REFLEXION

ORAN : Le dernier marché hebdomadaire d’Oran



ORAN : Le dernier marché hebdomadaire d’Oran
La culture du souk hebdomadaire semble s’être si profondément enracinée qu’elle pourrait résister encore durant les siècles à venir. Une vieille tradition chère à nos ancêtres qui pouvait s’expliquer par la dissémination des centaines de milliers de douars dont l’incapacité de se doter chacun d’un marché. Le temps a passé mais comme les vieilles habitudes ont toujours eu la peau dure, les quartiers ont bien remplacé les douars formant une agglomération pouvant aisément se doter d’un marché permanent où les habitants trouveraient tous les produits nécessaires. Le nombre de marchés, dignes du nom, créés depuis des décennies, se compte sur les doigts d’une seule main. Ce qui a donné naissance à une multitude de souks partout où on sentait l’existence des clients potentiels. Des rues entières sont squattées en permanence. Pour les trottoirs c’est déjà fait depuis longtemps, en toute impunité. La possession de ces espaces publics par les vendeurs est si forte et exclusive que le stationnement est interdit pour les automobilistes. La présence des marchands informels ne semble pas tellement déranger le moins du monde les nombreuses ménagères qui trouvent, à proximité, les produits recherchés à des prix qu’on dit « raisonnables ». La demande ayant explosé, le nombre de marchands s’est multiplié à une vitesse incroyable pour y répondre. Et on assiste à la naissance d’un souk dans les règles de l’art : n’importe qui peut vendre n’importe quoi, n’importe où et à n’importe quel prix. Un véritable souk ! Puis, l’idée d’une concentration de tous ces vendeurs à la sauvette, de même en un seul endroit avait fait son chemin. Et ce fut l’apparition des marchés volants, qui se déplacent à travers les quatre coins de la ville. Il y eut « souk Yaghmoracen » qui se tenait chaque lundi, « Souk Castors, les mardis, « Souk Maraval » pour lequel on a retenu le mercredi. Il y en a eu d’autres de moindre importance ,qui n’ont pas connu toute l’ampleur d’un vrai souk et n’ont donc pas résisté aux effets du temps. Celui de Yaghmoracen a été balayé, tout comme celui des Castors, suite aux plaintes des habitants, avait-on dit. Celui du quartier de Maraval, à l’ouest d’Oran résiste encore. L’unique survivant des souks prend de l’ampleur Mieux ! Etant l’unique survivant des vrais souks hebdomadaires, il semble s’étendre chaque semaine davantage. Réservé, tout au début aux fruits et légumes, et quelques produits ménagers d’usage courant, il se trouve peu à peu investi par d’autres commerces. Si bien qu’on peut trouver absolument de tout. Si les clients viennent de tous les quartiers de la ville d’Oran, les marchands, eux, viennent de toutes les villes de l’Ouest, très tôt le matin pour occuper « leur »espace réservé. Les mêmes vendeurs se retrouvent chaque mercredi au même endroit, à quelques centimètres près. Si on se fie aux plaques minéralogiques, on y trouve de la laine vierge en provenance de Relizane et de Tiaret, des pommes de terre de Mascara, un horloger ambulant de Sidi Bel-Abbès, des fripiers de Chleff, des vendeurs de pastèques et melons de Mostaganem, des raisins d’Aïn Témouchent, etc. Si bien que le souk pourrait nourrir des ambitions nationales si la demande se maintient à ce rythme. Car, la surface occupée par les marchands s’étale à vue d’œil. Pratiquement, tous les espaces existants entre les immeubles sont occupés jusqu’à la mi-journée. Or, on entend dire que la présence de cet important lieu d’échanges, qui réunit chaque semaine des milliers de consommateurs et des centaines de marchands, ne fait pas l’unanimité. Loin s’en faut. On croit savoir, en effet, que certains riverai ns se seraient plaints de cette situation. « Ils n’ont aucune raison de se plaindre », riposte un marchand habitant le quartier, qui affirme que « ce marché a des retombées très positives pour tout le quartier. Beaucoup d’habitants ont ouvert des commerces et réalisent de bons chiffres d’affaires, grâce à la clientèle potentielle que draine le souk. » Un autre marchand intervient pour dire que,« même les jeunes chômeurs du quartier trouvent leur compte… » Il s’explique : « Ceux qui ne savent rien faire d’entre eux gardent les voitures ce qui leur permet de faire une recette de 3.000 ou plus chaque mercredi… » Le souk hebdomadaire de Maraval a encore de belles années devant lui, à en juger par la grande affluence des consommateurs et la rapidité dans l’écoulement des produits proposés à la vente. Très peu de marchands repartent avec un cageot qu’ils n’ont pas vidé. Cette situation pourrait s’expliquer, estime-t-on, par le manque de marchés où pourraient s’approvisionner les habitants des nouveaux quartiers et l’exigüité des anciens marchés couverts ont été construits il y a quelques années pour une population qui n’était pas aussi importantes que celle d’aujourd’hui.

A. Salim
Samedi 17 Juillet 2010 - 11:26
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