation. »

“Je mérite de vivre comme tout le monde, je veux un travail et un toit pour fonder une famille…”
Son vœu légitime est de réaliser son rêve comme tout jeune, il aspire à un travail et un toit, Bouziane voudrait fonder une famille et avoir des enfants, et il voudrait surtout leur donner la tendresse qu’il n’a jamais eu, il sollicite les responsables locaux et interpelle le wali, en qui il a une aveugle confiance. C’est son message pour ceux qui veulent le saisir, et actuellement Bouziane vit dans un château d’eau juste à proximité du petit zoo où les gens du voisinage prennent soins de lui mais cette situation ne pourrait durer et Bouziane quand il retrouve seul en face de la dure réalité et ses conditions de vie précaires, ne pense qu’à une seule chose se suicider car jusqu’à maintenant personne ne lui donné une solution concrète.

M.Hocine
Vendredi 27 Mai 2011 - 12:06
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