REFLEXION

OULD ABDERRAHMANE KAKI : 15 ans après sa mort

Les professionnels du théâtre s'accordent à reconnaître que l'artiste et dramaturge, le regretté Abdelkader Ould Abderrahmane, connu sous le nom de Ould Abderrahmane Kaki, reste une icône et un pilier du 4e art algérien. Kaki, dont le 15e anniversaire de sa mort a été commémoré dimanche, fut un prestigieux homme de théâtre sur le plan de l'écriture et de la mise en scène.



OULD ABDERRAHMANE KAKI : 15 ans après sa mort
Le commissaire du Festival national du théâtre amateur de Mostaganem, Djamel Bensabeur, a indiqué que Ould Abderrahmane Kaki demeure un "géant du 4e art algérien" et l'un des créateurs de la "Halqa", "Goual", "El Meddah" au théâtre algérien, en rappelant qu'il avait utilisé dans ses écrits "l'élément du terroir" ayant distingué ses œuvres "El guerrab oua es-salihine" et "Diwan el garagouz" et autres. Djamel Bensabeur, acteur et dramaturge, a également affirmé que Kaki, fils du quartier populaire de Tijditt de la ville de Mostaganem, est l'un des premiers dramaturges qui avaient inclus le personnage du "meddah" (le narrateur) marquant une première innovation dans le théâtre algérien et maghrébin. Abdelkader Alloula a pris ensuite le relais pour développer les concepts de la "Halqa" et de "Goual" qu'il a hissés à un haut niveau de l'esthétique dans sa célèbre trilogie "Goual, Adjouad et Lithem". Le regretté Ould Abderrahmane Kaki s'est intéressé également au théâtre de l'épopée marquant la souffrance de la société algérienne sous le joug colonial. Cette tendance artistique a été traduite par les œuvres "La préhistoire" et "El guerrab oua es-salihine", inspirées du patrimoine algérien authentique. A ce sujet, Djamel Bensabeur a appelé à la valorisation des œuvres théâtrales de Kaki et à les enseigner aux étudiants de théâtre dans les universités algériennes, ainsi qu'à la réhabilitation et le développement du théâtre en Algérie et la reproduction du personnage du meddah dans les œuvres théâtrales. Il a ajouté que le commissariat du festival national a initié deux sessions du prix "Kaki d'or", qui constitue une banque de textes théâtraux et une opportunité d'encourager les jeunes à l'écriture théâtrale. Le commissariat dispose actuellement de 57 textes dont certains seront sélectionnés pour la production de nouvelles œuvres en adoptant la touche de Ould Abderrahmane Kaki, a-t-il signalé. Kaki a réussi un brassage entre le patrimoine populaire
Pour sa part, l'écrivain, romancier et dramaturge Bouziane Benachour a insisté sur le fait qu'Ould Abderrahmane Kaki a réussi un brassage entre le patrimoine populaire, pour avoir vécu dans un quartier populaire et s'étant inspiré du terroir local et la modernité, partant de sa connaissance du théâtre européen et son influence par l'écrivain théâtral allemand Bertold Brecht, ajoutant que Kaki a usé du patrimoine populaire dans des genres théâtraux universels. Bouziane Benachour a affirmé aussi que Kaki avait su étoffer ses œuvres théâtrales partant de l'intérêt qu'il portait à tous les rites et coutumes des peuples de la Méditerranée, comme il est illustratif dans "el halqa" et "el goual". Il avait adopté également des techniques de scénographie, de mise en scène, de décor, d'éclairage et de musique pour véhiculer son message au public. Natif en 1934 au quartier de Tijditt de Mostaganem, Ould Abderrahmane Kaki a œuvré à enraciner le théâtre dans l'oralité en fondant la troupe "Garagouz" en 1958 qui a adopté un nouveau style, différent de ceux appliqués à l'époque par les troupes françaises et en intégrant dans le théâtre la réalité culturelle et sociale traduisant l'authenticité et les racines de la société algérienne, selon plusieurs critiques du théâtre. Parmi ses plus célèbres oeuvres : "132 ans", "Diwan el Garagouz", "El Guerrab oua es-salihine", "Chaâb ellil", "Beni Kelboun", "Koul ouahed oua hekmou". Ould Abderrahmane Kaki s'est distingué dans plusieurs capitales arabes et européennes en décrochant plusieurs sacres, notamment la médaille d'or au Caire en fin des années 1980. Il est décédé le 14 février 1995 laissant un riche répertoire et une touche singulière au 4e art, perpétué par les jeunes créateurs artistiques.

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Mercredi 17 Février 2010 - 23:01
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MOSTAGANEM
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