REFLEXION

MENDICITE EN ALGERIE : Faux mendiants le matin, nouveaux riches le soir



MENDICITE EN ALGERIE : Faux mendiants le matin, nouveaux riches le soir
Il n’y a pas d’âge pour mendier. Le phénomène a dépassé toute génération. Vieillard, jeune fille ou enfant, cela importe peu pour ceux qui tirent profit du phénomène. Comme partout en Algérie, à Mostaganem le fléau de la mendicité a atteint des seuils intolérables. Devant la montée vertigineuse du taux de chômage et le déficit alarmant que connaît le pays en matière d’emploi, il reste peu de chance aux jeunes et encore moins aux pères de familles, remerciés pour la plus part, de dénicher un petit boulot salutaire en mesure de les arracher à l’endettement, au vol ou à la mendicité. Les femmes et les jeunes filles sont les plus exposées au fléau du quémandage et pour celles qui hésitent de tendre la main pour une raison ou une autre se voient contraintes de plonger dans d’autres créneaux aussi vils et plus dangereux tels que la prostitution et ses dérivés. La mendicité est une "profession" qui rapporte La mendicité est une "profession" qui rapporte, vraisemblablement, bien, voire même trop bien. Un business juteux qui se laisse s’organiser dans une économie souterraine florissante et aux ramifications multiples, notamment dans les périphériques et les quartiers nécessiteux de la capitale. Les mendiants s’ingénient, souvent, à gêner les âmes charitables pour les pousser à glisser la main dans la poche en usant et abusant d’une stratégie de marketing émotionnelle, avec, au passage, quelques effets spéciaux. Vêtus d’habits déchirés et sales, les pieds nus, la main tendue et tordue, l’air triste et dédaignable, la plupart des mendiants se font passer pour des handicapés, physiquement et mentalement, afin d’attendrir les passants. Le montant du jackpot varie également d'une machine à sous (l’âme charitable) à l'autre, mais en moyenne la bonne recette de «la manche» quotidienne oscille entre 2000 et 3000 Da. Car c’est bel et bien de profession ignoble qu’il s’agit. Les mendigots œuvrent souvent dans les coins les plus féconds, en termes de victimes potentielles, de la capitale+ : les boulevards et rues, aux portes des mosquées, les stations, les cafés, les restaurants, les jardins publics,…et ne soyez pas surpris si, un jour, vous tombez sur un mendiant dans votre réfrigérateur ou dans le coffre à bijoux de votre femme. On est loin de l’ironie déplacée et grinçante, les faits montrent que la capitale regorge chaque jour de mendiants attirés par l’appât de l’argent facile. Passant pour de faux handicapés, ils usent d’un vocable attendrissant qui gêne les passants en les incitants et en les poussant à mettre la main dans la poche. En cas d’échec, ce même vocable se transforme, par miracle, en un langage répugnant ordurier voire insultant.Pis encore, il n’y a pas que les effets spéciaux pour faire apitoyer les gens. Les professionnels, les vieux de la vieille dans le métier exploitent, inhumainement, les bébés. Autrement dit, la mendicité n’est plus un simple et unique phénomène socioculturel. Il s’agit, également, d’un business qui répond à un organigramme hiérarchique et basique. En plus des mendiants qui exercent en électrons libres, dans certains cas de figures, les mendiants s’organisent dans le cadre d’un groupe dirigé par un leader. Ce dernier assure le "dispatching" de son staff en procédant à un découpage géographique du territoire. Après un petit briefing, le groupe se disperse, chacun pour une zone bien déterminée, soit dans la capitale, soit encore dans les autres gouvernorats du pays. Car s’il est vrai que les quartiers de la capitale sont les plus abordables, les marchés hebdomadaires, les souks, dans un bon nombre de régions font également couler la salive des mendiants. Ce découpage répond à une double finalité : atténuer les rivalités entre les frères du même métier et augmenter, exponentiellement, les revenus. Faux mendiants le matin, nouveaux riches le soir Faux mendiants le matin, nouveaux riches le soir, les comptes d'épargne et les propriétés privées de ces «professionnels» trahissent la prolifération d’un commerce juteux et rentable. Face à la clémence de la loi en vigueur, les nouveaux imposteurs continuent leur quête quotidienne de l’argent facile, entachant l’image de la Tunisie, qui n’a pas lésiné sur les efforts pour réduire le seuil de la pauvreté jusqu’à 3,8%. Néanmoins, Il ne faut pas oublier qu’il y a encore quelques vrais nécessiteux qui s’abstiennent, pourtant en toute dignité, de tendre la main. Ceux-ci ont besoin d’aide et de solidarité. Toute la difficulté réside à savoir distinguer le vrai nécessiteux, qui mendie par besoin, de l'imposteur comédien qui vous apitoie par son jeu. Concernant les faux mendiants, au vu de leur richesse dissimulée qui s'accroît en douceur et en catimini, les autorités publiques concernées sont appelées à frapper fort afin que le phénomène ne gagne pas en ampleur. Mendicité à Mostaganem ,de la nécessité au professionnalisme Il n’y a pas d’âge pour mendier. Le phénomène a dépassé tout entendement et ses ramifications ne connaissent pas de bornes. Vieillard, jeune fille ou enfant, cela importe peu pour ceux qui tirent profit du phénomène. Comme partout en Algérie, à Mostaganem le fléau de la mendicité a atteint des seuils intolérables.Le fait de tendre la main pour demander l’aumône ne fait plus rougir de nos jours, comme au bon vieux temps où il était difficile même pour les plus intrépides de quémander une croûte de pain sans se sentir amoindris. Vieil homme, jeune fille ou mère de famille traînant derrière elle ses enfants, tout le monde se met au goût du jour et s’improvise donc mendiant pour échapper au piège de la délinquance et son corollaire : la criminalité. Les enfants, cette catégorie fragile et innocente, n’échappe pas, elle aussi, aux rets de la mendicité. Accompagnés de personnes adultes ou seuls, certains n’arrêtent pas de sillonner la ville pour tendre la main aux passants. Dans le centre ville ,les Arcades , devant les mosquées ou dans la gare routière où se concentrent les voyageurs venus de différents horizons un groupuscule d’enfants se rend chaque matin pour y mendier. Elles sont des gamines âgées entre 10 et 13 ans, accompagnés parfois par un petit garçon à peine âgé de 6 ans. Pourvus de sachets ou de sac à semoule vides, les petites descendent chaque matin vers la gare routière où elles passent le plus clair de leur temps à tendre la main aux passagers et aux voyageurs. Une fois devant l’arrêt des bus, le petit groupe se disperse et chacun va quémander de son côté.Avant d’entamer une première virée au marché des fruits et légumes jouxtant la gare, les enfants font d’abord une tournée entre les véhicules en stationnement pour repérer les étrangers qui sont pour eux des «proies» faciles. Pour déroger à «La règle» et esquiver au diktat du besoin, des centaines d’enfants, quand ils ne sont pas à l’école, s’affairent à aller ramasser les déchets recyclables pour les céder après à un prix très dérisoire ou à vendre des sachets noirs entre les étals du marché. Mais dans ce genre de situations doit-on ou pas parler de carence éducative quand on sait à quel point les chefs de familles se débattent pour nourrir et habiller décemment leur progéniture ? Et tous ces exemples qu’on vient d’évoquer ne représentent qu’un infime échantillonnage dont la liste risque d’être indéfiniment longue. D’un autre côté, il est vrai aussi que la majeure partie des mendiants qui peuplent les rues et envahissent les trottoirs pour demander, voire «exiger» l’aumône aux passants , s’adonnent à cette pratique non pas par nécessité ou besoin absolus mais par une sorte de délectation ou habitude lucratifves. Autrefois, c’était aux seuils des boulangeries que les personnes démunies prenaient place dès la première heure de la matinée. Leur seul souci était de ramener quelques baguettes de pain le soir juste de quoi nourrir la famille. A l’époque, contrairement à ce qui se produit aujourd’hui, l’argent n’était pas un objectif ou une fin en soi. Ceux qui le demandaient, prenaient leur courage à deux mains et avaient de solides raisons pour le faire. De nos jours, par contre cette déontologie, si l’on peut se permettre le vocable, est loin d’être respectée. Les gens de bonne foi et les âmes charitables ne savent pas à quel saint se vouer et vivent souvent des situations cornéliennes en présence de personnes douteuses demandant l’aumône, car le fait de tendre la main aux gens et leur demander de l’aide a fini par s’ériger en un véritable métier dont l’exercice, n’exigeant aucune qualification ou qualité, est ouvert à tout le monde. Chef-lieu de wilaya, grande ville s’entend, où sont concentrés Directions et Administrations, haut lieu du business et des grands rendez-vous, Mostaganem attire chaque matin des milliers de personnes venues de toutes les régions qui l’entourent. Comme il y a ceux qui viennent pour y travailler, y régler un besoin administratif ou se rendre chez un médecin spécialiste, il y a aussi ceux et celles qui nourrissent d’autres espoirs et visent d’autres objectifs en se déplaçant à Mostaganem pour des raisons toutes autres. Tous les jours, et même les week-ends, le flux des fourgons et des bus pleins de gens à craquer ne s’arrêtent de faire le va-et-vient entre les autres villages et localités et le chef-lieu de la wilaya. Les gens viennent de partout et les mendiants aussi. Ces derniers, en majorité, arrivent de bonne heure en ville et prennent ainsi le premier véhicule de transport public en partance de leur village. Une fois arrivés à destination, comme ils ont l’habitude de le faire, les demandeurs d’aumône prennent place sur les grandes artères et les rues fortement fréquentées pour vaquer à leur besogne. A présent, dans les rues de Mostaganem on ne sait même plus qui quémande et qui reçoit de la charité. A l’entrée des mosquées, au seuil des magasins et des marchés, le long des trottoirs où il devient difficile de se frayer un passage sans y être agressé par des complaintes et des sollicitudes, les mains en quête d’une pièce de monnaie sont partout et s’agrippent à tout ce qui bouge. Pour forcer la pitié et toucher la sensibilité des âmes, certains «Professionnels » de la main tendue vont jusqu’à imaginer de pitoyables scénarios à jouer en public. D’autres n’hésitent pas à agripper chaque passant pour lui coller au nez une carte d’ handicapé ou certificat médical et font dans l’improvisation pour raconter à qui veut bien écouter des histoires à dormir debout, le but étant de soutirer le maximum d’argent quand ils réussissent à faire avaler les couleuvres à leurs « Proies ». Habillées en haillons, les mendiantes utilisent quant à elles d’autres méthodes, frappantes et beaucoup plus poignantes. Qui un bébé sale et tout morveux dans son giron, qui entourée d’une armada de chérubins en loques, elles n’hésitent devant rien pour exhiber la pire des misères et semer l’émoi dans les cœurs sensibles. Mais tout cela ne semble pas émouvoir outre mesure les pouvoirs publics qui restent inertes face à ces situations du moins scandaleuses et dégradantes aussi bien pour l’être humain que pour toute la société. Incontestablement, la mendicité s’étend, se répand et s’institue comme une profession libérale, un secteur informel, en l’absence de mesures adaptées pour l’enrayer et de moyens confirmés pour la combattre. Ce qui fait que nos villes sont envahies de nuées de mendiants de tous âges. Ce phénomène de la mendicité s’amplifie d’une manière effarante, mettant en scène des réseaux organisés qui investissent le terrain aux premières lueurs du jour, déversant une nuée de ces malins de la manche, pour les ramasser en fin de journée avec des carrosses rutilants. Oran envahi par des mendiants S’il existe un phénomène qui ne cesse de proliférer dans les rues d’Oran , et qui atteint son paroxysme en ce mois sacré de Ramadan, c’est bien celui de la mendicité. Chaque jour plus nombreux, les mendiants arpentent les rues commerçantes d’Oran .Des jeunes femmes et leurs bébés, au sol, tendent la main en psalmodiant des litanies. Certaines entrent dans l'un des nombreux cafés du quartier. Elles font circuler un imprimé, sur lequel est inscrit un appel à l'aide, et récupèrent la "recette" en bout de table. Souvent, à l'extérieur, une mère attend. Elle accompagnera bientôt ses filles vers un autre débit de boisson pour renouveler l'opération". Il est devenu quasiment impossible de faire deux pas sans se faire aborder par un mendiant. En fait, des familles entières s’y adonnent parfois, formant de véritables réseaux. A chaque réseau son territoire et ses méthodes propres. Prier, supplier, implorer, simuler un handicap… Tous les moyens sont bons pour soutirer quelques piécettes aux passants.Un flot d’hommes, de femmes et d’enfants « travaillent » ainsi, du matin au soir, chacun dans son secteur. Ils parcourent les différentes artères et rues de la ville. Des enfants, la plupart du temps privés de leur scolarité, parfois même des nourrissons, sont également enrôlés pour mieux exciter les faveurs des passants les plus circonspects. Une grande partie de ces enfants n’a pas de relations de parenté avec les personnes qui les accompagnent. Ils sont loués moyennant 300 ou 500 DA la journée et souvent drogués pour les inciter à pratiquer la mendicité pour qu’ils ne gênent pas les personnes qui les exploitent.En effet, les oranais se plaignent de plus en plus de l’acharnement des mendiants qui n’hésitent plus à presser leurs « victimes » avec une insistance qui frise parfois le harcèlement. De telles scènes, on en voit pratiquement tous les jours. Ce sont incontestablement les rues marchandes et les mosquées qui constituent le théâtre idéal pour de tels actes, où la mendicité, tout comme les agressions de tous genres sont plus fréquentes. Les citoyens ont leur mot à dire “Il y a des manières de demander l’aumône. Je crains que la mendicité soit devenue un vice”, soutient vivement une jeune étudiante, mais elle précise très vite : “Il y a des gens qui mendient par besoin et ceux qui abusent de la gentillesse d’autrui. Je me demande d’ailleurs où est passé l’argent du téléthon destiné pour les diar errahma”. Un employé à la Caisse de sécurité sociale parle carrément de “coins stratégiques” qui sont, selon lui, prisés par les “mendiants professionnels”, en citant notamment la poste, les banques, les trains et la gare routière. “Je prends tous les jours le train, mais il m’arrive de monter quelquefois dans les bus. Les mendiants qui choisissent ces lieux sont pour la plupart des professionnels. Ils ne vous lâchent que lorsqu’ils ont eu gain de cause”, indique-t-il.Un autre interlocuteur, en l’occurrence un cadre au ministère du travail et de la Sécurité sociale ayant requis l’anonymat, nous renseignera davantage sur ce fléau. “La mendicité date depuis des années, en particulier depuis la dernière décennie.C’est le résultat de la pauvreté, de la fermeture d’unités et d’entreprises, de la crise de l’emploi et du terrorisme, qui a poussé des familles entières à fuir leur village et à aller vers les grandes villes pour s’installer dans des bidonvilles. Où on est le projet d'enquête sur la mendicité Une enveloppe de 20 millions de DA a été allouée à un projet d'enquête sur la mendicité en Algérie devrait-être lancé en 2009, comme l’a annoncé l’ex- ministre de la Solidarité nationale, de la famille et de la communauté nationale à l'étranger, Djamel Ould Abbas. L'Etat a affecté une enveloppe financière de 20 millions de DA à un projet de réalisation, à partir de 2009, d'une enquête nationale sur le phénomène des réseaux de mendicité en Algérie, a précisé Ould Abbas qui répondait à une question d'un député de l'Assemble populaire nationale (APN) sur la mendicité en milieu social. Cette enquête, qui portera sur l'ensemble du territoire national, va mobiliser des moyens matériels et humains importants en associant notamment des psychologues, des sociologues et des médecins relevant du secteur, n’a jamais vu le jour .

Ismain
Mercredi 4 Août 2010 - 18:08
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