REFLEXION

MASCARA : Que pensent les émigrés de leurs vacances ?

Beaucoup de nos compatriotes établis à l’étranger et plus particulièrement en France sont retournés au ‘’bled’’ dès la fin du mois sacré de Ramadhan, histoire a-t-on compris de prime abord, de revoir la famille et de passer le mois de jeune parmi les siens. Jusque-là tout est normal et concevable mais cette nostalgie évoquée ici et là ne tient
pas beaucoup à la réalité.



Hayet, une émigrée de la Seine St Denis nous explique que leur retour au pays répond à des considérations d’ordre lucratif, en ce sens que nous dit-elle ? « Tout compte fait, des vacances en Algérie, ne nous coûtent absolument rien, comparativement à celles que l’on passe outre-mer. L’astuce, est de ramener des devises ‘’sonnantes et trébuchantes’’ et les échanger en dinars et le tour est joué, une petite opération de calcul nous a donné à réfléchir tant la combine est plus que fabuleuse, que l’on en juge : dix euros échangés en monnaie locale équivalent à plus de 1400 DA, une telle somme d’argent couvre pleinement au marché, les frais des emplettes d’une journée de nourriture d’une famille moyenne, nous a-t-on fait comprendre sur le fil. Nos chers émigrés, en faisant ce petit calcul savent pertinemment que ce petit montant ne peut en aucun cas remplir le couffin de la journée de consommation de la famille, l’astuce est pour ainsi dire pratiquée par tous. Les « Zmegra » se plaignent des prix élevés des billets d’avion et bateau de nos compagnies, nous disant à l’unisson que les tarifs des compagnies des pays voisins du Maghreb sont nettement inférieurs par rapport aux nôtres, toutefois ils oublient facilement que contrairement aux émigrés des autres pays, notre communauté ne fait aucun dépôt de devises dans les banques pour les renflouer un tant soit peu en devises. Une fois arrivés en Algérie, ces derniers achètent tout en dinars. Nous les avons rencontrés au cours du mois de juillet, en groupes, achetant à des prix, défiant toute concurrence des effets vestimentaires, des ustensiles de cuisine, du mobilier pour les acheminer, à leur retour dans leurs pays d’accueil. Katia, et ses sœurs accompagnées de leurs parents, habitant le Puy-de-Dôme, nous ont fait part de leur satisfaction de pouvoir acheter dans ces rues commerçantes où les boutiques et magasins sont très achalandés de produits et de marchandises de très bonne qualité, nous révèlent, que des achats pareils, effectués en France, leur auraient couté les yeux de la tête, des propos qui ont le mérite d’être clairs, loin de toute forme de tergiversation ou autres ambages. Quelques jours après l’Aid, l’on prépare d’ores et déjà le retour et l’on n’a rien regretté du budget estival dépensé dont une partie pour les vacances et l’autre moitié pour le mois de ramadhan. Des montants modestes, qui tournent autour de 1000 à 1500 euros, restreignent le budget estival des émigrés chez eux dans l’hexagone. Toutefois chez nous, cela permet aisément de faire face à toutes les dépenses même celles des mariages célébrés avec faste dans les salles des fêtes et autres telles les circoncisions des enfants… même si la plupart préfère rester au sein du foyer familial, afin de ne pas trop dépenser durant l'été. « Ce n'est plus comme avant, il n'y a plus d'argent en occident, nous sommes endettés jusqu'au coup auprès des banques et les dépenses ne cessent d'augmenter », argumentent excellemment bien ce couple d’émigrés. « Nous arrivons à peine à réunir assez d'argent pour venir en vacances », explique Bachir H, originaire de Maoussa et vivant en Allemagne. Pour Bachir et sa famille, partir en vacances pour à peu près un mois implique une dépense d'environ trois mille euros. Cet argent sert notamment au maintien de la maison familiale dans le pays d'origine. Pour les émigrés, il n'est donc plus question de sortir tous les soirs ou d'aller se promener dans les endroits préférés, comme dans le temps.
« Nous, les plus âgés, ne sortons plus tellement. Nous n'arrivons plus à suivre. C'est les enfants qui sortent, et nous leur donnons un peu d'argent pour qu'ils s'amusent avec leurs cousins et leurs amis. Ce n'est pas tant qu'ils dépensent beaucoup, mais ils sortent avec peu d'argent en poche », explique Idriss M, de Sochaux.
Remil, originaire de Hachem , vit depuis 25 ans en Hollande nous dit : « Les temps sont durs. Avec une retraite de 800 euros, ce n'est plus possible de venir rendre visite à la famille. Malgré mon âge, je dois continuer à travailler au noir au Pays-Bas ou en Allemagne, afin d'assurer un certain revenu, de pouvoir retourner voir la famille en été, ainsi que d'être en mesure de les aider », explique-t-il. Cette année, le ramadan en plein été pousse de nombreuses familles musulmanes en vacances au «bled» à avancer leur retour en France.
Pour éviter d’avoir à supporter en plein jeûne du ramadan la chaleur écrasante de certaines régions , de nombreuses familles musulmanes de France venues passer leurs vacances en Algérie préfèrent rentrer pour retrouver les températures plus clémentes de l’Hexagone. Déjà, la tradition bien établie selon laquelle les émigrés reviennent au pays pour le ramadan, avait été remise en cause. En effet, le mois du jeûne avait commencé le 06 juin et avait déjà provoqué un léger chamboulement sur les dates de retour. Cette année, les compagnies aériennes se sont retrouvées prises d’assaut début juin et pendant tout le mois de juillet, raccourcissement de la période des vacances. Les premières vagues ont commencé et le pic de retour se situe entre le 1er et le 02 juin, soit quelques jours avant l’Aid El Fitr », explique Abdelkrim, habitant la Gironde qui doit reprendre son travail en ce début du mois d’août, mais il a une certaine appréhension face au OK de la compagnie qui fait dans le « low cost ».

 

B.Boufaden
Mercredi 3 Août 2016 - 15:38
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