ORAN : Elle jette son nouveau-né dans l’égout

Comme bon nombre de jeunes incomprises et après seulement une année de vie conjugale.
Naima, vingt six ans, réintègre le toit parental. Elle habite en effet un hameau situé à quelques encablures d’Oran, Hai Dadayoum dans la commune de Mers El Kébir.



ORAN : Elle jette son nouveau-né dans l’égout
Tradition exige que toute jeune femme se doive d’obéir à ses parents en ne mettant jamais les pieds dehors, sauf pour se rendre au bain ou chez le médecin. Les parents et l’oncle maternel de Naima habitent la même grande maison et sont si rattachés les uns aux autres qu’ils ne forment qu’une seule famille et souvent Sofiane marié et père de trois enfants rend visite à la sœur qui n’est autre que la tante de la jeune divorcée. La présence de la belle Naima de nouveau chez elle, le trouble. Désormais, le charme de la jeune femme occupe toutes ses pensées, lui qui a la chance de la voir tous les jours de si prés, en fait, il est le seul étranger à pouvoir la contempler sans un seul voile. Le temps passe et le beau frère ne réussit toujours pas à maitriser ses instincts. Il décide alors d’avoir Naima s’arrangeant à chaque occasion de l’attirer dans un coin pour lui faire part de sa passion et de son obsession à son égard, allant jusqu’à lui jurer de divorcer et de l’épouser. Ces solennelles révélations portent leurs fruits puisque Naima mord à l’hameçon, moins de trois mois plus tard, elle constate sa grossesse, elle s’empresse alors de mettre Sofiane au courant de son état, celui ci tergiverse au début pour lui tourner carrément le dos ensuite. Les mois passent quand, un soir la mère de Naima entend des gémissements provenant de la cour de la maison, elle accourt, aperçoit sa fille gisant au seuil des toilettes, ces vêtements dégoulinant de sang. « Je saigne abondamment et je n’ai plus la moindre force pour me relever ». Affolée, la pauvre mère appelle son mari à la rescousse qui constate que sa fille a une hémorragie et cela une conséquence à ses menstruations, vite Naima est transportée à l’hôpital au service des urgences, les médecins ne révèlent rien de spécial, les parents et leur fille rentrent donc à la maison, plus tard, quand la voix du muezzin appelle à la prière du Maghreb. Le père, récipient à la main, se dirige près du regard d’égout pour faire ses ablutions soudain il suspect une présence étrange, il pense d’abord à un surmulot, mais les faibles râles persistent, il prête plus attentivement l’oreille pour avoir le cœur net, puis finit par tirer le couvercle du regard, l’effroyable spectacle qui s’offre à ses yeux, le fait tomber à la renverse et il comprend enfin qu’il s’agit de vagissements de ce nouveau né qui flotte au bord de l’eau que sa fille vient de mettre au monde moins de deux heures plutôt. Sa prétendue hémorragie n’était en fait qu’une mise en scène à l’expulsion du bébé, celle-ci le jette à l’égout avec la certitude que la conduite d’eau l’emportera, ses calculs se sont avérés inexacts. Puisque la petite tête du bébé n’est pas du tout passée et est restée coincée. Scié, la mort dans l’âme, le vieil homme alerte la police quant à l’enfant, malgré les soins intensifs qui lui sont prodigués, il décède le lendemain. Une année après ces pénibles faits, l’accusée comparait en audience criminelle pour délaissement d’enfant jusqu’à ce que mort s’ensuive. Dans sa déposition à la barre, Sofiane nie haut et fort sa paternité, le père de Naima par contre est formel quant à sa Félonie, celui-ci achèvera son témoignage en sanglotant « je m’en remets à Dieu et l’implore de toutes mes forces de punir à sa manière ceux qui ont profané ma sainte demeure et souillé mon honneur, me portant ainsi préjudice pour l’éternité. Dorénavant, ma porte se fermera à jamais même à mes beaux frères. De son côté le représentant du ministère public insiste sur la cruauté des faits et requiert la perpétuité de Naima. Par ailleurs, malgré tous les efforts et la superbe plaidoirie de son avocat la cour condamne à cinq ans de réclusion criminelle, au terme des délibérations. Ne dit on pas que tout discours hâbleur cache un poison.

N. Bentifour
Samedi 6 Mars 2010
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