REFLEXION

MATERIAUX DE CONSTRUCTION ET SPECULATION A MOSTAGANEM : La mafia du ciment a la peau dure

580 dinars le sac de ciment Portland de 50 kilogrammes. Qui dit mieux ? Les revendeurs à travers la wilaya de Mostaganem vous jurent et « rejurent » pour nous faire avaler des couleuvres que leurs bénéfices se limitent à 10 ou 20 par sac.



MATERIAUX DE CONSTRUCTION ET SPECULATION A MOSTAGANEM : La mafia du ciment a la peau dure
Mazagran, une localité accolée au chef-lieu de wilaya, le Chemin des Crêtes, une belle avenue aux trottoirs sales et encombrés de sacs, de briques, de pneus et de détritus en tous genres, est devenu la bourse des matériaux de construction. Elle englobe ainsi tous les autres spéculateurs de la wilaya où qu’ils soient. Des semi-remorques de gros tonnages déversent à longueur de journée des centaines de tonnes du précieux produit et pourtant la mafia fait stagner les prix pour mieux saigner le citoyen. Qu’en est-il réellement sur un terrain plus étendu ? C’est le coup de téléphone du matin qui détermine les prix à afficher. C’est des environs de Sig dans la wilaya de Mascara que dépendent les prix. Toute la production d’une usine privée qui tourne à fond est entre les mains d’une bande de vampires alléchée par le gain facile. Ni conscience ni regrets ni remords, la bande dès son réveil le matin s’accapare de tout ce qui a été produit pour augmenter la surenchère. C’est du moins ce que nous met en lumière un revendeur du Chemin des Crêtes de Mazagran.

La question qui se pose est : comment se fait-il que le ciment de l’Entreprise des Ciments et Dérivés du Centre (ERCC) d’Oued Sly dans la wilaya de Chlef et celui du Groupe Entreprise des Ciments et Dérivés de l’Ouest (ERCO) de Zahana dans la wilaya de Mascara où l’état est actionnaire à 65%, soient revendus au même prix que celui régi par cette mafia de Sig ?
Deux usines qui sont censées approvisionner la wilaya de Mostaganem. En principe, ces deux gros producteurs, l’ERCC et l’ERCO, devraient faciliter la stabilité des prix en concurrençant avec facilité les autres producteurs et surtout s’ils étaient rejoint pas les cimenteries de Béni Saf dans la wilaya de Tlemcen et celle de Hassasna dans la wilaya de Saïda. Alors que le citoyen crie au voleur, le Groupe ERCO se projette dans l’avenir avec de nouveaux produits tels le ciment pétrolier classe G, les ciments à haute résistance aux sulfates et les ciments à résistance modérée aux sulfates. A un affamé, on ne promet pas de brioche, le pain suffit. La fermeture du café des spéculateurs d’Oued Sly, situé à deux ou trois kilomètres à l’est de la cimenterie a bien modifié le cours des prix du ciment il y a de cela quelques années. C’en était fini des bons d’enlèvement et que d’eau a coulé sous les ponts du Chélif depuis ce temps pour revenir à la case départ, mais cette fois-ci à l’ouest et non pas au centre.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, à Mostaganem certains revendeurs, baissant tard dans la soirée leurs rideaux, vous proposent le sac de ciment à 560 dinars avant de fermer et le même sac du même lot vous est proposé le lendemain à l’ouverture du « garage » à 580 dinars. Question à un revendeur : Comment se fait-il que le même sac revient 20 dinars plus cher que la veille ? La réponse est claire, nette et précise : En cas de baisse des prix, j’aurais au moins amorti les pertes que j’aurais à endurer. C’est si simple. Vendons cher à toutes fins utiles. C’est à croire que le sac de ciment a payé plus cher sa nuit d’hôtel.

Autre question. Où s’approvisionnent les marchant de ciment ? Tous vous regardent dans les yeux et le disent sans sourciller : auprès de petits spéculateurs et pas obligatoirement dans les usines. Sans factures ? Oui, sans factures. Et tout le monde le sait ? Oui, tout le monde le sait. On spécule au vu et au su de tout le monde. Vous n’avez pas peur ? Cette question fait sourire. De qui ?

Un revendeur prétend que son quota de vingt tonnes (400 sacs-un chargement de semi-remorque) de ciment lui est revenu plus cher cette fois plus que d’habitude et il jure comme bien d’autres que son bénéfice ne dépasse pas les 10 ou 20 dinars par sac. Il lui est revenu plus cher parce que le semi-remorque qu’il a affrété pour l’opération a dû attendre trois jours devant la cimenterie de Zahana pour pouvoir satisfaire la commande. Si le sac revient à 320 dinars et quelques centimes chez le commercial de l’usine pour être revendu à 580 dinars avec un bénéfice de 20 dinars, on constate que les frais de transports reviennent à 240 dinars par sac soit 96 000 dinars par chargement. Mensonges sur mensonges et l’on jure et l’on se fond en larmes pour soulager le petit et faible citoyen qui voudrait bien colmater la brèche par laquelle s’infiltre l’eau de pluie et cet autre vieille qui veut enfin connaître les bienfaits d’une marche d’escalier, car quoique l’on dise et quoique l’on pense, ici le ciment s’écoule par lots de deux sacs et si l’on est un peu à l’aise par jour de paie on se sacrifie pour s’en octroyer quatre. Les démunis ont toujours payé.
Un autre ciment à l’étalage est déconseillé par le revendeur, terme inapproprié, est celui qui parvient des usines d’« ensachage ». C’est un ciment de qualité comme tout autre ciment, mais qui a la défaveur d’être en dessous du poids règlementaire inscrit sur l’emballage. C’est un privé dit-on qui ensache un ciment acheté en vrac à Oued Sly. Il ne fait point cinquante kilogrammes.
Selon certains marchands qui vous le contre-indiquent, le sac ne pèse pas plus de quarante de kilogrammes. Son prix ? 400 dinars. Question à deux sous : s’il y a fraude avérée au poids, où sont les services concernés ? On prétend même qu’il est de mauvaise qualité. Re-où sont les autres services concernés ?

Avides de gain facile, réticents au début de la conversation, il n’y est pas un revendeur qui vous refuserait un ciment « deuxième main ». C’est ainsi qu’est appelé le ciment refilé par d’autres qui ont des connaissances « quelque part » pour s’en accaparer ou simplement ceux-là à qui le permis de construire permet un quota dont on n’en a que faire. Accepté sans factures ? Bien sûr et on y danse même le heddaoui à la vue au Chemin des Crêtes de Mazagran.
Question en passant. Où sont ceux-là qu’engraisse le contribuable pendant que des jeunots démunis, presque pieds nus, pataugent dans le ciment, matière cancérigène, répandu dans ces garages appelés magasins pour l’occasion, et qui se plient et fendent sous les sacs de ciment au risque d’un cancer du larynx, de la peau ou du côlon ? Et pourtant une paire de gants de travail ne coûte pas plus de 200 dinars et un masque moins de 60 dinars. Il faut voir les traces laissées par les briques le rond de béton sur ces mains frêles pour un salaire de misère et surement sans assurances.
L’Entreprise de Distribution des Matériaux de Construction, EDIMCO, disséminée un peu partout à travers la wilaya, là où le ciment est cédé à un bon prix, ne sait pas où donner de la tête et reste débordée par la demande.
Pour un spéculateur qui ne va pas avec le dos de la cuiller, les Mostaganémois devraient s’estimaient heureux, car dans la wilaya de Tiaret le sac de ciment est cédé à 900 dinars. Et le même spéculateur, pour défendre le consommateur qu’il plume, ne demande pas mieux que l’intervention de l’état qui a su s’imposer aux automobilistes pour les « ceinturer » après des années d’impunité totale sur la ceinture de sécurité. Est-ce que quelqu’un en voit le rapport avec les prix exorbitants qu’il affiche ?
En attendant, les spéculateurs aux registres de commerce en règle s’enrichissent illégalement sur le dos des démunis au vu et au su de tout le monde et personne n’est prêt à remettre les pendules à l’heure. Pourtant le ciment a sali bien des cadres avant l’autoroute Est-Ouest. Bien que les mesures et les sanctions soient sévères, la récidive mafieuse est toujours là.

Sadek
Lundi 25 Janvier 2010 - 23:01
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MOSTAGANEM
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