REFLEXION

MASCARA : Le Ramadhan, mois de charité ou mois de dépenses ?

Il suffit de faire un tour sur les différentes placettes et rues marchandes pour se rendre compte de l’ambiance qui prévaut les journées comme les soirées de ce mois sacré de ramadhan. Les préparatifs pour ce mois se sont prolongés jusqu’au premier jour, c'est aussi le branle-bas général observé au niveau des marchands de vêtements, les familles anticipent leurs achats pour faire plaisir à leurs enfants pour la fête de l’Aïd.



Sachant que nous ne sommes qu'à quelques heures de la date buttoir de l'événement tant attendu, on peut imaginer les désagréments qui s'annoncent pour certains clients. C'est sans doute en connaissance de cause que beaucoup de femmes préfèrent se tourner vers les grands magasins   où on trouve du prêt-à-porter qui viennent des pays voisins et à moindre coût. En toute évidence, les différents sites aménagés pour la circonstance qu'on trouve un peu partout dans la ville de Mascara et ses environs ne désemplissent guère. On y trouve toutes sortes d'effets vestimentaires prêt-à-porter, pour femme, homme et enfant, et pour toutes les bourses. Ce procédé, dit Hadj Ahmed, a fait perdre au mois de Ramadhan son charme. En effet, avant on divisait le mois en trois tranches, les dix premiers jours pour les prières et les visites de famille, la deuxième dizaine pour l’achat des habits, c’est le tour des vitrines, les va et vient pour échanges, commentaires en famille au sujet d’un habitat ou d’un autre, puis la troisième dizaine c’est pour la préparation des gâteaux, aujourd’hui les achats se font trois mois d’avance donc plus d’ambiance d’antan. Les marchés, les superettes et les magasins d’alimentation connaissent, depuis quelques jours déjà, une affluence particulière due aux préparatifs du Ramadhan. Les  villes de Mohamadia , Sig et  Tighennif sans omettre le chef-lieu de la wilaya  constituent un grand centre d’intérêts pour les populations des communes limitrophes qui trouvent un malin plaisir dans le fait d’y aller faire leurs emplettes, du fait de la disponibilité de tous les produits et à des prix raisonnables pour le Ramadan (semoule, lait, , viandes). Les journées et les veillées nocturnes ramadhanesques seront très animées si l’on en croit le programme culturel concocté par les services de la culture de la wilaya ainsi que le théâtre régional de la wilaya. Aujourd’hui toute la rue change de décor avec les nouveaux magasins ouverts à l’occasion qui viennent s’ajouter à ceux déjà existant à longueur d’année. Des étals tout en couleurs, bien garnis de produits d’où se dégagent des parfums chatouillant les narines et mettant l’eau à la bouche. Les préparatifs vont bon train pour les ménagères qui commencent les achats pensant à de bons plats. Le petit marché où, d’habitude, seuls quelques étals sont aménagés dans la semaine. Mais à l’approche du Ramadan, aux légumes frais s’ajoutent les fruits de saison, tels que la pastèque et le melon, qui sont exposés en grand nombre et à des prix variés. Les vendeurs de pâtisserie orientale ‘’Zlabia’’, ont entamé les essais des produits en commençant par de petites quantités qui s’écoulent lentement durant la journée.  L’on regrette d’ores et déjà l’absence d’hygiène, Des produits exposés à l’air libre, parfois sous un soleil de plomb, sans aucune couverture, à la merci de la poussière et des microbes. Pendant Ramadan, les consommateurs ayant les yeux plus grands que le ventre, entament les préparatifs en achetant sans compter, quitte à s’endetter, car le Ramadan est un mois de plats culinaires qui induisent des dépenses énormes, inhabituelles mais contrairement aux années précédentes, à moins d’une semaine du mois de Ramadan, les prix des fruits et légumes restent pour le moment stables. En effet, ces dernières semaines, les prix des produits maraîchers ont connu une baisse sensible. Lors de notre tournée effectuée au marché hebdomadaire de Maoussa, et à celui de Mascara et Tighennif, nous avons constaté que les prix affichés des fruits et légumes sont abordables. A titre illustratif, le prix de la courgette oscille entre 30 et 40 DA, la pomme de terre est cédée à 40 DA, le piment et le poivron à 80 DA chacun, la tomate, le concombre à 100 DA, seul le prix du haricot vert reste plus ou  moins cher pour les gens à faible revenu, puisqu’il est affiché entre 100 et 140 DA, alors que l’oignon et l’ail, produits très utilisés en cuisine, se vendent à 20 DA le kilo. Pour les fruits de saison, la pastèque se négocie à 50 DA le kilo, la pêche, l’abricot, la nèfle et la prune sont cédées à 140 DA le kilo chacune. Les fruits importés demeurent plus au moins chers, notamment, la pomme, l’orange, la banane. Pour les viandes, si les prix de celles ovine et bovine restent les mêmes, ceux de la viande blanche et la sardine sont toujours en hausse par rapport au mois dernier, puisqu’ils sont affichés entre 300 et 500DA le kilogramme. Pour la majorité des citoyens avertis, ils nous diront que cette stabilité des prix n’est qu’éphémère, c’est le  calme qui précède la tempête, la   flambée  à la veille du mois sacré est devenue monnaie courante, espérons que, ajoute ce père de famille rencontré au marché de gros, que cette baisse et cette stabilité durant toute la durée de période estivale et plus particulièrement ce mois de ramadhan. L’accueil du mois sacré de ramadhan dans la wilaya de Mascara, comme à l’accoutumée, se fait dans les pures traditions ancestrales. Certaines familles opèrent des modifications et procèdent même au changement du mobilier et repeignent les maisons et font le nettoyage à grand eau.  Certaines femmes rencontrées achetant des ustensiles de cuisine tout neufs et nous dirent que cet acte s’apparente à un « Fel » en ces derniers jours du mois de Chaabane du calendrier hégirien qui précède le mois de ramadhan. Le volet solidarité durant ce mois d’entraide prend le dessus au profit de nécessiteux et des familles démunies, sans ressources, de couffins ont été déjà distribués. Quelques jours avant le mois sacré de ramadhan, l’on a appris d’une source bien informée que l’élan de solidarité destiné aux personnes démunies et aux familles vivant dans la précarité  prend des dimensions d’aide et d’assistance en ce sens que le mouvement associatif caritatif qui se manifeste par son bénévolat pour venir en aide aux citoyens de bourses moyennes  et  en plus des 8.500 couffins qui seront  servis  et qui a coûté plus de 23 milliards de cts,  livrés par les soins du  C.R.A.

B. Boufaden
Mardi 7 Juin 2016 - 16:21
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