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Misère et dignité
Finalement, la dignité n’est plus cette vertu qui courait dans nos rues bien propres comme un linge blanc, et qui embellissait nos cœurs également blancs et purs, cette magnifique lueur qui se lisait sur beaucoup de visages d’une époque, hélas révolue, vient presque de s’éteindre et a fini par les déserter suite aux flots du matérialisme et de l’individualisme qui se sont totalement emparés de nos sales habitudes qui ne répondent qu’aux pièces sonnantes et trébuchantes et ne suivent que les pas qui mènent vers l’intérêt personnel, elle nous a quittés pour céder la place à la bassesse et à la vente gratuite de tout principe qui nous distinguait de ces animaux féroces de la jungle, qui s’entretuent continuellement, elle n’habite plus que quelques cœurs de rares bonnes gens, encore honnêtes et point tachées par ce mal qui sévit, matin et soir, elle subsiste encore chez certains misérables qui se contentent du peu et de beaucoup d’espoir …. ! Quant à la misère, ce fléau social qui semble s’installer pour durer et qui caractérise depuis des années la société, par l’enregistrement progressif de nouveaux pauvres qui viennent s’ajouter aux 12 millions existants qui se battent quotidiennement pour survivre et que l’état tente de soutenir par l’octroi de misérables indemnités, qui ne parviennent pas à nourrir convenablement une famille modeste de deux personne. Une pauvreté qui pousse certaines de ces victimes a faire le cheval en tirant une charrette au marché de gros en colportant la marchandise d’un coin à l’autre, ou le fouilleur d’ordures à la recherche de quelque chose qui se mange encore ou à vendre, juste pour se payer un bout de pain, mais sans se plier, sans le voler et surtout sans le mendier….. ! En ce sens, un formidable élan de solidarité a été déclenché suite à la parution d’un article de « Réflexion » traitant d’un cas d’un démuni qui n’a pu se payer au cours de ce mois sacré du Ramadhan, qu’un plat de riz en guise de f’tour, beaucoup de nos lecteurs se sont manifestés pour l’aider en téléphonant au directeur de la rédaction, d’autres se sont mobilisés pour lui offrir ce dont il avait besoin, mais, malheureusement, ce pauvre après avoir été contacté, a vivement remercié ces âmes charitables, a rougi et laissait une honte et une forte gène se lire sur son visage où tant de peines ont été lues et relues, un misérable que la dignité que tant d’autres de moindre état que le sien,ont perdu, une dignité qui l’honorait davantage et lui faisait dire encore cette phrase : « Je suis encore bien portant, je peux toujours m’en sortir, il y a surement pire que moi….. ». Alors que, beaucoup d’autres moins misérables que lui, auraient sauté sans aucune hésitation sur cette occasion de solidarité en sa faveur, lui avec son attitude rare et exceptionnelle a préféré offrir une leçon sur la dignité que la misère n’a point pu asservir….. !
L. AMMAR
Lundi 23 Août 2010
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