REFLEXION

ORAN : Un quartier, un jour Haï Ed-Derb



ORAN : Un quartier, un jour Haï Ed-Derb
Ed Derb est des plus vieux quartiers qui s’ouvre sur le centre de ville d’Oran, où il ceinture le théâtre régional avant de dévaler les pentes des ex-rue Philipe et rue des Jardins, jusqu’à l’ex-boulevard Stalingrad, qui le sépare du non moins vieux quartier de Sidi Houari. Il a été construit, comme beaucoup de quartiers, en dehors de l’enceinte d’Oran, ville où, le soir venu, chacun devait rejoindre son ghetto respectif. L’ancien Derb El Ihoud, où tout le monde parlait arabe et s’habillait comme arabes depuis des générations, abritait, avec l’ex quartier de Saint Antoine, la plus forte communauté juive de la ville d’Oran fréquenté alors par les chanteurs Albert Rouimy, dit Blond- Blond, Lili Boniche, le maestro Saoud Medioni , Lili El Abassi, le père de « Ouahran el Bahia) et notamment Sultana Daoud, la grande diva de la chanson andalouse, connue grâce à sa voix envoutante sous le nom de Reinette l’Oranaise, ainsi que des chanteurs arabes. C’est aussi le quartier où a grandi la célèbre chanteuse de raï Chebba Fadhila. A l’exception de cette dernière, tout ce beau monde se rencontrait durant les années 50 pour faire la fête au bar « Fellous », tenu par un juif dont la morphologie imposante n’avait rien du sobriquet péjoratif de « poussin » dont on l’affublait, et dont il ne s’en offusquait guère. Comme pour revendiquer son surnom, il avait même fait peindre un immense tableau représentant un coq dressant fièrement sa crête pourpre au-dessus du bar, comme pour narguer les visiteurs. Fellous comptait aussi de nombreux clients arabes, des artistes et des commerçants qui entretenaient de très bonnes relations avec la communauté juive. Pour les « Indigènes, les juifs ne représentaient aucunement le colonialisme. La loi Crémieux de 1870 n’avait rien changé chez les Oranais en ce qui concerne leurs concitoyens de confession israélite. La grande majorité des Juifs, tout comme ceux de la communauté gitane, moins nombreuse, se sentaient beaucoup plus poches de leurs voisins et amis arabes que des Français et autres Pieds noirs d’origines diverses. Derb El Ihoud, notamment à la rue de la Révolution, son artère principale, qui en faisait un quartier commercial par excellence, et il le demeure. Derb El Ihoud a été de tous temps très fréquenté par les « Indigènes » qui y trouvaient, comme à Mdina Jdida, toutes sortes de produits à des prix jugés raisonnables. Notamment les vêtements, ainsi que les tissus servant à la confection de la fameuse « blousa » oranaise, qui offraient le meilleur rapport qualité-prix, nous dit-on. Si Ed-Deb est toujours aussi fréquenté, en dépit de son inexorable effritement, c’est parce qu’il est sans doute situé dans le centre ville d’Oran. Et comme beaucoup d’autres quartiers, il est surpeuplé. Avec l’éclatement des familles, les petits enfants qui ne prenaient alors pas beaucoup de place, sont devenus aujourd’hui des femmes et des hommes, dont certains se sont même mariés, donnant naissance à des flopées de gamins qui courent dans tous les sens. Ils s’entassent, tant bien que mal, dans un amas d’habitations en ruines menaçant perpétuellement la vie des occupants. Les nombreuses opérations de relogement n’ont pas réussi, jusqu’à présent, à régler le problème de tous ces mal-logés, vivant sous le danger permanent d’un effondrement qui plane sur leur tête comme une épée de Damoclès. Selon des sources proches de la wilaya, les occupants des mêmes logements en ruines,ont été relogés plusieurs fois. C'est-à-dire que les habitations immédiatement par d’autres familles. Les autorités avaient bien entrepris de murer les entrées des maisons évacuées, mais peine perdue. Les squatteurs doute venaient pendant la nuit démolir les murs fraîchement, construits pour occuper les lieux. Ils mettent ainsi les responsables devant le fait accompli qui constatent, à leur grande surprise des immeubles occupés par de nombreuses familles avec des dizaines d’enfants, utilisés comme un argument leur accordant le droit à un logement social. C’est l’éternelle tracasserie du jeu du chat et de la souris, qui n’est pas prêt de connaître un terme de si tôt. En Attendant, Haï Derb continue de vivre dans la frénésie de quartier-marché, avec Mdina Jdida, dont il a toujours été un sérieux concurrent.

A. Salim
Jeudi 1 Juillet 2010 - 00:01
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