REFLEXION

N’oublions pas les Chouhada !

Ces héros de la guerre d’Algérie, architectes du 1er novembre 1954, qui ont fait trembler des généraux français jusqu'à hanter leur dernier souffle sur le lit de la mort à l’instar du tortionnaire général Aussaresse , ne sont Ni MYTHES ni LEGENDES, ils ne sont que de simples citoyens ‘’Fellahs , étudiants, commerçants, artisans ou chômeurs ‘’ qui par amour de l’Algérie indépendante, ils ont payé par leur vie le prix de ‘’Chahada’’ pour acheter la liberté de l’Algérie et s’enquérir une place dans le paradis. Parmi ceux, des hommes et des femmes. Zighoud Youcef, Larbi Benmhidi, Benboulaid, Benyahia Belkacem, Amirouche, Didouche Mourad, Hassiba Benbouali et plusieurs d’autres dont il est strictement interdit de les oublier, car ils sont l’Algérie et c’est grâce à eux que nous existons aujourd’hui !



N’oublions pas les Chouhada !
Les six architectes de la révolution Algérienne
La seule photo que l'on connaisse, réunissant les six chefs du F.L.N. L'un des rares documents que l'on possède où figurent Ben Boulaïd et Didouche dont la mort est proche et qui n'aura jamais plus le loisir de se faire photographier.
Photo prise juste avant le déclenchement des hostilités le 1er novembre 1954. Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Didouche Mourad et Mohamed Boudiaf. Assis : Krim Belkacem à gauche et Larbi Ben M'hidi à droite. « Attention ! Messieurs, on ne bouge plus. »Le petit photographe de l'avenue de la Marne plongea sous le voile noir de son antique appareil. Il avait bien fait d'ouvrir le dimanche. Ses clients voulaient six photos tout de suite. Dans l'objectif, il les observa se détachant sur le rideau crème qui servait de fond. Un vrai groupe de copains qui se font photographier ensemble à la fin de leur service militaire ou à la sortie d'un banquet. Deux grands échalas, debout, encadraient deux plus petits. Les mains derrière le dos comme à l'école. Devant eux, assis sur des tabourets, deux hommes les mains sur les genoux. Le photographe avait l'habitude des photos de groupe. Il faisait régulièrement les photos des écoles de Bab-El-Oued, les sorties de mariage, les groupes de première communion. Au moment d'appuyer sur la poire, le photographe remarqua que l'homme assis sur le tabouret de droite avait des chaussettes qui tombaient lamentablement sur ses chaussures. C'était aussi le seul qui n'eût pas de cravate sous son costume froissé. D'ailleurs aucun de ses six clients ne payait de mine. Les costumes étaient défraîchis, les cravates modestes, les physionomies timides sauf peut-être celles des deux hommes assis. Le photographe ressortit de sous le voile noir. Attention ! Cette fois-ci ça y est. Et il appuya sur la poire. Il venait, sans le savoir, de réaliser la première photo historique de la guerre d'Algérie. La seule photo que l'on connaisse, réunissant les six chefs du F.L.N. L'un des rares documents que l'on possède où figurent Ben Boulaïd et Didouche dont la mort est proche et qui n'aura jamais plus le loisir de se faire photographier. Ce dimanche 24 octobre 1954 venait de se tenir l'ultime réunion des Six avant l'insurrection. Ce dimanche 24 octobre tous les détails de la Toussaint rouge étaient mis en place. Chacun des Six était entièrement responsable d'un ensemble de pièces. Le 31 octobre, de minuit à 3 heures du matin, le puzzle devrait être reconstitué. Après, on verrait bien. Car les six chefs historiques, s'ils étaient prêts pour l'insurrection, n'avaient rien prévu pour l'avenir. Les moyens étaient encore trop faibles. Donner un coup de semonce aux Européens et amener le peuple à la cause du F.L.N. par tous les moyens, étaient déjà un programme fort ambitieux. Avant de se quitter les Six décidèrent de se faire photographier. Pour garder un souvenir de cette heure historique, dit Didouche, toujours lyrique. 
 
Zabana, le premier chahid guillotiné
A l’occasion de la fête du 1er  novembre 1954, rendre hommage à Zabana c’est se reconnaître en lui, car à travers son sacrifice, c’est mettre en valeur l’homme qui a été jusqu’au dernier instant de sa vie un modèle de vertu pour les générations, laissant ainsi un héritage fait de gloire et bravoure. Ahmed Zabana, militant de l'indépendance algérienne, premier résistant à mourir guillotiné en 1956, aux termes d'un simulacre de procès conduit par un tribunal colonial. Il est celui qui déclarait, du fond de la sinistre prison Barberousse d'Alger : « Le savoir, c'est la vie la plus noble et l'ignorance, la plus longue mort ».Toutes ces personnes et militants connaissaient et appréciaient Zabana et à leur sortie de prison, ils nouèrent des liens plus solides avec grand nombre d’entre eux. Ce qui est intéressant dans le livre de Boualem Nedjadi, c’est qu’il reprend les témoignages et comme il l’explique : « Parfois je ressentais de profondes peines lorsque j’apprenais que tel ou tel n’était plus de ce monde. Jugé sommairement et exécuté. Zabana fut le premier martyr depuis le déclenchement de la guerre de libération nationale à monter sur l'échafaud, le 19 juin 1956, dans l'enceinte de la prison de Barbarousse, sur les hauteurs d'Alger. Son exécution ainsi que celle de Ferradj avaient été réclamées à cor et cri par les milieux colonialistes dits "ultra", qui en firent un motif de satisfaction. Mais l'événement provoqua dans l'opinion algérienne un mouvement de colère si puissant qu'il ne tarda pas à se traduire par une série d'actions anticolonialiste. Si nous sommes revenus sur ce héro de la révolution, c’est pour mieux connaître l’homme, à l’occasion du cinquantième anniversaire, qui sera fêté dans quelques mois. Une commémoration qui a l’avantage de nous inscrire dans la mémoire de ce martyr de la révolution nationale algérienne. Et comment n'aurait-il pas vu un écho de sa lettre émouvante dans cette dernière missive qu'adressa Ahmed Zabana à ses parents, à la veille de son exécution et que nous publions à cette occasion, d’où l’émotion de ce grand moment pour un homme qui jusqu’au dernier souffle n’a cessé de croire en une Algérie libre et indépendante.

Lettre d’adieu d’Ahmed Zabana à ses parents
 «Ne pleurez pas et soyez fiers de moi» «Mes chers parents, ma chère mère, je vous écris sans savoir si cette lettre sera la dernière et cela, Dieu seul le sait. Si je subis un malheur quel qu’il soit, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu, car la mort pour la cause de Dieu est une vie qui n’a pas de fin et la mort pour la patrie n’est qu’un devoir. Vous avez accompli votre devoir puisque vous avez sacrifié l’être le plus cher pour vous. Ne me pleurez pas et soyez fiers de moi.  Enfin, recevez les salutations d’un fils et d’un frère qui vous a toujours aimés et que vous avez toujours aimé. Ce sont peut-être là les plus belles salutations que vous recevrez de ma part, à toi ma mère et à toi mon père ainsi qu’à Nora, El Houari, Halima, El Habib, Fatma, Kheira, Salah et Dinya et à toi mon cher frère Abdelkader ainsi qu’à tous ceux qui partageront votre peine. Allah est Le Plus-Grand et Il est Seul à être Equitable. Votre fils et frère qui vous aime de tout son cœur.»
L'exécution du Chahid Ahmed Zabana, le 19 juin 1956, est un crime contre l'humanité, les révélations sur la façon dont il avait été exécuté, ainsi que le déroulement de son procès qui avait été entaché d'irrégularités, demeurera un point noir pour l’administration coloniale Française. Certains défenseurs d’Ahmed Zabana avaient été menacés par des colons. Pour l'histoire, l'on retiendra que la première fois, la lame de la guillotine s'était arrêtée à cinq centimètres de la nuque du Chahid. L'officier chargé de l'exécution, malgré le refus de certains membres du jury présents, avait ordonné aux bourreaux d'actionner la lame jusqu'à ce que mort s'en suive. Mais «Tahya El Djazaïr» retentira  toujours dans les subconscients des survivants qui n’oublieront jamais c’est certain. Exposée au Musée central de l'armée, la guillotine qui a fait tomber la tête du héros de la guerre de libération rappellera jusqu'à la fin des temps l'atrocité coloniale. Cette machine de la mort restera un témoin irremplaçable des crimes commis par le colonialisme pendant la révolution algérienne. Plus de 200 militants de la cause nationale, sur les 2 000 condamnés à mort, ont été exécutés entre 1956 et 1962. Mais Zabana exécuté, d’autres hommes n’en continueront pas moins de suivre la voie tracée par ce héros et des milliers d’autres déterminés à chasser l’envahisseur de la terre algérienne et, pour l'éternité, le nom du martyr Ahmed Zabana restera rattaché à l'usage de la guillotine en Algérie. Le 19 juin 1956 se souviendra également de l'exécution d’Abdelkader Ferradj, un autre martyr de l'Algérie. D'autres Algériens comme des Français solidaires de la cause nationale furent tout aussi impitoyablement exécutés. De  nombreux survivants et témoins garderont  en mémoire cette date d’où l'amer souvenir des moments passés à la prison de Barberousse, des moments chargés de souffrances, d'humiliations et de terreur. D'autres rescapés de la guillotine ont retracé les moments terribles de l'attente de la mort, et  chaque minute qui passait en attendant, l'aube s’égrenait comme une éternité en se demandant qui allait être le prochain.  Aujourd'hui, ces femmes et ces hommes sont immortalisés dans la mémoire de chaque Algérien. Ces condamnés à mort, se sont donné corps et âme à la cause nationale, c’est pour cela qu’il faut se les remémorer à chaque occasion.
 
Le Chahid Larbi Ben M’hidi
Le martyr Larbi Ben M’hidi naquit en 1923 à Douar El Kouahi, aux environs d’Aïn M’lila. Cadet d’une famille composée de trois filles et deux garçons, il débuta ses études à l’école primaire française de son village natal. En 1939, il adhéra aux Scouts Musulmans, section "espoir " à Biskra et quelques mois plus tard, devint chef de la section " juniors ". En 1952, il adhéra au Parti du Peuple de son lieu de résidence où il s’intéressait de près aux affaires politiques nationales. Le 8 Mai 1945, le martyr faisait partie des prisonniers et fut libéré après trois semaines passées dans les interrogatoires et la torture au poste de police. En 1947, il fut l’un des premiers jeunes à s’engager dans les rangs de l’Organisation Spéciale dont il ne tarda pas à devenir l’un des membres les plus éminents. En 1949, il devint responsable de l’aile militaire à Sétif et en même temps, adjoint du chef d’état-major de l’organisation secrète au niveau de l’Est algérien, dirigée à cette époque par Mohamed Boudiaf. En 1950, il fut promu au rang de responsable de l’organisation après le départ du martyr Mohamed Boudiaf vers la Capitale. Après l’incident de mars 1950, il s’évanouit dans la nature et après la dissolution de l’Organisation, il fut nommé responsable de la circonscription du parti à Oran jusqu’en 1953. Lorsque fut formé le Comité Révolutionnaire pour l’Unité et l’Action (CRUA), en mars 1954, le martyr devint l’un de ses membres les plus éminents puis un membre actif dans le Comité historique des 22. Le martyr figure parmi ceux qui œuvrèrent avec sérieux pour la tenue du Congrès de la Soummam le 20 août 1956 et fut ensuite désigné membre du Comité de Coordination et d’Exécution de la Révolution Algérienne (Haut commandement de la Révolution). Il dirigea la bataille d’Alger au début de l’année 1956 et à la fin de l’année 1957 jusqu’à ce qu’il fût arrêté à la fin du mois de février 1957. Il représentait l’Oranie au Congrès de la Soummam (20 août 1956), dont il présidait la première réunion. A l’issue du congrès, il est élevé au grade de colonel, nommé au Comité de coordination et d’exécution (CCE) et se voit confier la zone d’Alger. Plusieurs réunions eurent ainsi lieu à la Casbah dans lesquelles Ben M’hidi répétait sans cesse: "Il faut que l’Algérie devienne un deuxième Diên Biên Phu. " Il affirmait aussi: " Mettez la Révolution dans la rue et vous la verrez reprise et portée par douze millions d’hommes. " C’est dans cet esprit d’ailleurs qu’il fut l’un des principaux initiateurs de la fameuse " grève générale des huit jours " en janvier 1957. Le 23 février 1957, Larbi Ben M’hidi est arrêté par les hommes de Bigeart dans un appartement de l’avenue Claude-Debussy, où il se trouvait de passage. Dans une conférence de presse donnée le 6 mars, le porte-parole du gouvernement général déclare: " Ben M’hidi s’est suicidé dans sa cellule en se pendant à l’aide de lambeaux de sa chemise. "Il s’agissait en fait d’une mascarade  visant à dissimuler son assassinat par des tortionnaires dans la nuit du 3 au 4 mars 1957. Le 20 août de la même année, le journal EI-Moudjahid lui rendit hommage en ces termes: "L’ennemi n’a pas bien regardé Ben M’hidi. Il eût compris la vanité de cette torture, l’impossibilité d’ébranler ce révolutionnaire pendant des jours et des nuits. Ben M’hidi fut atrocement torturé, toutes les inventions françaises, toutes les techniques sadiques des tortionnaires lui furent appliquées. Le corps de Ben M’hidi meurtri, cassé et disloqué, s’est écroulé mais nous savons aujourd’hui que sa dignité intacte, son courage et son énergie inébranlables remplirent de honte l’ennemi."
 
Le Chahid Bordji Amar
Ce Martyr qui est l’un des premiers dans l’action du 1er novembre 1954, n’est pas qu’un simple individu, mais une sommité de par sa bravoure lors du déclenchement de la lutte de libération nationale. Il y a de cela plus de 59 ans, Bordji Amar tombait au champ d’honneur, sous les balles des autorités coloniales françaises, les armes à la main en compagnie de son neveu âgé de 26 ans, en ce 22 décembre 1954, 52 jours après le déclenchement de la lutte de libération nationale. La mort de ce lion du Dahra, avait marqué toute la région du Dahra, du fait qu’il était connu pour son héroïsme et son amour pour la patrie. Le 21 décembre 1954 une grande battue sera organisée par des contingents entiers de police et de gendarmes, pour mettre fin aux activités et aux opérations contre les forces de l’ordre françaises, l’homme était considéré comme dangereux et le cerveau de la région, chef du commando de la localité de Ben Abdel Malek Ramadane ex Ouillis, ce combattant selon des témoins, se trouvait en compagnie de son neveu Bordji Kaddour lorsqu’il fut encerclé, à terre blanche, dans une région montagneuse et escarpée difficile d’accès, à Douar Chouachi et selon toujours des témoins encore vivants, Bordji Amar lors de l’accrochage avec les forces armées coloniales s’illustrera par le combat faisant preuve de courage et bravoure en leur tenant toute une journée et une nuit presque entière et ce jusqu’au lendemain, ce ne sera qu’à quatre heures du matin qu’il tombera lui et son neveu sous les balles de l’ennemi. Bordji Amar s’était fait une grande réputation au niveau de la région et sa mort prématurée comme celle de son compagnon Benabdelmalek Ramdane le 4 novembre 1954, fera la Une le 23 décembre 1954 au matin dans l’écho d’Oran en gros caractères qui écrira  que le chef de file des terroristes du Dahra Amar Bordji et son neveu ont été abattus les armes à la main et en sous-titre: Ils venaient de faire feu sur les forces de l’ordre qui les traquaient.
 
Le Chahid Benyahia Belkacem
A la veille de la célébration du 60ème anniversaire du déclenchement de la révolution, des noms célèbres nous reviennent à l’esprit et non des moindres, pour se rappeler Ould Aissa Belkacem, Benyahia Belkacem, Benayed Bendehiba, Bordji Amar, Houcine Hamadou, Zerrouki Cheikh Ibn Eddine, Moulay Cherif et tant d’autres. Pour revenir à Benyahia Belkacem, ce précurseur de la révolution algérienne au niveau du Dahra, est né le 11 janvier 1924 à Mostaganem. Son Père Abdelkader était coiffeur, tout comme le sera plus tard son Fils Belkacem, l’ainé de la Famille, en plus de la coiffure et de l’orfèvrerie, il circoncisait les enfants. Après des études primaires, il obtint un certificat d’étude primaire et poursuivra des études secondaires pendant deux ans au lycée René Basset, baptisé au nom de Zerrouki Cheikh Ibn Eddine, qui était l’un de ses plus fidèles compagnons de lutte. En plus des études à l’école française, il fera des études en langue arabe chez Cheikh Bouzouina qui le prendra en grande estime du fait de son ouverture d’esprit nationaliste et de ses connaissances. Très jeune, il adhérera au mouvement des scouts algériens (Groupe El-Fellah de Tijditt), ce qui le motivera encore plus dans cette voie qu’il avait choisie. Sa mère Ould Benzaza Khedidja l’a toujours soutenu dans ses décisions, comme elle se plaisait à le répéter ». Cette mère qui chérissait ce fils plus que tout au monde, lui avait demandé un jour de lui faire le serment, que lorsqu’elle mourra, de couvrir son cercueil du drapeau algérien et de l’inhumer au chant des scouts musulmans et de l’hymne national, malheureusement il ne sera pas là pour exaucer son vœu du fait qu’il tombera au champ d’honneur avant elle, ce sera son autre fils Hadj Benyahia Hamia qui l’exaucera à sa place des années plus tard, pour le rejoindre. Il adhérera en 1942 au PPA (Parti du Peuple Algérien) alors qu’il n’avait que 18 ans et en 1947 il devient membre actif de l’OS (Organisation secrète), puis au MTLD. Il partira en France en 1954 pour travailler, mais après une année et demie d’absence et devant l’insistance de ses parents il rentrera au pays. Il reprendra ses activités et c’est là, que son mentor Hadj Mohamed Bezahaf, lui présentera Hadj Mohamed Benalla qui était chef adjoint de la wilaya V, il le désignera comme responsable de la région de Mostaganem. Il n’avait confiance qu’en Houcine Hamadou, militant dans l’organisation, et qui sera assassiné plus tard par l’armée Française à Oran (petit lac) en 1956, avec son mentor militant de première heure Benzahaf Hadj Mohamed, il travaillera dans le secret, limitant les contacts à deux ou trois intermédiaires, on rapporte qu’il était insaisissable, il utilisait deux pseudonymes, (Jacques et Mustapha) . Le Chahid se chargeait personnellement des missions importantes dans un souci de préserver sa couverture et ses compagnons. En 1957, ils seront trahis et échapperont de justesse à l’armée coloniale qui incendia la ferme, détruisant les cultures, saccageant et tuant les quelques bêtes qu’il y avait, cette zone sera décrétée interdite. En 1955 le chahid sera arrêté à Oran dans le domicile du Chahid Houcine Hamadou, alors qu’il était en visite chez son ami et compagnon, il sera torturé, il subira les pires atrocités par ses geôliers. C’est dans un accrochage avec les forces coloniales qu’il perdra son bras, à la suite de cela il sera envoyé en Yougoslavie pour être soigné, il sera accompagné par le docteur Bensmaine Mohamed. Il rentrera diminué d’un bras, son handicap ne l’empêchera pas de continuer, animé par le courage, il refusera de se rendre au Maroc ou en Tunisie, il dira à ses compagnons : je ne suis pas venu pour rester derrière un bureau, mais pour combattre aux côtés de mes frères ou mourir en martyr. Il sera promu au grade de commandant et chef d’état-major adjoint. En 1959, lors d’un combat à El-Harricha à la frontière Marocaine, il tombera au champ d’honneur les armes à la main.
 
Le Chahid Si El Haoues
Le Colonel Ahmed Ibn Abderrazak Hamouda dit "Si El Haouès" naquit en 1923 à Mchounèche, l'un des villages des Aurès. A la mort de son père en 1937, il exerça une activité commerciale qui occasionna les multiples déplacements dont il profita pour prendre contact avec les membres les plus éminents du mouvement national tels que Larbi Ben M'hidi, Mohamed Chérif Saadane et Mustapha Benboulaïd. A l'aube de la Révolution, Si El Haouès rejoignit le premier contingent et quelques jours seulement plus tard, il fut chargé de se rendre en France pour transmettre aux travailleurs émigrés des informations concernant la Révolution et ses objectifs et ce, afin d’apporter un démenti aux contrevérités diffusées par les organes d'information français dans le but de dénaturer la réalité de la Révolution. Il revint au pays au printemps 1955 et rejoignit les rangs de l'Armée de Libération Nationale. Il fournit aux combattants une quantité considérable de vêtements ainsi qu'une importante somme d'argent. En septembre 1955, il fut affecté au Sahara afin d'élargir la base de la Révolution dans cette région difficile. Si El Haouès revint de Tunis en juin 1957 avec le grade de capitaine, chef de la troisième région de la wilaya I. Après une courte période, il fut promu au grade de commandant dans la wilaya et, fut nommé chef de la wilaya VI après la mort de Ali Mellah.  Au début du mois de novembre 1958, Si El Haouès assista à la réunion historique connue sous le nom de réunion des colonels. Si El Haouès fut chargé avec Amirouche de prendre contact avec la direction de la Révolution à l'extérieur. En exécution de cette mission, le colonel Amirouche partit de la wilaya III au mois de mars 1959 pour rencontrer son camarade Si El Haouès aux environs de Bousâada. Le 29 Mars 1959, à Djebel Thameur, les deux chefs eurent un accrochage qui se transforma en une bataille meurtrière au cours de laquelle tous deux tombèrent au champ d'honneur.
 
Benabdelmalek Ramdhane, Le 1er  Chahid de la Révolution
 Benabdelmalek Ramdane, est le premier chahid de la Révolution de Novembre, qui a permis aux Algériens de se libérer de l'esclavage français et de retrouver leur dignité d'êtres humains. Benabdelmalek Ramdane naquit à Constantine en mars 1928 où il effectua ses études primaires et secondaires avant de rejoindre les cellules clandestines du Parti du Peuple Algérien à la fin de la deuxième guerre mondiale. Par la suite, il fut nommé adjoint de Larbi Ben M'hidi, chef de la région oranaise qui le chargea de la préparation des groupes de moudjahidine dans la région de Mostaganem, en prévision du déclenchement de la Révolution. Le 1er novembre 1954, Abdelmalek mena les attaques armées contre le siège de la gendarmerie à Cassaigne (Sidi Ali actuellement) dans la région de Mostaganem qui se solda par la mort d'un français, contre les fermes des colons dans la région de Bosquet. .Benabdelmalek Ramdane fut tué au combat le 4 novembre 1954 près de Sidi Ali au cours d'un accrochage entre son groupe et les forces d'occupation. Il fut ainsi le premier chef militaire de la Révolution à tomber au champ d'honneur. Son nom fut donné à la commune sur le sol de laquelle il tomba au champ d'honneur. Il avait 26 ans.
 
Chahid Zighoud Youcef
Le héros Zighoud Youcef, un des principaux dirigeants de la guerre d'indépendance, en est un. Mais l'habit du héros était aussi celui d'un chef «politico-militaire» exceptionnel. Un stratège qui a réinventé la guérilla urbaine, en combinant techniques de l'Intifadha et procédés militaires. Après ce coup d'éclat, Zighoud Youcef rejoindra le massif des Aurès où il se réfugiera dans une semi-clandestinité, se partageant entre l'activisme militant et la vie dans le maquis. Il reviendra après dans sa région natale où il poursuivra sa lutte anticolonialiste avant de faire partie des «22» historiques qui créeront à El Madania (Clos Salembier, Alger) la matrice de l'indépendance, le CRUA, le Comité révolutionnaire d'unité et d'action. Lors de la répartition des responsabilités, ses pairs le désigneront comme adjoint de Didouche Mourad à la tête de ce qui deviendra, après le congrès de la Soummam, la wilaya II. Pionnier de l'action militaire, il sera l'un des tout premiers à tirer les cartouches de la libération. C'est lui qui a mené donc des coups d'éclat contre la caserne de la gendarmerie de Condé Smendou dès novembre 1954. De l'aveu même de chefs de l'armée française, il avait inauguré la guérilla urbaine à Bône (Annaba) et à Philippeville (Skikda), mais surtout, il n'a cessé depuis le début de 1955 de mettre au point «une certaine tactique de l'attaque d'un village». Il aurait du même point de vue «échoué» mais «a failli réussir» à El Harrouch, où se trouve le PC des parachutistes du colonel Ducourneau. L'homme au chapeau de brousse que l'on voit sur les rares photos d'époque, «ce loup maigre et sec», selon la formule de Jacques Duchemin, auteur d'une partiale et partielle Histoire du FLN (Table Ronde, Paris 1962), avait pourtant hérité d'une wilaya coupée des autres wilayas, à la mort de Didouche Mourad qui avait emporté avec lui l'essentiel des archives du territoire nord-constantinois. C'est que, aussi, la révolution algérienne naissante n'avait pas encore eu le temps d'installer des structures de renseignements, de liaison et de communications et le futur et célèbre MALG, le ministère de l'Armement et des Liaisons générales n'était pas encore créé. La guerre n'avait que trois mois à peine et tout était à faire, notamment assurer ce que notre confrère Boukhalfa Amazit appelle judicieusement l'implantation du FLN-ALN par vascularisation. Donc, assurer la politique de rupture avec l'administration coloniale, pénétrer en profondeur les villes, les douars et les mechtas, en un mot, selon la théorie maoïste, «assurer l'eau au poisson». Du commandant militaire et du responsable politique, on sait peu de chose. Feu Mahfoud Bennoune, capitaine de la wilaya II, disait de lui que c'était «un homme réfléchi, intelligent, sérieux, profondément engagé pour la cause nationale, bien organisé et surtout d'une extrême modestie». Ce portrait paraît d'autant plus juste que la wilaya II est la seule wilaya qui a échappé aux implacables purges ayant endeuillé les maquis à partir de 1958, suite à la fameuse «bleuïte», l'opération d'intox, à grande échelle, imaginée par les services d'action psychologique de l'armée française. Sa formation était celle d'un autodidacte, doublé d'un militant lucide «avec une base politique solide», avait confié à son sujet, à Boukhalfa Amazit, Salah Boubnider, l'un de ses compagnons d'armes les plus proches. Ce que confirmera d'ailleurs, Ali Kafi, successeur de Sawt El Arab à la tête de la wilaya II dans ses Mémoires et dans des entretiens à la presse arabophone algérienne. Pour convaincre du sens politique de Zighoud Youcef, Salah Boubnider, qui l'avait remplacé comme commandant de la wilaya II, se souvient alors d'une opération militaire à Sidi Mezghiche, décidée et conçue par Zighoud comme une action psychologique destinée à vaincre les doutes des habitants de ce village au sujet du pouvoir d'initiative et de la capacité d'agir de l'Armée de libération nationale (ALN). Pour mieux frapper les esprits, il décide alors de n'y associer aucun djoundi et d'y engager exclusivement des cadres. Ainsi, 160 hommes au total seront mobilisés pour accrocher avec un total succès des unités de l'armée françaises dans les alentours de Sidi Mezghiche. Invité par Salah Boubnider à dresser le bilan des opérations, le colonel Zighoud Youcef eut alors ces propos : «Ce peuple est un grand peuple, sa volonté est immense, sa disponibilité est permanente ; il lui faut une direction à sa dimension, qui le convainc, nous ne devons pas le décevoir, sinon il risque de commettre de graves dégâts. Si la direction n'est pas à la hauteur du peuple qu'elle mène, alors ce dernier peut faire des choses incontrôlables.» Autodidacte et stratège spontané, Zighoud Youcef n'a probablement pas lu Sun Tsu, ni Nedham El Mulk, pas plus qu'il n'aurait assimilé Clausewitz ou Mao Zedong. Mais, en attaquant simultanément 39 centres militaires dans le Nord-Constantinois, il a inventé une nouvelle technique de guerre en lançant contre des objectifs militaires précis des colonnes de fellahs armés de bâtons et de serpes. D'un point de vue militaire classique, cette technique non conventionnelle est apparue alors «absurde» aux adeptes de la science militaire pure. Bien avant l'heure, le forgeron soldat de Smendou avait combiné «marche verte», intifadha et techniques de guérilla pour atteindre des objectifs politiques et militaires essentiels. L'importance des objectifs atteints fut telle que le 20 août 1955 qui constituera un tournant historique majeur dans la guerre d'indépendance de l'Algérie.  Déjà, sa lecture des résultats de l'opération du 20 août 1955 et d'une année d'activité militaire montrait que point n'était nécessaire de sortir de quelque école de guerre pour se révéler analyste politique lucide et chef militaire réaliste et intellectuellement honnête. En novembre 1955, lors d'une réunion de l'état-major de la zone II, à Taïrou, à l'est de Settara, Zighoud Youcef avait livré ce jugement : «Si nous avons perdu militairement et gagné politiquement dans le nord-est du Constantinois, c'est-à-dire à Skikda et sa périphérie, je peux vous dire que nous avons gagné militairement et politiquement dans le nord-ouest du Constantinois, et plus particulièrement à El Milia» (source : Ammar Guellil, l'Epopée de l'Algérie nouvelle, Dar El Baath, 1991). Derrière le constat se profilaient aussi des félicitations à Messaoud Bouali, adjoint direct de Lakhdar Bentobbal et commandant des opérations à El Milia qui se sont déroulées selon un mode opératoire différent de celui utilisé dans les autres régions. Dans la zone d'El Milia, qui s'étend d'Aïn Kechra à Erdjana, Messaoud Bouali a tout simplement inversé l'ordre d'attaque: Au lieu que ce soit la population qui avance vers les objectifs désignés, canalisée et encadrée par les moudjahidine et les moussabiline ou dissimulés en son sein comme c'était le cas ailleurs, il ordonne que ses hommes en armes se mettent en avant des habitants désarmés. Résultat : les opérations qui se sont succédés dans le secteur d'El Milia durant les 20, 21, 22 août, ont atteint les objectifs avec des pertes insignifiantes (embuscades sur la route de Constantine qui a abouti à la mort du juge Reno, embuscades à Hazouane et Zegar, occupation pendant trois jours du village d'Arago (Bordj Ali Halia, notamment). Au lieu de houspiller Messaoud Bouali pour avoir contrevenu aux ordres du commandement, Zighoud le félicita et le remercia en lui offrant un exemplaire du saint Coran.
 
Chahid Mostefa Ben Boulaïd , le « Père de la Révolution algérienne »
 Mostefa Ben Boulaïd (1917-1956), est un commandant de la zone 1 dans les Aurès, un militant nationaliste algérien ainsi qu'un des chefs historiques du Front de libération nationale (FLN) durant la guerre d'Algérie, surnommé le « Père de la Révolution Algérienne». Mostefa Ben Boulaïd est né le 5 février 1917 à Arris au sein d'une famille chaouia aisée des Aurès, région montagneuse du nord-est algérien. En 1939, il accomplit le service militaire obligatoire et est mobilisé durant la Seconde Guerre mondiale. Pendant la campagne d'Italie, en 1944, il se distingue par son courage, ce qui lui vaut la médaille militaire et la croix de guerre. Démobilisé au grade d'adjudant, il regagne sa ville natale, il milite dans les rangs du Parti du peuple algérien (PPA). Il joue un rôle important dans l'Organisation spéciale (Algérie) l'(OS), à l'intérieur de laquelle il mène une intense activité de formation politique et militaire des jeunes. Il commence à se procurer des armes en les achetant avec ses propres deniers et participe à l'hébergement des militants pourchassés par les autorités. Il supervise personnellement la distribution des armes à ces militants. En 1948, il participe aux élections de l'Assemblée algérienne et obtient une large victoire. Cependant, les résultats sont falsifiés par les autorités françaises. Il est l'un des fondateurs du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA). Il préside la « réunion des 22 » du 25 juin 1954 à Alger, qui vise à établir une vision uniforme autour de la question du déclenchement de la lutte armée. Il est responsable de la zone I des Aurès, lieu qui mobilise fortement l'armée française et connu pour avoir payé un lourd tribut pendant la guerre d'Algérie. Il est l'un des membres du «Comité des six  chefs insurrectionnels». Il est à la direction des opérations du déclenchement de la Guerre d'Algérie du 1er  novembre 1954 dans la région des Aurès.
En 1955, il se rend en Libye pour approvisionner les militants en armes. Il participe aux deux batailles d’Ifri El Blah et Ahmar Khaddou. Il est arrêté le 11 février 1955 en Tunisie et est condamné à mort par le tribunal de Constantine, puis emprisonné à la prison centrale de Constantine. Il s'en évade en novembre 1955 avec plusieurs autres détenus dont Tahar Zbiri — un des auteurs du coup d'État manqué en 1967 contre Houari Boumediene — et ce grâce à la complicité d'un gardien de prison, Djaffer Chérif, issu de sa région natale. Au cours de cette évasion un de ses compagnons chute, se blesse et sera par la suite guillotiné. C'est en commun accord, au tirage au sort, que l'ordre d'évasion s'est déroulé. Mostefa Ben Boulaïd décède le 22 mars 1956 avec Abdelhamid Lamrani — un de ses proches collaborateurs — dans le maquis à la suite de la détonation d'un poste radio piégé parachuté par l'armée française d'après la version officielle. Héros national, dans les Aurès et dans le reste de l'Algérie, son buste orne les places principales de Batna et de Arris. Le buste de Mostefa Benboulaïd à Arris dans la wilaya de Batna. Une allée porte son nom ainsi qu'un lycée à Batna. L'une des plus grandes avenues d'Annaba, boulevard Bertagna, qui relie le Cours de la Révolution (anciennement Cours Bertagna) aux quartiers Saint-Cloud, Plaisance et Kouba, et aux plages de Chapuis et Toche, porte également son nom. L'aéroport de Batna porte son nom. 
 

Riad
Mercredi 29 Octobre 2014 - 18:40
Lu 2682 fois
ACTUALITÉ
               Partager Partager

A LA UNE | ACTUALITÉ | MOSTAGANEM | RÉGION | CULTURE | SPORTS | CHRONIQUE | DOSSIERS | ISLAMIYATE | Edito | RAMADANIATE | NON-DITS | DÉBAT DU JOUR | TRIBUNE LIBRE | PUB | Spécial 1er Novembre 54 | Aidons-les ! | MOSTA-HIER | بالعربي






Edition du 11-12-2016.pdf
3.63 Mo - 10/12/2016





Flux RSS


Retrouvez-nous sur Google+