REFLEXION

Oran, Consulat Général de France : Un nouveau souffle.

Oran, 24 novembre 2008. L’homme qui était, il y a un moment, côte à côte avec les préposés aux guichets du Consulat Général de France se retrouve dans la file d’attente parmi les demandeurs de visas.



Oran, 24 novembre 2008. L’homme qui était, il y a un moment, côte à côte avec les préposés aux guichets du Consulat Général de France se retrouve dans la file d’attente parmi les demandeurs de visas. C’est M. Daoudi Othmane, directeur d’une boîte de communication audiovisuelle. Il ne veut pas passer pour quelqu’un de privilégié. Ici, les uns et les autres connaissent leurs droits et devoirs. Aucun privilège. L’ordre et la discipline qui y règnent vous rangent et vous trouvez inutile d’aller au-delà de ce qui vous dû. Respect et courtoisie sont les maîtres dans ces locaux flambant neuf situés Rue de la vieille Mosquée.
Depuis le 1er septembre 2007, les citoyens de l’ouest algérien désireux d’acquérir un visa vers la France ou l’Union Européenne-visa Schengen soit-dit, n’ont plus à jouer des coudes ou à stresser. Détendez-vous, vous n’aurez pas les boules. Calmes et posés, les habitués savent qu’ils seront bien accueillis et bien servis. Les autres ? La gorge nouée, ils ne croient pas à l’acquisition facile du précieux document.
D’abord, dès l’approche des locaux consulaires, ce sont nos braves agents de l’ordre public, dans une tenue impeccable qui, après un salut règlementaire, vous dirigent vers une file de quatre cents individus toutes classes confondues. Braves et dévoués, nos policiers vous forcent au respect et à la considération.
De huit heures du matin à midi et du dimanche au jeudi, le consulat tourne à plein régime. Les quatre cents demandeurs de visas sont accueillis et leurs dossiers traités. Oui. Ici, ça roule à cent à l’heure. On compte jusqu’à 15% d’absents, mais ce n’est pas toujours le cas. De gros moyens ? Non, pas tellement. Une pincée de bonne volonté, un zeste d’organisation et deux gouttes de conscience. Seulement vingt personnes sont à votre service. La moitié de ce personnel est locale et je vous assure qu’elle est plus que qualifiée. Ce sont des bac+5 et bac+6 qui s’occupent de vous.
Dès neuf heures trente minutes, nos aimables policiers soufflent, car il ne reste pas un seul compatriote à l’extérieur.
A l’intérieur dans une salle qui peut accueillir cent trente personnes, douze guichets et pas moins vous font face. La salle chauffée en hiver et rafraîchie en été, est surmontée d’un joli dôme blanc en toile que des pigeons veulent à tout prix s’accaparer si ce n’est un bruiteur qui, d’un moment à l’autre chasse les volatiles récalcitrants avec un « pan » électronique. Machine à café et téléviseur vous plongent un petit moment dans un climat d’aérogare avec un brin d’optimisme de cueillir le précieux document. Le passage au guichet est très rapide. On vous prélève vos empreintes digitales, vous posez pour une photo numérique et vous voilà libéré.
Deux guichets sont dits « spéciaux » ou « réservés » : le premier aux hommes d’affaires, médecins et autres professions libérales que les nôtres appellent « guichet-valise » et le second aux compatriotes ayant un conjoint français. Les préposés au service d’ordre sont d’une politesse et d’une courtoisie irréprochables.
Actuellement, seulement un appel téléphonique au numéro abrégé 1573, vous permet d’obtenir un rendez-vous de dépôt de dossier. Et il ne faudrait que deux semaines, sauf urgence, pour traiter une demande de visa. Et ce n’est qu’au bout de ces deux semaines que vous parvient une convocation. Le réseau UPS, chargé de l’acheminement rapide de courrier, va se moderniser en installant un système de possibilité de suivi du dossier par le demandeur lui-même par internet.
Désormais, il n’y a plus matière à râler au Consulat Général de France d’Oran, le maître d’œuvre de ce chamboulement est là. Discret, presque timide, M. René LAVARAY, le Consul Général, dans son costume gris et sa cravate rayée passerait pour un simple employé avec son calepin à la main. Il suit, contrôle, vérifie, écoute, observe et note. Une fois parmi les demandeurs et une autre fois parmi ses employés. Toujours là à améliorer. Tout est de sa propre initiative. Rien ne lui a été imposé. « Vous, la dame au bébé, vous avez la priorité. Et vous, Docteur, présentez-vous, là-bas ». Nos concitoyens voient enfin cette lueur d’espoir d’un traitement d’égal à égal après les affres des nuits d’hiver passées sur des cartons sur le perron d’un consulat qui ferma à jamais ses portes.

Belkacem BELHAMIDECHE
Lundi 26 Janvier 2009 - 16:55
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