REFLEXION

OMRA, HADJ : Quand la pratique de l’islam devient un calvaire pour les Algériens



OMRA, HADJ : Quand la pratique de l’islam devient un calvaire pour les Algériens
Depuis quelques jours, des milliers d’Algériens partis effectuer la Omra en Arabie Saoudite vivent un véritable calvaire. Air Algérie, la compagnie nationale qui exerce un monopole absolu sur le ciel algérien, a encore une fois raté l’opération Omra 2010. Plus de 3500 Algériens, qui ont fait la Omra durant le ramadhan, sont toujours bloqués aux aéroports saoudiens de Djeddah et de El Madina faute d’avions. Certains ont dépensé tout leur argent et sont donc dépendants de « la générosité » des passagers saoudiens et d’autres pays musulmans. Ce blocage a entraîné le décès, selon le quotidien El Khabar, de Aicha Benmessaoud de Ain Salah. La défunte, âgée de 55 ans, est morte d’un malaise cardiaque. Les malheureux passagers, pour la plupart des personnes âgées issues du Sud du pays, dorment sur des cartons. Ils attendent la visite du consul d’Algérie à Djeddah. Une visite qui tarde à venir.Le calvaire ne s’arrête pas là. Les autorités de Médine viennent de demander à la direction d'Air Algérie d'évacuer tous les passagers en souffrance sous 24 heures. Ces autorités savent pertinemment que les justificatifs de la compagnie aérienne algérienne ne sont pas recevables. Cette compagnie n’a présenté aucune excuse aux personnes prises en otage à Medine et Djeddah en raison de retards incompréhensibles. La désorganisation logistique qui entoure la Omra et El Hadj est devenue presque systématique. Chaque année, les mêmes protestations sont émises par les Algériens qui se rendent aux lieux saints de l’Islam. Pour un temps, le gouvernement a accusé les agences privées d’être à l’origine de la faillite. La création d’un office qui s’occupe du Hadj n’a pourtant pas réglé les problèmes. Au contraire, les procédures sont devenues plus complexes et plus bureaucratiques.Autre pratique religieuse, autre période pénible pour les Algériens. Comme c’est le cas depuis maintenant de nombreuses années, le mois de ramadhan qui vient de s’achever a été dur pour les Algériens. En plus de la chaleur, des coupures d’électricité et du manque d’eau, les familles ont souffert de la cherté des produits alimentaires indispensables pour préparer le repas du soir. Malgré les promesses du gouvernement, les mécanismes de la régulation commerciale n’ont pas fonctionné. Au marché, la flambée des prix n’a pas baissé. Faire le jeûne, devoir religieux dans un pays où l’islam est religion d’Etat, est devenu très éprouvant.Le calvaire des fidèles ne s’est pas limité à la cherté de la vie. A la veille de l’Aïd el Fitr, le ministère des Affaires religieux a créé une véritable confusion. Comme l’Aïd coïncidait avec le vendredi, le département de Gholamallah Bouabdallah a cru bon d’envoyer une instruction aux imams leur ordonnant d’assurer les deux prières, celle de l’Aïd, le matin, et celle du vendredi, la mi-journée. Certains imams n’ont pas appliqué cette instruction, se basant sur des règles islamiques qui prévoient que la prière de l’Aïd annule celle du vendredi, lors que la fête de la fin du ramadhan coïncide avec le jour du repos des musulmans. Ces règles ont été respectées les années précédentes. La « fetwa » administrative du ministère des Affaires religieuses a ajouté à l’embarras des fidèles comme si l’épreuve difficile du carême n’était pas suffisante.Autant donc dire que la pratique religieuse des Algériens n’est pas de tout repos. Dans un pays où l’islam est religion d’Etat, c’est une situation paradoxale. Une des conséquences d'une faillite généralisée de la gouvernance.

Ismain
Mercredi 22 Septembre 2010 - 00:01
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