REFLEXION

MOTS POUR MAUX : L'enseignement en danger



Si l'on fait la genèse de l'éducation dans notre pays et analysons les différentes étapes et transformations qu'a subit ce secteur à tous les niveaux, nous constatons qu'il a été vidé des éléments essentiels qui le composent. Le concept d'éducation revêt un caractère spécifique dans le contexte social, culturel et civilisationnel d'un pays. Or, l'indépendance acquise, l'esprit révolutionnaire ancré avec un héritage culturel colonial dont il était indispensable de s'en écarter avec en plus d'un déficit en personnel enseignant tant qualitatif que quantitatif ont poussé les pouvoirs publics à opter pour une politique hybride de l'éducation, pour conserver son arabité et son algérianité. D'où l'apport d'enseignants égyptiens, syriens et autres qui par la force des choses ramènent avec eux leur culture et leur idéologie. Ceci entraîna un faux démarrage dans le corps enseignant. Devant un résultat médiocre de l'enseignement on a essayé au fil des années et jusqu'à ce jour de mettre en application des réformes importées inadéquates aux réalités sociales et culturelles. A titre d'exemple pour le primaire, il y a un programme français et un autre libanais. Quant aux universitaires, il y a le L.M.D qui est anglo-saxon un enseignement trop dirigé peut parfois fausser les données de toutes les matières. Comment peut-on concevoir que des programmes d'enseignement établis par la tutelle qui mal assimilés d'abord par les enseignants eux même peuvent- ils être compris par nos enfants ? Nous constatons que depuis les années 1980, le niveau de l'enseignement régresse de jour en jour jusqu'à être remis en cause par l'UNESCO. Un autre volet de la question peut être posé à savoir le relâchement par les responsables sur le côté disciplinaire des élèves d'une part et des enseignants d'autre part. Le favoritisme dans l'enseignement a pris beaucoup d'ampleur d'où la désintégration du corps enseignant. Certains enseignants sont devenus comme des commerçants qui ne pensent qu'à gonfler leurs salaires et non le bien être de l'élève. Alors que l'enseignant est un prophète avec toutes les missions dont il est chargé qui sont d'éduquer, d'enseigner, de gérer et de défendre les droits de ses enfants (élèves). Malheureusement toutes ces valeurs ont été bafouées par un système sclérosé, la médiocrité de l'enseignement favorise les cancres et marginalise les têtes pensantes qui auraient du être hissées au sommet de la pyramide. Ces têtes pensantes sont victimes de leur savoir et de leur éducation. Le problème de l'école doit être repensé, il ne doit pas être posé en termes d'équipement. L'école ce n'est pas seulement le lieu où il y a des bancs, des écritoires et un tableau sur lequel on écrit l'alphabet où des équations, c'est le temple où une conscience reçoit la révélation des valeurs qui constituent le patrimoine humain.

Benyahia El Houcine
Lundi 17 Octobre 2016 - 18:24
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CHRONIQUE
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