REFLEXION

PALESTINE : Quand Abbas demande à israël de couper l’électricité à Gaza

La décision fait craindre de nouvelles tensions dans la bande de Gaza, où Israël et le Hamas, son ennemi, se sont livrés à trois guerres depuis 2008. Le ministre de la sécurité intérieure a confirmé, lundi 12 juin, qu’Israël allait réduire la fourniture d’électricité au territoire palestinien gouverné par le Hamas islamiste et déjà en proie à une sévère pénurie de courant.



La réunion, rapporte le quotidien Haaretz, a été houleuse. Selon ce quotidien, le cabinet de sécurité israélien a décidé ce dimanche soir d'accéder à une requête de l'Autorité palestinienne: les livraisons d'électricité à la bande de Gaza vont être réduites de près de 40%. Une réunion agitée car les conséquences de cette décision pourraient être lourdes. Beaucoup de voix s'inquiètent d'une crise humanitaire dans la bande de Gaza. Les mots sont ceux du représentant de l'ONU pour le processus de paix au Proche-Orient devant le Conseil de sécurité : « A Gaza, nous marchons vers une crise les yeux grands ouverts »,  a averti Nikolaï Mladenov il y a deux semaines. Une crise au cœur de laquelle se trouve l'accès à l'électricité. Ces livraisons israéliennes sont désormais la seule source d'approvisionnement pour la bande de Gaza. Actuellement, les deux millions d'habitants du territoire n'ont jamais plus de quatre heures d'électricité toutes les 16h ; ils ne devraient plus désormais en avoir que deux ou trois. L'organisation israélienne Gisha souligne l'impact sanitaire de cette situation : les stations de désalinisation d'eau de mer ne fonctionnent plus, les eaux usées ne peuvent plus être pompées ni traitées, des ailes entières des hôpitaux sont fermées lors des coupures générales. Mais l'Autorité palestinienne et le gouvernement israélien veulent mettre le Hamas au pouvoir à Gaza sous pression. Et cette réduction des livraisons d'électricité intervient alors que le mouvement islamiste se voit fragilisé par une crise diplomatique régionale : son riche allié qatarien, désormais très isolé sur la scène internationale, est en train de prendre ses distances avec le mouvement islamiste. Un porte-parole du gouvernement israélien interrogé par l'AFP a dit ne pouvoir s'exprimer sur les décisions du cabinet de sécurité. Mais le ministre de la Sécurité intérieure, membre de ce cabinet, a confirmé l'information sur la radio militaire en l'expliquant par les dissensions entre Palestiniens. C'est l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas qui a décidé de "réduire de façon significative" les paiements qu'elle effectue à Israël pour l'électricité que ce dernier livre à Gaza, a expliqué Gilad Erdan. "Il serait illogique qu'Israël paye une partie de la facture", a-t-il ajouté. Selon des informations israéliennes, l'Autorité palestinienne a décidé en avril de cesser de payer l'électricité pour Gaza. Le Hamas avait alors dénoncé une "décision catastrophique" aux conséquences "dangereuses". L'Autorité avait aussi réduit la rémunération de ses fonctionnaires dans l'enclave, provoquant une vague de colère et de manifestations. L'Autorité chercherait par ce biais à faire pression sur le Hamas qui l'a évincée dans la bande de Gaza en 2007. L'Autorité, dont l'existence est censée préfigurer un futur État palestinien, n'exerce plus ses prérogatives qu'en Cisjordanie occupée, séparée de la bande de Gaza par le territoire israélien. Toutes les tentatives de réconciliation ont échoué.

Crise en vue ?
Pour Tareq Rechmaoui, porte-parole du gouvernement de l'Autorité palestinienne à Ramallah, le responsable de l'aggravation de la situation depuis 10 ans dans la bande de Gaza, c'est le Hamas. "Pour sortir de la crise, le Hamas doit répondre à la proposition de Mahmoud Abbas pour mettre fin à la division" politique, a-t-il déclaré à l'AFP. Israël et l'Autorité coopèrent dans différents domaines, malgré la persistance du conflit israélo-palestinien. En revanche, Israël considère le Hamas comme une organisation terroriste et soumet la bande de Gaza à un rigoureux blocus. Israël n'en fournit pas moins la très grande majorité de son électricité à la bande de Gaza. Dans un contexte de crise humanitaire et de marasme économique permanents, l'alimentation en électricité est une préoccupation primordiale dans le territoire en bordure du désert, a fortiori en plein ramadan et à l'approche de l'été.

La situation humanitaire pourrait se dégrader
L'ONG Gisha a dénoncé ce plan de réduction des livraisons de l'électricité dans une lettre au ministère de la Défense israélien, citée par le Jerusalem Post : "Diminuer l'approvisionnement en électricité aura des conséquences sérieuses : un million de litres d'eau sont chaque jours pompés dans la Méditerranée. Les stations de désallement ne pourront pas fonctionner. Le système d'évacuation de l'eau ne pourra pas fonctionner. Les générateurs seront en surcharge. Des services entiers des hôpitaux pourraient arrêter de fonctionner et la vie de certaines personnes mises en danger", argumente l'ONG. Interrogé sur le risque que la pénurie d'électricité ne provoque une nouvelle confrontation avec Israël, Gilad Erdan s'est voulu rassurant. "Il n'est pas sûr que cela provoque un affrontement militaire, il se peut que les Palestiniens commencent à comprendre la catastrophe que représente pour eux le Hamas", a-t-il dit.

 

Ismain
Lundi 12 Juin 2017 - 19:00
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ACTUALITÉ
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