REFLEXION

POINT DE VUE : Réhabilitation du vieux bâti



Il y a eu hier une publication qui disait que Mostaganem va commencer dans la restauration du vieux bâti par des opérateurs étrangers parce qu’en Algérie il n’existe pas de spécialistes de ce domaine.  Mais que peuvent faire les meilleurs des spécialistes devant un immeuble de plus de 130 ans qui est construit selon l’ancienne méthode. On a tous vu quand l’antenne de la SN SEMPAC, qui servait de foyer, entre la COFEL et les galeries du garage Peugeot, qui s’est effondrée, qu’il n’y avait aucune ossature, que les murs porteurs avaient perdus leur solidité, c’était uniquement de la pierre et de la tourbe entre deux crépissages, les poutrelles du toit c’était de la ferraille complément rouillée qui ne pouvait plus supporter le poids placé dessus. Or cette bâtisse ne déroge pas aux autres bâtiments construits à la même époque et de la même manière. Et ceci inclus tous les quartiers de Cochon-ville, Beymouth, Raisin-ville, certaines bâtisses du centre-ville, Derb, les Citronniers et Matemore. Tobana et Tigditt c’est encore plus ancien. Est-ce que la réhabilitation du vieux bâti sous-entend uniquement le ravalement des façades avec la réfection des moulures sur ces mêmes façades, la réparation des escaliers, peut-être la boiserie et la peinture des bâtiments du centre-ville ou c’est une opération qui va toucher l’ensemble du vieux bâti de Mostaganem. Parce que là c’est la galère… Des centaines de milliards de dinars ne vont pas suffire. Il y avait dans cette publication beaucoup d’intervenants qui disaient « sauvons notre patrimoine, sauvons notre histoire », mais Mostaganem ce n’est pas Alger. Où sont nos édifices arabo-musulmans, où sont nos constructions, où est notre architecture que l’on voudrait sauvegarder si ce n’est les vestiges turcs, telle que les remparts, Bordj Ettork qui a été complètement défiguré lors de sa restauration par l’entreprise à qui il a été confié, Bordj Lemhal qui n’est pas libre, qui est affecté à d’autres tâches, faisant fonction de prison pour femmes, ou la grande mosquée de Tobana qui vient de connaitre une restauration ça ne fait pas très longtemps et le tombeau de Hamid El Aabd. A part ces édifices où sont nos souvenirs et notre mémoire. Est-ce qu’on veut restaurer les anciennes mosquées et les vieux hammams. Le problème qui se pose chez nous ce n’est pas la réhabilitation, mais c’est l’après démolition. On a rasé le théâtre et on en fait un square, on a rasé le bâtiment André à côté de l’ancienne Daïra et on en a fait un square. Et par la suite l’Algérie a été prise dans le tourment de ses campagnes, campagne de reboisement, campagne de salubrité, il y a eu la campagne de démolition du vieux bâti, et Derb en a fait les frais. Si cette campagne avait été suivie par la construction de nouvelles cités sur ces mêmes assiettes au lieu d’aller dévorer le foncier agricole, cela aurait fait la joie de tout le monde, mais non on a démoli pour démolir et c’est cette injustice qui a fait que certains nostalgiques ont commencé à clamer la protection du patrimoine urbanistique de Mostaganem.

Ghali Bentami
Mardi 29 Novembre 2016 - 17:15
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MOSTAGANEM
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