REFLEXION

POUR MIEUX COMPRENDRE LA SITUATION DU BÂTI DU VIEUX TIGDITT, DERB, TABANA ET LA PLAGE DE SIDI MEDJDOUB

LE PRESENT DOCUMENT EST ADRESSE A MONSIEUR LE WALI POUR CONTRIBUER PAR NOTRE EXPERTISE SUR LA RELANCE DU VIEUX BÂTI

Les préoccupations de l’association du Renouveau, qui, depuis les années 1990 n’a eu de cesse de faire appel aux autorités institutionnelles et représentatives pour enfin gérer le patrimoine de l’ancien bâti dans les normes admises relatives à la restauration et à la réhabilitation du vieux bâti ainsi qu’à sa valorisation économique, sociale, historique, culturelle, cultuelle, et touristique de ces quartiers à la fois mythiques et mystiques.
















« LE PATRIMOINE DU PASSE PEUT VENIR SOUTENIR LE DEVELOPPEMENT DE DEMAIN ». On nous a certes entendus mais pas écoutés. Il a fallu qu’en l’an 2014,   sous l’impulsion du mouvement associatif à sa tête l’association du Renouveau, de Cheikh Khaled de la Zaouïa Allaouia et du wali de Mostaganem Monsieur OUADAH, que ce dossier fût pris sérieusement en charge par le Ministère de la culture. Le classement de ces sites serait en bonne voie. Nous attendons le décret de classement avec impatience pour célébrer l’évènement. Nous reconnaissons toutefois que les délais sont très longs pour que soit finalisé ce dossier de classement par le ministère de la culture.  

LE CONTEXTE DE CES QUARTIERS MYTHIQUES :
Après l’indépendance, les vieux quartiers de DERB, TABANA et TIDJDITT ont été délaissés par la population pour des périphéries de confort plus moderne après l’exode des pieds noirs. A  l’inverse des populations de plus en plus nombreuses issues de  l’exode rural s’y sont installées. C’est depuis cette période que la crise dans ces médinas s’est installée par leur densification, leur saturation, et leur situation de taudis du bâti.
Ces médinas sont victimes de leurs vieillissements, l’usure du temps, la densité de ses constructions, les habitations qui sont dans un état de délabrement continu, souffrent de la surdensité, de l’obsolescence, des rajouts inadéquats et du démembrement  de la propriété.  Ils sont plusieurs locataires dans une seule maison, ce qui a accentué la dégradation des structures et des fondations.
 Autre particularité, la précarité des ménages qui habitent les maisons menaçant ruine. Ainsi, ces gens sont parfois confrontés au refus des propriétaires d’intervenir sur leur bien.
En sommes, la situation foncière des maisons délabrées, l’absence des vrais propriétaires, s’ajoutent à la complexité de la problématique.
Ce n’est pas seulement l’agriculteur qui scrute le ciel mais également  les autorités et les habitants de ces médinas ; on le sait, la saison pluviale est synonyme d’effondrement des structures anciennes.
En particulier c’est au niveau des trois médinas précitées qui comptent plus de 30.000 ménages  que tôt  au tard, leurs habitations seront menacées d’effondrements.
LA DEMARCHE                
La Wilaya, a entrepris dans le cadre de sa politique de résorption de l’habitat précaire un programme généreux de relogement en faveur de 1235 ménages dont leurs habitations menaçaient ruines.  Ce qui va rester de ces Médinas avec l’usure du temps elles vont continuer à se délabrer, d’autant plus, que les habitants dont promesse leur a été  faite de  les reloger sans agenda préétabli, Ils iront donc sciemment participer à la dégradation de  leur bâti. Ils négligeront de faire procéder à de petits travaux de consolidation pour qu’ils puissent parvenir à se placer en priorité en position d’éligibilité au relogement.
Cette attitude va accentuer le phénomène  de dégradation du bâti, d’une façon précoce.
Devant un tel dilemme que faut-t-il entreprendre ?
L’Etat est-t-il en mesure  d’avoir les capacités financières malgré le choc de la crise que connait notre pays pour offrir un logement à tous les citoyens de ces médinas, au fur et à mesure  qu’il est annoncé la menace d’effondrement de leur habitat respectif ?
 Combien  seront–t-ils ? Si ce n’est à court, moyen et long terme, tous les ménages  résidants dans ces médinas se considèreraient être éligibles au relogement ?
 Si  la réponse est affirmative, c’est tant mieux, même si on  admettrait à faire apparaitre l’extinction de ces sites, pour devenir in-fine, des médinas fantômes. Le cas échéant comment les   représentants institutionnels vont-ils réagir  devant ce cercle vicieux  à ces demandes au titre du RHP ?
Il est bon de rappeler que les opérations inscrites au titre du RHP depuis l’année 2009 y compris le quota complémentaire se situent  à un niveau des
6226 logements. Dans la seule Daïra de Mostaganem il est enregistré une demande brute de 16.407 logements.
Par voie de conséquence il serait utopique  d’affirmer que les pouvoirs publics seront en mesure de satisfaire toutes les demandes émanant des habitants de ces médinas.
En tout état de cause, notre position est la suivante :
Les autorités locales seront  tenues de réagir pour faire élaborer en partenariat avec la société civile, une stratégie qui préservera le patrimoine culturel, historique et le vieux bâti. Les réhabiliter, les restaurer deviendront un facteur essentiel de continuité, de stabilité pour réduire également la pauvreté et l’exclusion sociale.
LES PRINCIPAUX OBJECTIFS
La banque mondiale par exemple, conseille en matière de réhabilitation des médinas, trois objectifs :
1-    Assurer la conservation des principaux éléments du patrimoine culturel,
2-    Encourager le développement local,
 3   - Satisfaire les besoins des résidents  sans les délocaliser et souvent en situation précaire.
En effet, l’Etat devra répondre aux difficultés des propriétaires des maisons anciennes et leurs locataires ainsi que tous ceux qui chercheraient de plus en plus de lieux « moins élitistes » tout en souhaitant des conditions de logements décents. Une politique hardie qui doit consacrer comme objectif principal de garantir la sécurité des personnes et des familles qui occupent des espaces dont les habitations risquent à tout moment un effondrement.
Il est clair que toutes ces initiatives viseront à améliorer les conditions de vie de la population au moyen de la consolidation du cadre bâti, de la préservation des monuments et du renforcement des infrastructures de base et des espaces
Publics ainsi comme ressources à valeur économique du patrimoine aussi bien urbanistique, culturel, cultuel, historique, qu’artisanal.
LES AXES D’INTERVENTIONS.
Nous sommes  jaloux de notre ville et de nos médinas   et qu’il conviendrait de donner à ces médinas de nouvelles dynamiques ; Les  démolitions entreprises par une « navigation à vue »auraient  pu avoir des conséquences fâcheuses sur des personnes et le bâti mitoyen. Parce que la technique de démolition ne se résume pas seulement à la pelle pelleuse ou à la pioche, il existe des règles de sécurité obligatoire à tenir. C’est toute une étude élaborée  pour chaque habitation ciblée, par des hommes de l’art indispensable pour la sécurité des personnes et des biens du voisinage. Fort heureusement il n’y a pas eu d’accidents corporels.
Nous ne cessons  jamais de le dire, que la réhabilitation des habitations existantes doit viser à assurer à chaque famille sans la délocaliser une
surface habitable indépendante  afin d’assurer une homogénéité urbaine entre les réalisations nouvelles et le tissu urbain.
Nous rejetons l’état d’esprit des médinas  pour tenter de les transformer en espaces musées ou  un tissu urbain figé dans le long processus de « taudis et de paupérisation »
En effet, l’objectif qu’on doit se fixer, c’est de transformer un patrimoine d’une situation statique  à une situation dynamique sans toucher à sa dimension et à
sa valeur historique et son environnement urbain, à travers l’ensemble des actions très diversifiées et liées les unes des autres. C’est là qu’interviendront des bureaux d’études spécialisés et rompus dans l’art de la restauration afin d’éviter les erreurs du passé, à l’instar  qu’a subit la grande Mosquée « Ibn Tachfine » de Tabana,  un monument historique dont sa « restauration » fût confiée à une entreprise publique spécialisée dans les « VRD » (ETRHV),  même constat pour le Fort de l’Est, la muraille et le tombeau du BeyBouchlaghem.
Il est aussi important, de faire situer ces actions confortées par l’expertise qui demeure  l’unique en mesure d’être déterminante pour nous faire connaitre :
1-les habitations qui nécessitent un confortement.
2-un nombre ciblé pour l’évacuation des bâtisses en ruines irrécupérables et/ou à démolir.
3-estimation  financière de travaux.
Nous estimons, que les habitations qui furent démolies, une fois les gravas évacués pourrons servir dans le cadre de la dé-densification de ces médinas pour être affectées par la suite à l’aménagement des espaces libres
En effet, les démolitions des habitations menaçant ruines demeurent incontournables dans la mesure où elles  seront cette fois –ci  engagées et confortées par une expertise idoine. A notre avis,  on peut dire que la dé-densification est un moyen d’aérer les médinas de leurs saturations afin d’homogénéiser leurs requalifications  au profit des projets divers.
En fin de parcours, et  en encadrant cette stratégie, la wilaya gagnerait  en économie de logements qui seraient susceptibles d’être dirigés vers des citoyens demandeurs issus d’autres quartiers dont on  a pris connaissance que parmi eux, vivent dans des conditions inhumaines  mais par pudeur n’osent pas se manifester.
Comme l’a si bien précisé un rapport de la Banque Mondiale, « Le patrimoine du passé, peut venir soutenir le développement de demain »
 Nous ne devons rester les bras croisés,  nous traduisons cette maxime, par la nécessité d’organiser dès maintenant une série d’ateliers  avec la contribution de l’université, qui va permettre d’élaborer une vision à long terme du développement durable  des médinas de DERB – TABANA – LE VIEUX TIDJDITT et SIDI MEDJDOUB et un plan d’action avec les différents intervenants, notamment la société civile et l’Université.  Nous restons dans cet espoir.

 

KHELIFA Mohamed
Mercredi 18 Novembre 2015 - 17:19
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ACTUALITÉ
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