REFLEXION

Mostaganem a besoin de bâtir ensemble un pacte de croissance

La journée d’étude organisée par la chambre de commerce et d’industrie de Mostaganem ayant portée sur une analyse inhérente à la croissance et ses enjeux « bâtir ensemble le pacte de croissance », pourrait constituer un déclic pour les élus et l’exécutif pour les amener à réfléchir sur une stratégie de communication dans le but de lancer des opérations agressives en matière de marketing et de promotion pour relancer l’économie dans notre wilaya.



Mostaganem a besoin de bâtir ensemble un pacte de croissance
Savoir comment et avec quels moyens vendre notre ville, ce n’est pas chose facile. Il faudrait tout d’abord, que la conscience collective de nos décideurs locaux puisse converger vers une synergie entre eux, car son absence signifierait l’échec de l’efficacité. Selon les dires de Monsieur Hamiani patron du FCE, « Monsieur Sellal met en avant, la nécessité de la mise en œuvre d’un climat d’affaires propice pour produire localement, en substitution aux importations, » aussi a –t-il plaidé « le monde économique dans sa globalité (public et privé) doit se mobiliser pour faire redémarrer la machine industrielle dans tous ses compartiments. Monsieur Sellal veut démontrer par-là que son gouvernement n’est plus sous l’effet d’un phénomène inhibition en donnant un signal humain fort pour percuter les conceptions économiques des précédents décideurs. C’est un homme de dialogue et de concertation avec les partenaires sociaux y compris la jeunesse auquel il accorde une oreille attentive. Alors moralité, pour sauver le « Tatanic » selon la caricature de Nabni, il faudra créer une croissance à deux chiffres, et pour cela, il nous faudra une industrie forte, une agriculture forte, des services et des prestations performantes, pour ne plus dépendre de la rente pétrolière et en même temps créer un socle solide d’exportations tous azimuts, hors hydrocarbures. Cela étant, posons-nous la question : comment doivent réagir à la fois nos élus et l’exécutif de la wilaya pour conforter ces orientations, à l’effet de les faire réaliser sur le terrain afin d’intéresser ce monde économique à venir s’implanter dans notre wilaya ? Monsieur SELLAL fonde beaucoup d’espoir sur les responsables locaux capables d’oser par des initiatives hardies et des actions ‘agressives » à effet de relancer la croissance locale, la seule en mesure de faire créer l’emploi et la consommation. Mostaganem est connue pour être une ville à prédominance agricole, touristique, et de pêche. Mais posons-nous la question, qu’a-t-on fait pour booster l’économie de ces niches dans notre wilaya depuis l’ouverture économique ? Faisons ensemble un diagnostic sommaire pour réveiller nos consciences. Au niveau agricole : l’agriculture continue à être dominée par des méthodes culturales traditionnelles malgré des aides substantielles de l’Etat, la pomme de terre domine certes mais la modernisation n’est pas à l’ordre du jour, c’est valable aussi bien pour les autres spéculations. Pourtant le problème de l’irrigation ne se pose plus dans notre wilaya, il est résolu par l’embellie hydraulique historique que connait Mostaganem. La production laitière stagne. Aucun signe évident d’une amélioration. L’agro-alimentaire pourvoyeur de mains d’œuvres se limite à des minoteries et rien d’autres. Une chambre de l’agriculture qui n’arrive pas faute de moyens à sortir les agriculteurs des sentiers battus mis à part l’organisation de l’exposition vente « Batatis » qui est seulement un espace de vulgarisation sans commune mesure avec les préoccupations des fellahs toutes filières confondues. Elle se confond dans l’administration plutôt qu’une EPIC ou une ONG, citoyenne. Au niveau Touristique : Le produit se concentre sur le balnéaire sans aucune autre politique de combler la basse saison, créant un manque à gagner chez les investisseurs en hôtellerie, qui manquent chez la plupart d’entre eux de professionnalisme et d’envergure. . Il n’existe pas de nomenclature visant à faire découvrir d’autres produits touristiques à vocation culturel, historique et archéologique, les agences de voyage délaissent le côté touristique ils préfèrent vendre de la billetterie. Même dans le balnéaire ses propres sous-produits font cruellement défaut. Les offices du tourisme sont inefficaces faute de moyens et ignorés par les APC La préservation de notre littoral selon la loi de février 2007 est relativement prise en mains mais sa valorisation est laissée aux calendes grecques et ce malgré la création d’une agence à Mostaganem pour gérer et suivre le littoral. Les fantomatiques musées sont à l’abandant faute de classement et d’une prise en charge efficace.
Le vieux bâti des quartiers (Derb, Tabana,Tidjdit) n’est pas requalifié, alors qu’il pourrait être une source de curiosité touristique comme produit à l’instar de la Casbah, et en même temps, une niche économique. Que font les services de l’Urbanisme et l’APC ? Dans leur conception, il résulte carrément la démolition pour éviter le squat après relogement dans le cadre du RHP. le département ministériel de l’habitat et de l’urbanisme a prévu pourtant, sept démarches rationnelles à l’égard du vieux bâti que nous énumérons ci-après :
- La requalification des espaces publics dans le cadre de l’amélioration urbaine
- La réhabilitation du vieux bâti et l’émergence d’un savoir-faire approprié - La résorption de l’habitat précaire et la valorisation des espaces libérés - La réhabilitation des grands ensembles d’habitats et l’introduction des fonctions de proximité - La restructuration des tissus informels et leurs intégrations aux tissus urbains. - La revitalisation des fonctions urbaines par l’introduction de services d’implantations d’équipements structurants.-  - La récupération du foncier pour de nouvelles fonctions adaptées. L’artisanat stagne lui aussi, Mostaganem a perdu 14 métiers artisanaux allant de la dinanderie à la réalisation du l’oûd, et ce depuis la démolition du quartier du Derb. Comment faire pour les réhabiliter ? La Modeste maison de l’artisan d’El Arsa mérite d’être plus médiatisée et consolidée davantage par des supports locaux. Le projet de la réalisation d’une maison de l’artisanat ne cadre pas avec l’historique du souk qui existait à l’époque du Derb et auquel il serait judicieux aujourd’hui de revoir sa conception pour à la fois lui donner un statut de pôle économique mais aussi lui donner une empreinte pittoresque, culturelle et de curiosité touristique pour que ce type de souk reste dans son cachet purement maghrébin. Au niveau de la pêche, l’on continue à faire évoluer cette niche, dans le traditionnel, la plupart des ports de pêche sont envasés, le repos biologique n’est pas respecté, pendant cette période on remarque les pêcheurs de Ténès et de Ghazaouet dans les eaux territoriales de la Wilaya malgré l’interdiction. Aller savoir pourquoi ? L’on continue à pêcher avec des filets interdits sans compter l’utilisation abusive de la dynamite qui laisse des traces apocalyptiques dans les sites où elle explose  Empêchant la faune et la flore marine de se reconstituer pendant des décennies. Il y a nécessité d’après les dires des professionnels, de créer une zone d’activité uniquement consacrée à l’activité de la pêche et connexes. Où l’armateur, l’importateur, l’exportateur trouvera sur place aussi bien les services chargés de lui faciliter la tâche que les métiers et autres services indispensables pour le fonctionnement optimal de ses activités. Cela deviendra un pôle de compétitivité entre les zones. L’aquaculture et la pisciculture sont aujourd’hui des pôles économiques qui doivent compter avec la pêche traditionnelle, hélas l’accompagnement de la part des autorités et des services de l’Andi sont timides, c’est ce qui décourage les investisseurs potentiels. Ce segment à lui seul nécessite plusieurs actions d’informations et de sensibilisation à un rythme régulier pour faire attirer des investisseurs qui n’attendent que le signal de la direction de tutelle qui doit exprimer toute sa disponibilité à relancer des projets dans cette niche. Au niveau industriel, la wilaya doit sérieusement se lancer dans des actions qui plaident en faveur d’une volonté réelle des décideurs de conforter les orientations de gouvernement Sellal.  Les élus et l’exécutif sont tenus en effet à bien cerner les problèmes des zones d’activités et de la zone industrielle de Fornaka, cette dernière est devenue présentement un »canard boiteux à tous points de vues. Sa mise à niveau s‘impose. Une autre zone industrielle dans la zone des Borgias est en phase d’étude destinée à l’agro-alimentaire. Pourquoi pas, elle pourra constituer un pôle d’excellence leader dans ce segment économique phare. Des actions de marketing et de promotion doivent être une constance dans une stratégie de communication réalisée avec l’aide de spécialistes.  Nous avions entendu dire de la bouche de certains responsables locaux d’une manière nonchalante, qu’il faudra se contenter de la prédominance de l’agriculture, du tourisme, et de la pêche, alors pourquoi s’intéresser à l’industrialisation de la wilaya ? Ces trois vocations suffisent pour assurer le développement. Certes, mais nous réitérons notre questionnement : qu’a-t-on fait pour les développer vraiment et avec quelle stratégie connue. Rien que le désert ! A l’occasion de cette journée, Monsieur Hamiani n’a pas manqué de déclarer devant l’assistance, que Mostaganem manque de visibilité et de potentialités sur le plan économique, Il a dit également que « nous possédons que des informations en ce qui concerne seulement les réalisations à caractère public ; Il vous faudra mettre tout votre poids pour intéresser les investisseurs à s’implanter dans votre belle ville » A bon entendeur…… Quant à la politique de l’emploi des jeunes, nonobstant, l’ANSEJ et la CNAC, nous sommes unanimes pour dire à haute voix à ces jeunes que seule la formation professionnelle est la clé de leur avenir professionnel.  Faudra-t-il se contenter de ces vœux pieux, ou bien lancer une véritable action de grande envergure s’il vous plait, pour soutenir les responsables de la formation par une stratégie de communication intensifiée, permanente et convaincante jusqu’à ce que l’objectif soit optimalisé.. Le Renouveau comme toute la composante de la société civile, a connaissance qu’il existe quatre chambres à caractère économique, notamment, la chambre de l’industrie et du commerce, la chambre de l’artisanat, la chambre de l’agriculture, et la chambre de la pêche. Ces institutions possèdent un statut d’EPIC donc en mesure d’assurer des prestations en tous genres en direction des partenaires potentiels.  Elles possèdent l’expertise et peuvent se doter de moyens en fonction des besoins.  L’initiative ne peut venir que du meneur d’homme en l’occurrence le wali premier responsable auquel il lui est confié l’avenir du développement de notre ville.  Il est le leader pour faire susciter le concept du partenariat intéressé, entre les chambres et les APC pour lancer des opérations pérennes en matière d’organisation de Forum, des quinzaines économiques au sens vrai du terme, des expositions thématiques enfin des animations porteuses en matière de communications économiques et de marketing. Enfin, tout en préparant les conditions optimales pour les facilitations de tout ce qui a trait à l’investissement (le foncier, les banques, les zones, les infrastructures structurantes, les TIC, etc…..Il y a une maxime qui dit à juste titre que « si la montagne ne vient pas à nous, c’est nous qui irons vers elle » Le Wali peut également impulser le rapprochement entreprise-université à l’exemple du CEIMI qui possède un capital d’expérience susceptible de le mettre à la disposition de ce projet. L’usine Renault est toute proche de nous, à 30 mn à vol d’oiseau. Cette usine a besoin de sous-traitants en matière de câblage, de vitrage, d’injection plastique, de caoutchouc, de sièges pour véhicules, de pots d’échappement, de ressorts à lames, d’accessoires électriques Ne soyons pas dépassés par les événements, le temps travail contre Mostaganem, la sous-traitance peut être un facteur d’amélioration de la compétitivité des entreprises. Il faudra tenter le tout pour le tout pour faire arracher des contrats de la S/T, faire intéresser des investisseurs qui possèdent l’expertise et le savoir-faire pour s’installer chez nous en donnant des gages de facilitations dénués de tous actes de bureaucratie et mettre à leur disposition une administration dans la transparence la plus totale. Le responsable de la bourse de la sous-traitance d’Oran, s’est dit prêt, à animer une journée d’études sur la S/T, c’est une occasion pour relancer le débat avec des investisseurs de la région. Savoir vendre notre ville pour accroitre le pôle d’excellence en matière industrielle devra être le crédo des décideurs locaux, pour attirer Renault et d’autres IDE à s’intéresser à notre wilaya. Les Mostaganémois exigent leur part du gâteau, c’est légitime par rapport à notre proximité avec le site, par mer, par terre et par air. Les responsables décideurs, auront-ils les coudées franches pour se lancer dans la promotion de l’innovation de l’entreprenariat ? Franchement nous disons oui pour bâtir ensemble le pacte de croissance dans notre wilaya. Le cas contraire, si d’ici 2020 le statu quo serait de mise et s’il n’y aurait pas de réveil, le déclin dans notre wilaya serait irréversible.

l’Association Renouveau de Mostaganem
Lundi 23 Septembre 2013 - 22:00
Lu 601 fois
MOSTAGANEM
               Partager Partager

A LA UNE | ACTUALITÉ | MOSTAGANEM | RÉGION | CULTURE | SPORTS | CHRONIQUE | DOSSIERS | ISLAMIYATE | Edito | RAMADANIATE | NON-DITS | DÉBAT DU JOUR | TRIBUNE LIBRE | PUB | Spécial 1er Novembre 54 | Aidons-les ! | MOSTA-HIER | بالعربي






Edition du 04-12-2016.pdf
2.87 Mo - 04/12/2016





Flux RSS


Retrouvez-nous sur Google+