REFLEXION

PASTEQUE, MELON, RAISIN, FIGUE ET FIGUE DE BARBARIE : Un Ramadhan bien fruité à Mostaganem !

Partout, au bord des routes en rase campagne, sur la chaussée et sur les trottoirs des villes et des bourgs, le ‘’spectacle’’ vous rappelle que vous êtes bel et bien chez nous ! Désormais, c’est érigé en traditions, voire en culture.



PASTEQUE, MELON, RAISIN, FIGUE ET FIGUE DE BARBARIE : Un Ramadhan bien fruité à Mostaganem !
Le mois sacré du ramadhan dispense l’activité commerciale sauvage du registre du commerce et des formalités administratives légalement requises. Pourvu qu’ils n’aillent pas voler, il faut laisser les gens vendre, revendre et acheter, s’accoutume-t-on à entendre et soutenir ! Et c’est ainsi qu’on s’improvise commerçant, exonéré net d’impôts, et installé là où semble y avoir l’acheteur potentiel ! Il y a quelques années, on prenait la peine de solliciter et établir une simple autorisation de l’APC du coin, pour l’exhiber au nez de quiconque osait parler de loi, tout en se privant d’une malle de voiture de fruits et légumes dont il avait le choix. Depuis que les révolutions font rage à travers les pays frères et voisins, la bienveillance à l’égard du peuple a été officialisée. Conjuguée ainsi au beau temps qu’il fait, et en sus des charrettes et des ‘’Mazda’’ ‘’volantes’’, tables, tablettes, boutiques, étals et autres baraques de fortune se sont mises à «éclore» partout. Nettement plus que durant une saison ordinaire, le ramadhan estival courant reste particulièrement marqué par ‘’l’inondation’’ du marché par la pastèque, le melon, les figues, l’opuntia, et à un degré moindre, le raisin, dont la récolte a été compromise le printemps passé.
L’opuntia, un commerce d’enfants !
Les enfants, et même parfois des bambins, ont fait de l’opuntia un commerce ‘’infantile’’. Tenant de leurs ainés les trucs et astuces du métier, ils ont adapté leurs horaires à l’afflux ramadhanesque de la clientèle. Dérangés par la canicule, on ne les voit plus trimbaler avec leurs seaux de figue de barbarie, à travers les rues et cités des villages. Ils préfèrent se ‘’sédentariser’’ aux abords des marchés des fruits et légumes. Le monopole de la vente de l’opuntia étant le leur, ils partagent également le marché de la figue avec les adolescents et les adultes. Ce sont là, les fruits ‘’populaires’’ qui caractérisent, cette année, le décor du paysage par les étals particuliers, que leur réservent les commerçants, activant légalement, ou, dans la plupart des cas, dans l’informel. Ainsi, dans une anarchie totale, chacun y va-t-il de son génie, de son initiative, et de sa manière de décorer son local de fortune. Un ‘’local’’, qu’on érige là, où on pense attirer la clientèle en nombre. Dans un coin de cité, à l’orée d’un bosquet ou d’une parcelle de maraîchage, au bord d’une route ou d’une piste, de grande circulation en particulier, et souvent sans la moindre précaution sécuritaire, les étals improvisés ‘’fleurissent’’ à profusion.
Des baraques et
des étals à perte de vue !
Au registre du matériau utilisé, la panoplie est assez vaste: des madriers ou des troncs d’arbres clandestinement coupés dans la forêt proche, pans de roseaux, planches de bois, tôles, bâches et même de l’herbe pour couvrir, tout en assurant la fraîcheur ! Le parterre est recouvert d’une couche de sable. Certains font mieux encore : ils ornent la devanture de branchages de palmier, voire de guirlandes lumineuses, quand il y a une desserte en électricité à proximité. Une ‘’astuce’’ du métier pour susciter l’envie et le désir d’acheter, même s’il fait nuit. La gamme des tarifs, jamais affichés, mais seulement clamés, est aussi large que diverse, au gré de la tête du client, du terroir de provenance, du calibre du fruit ou de la fraîcheur de son entreposage. La vente peut se faire au kilogramme mais souvent au tout venant, à vue d’œil des fruits, triés en lots de poids unitaire apparemment proche. On y retrouve des pastèques de petit calibre mais on ne vous garantit point ni maturité ni goût. Ça peut être, certes, vraiment bon marché, mais c’est à vos ‘’risques’’, et, selon votre chance, de regretter l’argent dépensé ou d’apprécier la qualité du produit de tel terroir ou de telle contrée de provenance ! Reconnaître de l’extérieur un bon melon, et encore mieux une pastèque délicieuse, n’est pas du ressort de n’importe qui. Une sacrée dose d’expérience mais surtout beaucoup d’intuition demeurent requises. Et nombreux sont ceux qui s’en passent, s’affichant plus convaincants par l’exhibition, illico presto, d’un couteau pour opérer la petite entaille à même de vous démontrer que votre ‘’boule verte de l’extérieur’’ est bien rouge à l’intérieur, ou votre melon n’est pas une courge ! Une astuce, qui fait légion mais qui peut réserver des surprises parfois !

M.O.T
Lundi 22 Août 2011 - 10:03
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MOSTAGANEM
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