REFLEXION

Mostaganem : Après une longue trêve, les harraga à l’assaut.

Ces dernières semaines, on enregistre une ascension remarquable des tentatives de harga sur l’ensemble des côtes réputées des points de départs classiques pour ce genre de traversée vers l’autre rive.



Les unités des gardes côtes ont interceptés 64 candidats en quatre jours seulement, ce qui démontre l’ampleur de la tragédie.Les tentatives de l’aventure à bord des embarcations de fortune se multiplient. Le drame se poursuit sur nos côtes et il touche de plus en plus différentes couches de la société, ce qui démontre que le problème est d’une grande gravité, voire inquiétant. Nul n’est épargné par le désir de quitter le bled quelque soit le prix à payer, quitte à laisser la vie. Femmes (même enceintes), adolescents, vieux, fonctionnaires, universitaires, handicapés, ont tenté l’aventure et plusieurs y ont laissé la vie.
A Mostaganem, pas moins de trois groupes, de 23, 15 et 8 harraga ont été arrêtés, en l’espace de 48 heures. 23 candidats neutralisés sur la plage de « Cheaibia » à une vingtaine de kilomètres à l’Est de la ville. Un groupe de 15 personnes dont une femme, a été arrêté, par les gardes côtes, en mer à 20 miles du rivage. Surpris au moment de prendre départ, les huit harraga ont été arrêtés au niveau de la plage de Petit-port. Dans la région Dahra (Achaacha et Sidi Lakhdar) un recul du flux des candidats ; à la mort certaine ; a été enregistré ces derniers mois mais le phénomène reprend du poil de la bête à la faveur de l’amélioration des conditions climatiques. Au cours de la semaine passée, un groupe de sept personnes a pris le large à partir d’une plage d’Ouled Boughalem. A mi-chemin, en affrontant une mer très agitée à une centaine de miles de la côte, ils ont rebroussé chemin. Trois autres suspects harraga (deux jeunes natifs d’Ain Merane et l’autre d’Ouled Boughalem) ont été arrêtés par la brigade de la gendarmerie locale. Au cours des interrogatoires, ils ont nié en bloc les accusations. Faute de preuves tangibles, ils ont été relâchés. D’après les rumeurs qui circulent de bouches à oreilles, plusieurs groupes se préparent à prendre le large, dans les jours à venir, à la faveur des conditions climatiques favorables pendant cette période de l’année. On dirait, une fuite massive vers d’autres cieux !
Ce cas de figure illustre parfaitement la détresse dans laquelle se débat une partie de la société. Rongés par le désespoir, la mal-vie et l’absence de prise en charge et exaspérés par la hogra et la chippa, les jeunes ne pensent qu’à aller vivre sous d’autres cieux. Même l’emprisonnement et les fortes amendes n’ont en aucun cas dissuadé nos jeunes de renoncer à l’aventure en haute mer. La traversée, via la harga, est devenue un fait si récurrent et habituel que les spécialistes interpellent les pouvoirs publics à plus d’efforts en vue de mettre fin, ou tout au moins, à atténuer la saignée des jeunes bravant les aléas de la mer. Aussi, le même phénomène est devenu un fait ancré dans les esprits de tous y compris mineurs et femmes. Y a-t-il un remède à ce fléau qui ronge notre société? Jusque-là, aucun remède hormis le regain, allant crescendo, de la harga.


Adda Abdelwahab
Dimanche 11 Octobre 2009 - 22:21
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MOSTAGANEM
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