REFLEXION

Mali : une guerre… jusqu'à quand?

Près d’une semaine après le début de l'opération Serval, la France et l'armée malienne tentent toujours de stopper la progression des islamistes. Mais la fin de cette première séquence ne résoudra pas le conflit. Et Paris devra encore préciser sa stratégie.



Mali : une guerre… jusqu'à quand?
Une opération… avec quels moyens?
 
L'intervention française est d'abord aérienne. Pour stopper les colonnes des forces islamistes qui se dirigeaient vers le sud malien, Paris a envoyé dans un premier temps des hélicoptères de combat pour soutenir l'armée malienne. Depuis le début de l'intervention, huit Mirage - qui stationnaient au Tchad dans le cadre de l'opération Epervier - et quatre Rafale sont également venus en appui, et ont commencé à bombarder les bases arrière des insurgés situées dans le nord du pays, notamment à Gao. Parallèlement, environ 500 militaires ont été déployés à Bamako.La France attend désormais d'être épaulée par des troupes africaines. Le Nigeria doit envoyer 600 soldats. Le Niger, le Burkina Faso, le Togo et le Sénégal enverront chacun 500 hommes et le Bénin, 300. Les puissances occidentales, comme les Etats-Unis et le Royaume-Uni, apporteront quant à elles leur soutien, principalement logistique. 
 
L'intervention peut-elle durer?
L'opération "Serval" a une mission bien précise, exposée par le ministère de la Défense : "Elle a pour but de mettre un coup d’arrêt brutal à l’avancée des groupes djihadistes vers le Sud du Mali et d’assurer la sécurité des 5.000 ressortissants français dans le pays". Cet objectif n'était pas encore atteint lundi, au quatrième jour de l'intervention. Après avoir arrêté dans un premier un temps la progression des islamistes, la France a confirmé la prise de la ville de Diabali par ces derniers.
François Hollande, ainsi que son ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, ont assuré que l'opération militaire "durera le temps qu'il faut". Selon une source à l'Elysée citée lundi par Le Parisien – Aujourd'hui en France, l'intervention peut même "durer un moment". "On a pu constater lors des premiers combats que les djihadistes étaient bien entraînés, bien armés", explique-elle dans le quotidien. La grande inconnue de ce conflit reste l'état des troupes islamistes. Pour François Heisbourg, il est possible que les islamistes soient "complètement dispersés et désorganisés". "Ils leurs faut de l'essence, ils sont à plus de 1.000 km de leur base, donc on peut imaginer qu'ils ne sont pas loin de la déroute", avance-t-il. "L'autre hypothèse moins souriante pour la France serait celle d'une retraite en bon ordre - ce dont ils sont tout à fait capables - pour mieux contre-attaquer", ajoute-t-il. Dans ce cas, la résistance serait plus forte que prévue. Selon les estimations, il y aurait au total entre 4.000 et 5.000 combattants islamistes dans le Nord-Mali. Mais l'urgence est pour l'heure de contrer l'offensive des 1.200 à 1.400 individus qui se seraient déplacés vers le sud. En cas de succès, que fera la France ensuite? "Le plus compliqué s'annonce après cette première séquence", note François Heisbourg. L'objectif du Conseil de sécurité des Nations unies est clair : le Mali doit retrouver son intégralité territoriale. Ce qui l'est moins, c'est le rôle de Paris, qui devait initialement n'apporter qu'un soutien logistique à cette reconquête. "La question se pose en ce qui concerne les buts de guerre français : est-ce que nos forces sont là pour mener la charge qui libérera le Nord-Mali? Est-ce qu'on est là pour ensuite patrouiller dans cette région? Il faudra savoir concrètement ce qu'on y fait, pourquoi et avec qui…", résume le spécialiste. Maintenant qu'elle est déployée, l'armée française passera-t-elle simplement le relais à la force multinationale africaine, dont on ignore encore quand elle sera opérationnelle, ou restera-t-elle en première ligne? "Enfin, si la région est effectivement reconquise, se poseront d'autres questions encore. Les islamistes pourraient rester encore une force de nuisance au Nord-Mali, ce qui peut laisser craindre un risque d'enlisement du conflit, comme en Afghanistan. Ou alors, les combattants pourraient fuir vers les pays voisins, en Mauritanie à l'ouest et au Niger à l'est. Dans ce cas, la résolution du conflit dépendra surtout de l'attitude de ces Etats, et principalement de l'Algérie, un acteur clé de la région.

Riad
Mardi 22 Janvier 2013 - 00:00
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ACTUALITÉ
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