REFLEXION

Mr le Ministre du travail soyez plus lucide : on ne crée pas des emplois fictifs par décrets

Sans donner la structuration tant par catégories socio professionnelles que par secteurs, (souvent désherber ou faire et refaire les trottoirs), des emplois permanents ou d ‘une durée très limitée, devant différencier les emplois créateur de valeur ajoutée, de ceux non créateur de valeur qui bénéficiant d’un transfert de rente, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale lors du colloque récent Marseille le 06 octobre 2013, a déclaré je le cite : « depuis 2008, Algérie a permis la création d’une moyenne de 700.000 emplois/an, soit environ 4 millions de postes depuis cinq ans ». Or, Le premier ministre Abdelmalek Sellal en affirmant devant la Tripartie le 10 octobre 2013 que les emplois existants sont créés surtout par la dépense publique et que cela ne peut continuer nuance fortement ces propos idylliques (voir-AFP du 24/10/2013 (1).



Mr le Ministre du travail soyez plus lucide : on ne crée pas des emplois fictifs  par décrets
1.-Les étrangers ont dû rêver  face à la crise mondiale qui touche leurs pays avec un taux de chômage inégalée, ont du se demander comment  l’Algérie a pu réaliser ces recettes miracles qui contredisent toutes les lois économiques  et sourire  face à ces contrevérités, pour  ne pas contredire un officiel algérien. Ayant assisté à de nombreux séminaires internationaux en présence de ministres  en fonction  des pays en voie de développement, j’ai pu constater toujours, bien  que défendant les intérêts de leurs pays, ils l’ont fait avec intelligence.  Encore des effets d’annonce déconnectés de la réalité  alors qu’il fallait devant les étrangers être plus lucide, n’étant pas dans un café ,   afin d’éviter  de discréditer l’image de  l’Algérie au niveau international. En effet,   tant au niveau international  qu’au niveau local, les étrangers  et les Algériens connaissent  parfaitement la réalité. Comment peut –on affirmer  ce nombre impressionnant alors que le taux d’emploi est fonction de la croissance du tissu productif lui-même fonction de la dynamique de l’entreprise, taux  approchant  celui de la croissance de la population active  ne créant pas des emplois fictifs par décret ou en majorité dans l’administration via la dépense publique. C’est que   le tissu industriel algérien actuel, sur lequel le  gouvernement souhaite  fonder la relance économique est en réalité insignifiant, la part du secteur industriel étant de moins de 5% dans le produit intérieur brut. Il s’agira  d’impulser de nouveaux projets à valeur ajoutée ,  rentrant dans le cadre des filières internationalisées,  permettant à l’Algérie de s’insérer  harmonieusement au sein des nouvelles mutations économiques mondiales, grâce à une transition maitrisée par l’Etat régulateur, stratégique en économie de marché, loin de tout monopole néfaste source de surcout,  qu’il soit public ou privé.
2.- La sphère informelle, produit de la bureaucratie et de la logique rentière ,  dépasse 50% de la superficie économique  globale, à dominance marchande,  avec une concentration du capital argent au profit  de quelques centaines de monopoleurs ou d’oligopoleurs, contrôlant  plus de 60% des biens de première nécessité, sans paiement  d‘impôts où tout se traite en cash,   autant sinon plus pour l’emploi, toléré par les  pouvoirs publics servant d’antichoc social à court terme.  Selon un rapport de l’organe officiel de la statistique ONS- (2011), environ  83% du tissu économique  est constitué  des petits commerce-services à très faible valeur ajoutée, montrant la tertiairisation de l’économie alimentée par  la rente  des hydrocarbures.  Le tissu industriel est composé d’à peine 1200 entreprises publiques connaissant en majorité de graves difficultés financières et managériales. Les nombreuses petites entreprises privées de production  sans envergure,  éprouvent d’énormes difficultés à se maintenir en vie.  Ce constat  confirme l’inquiétante tendance à la désindustrialisation. Les PMI/PME   sont fin 2012  au nombre de 660 000 entreprises.  L’objectif  de deux  (2) millions de PME d’ici 2024 sous l’impulsion notamment des nombreux dispositifs (Andi, Ansej, Angem, CNAC…) , des projets rentables, sera –t-il réalisé ?   Le tissu  économique est caractérisé actuellement  par la prédominance des entreprises de très petites tailles (TPE), se situant sur la tranche d’effectifs 0-9 salarié, 97,8% de l’ensemble des entités économiques.  Selon l’ONS, les entités économiques employant 250 personnes ne représentent que 0,1 %.    Les institutions économiques crées souvent sans cohérence se télescopant  dont l’objectif était au départ  de relancer le tissu productif   se confine  malheureusement, souvent  au simple rôle d’enregistreuses d’intentions d’investir, chargées de tenir les statistiques de projets qui ne dépasse pas, le stade de la déclaration d’intention, donnant des bilans déconnectés de la réalité.   
3. Le Conseil National d’Investissement-  CNI- chargé de donner l’aval pour les   investissements importants dépassant certains seuils, est bureaucratisé, avec de nombreux projets en souffrance,  et a besoin de plus souplesse. Plusieurs organismes ont été créés pour encourager l’investissement  notamment en direction des jeunes  dont la dernière en date est le crédit à taux d’intérêt zéro. Sans compter l’ANDI pour des montants plus élevés, pour l’octroi  de crédits  aux jeunes, nous avons  Ansej, le  Cnac, l’Anjem alors qu’il serait souhaitable  pour avoir une vision cohérente d’avoir une structure unique dépendante d’un seul Ministère. L’expérience passée  a monté que la majorité des jeunes  ont été incapables de rembourser tant le principal  emprunté que les taux d’intérêt  profitant des avantages  comme  l’exonération  de la TVA sur le matériel importé, et des bonifications de taux d’intérêt.  Même  avec le taux d’intérêt zéro, il faudra que les projets soient rentables pour rembourser la partie du capital emprunté. Certaines mauvaises langues, il faut vérifier, affirment   que les prêts bonifiés, par le passé   à certains paysans  dans le cadre du PNDA leur ont servi pour  se remarier. On ne crée pas une entreprise par décret  mais devant s’inscrire dans le cadre des valeurs internationales en termes de coût et de qualité. Certains bilans donnent  un taux supérieur à 5O% de faillite. Selon une étude  de l’Union des experts comptables d’Algérie,  plus de 50% des entreprises créées dans le cadre des dispositifs des  micros -crédit finissent par disparaître, la réalité  donnant  un taux  plus important. Outre le manque d’accompagnement des jeunes promoteurs, il existe également un autre facteur qui induit le manque d’efficacité de ces dispositifs selon cette enquête. Il s’agit de l’absence de contrôle des institutions en charge d’appliquer les dispositifs de création de micro-entreprises. « Les dispositifs sont extraordinaires sur le plan réglementaire, mais en pratique, il n’y a ni suivi ni contrôle de ces dispositifs et des entités qui les gèrent lit-on dans ce rapport  », ce qui rend impossible toute évaluation crédible. Pour preuve l’absence de bilans objectifs d’évaluation des dispositifs existants.
4.Aussi, la question qui se pose est la suivante :  déjà les nombreuses PMI/PME étant confrontées à la  dure réalité économique ( concurrence  à travers l’import, sphère informelle dominante en Algérie  ) , ces entreprises créées  par de  ces jeunes,  souvent sans expériences  tant technologique que managériale,  seront-elles pérennes à travers le temps, ou n’est-ce pas une redistribution de la rente des hydrocarbures pour calmer le front social ?  Comme ces transferts sociaux sans ciblage  qui atteindront selon la   loi de finances prévisionnelle 2O14 plus de 22 milliards de dollars  contre 18  milliards de dollars entre 2O12-2O13  et l’assainissement répété  des entreprises publiques qui  ont coûté au trésor public plus de 5O milliards de dollars entre 1971-2O12, plus de 70% étant revenues à la case de départ ?  D’ailleurs pour la règle des 49-51%, généralisable  à tous les secteurs, le Crédoc étant une pratique commerciale  normale dans le monde,  mais pour son efficacité supposant  un système financier débureaucratisé  qui fonctionne au temps réel.  Cette  règle devra  être assouplie et adaptée à l’environnement algérien afin  d‘éviter à ce que l’Etat algérien supporte pratiquement tous les risques et les surcoûts en misant sur une balance devises,  technologique et managériale positive pour l’Algérie.  N’aurait-il pas mieux fallu investir dans la formation  permanente de ces jeunes  tenant compte des nouvelles technologies, investissement plus  rentable à terme que ces dépenses monétaires sans contreparties productives. Nous assistons  au dépérissement du tissu productif. C’est qu’après 5O années d’indépendance, l’Algérie n’a pas d’économie, exportant 98%d’hydrocarbures et important 7O% des besoins des ménages et des entreprises publiques et privées  dont le taux d’intégration ne dépasse pas 1O-15%?  Selon nos enquêtes, les contraintes à l’épanouissement de l’entreprise créatrice de  valeur ajouté durable,  algériennes  petites ou grandes ou étrangères ,  qu’elles relèvent de l’ANDI, de l’ANSEJ sont  la bureaucratie à plus de 4O%, le système financier qui n’accompagne pas en conseil les entreprises à 20% étant de simples  guichets administratifs, le système socio-éducatif ( ces jeunes ont-ils une formation adéquate) pour 20% et  le foncier  ( souvent es zones industrielles délabrées avec  des prix de cession exorbitants sans  les utilités)  pour 2O%. La dépense publique faramineuse  programmée  de 500 milliards de dollars  entre 2004/2013, selon l’avis objectif de  la majorité des institutions internationales et les observateurs nationaux , les infrastructures ayant absorbé 70% de cette dépense n’étant qu’un moyen pour le développement durable,   n’a pas été proportionnelle aux impacts , une moyenne de taux de croissance inférieure à 3% alors qu’elle aurait du dépasser les 10%.  Car le  bilan des investissements annoncé    est souvent  en intention  de projets et non en réalisations concrètes. L’ANDI ne nous a-t-elle pas annoncé par le passé un  flux d’investissement  de 50 milliards de dollars ? Où en sont les projets concrets sur le terrain ?  A travers les bilans,  le transport vient souvent en première position, ensuite  les petites prestations de services et de certains segments à très faible valeur ajoutée.
5. Donc un bilan serein s’impose afin de déterminer les impacts économiques et sociaux de tous les  avantages financiers et fiscaux. On ne peut subventionner à l’infini, (des subventions ciblées et devant être transitoires), à l’instar de ces emplois rentes, sureffectifs dans les administrations et entreprises publiques ou faire et refaire les trottoirs.  Aussi, afin que tous ces projets soient réalisables avec une efficacité économique dans le temps,  il y  a urgence d’une planification stratégique , la définition d’objectifs  précis avec  une nouvelle architecture institutionnelle  afin de s’adapter aux nouvelles contraintes géostratégiques mondiales  et des mutations internes  et donc  de donner plus  de cohérence et de visibilité à la future politique socio-économique. L’on ne doit pas, en ce XXIe siècle, avec la révolution des nouvelles technologies, avoir une vision purement mécanique, l’industrie se combinant avec les services.  La recherche tant théorique qu’appliquée, avec un équilibre entre les sciences exactes et les sciences humaines, est fondamentale. Pour paraphraser le langage militaire qui différencie tactiques et stratégie,  le gouvernement ne doit pas agir seulement sur la conjoncture à partir de tactiques mais avoir une vision stratégique devant réhabiliter  le management stratégique. On ne relance pas l’activité industrielle par décrets ou par le volontarisme étatique, vision de la mentalité bureaucratique rentière. C’est l’entreprise et son fondement, le savoir,  dans un environnement débureaucratisé, au sein d’une économie de plus en plus mondialisée à travers des stratégies de segments de filières internationalisées que l’Algérie peut créer une économie productive à forte valeur ajoutée, pour impulser de nouvelles filières industrielles et réaliser la  transition d’une économie basée sur la  rente, à une économie compétitive hors hydrocarbures. Car  Sonatrach  qui a engrangé environ 660 milliards de dollars en devises,(2000/2013 selon ses bilans ),  a permis d’éteindre une grande fraction tant de la dette intérieure qu’extérieure, la généralisation  des subventions, l’investissement à travers la dépense publique et la création d’emplois -rente, de donner un  pouvoir d’achat aux  algériens fonction à plus de 70% de cette rente,( tout le monde veut sa part de rente immédiatement traduisant la méfiance Etat-citoyens) ,   plus de 190 milliards de dollars de réserves de change, pouvant être assimilée à une   banque, et donc  soutient  à travers une  perfusion artificielle toute l’économie algérienne. Cela ne peut continuer  au risque  de conduire le pays à la dérive.  
*(1) Interview du professeur Abderrahmane MEBTOUL à l’agence France presse – AFP- 14 octobre 2013 « l’Algérie peine à remédier au chômage des jeunes »

Dr Abderrahmane Mebtoul
Vendredi 18 Octobre 2013 - 22:00
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