REFLEXION

Nous n’irons pas pleurer sur vos tombes



1er novembre 1954, restera gravé dans ma mémoire. Je me souviens de tout, même du temps qu’il faisait ce jour là à Sidi Ali (ex-Cassaigne), wilaya de Mostaganem, encore chaud, un peu brumeux. La première balle à raisonné bien avant- minuit- dans cette capitale du Dahra. Puis les nouvelles des journaux. Et cette exaltation, le cœur qui bat plus fort. «Ils ont commencé ». Et cette certitude ancrée en moi, comme le bébé qui commençait à pousser dans le ventre de sa mère. L’indépendance qui paraissait à portée de la main. Jeunesse ? Romantisme révolutionnaire ? Non. C’était vraiment le début du cyclone qui allait balayer le bel alignement de l’ordre ancien ; les signes annonciateurs du séisme qui allait briser les colonnes du temple -colonial- Et nous sentions tout ça, nous savions tout ça, de source intime, certaine, et conviction avérée. Personne ne se lança dans l’aventure les yeux fermés, et le hasard n’avait pas droit de cité. Depuis quand prépar-t-on le 1er novembre ? Depuis 1830. Ceux que nous avons aimés et qui sont morts. La mort était alors chose ordinaire. Ont continué à vivre avec nous. La main posée sur notre épaule, ils nous ont guidés par des chemins souvent difficiles. Ils nous ont soutenus quand nous tombions. Quand les mauvaises sirènes chantaient à nos oreilles, leur regard nous a rappelé la valeur des choses qui, autrefois allaient de soi : l’honneur, la dignité, comment vivre libre, le prix à payer pour la justice sociale et la démocratie. Rien ne fut facile, mais nous n’irons pas pleurer sur vos dispersées dans les montagnes, rassemblées autour de Mausolées qui de l’endroit où vous êtes, doit vous paraître bon pompeux, où introuvables a ce jour. Vous ne vous preniez ni pour des héros, ni pour des martyrs, c’est par devoir de conscience et sens de la citoyenneté, que vous avez agi courageusement. Vous faisiez simplement ce que vous aviez à faire. Nous mettrons les drapeaux aux fenêtres, et nous penserons à vous, à votre jeunesse, à votre gaieté, à votre mépris de la mort, à votre amour de la vie. Pensant à vous, nous penserons à tous ceux qui se sont sacrifiés pour l’indépendance, la liberté et l’édification du pays, et à tous ceux qui luttent, pour la préservation des acquis de la révolution, et de la construction de notre nation.

Si Afif Abderrahmane
Jeudi 4 Novembre 2010 - 00:01
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CHRONIQUE
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