REFLEXION

MOSTAGANEM : BOURDES, MEPRIS ET ABSENTEISME

La culture de l’infamie

Mostaganem est peut être une plus ou moins ancienne ville culturellement connue grâce à des figures de proue comme, le parolier Lakhdar Benkhlouf, le dramaturge Abderrahmane Kaki, Benabdelhalim Jilali et Benmkadam Abdelkader au titre du théâtre amateur, Bouaâdjadj l’un des maîtres de chaâbi, Oulhaci Mohamed un peintre universellement renommé, Tahar Mohamed de la musique andalouse, Mekki Benalou le théologien, cheikh Djilali Ain Tedles, Cheikh Hamada et bien d’autres.



MOSTAGANEM : BOURDES, MEPRIS ET ABSENTEISME
Mais parler de renaissance culturelle en ces temps d’allégeance et de servilité à des garants qui font deux avec ce sujet, ce serait tout simplement une présomption lorsque cette grande absente culture qui se veut ni plus ni moins qu’une politique événementielle ou, à défaut, une rencontre pour parler de bilans creux pour argumenter les gros budgets consommés.

C’est dire pour dire qu’en dehors de la langue de bois et les chiffres officiels, le hasard qui n’est pas un aussi aléatoire destin pour bien faire les choses, est là pour nous rappeler de toute l’indolence caractérisant ce département. Mostaganem dont le désert culturel aurait pu voir la tête sauvée, à la faveur de grands évènements ratés, semble un mauvais élève qui ne retient pas les leçons. Il y a quelque temps, le maestro égyptien Nagui avec son orchestre était de passage par la maison de la culture. L’évènement était bien attendu par les connaisseurs de la musique classique d’autant que Nagui avait à instrumentaliser de jolis morceaux algériens. Mais, comme il y a toujours un mais chez nous pour parler du bon déroulement de bien de circonstances, la défectueuse administration a fait que l’entrée fût accordée à un public pas du tout intéressé, en grande majorité des enfants, en l’absence d'une sérieuse médiatisation. Des sifflements, huées, cris, bruits, montaient ainsi du fond de la salle bleue pour gâter un évènement qui devait s’appeler sous d’autres cieux qui se respectent, "un concert de musique classique". Passons !

Quelques jours après, la ville de ‘Cassaigne’ Sidi Ali, avait à recevoir une grande dame primée partout dans le monde pour son long métrage sur "l’autre 8 mai 1945". Mais dans la wilaya de Mostaganem, ce ne sont pas les gratifications et encore moins les succulentes dates ou les jolies roses qui lui ont été servies. Yasmina Dali ne rencontra aucun responsable à son attente et pour le comble de l’ironie, sa projection fût, après trois longues heures de course et d’attente, simplement annulée en l’absence de matériels et de responsables si l’on veut, ou plutôt par défaut de sérieux. Au demeurant, jamais deux sans trois, toujours à la maison de la culture, lors du concert du guitariste renommé qui nous est venu d’Espagne, Jorge Orozco, le sordide de la situation culturelle a encore pour une énième fois fait parler de lui. D’abjectes conjonctures ont été en effet vécues sur l’autel du mauvais encadrement. Imaginons un instant qu’avait pensé l’hôte de la ville, le directeur de l’institut Cervantès lors de sa conférence, en remarquant la garniture de plusieurs tables de tous les ustensiles inhérents à une collation mais dénudées de tout met ou autre rafraîchissant. Même pas une bouteille d’eau minérale dans une salle à la température dépassant les 34° ! La honte. C’est vrai, le ridicule ne tue pas.

Pour le comble, c’est toujours et encore M. Javier Glana de Cervantès qui aura à animer le concert en l’absence de responsables de cette direction - y compris ses subalternes - que l’on continue d’appeler de culture. Le directeur de Cervantès finira même, en plein concert, par monter sur la planche pour parler de savoir-faire et des conditions de silence de mort qu’il faut accorder au concertiste. Prendre le micro pour balancer de la pédagogie diplomatique pour venir à bout du chahut dans un concert qui devait se poursuivre dans une sérénité de mort ; c’est à se demander si nos hôtes seront une autre fois de retour, eux à qui nous parlâmes de coopération et de sponsorisation avec les pouvoirs locaux pour une meilleure diffusion de la culture espagnole dans la région. Or pour cela, ne faut-il pas d’abord que nos édiles soient des gens de culture ? En tous cas, sur la cinquantaine de délégués des assemblées, aucun ne brillera par sa présence hormis M. Soltani le président de l’APW.

Ce sont les détails qui font le tout, comme dit l’expression. Et pour considérer l’ensemble dans ses éléments, le guitariste sera à plusieurs reprises déconcentré par des jeunes confondant un concert avec une "surprise-party" pour exhiber au devant de la scène, des caméscopes et autres numériques dérangeant à outrance le déroulement du récital entre autres infortunes, sans qu’aucun agent ne daigne rétablir l’ordre. L’on aura même affaire durant plus d’une demi-heure à de perçants cris d’un nourrisson dont la maman ne semblait pas assimiler que l’adage disant que "la musique adoucit les mœurs", ne se conforme pas à un bébé. « Dans quatre ou cinq ans, vous pouvez le ramener au retour de Jorge Orozco », finira par ironiser ouvertement Senior Javier. Le message, lancé au micro, n’arrivera pas en dépit de la clarté du remerciement et aucun employé ne mènera la dame à la porte d’exit.

De ce genre d’incidents et bien d’autres dont il vaut mieux se taire, Mostaganem aurait pu s’épargner pas mal de déliquescence et de déshonorantes scènes. Mais bon, tout le monde le sait, quand le chat sort, la suite est connue. Car force de le constater, les gérants de la culture y sont là où se trouve leur responsable et non pas où il en est question de culture et de leur action. Le jour même, la saison estivale les a bien intéressés dans ce sens alors qu’un concert que la ville ne verra pas avant bien des années, a été encore une fois acculé au mur du mépris. Allez, bon bouillon de culture !

B. Abderrahmane
Jeudi 4 Juin 2009 - 08:47
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MOSTAGANEM
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