REFLEXION

MOSTAGANEM : Sentiments et impressions d’un Canadien de Mostaganem qui revient se ressourcer, après 20 ans…

Au courant de cette semaine, j’ai eu le plaisir et la chance de croiser un bonhomme dans le bureau du directeur de Réflexion. Assis, presque timidement au coin du bureau, il avait des yeux brillants et fuyants derrière des lunettes noires. Son faciès commun, est typiquement bien de chez nous, souligné par une expression de sourire. Ne cherchez pas loin, c’est un Mostaganémois du terroir, solidement intégré dans le Canada Français. II est venu passer six jours pour voir les amis, la famille et se ressourcer un peu, sans risques de me tromper car j'ai parlé avec l'homme. Lui, c’est Belhamidèche Ahmed, le cousin germain du "Boss" du journal Réflexion que je voyais tout sourire devant lui, ce qui est rare !



Si Ahmed, après avoir vécu à l’étranger plus de 20 ans, comment voyez-vous Mostaganem, aujourd’hui, dites-le nous en toute franchise !
M. Ahmed Belhamidèche
Même si ça ne parait pas de façon flagrante, c’est un conflit qui est géré » par un système et né bien avant l'indépendance et qui a vraiment nuit à la ville, jusqu’à nos jours et, ce que je peux dire c’est que, tant que Mostaganem ne se réconcilie pas avec ses sources qui la nourrisse, elle restera coincée dans une sphère conflictuelle dont elle ne pourra jamais sortir et c’est le cas depuis quelques décennies. Pas de projection sur l’avenir sans réconciliation avec son passé qui est son point de départ et la source des véritables valeurs qui appartiennent à Mostaganem. La cité est bâtie sur ses artisans divers, ses hommes de toutes couches rurales, citadines qu’ils soient des terriens, paysans, petits commerçants, artisans et notables. Le rural doit se reconnaitre fièrement dans sa nature noble au départ comme base nécessaire à la Société et que la citation ne doit pas repousser pour des raisons fallacieuses qui n’ont aucune raison d’être.  Il faut reconnaitre à Mostaganem son statut de cité à caractère rural où les métiers sont la plus-value de la paysannerie, les professions, les différences s’acceptent comme étant une richesse et une complémentarité naturelle sans quoi, rien ne se fera, sinon c’est la stagnation dans la durée et la médiocrité. Mostaganem c’est 50-60 kilomètre à la ronde avec le « Dahra » car, sans le « Dahra », Mostaganem ne serait pas Mostaganem ! Pas d’exclusivité à certaines obédiences religieuses, tribales ou claniques. En effet, Mostaganem, c’est tout le monde et à chacun sa place et son rang naturel. Ceux qui rêvent encore de notabilité ou de notoriété doivent se réveiller et se remettre en question, voire une mise à jour de leurs concepts devant une population essentiellement jeune à 70%, imprégnée par les nouvelles technologies de l’information et qui a de l’ambition. Il en est de même de ceux qui s’égosillent à faire la différence du « ôroubi » et du « weld Beld » et que serait l’un sans l’autre ?
Comment pouvez-vous nous expliquer votre conviction d’une autre manière ?
On a compris que pour lui, je ne suis pas sociologue mais se refuser l’alternance, l’acceptation de la différence de l’autre c’est refuser ses principes et ses héritages ancestraux, Mostaganem d’avoir des enfants et des hommes qui assimilent et acceptent sereinement leur différence dans une  prise de conscience qui fera dissoudre les conflits égoïstes, régionalistes, sectaires, tribaux, historiques qui ont détruits des civilisations et des peuples comme on le voit bien dans la chronique quotidienne des pays arabes qui s’entretuent.
Revenant sur le fond du problème culturel, psychologique et social
Mostaganem doit d’abord avoir le courage de faire la paix avec elle-même et ce, en dépassant les faux problèmes nés de l’incompréhension et des historiens autoproclamés qui prétendent détenir la vérité. L’histoire appartient à tous, au peuple ainsi que la vérité et personne n’a le droit de se prévaloir d’en avoir le monopole. Les grandes nations, civilisations et grandes puissances sont celles qui ont su exploiter dans le bon sens leurs différences et le mettre à profit en commun pour être forts. Je dirais, ajoute t-il, que le Mostaganémois qui se dit « wel Bled » est un citadin né dans le creuset d’un environnement rural avec un fond de paysannerie et il a le devoir moral de se réconcilier, comme tout un chacun, d’abord avec lui-même en assumant sa ruralité de fond. Cela, dans la reconnaissance que la terre, le terroir, le « ôuroubi » sont une marque de fabrique de notre identité Mostaganémoise. Le retour à la base de la réconciliation c’est la seule vérité qui compte car elle-même se compose de toutes les autres vérités
Comment voyez-vous l’état des lieux et ce qu’il y a lieu d’entreprendre ?
 Il serait opportun de se réconcilier avec les valeurs fondamentales ancestrales sans refuser ses racines  il faut songer à régler au plus vite toutes les questions et lever les tabous qui sont à la base d’un conflit de transition générationnelle qui est invisible pour beaucoup car il est en effet dilué dans les autres faux débats entretenus par les faux dévots, faux prophètes, faux historiens improvisés, faux intellectuels qui brouillent la communication sociale. Voilà une considération de taille qui est une contrainte limitative qu’il faudrait mettre sur la table. Le dialogue de sourd  que j’ai perçu en arrivant après une si longue absence, est une tromperie absurde que certains assimilent à une démocratie et qui n’en n’est pas une, tout simplement puisque personne ne voit le bout du tunnel pour une sortie de crise multiple. Et il revient en disant que la réconciliation, est un processus incontournable et c’est grâce à lui que de grandes nations ont émergé en donnant de grandes puissances. Pour l’exemple, voyez la mosaïque qui compose la France, les Etat Unis d’Amérique, la Chine, et l’inde.
Au juste, pour vous Mostaganem est quoi, maintenant ?
Mostaganem c’est tout le monde qui s’implique dans une réconciliation loyale et honnête où tout un chacun se retrouvera à sa place avec honneur, dignité et fierté. L’intérêt commun commande la guerre contre la médiocrité de la pensée unique  et les faux prophètes accoutrés  pour faire valoir leurs égo en camouflant leurs tares de psychopathes tels d’habiles acteurs dans l’art du transfert de leur schizophrénie aux gens du peuple, simples et dociles qui ne demandent qu’à vivre tout simplement sans de grands écarts entre l’opulence et la pauvreté, morale et matérielle. Voilà  ma vision et mon sentiment sur comment les Mostaganemois faire de la réconciliation le combat de tous les jours pour se réapproprier leurs valeurs fondamentales  perdues qui ont fait la gloire et la réputation d’une cité qui est le creuset de grands où se sont forgés des personnages qui ont marqué leur temps et  leur histoire. Qui se dit Mostaganémois sans avoir quelque part une attache même lointaine avec la paysannerie ? Il ne faut pas se tourner le dos à la terre, pas à la mer, dit-il !
M.Ahmed, le canadien, le mot de la fin pour conclure…
Avec un sourire narquois du coin des lèvres et un regard franc, il dit qu’il est toujours Mostaganemois, attaché à Mostaganem par de solides racines. Il recadre la question en précisant qu’il est un Mostaganémois qui vit au Canada et qui travaille comme un canadien en pensant comme un Algérien, jaloux de son pays et de sa ville natale .Il pense que Mostaganem ne pourra se reconstruire que de l’intérieur, dans l’humilité, la bonté en passant obligatoirement par une réconciliation intelligente avec tous les gens, sans exclusion aucune. Sans oublier de dire que personne n’est détenteur de la vérité car il n’y a que des vérités communes qui, ensembles forment la « vraie vérité, en fait ». Les pires ennemis de Mostaganem sont les manipulateurs, les opportunistes et ceux qui profitent de leur position sociale pour asservir la crédulité des autres. Tout doit être fait de bonne foi dans la construction de l’homme avant la construction des murs et loin des refus comme de la « âssabya ». Pour reconstruire Mostaganem, le vivre ensemble au pluriel est le maitre-mot sans oublier que la différence est une richesse pour ceux qui savent.

Younes
Lundi 25 Juillet 2016 - 18:53
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MOSTAGANEM
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