REFLEXION

MOTS POUR MAUX : Unis pour le meilleur et pour le pire



Je veux rapporter une anecdote qui m'a extrêmement frappé car elle concerne un cas qui m'est proche. Des amis possèdent une ferme sur laquelle travaille un ouvrier depuis plus de quinze ans et je peux témoigner de l'affection qui les lie tant leurs rapports sont harmonieux. Ce dernier a été pris à parti par des gens du coin qui l'ont sommé de quitter la région dont il n'était pas originaire et de laisser son emploi aux gens du cru. Cette anecdote, dans ce qu'elle a de pénible et de choquant, contient les germes d'un véritable cataclysme qui est susceptible de détruire le pays, celui du régionalisme tribal qui peut être le ferment de divisions et d'exclusions qui remettraient en cause l'unité du pays. Il est vital pourtant de répondre aux besoins des populations oubliées parce que trop éloignées des centres de développement mais il faut conserver une vérité intangible, celle que l'algérien est partout chez lui sur le territoire national. Cela a été une victoire républicaine remportée de haute lutte par le président Bouteflika qui a combattu l'esprit régionaliste pour fonder une nation unie. Remettre en question cet acquis serait une de nos plus grandes défaites qui ouvrirait la porte aux pires manipulations. Divisés, nous serions la proie de tous ceux qui veulent nous anéantir et ils sont nombreux ceux qui désirent effacer ce grand pays qui est une épine aux pieds de tous les potentats qui règnent sans partage sur le monde arabe. On verrait alors la « Fitna », ce mot à l'origine de tous les tourments du monde arabo-musulman, détruire tous les acquis culturels qui font notre spécificité. L'Algérie indépendante a su privilégier la citoyenneté au détriment de l'appartenance tribale mais on remarque à plusieurs réactions constatées un peu partout que ce lien ressurgit avec plus de force. Nous prenons conscience qu'une forme de décadence nous guette car nous risquons de connaître des batailles de rues semblables à celles qui ont eu lieu en Kabylie. Certes, encore une fois, il faut tenter de comprendre ceux de l'intérieur du pays, des régions reculées qui se sentent exclus du développement et qui ont tendance à opérer un repli identitaire qui risque de briser l'unité de notre pays. Par-delà l'identité tribale ou clanique, il va nous falloir répondre à ces trois questions pour appréhender les temps incertains qui viennent : suis-je Algérien, seulement ? Suis-je Algérien et musulman ? Suis-je Algérien, musulman et arabe ? Suis-je Algérien, musulman, amazigh et arabe ? Réfléchir à chacune de ces appartenances est fondamental pour comprendre ce que nous voulons, c'est à dire, à laquelle de ces quatre appartenances devons-nous donner la priorité ?

Charef Slamani
Dimanche 4 Septembre 2016 - 17:32
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CHRONIQUE
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