REFLEXION

MOSTAGANEM : ‘’ Ruines et gravats’’ des vieux quartiers

Visiter les vieux quartiers de Mostaganem, à l’exemple de ‘’Derb, Kaddous el Meddah et quelques autres’’, c’est s’offrir un spectacle désagréable qui vous laisse perplexe et inquiet quant au devenir de notre ville en raison des débris, ruines et gravats entassés en amas de ‘’remblais en béton uni’’ délaissés et abandonnés à travers quelques espaces non protégés.



Il s’agit de restes issus d’infrastructures et bâtisses partiellement démolies, ou mises à terre, lesquelles menaçaient de s’écrouler et dont les occupants ont été relogés dans le cadre de la résorption de l’habitat précaire.
En effet, ces bâtisses ont été détruites en raison de leur délabrement et vétusté avancés, et également pour empêcher d’éventuels squatters en quête de logements de réinvestir les lieux. Toutes ces maisons détruites ont été transformées en amas de blocs et gravats et laissés sur place et qui pourront être qualifiés plus tard, ‘’ de ruines de la honte, classés au patrimoine local des oubliettes’’. Effectivement des débris composés de mélange de sable, de pierres, de graviers, de bois broyé, e.t.c…pareils à des décharges publiques mais cette fois-ci en dure faisant partie intégrante du paysage attendant d’être enlevés, rasés et/ou remplacés. Pour rappel, c’est dans le cadre de la résorption de l’habitat précaire et suite aux menaces et alertes répétées sur l’état déplorable de ces vieilles maisons menaçant ruines que des décisions énergiques ont été prises pour éradiquer cet habitat précaire que le temps et le défaut d’entretien ont usé le rendant inhabitable et dangereux. Enfin, et c’est aussi pour écarter tout danger, que ces destructions sont intervenues dans un souci de protéger les résidents qui les occupaient et aussi empêcher que d’autres personnes ne les squattent, crise de logement oblige. Le travail accompli et non achevé dans certains vieux quartiers donne l’impression que ces espaces de la honte fracturés ont été oubliés et marginalisés. Après des jours, des mois et même plus d’une année, qui se sont succédés, les restes de ces ruines sont toujours là, présentes engendrant une situation figée, s’éternisant ayant son impact négatif sur l’environnement exaspérant les citoyens, et résidents à proximité de ces ‘'Ruines et gravats d’une ancienne et/ou ancestrale architecture fracturée et détruite ''.  Une situation qui semblerait  plutôt normale, vu que même la présence de ces décharges en béton et ciment sur des surfaces et superficies tolérées défigurant l’esthétique de la ville ne dérangerait plus personne. Bref ‘’ la mission aurait été accomplie convenablement, les gens ont été relogés, les bâtisses détruites et le travail s’arrête là et point final’’. Il n y a plus de souci à se faire, l’essentiel c’est que les gens sont hors de danger. Pour l’esthétique et la réhabilitation de  la ville, il ne faut pas s’en faire, c’est à la nature de s’en charger, peut-être que les conditions climatiques et l’usure du temps aidant, ces restes en dure disparaitront à travers les siècles à venir. Ces ruines et gravats qui défigurent les quartiers et qui n’ont pas été totalement rasées, enlevés ni pour autant déblayés font penser aux conséquences d'un tremblement de terre tragique qui aurait laissé des traces et séquelles profondes, telles des plaies ternissant et défigurant la belle image originale de la commune, de ses cités, vieux quartiers, jadis bien entretenus, paisibles, prospères et exemplaires et qui en paieraient les conséquences.     

 

Benyahia Adda
Dimanche 8 Novembre 2015 - 18:51
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MOSTAGANEM
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